L’annonce de la béatification de Jean-Paul 1er, une fierté pour la Vénétie

Le Pape Jean-Paul 1er recevant au Vatican des membres de sa famille, peu après son élection en 1978.Le Pape Jean-Paul 1er recevant au Vatican des membres de sa famille, peu après son élection en 1978.

L’annonce de la béatification de Jean-Paul 1er, une fierté pour la Vénétie

Né en 1912 sous le nom d’Albino Luciani à Canale d’Agordo, dans la région de Belluno, le Pape Jean-Paul 1er est demeuré une figure très populaire dans sa région natale.

Alessandro Di Bussolo – Cité du Vatican

«C’est une belle coïncidence que la date de la béatification du Pape Luciani ait été annoncée aux mêmes heures où le Pape François a parlé d’humilité, tant à l’audience générale qu’ensuite à la Curie romaine.»

Don Davide Fiocco, collaborateur de la cause de béatification de Jean-Paul Ier et directeur du Centre Papa Luciani de Santa Giustina, parle depuis son diocèse de Belluno-Feltre dont Albino Luciani un de ses fils les plus illustres. L’annonce de la béatification de Jean-Paul 1er, le 4 septembre 2022 par le Pape François à la basilique Saint-Pierre, apporte une heureuse nouvelle dans une période éprouvante pour la population de Vénétie, une région particulièrement éprouvée par la pandémie.

Don Davide, qui est également directeur du service de communication du diocèse de Belluno, assiste depuis 2012 la vice-postulatrice Stefania Falasca, écrivain et journaliste à L’Avvenire, dans la rédaction de la Positio super virtutibus (un document plus de 3600 pages) remise à la Congrégation pour les Causes des Saints en octobre 2016.

Il y a 44 ans, le 3 septembre 1978, n’étant alors qu’un petit pèlerin de Belluno, âgé de 9 ans, il était venu à Rome avec sa famille pour célébrer le patriarche de Venise devenu Pape. Aujourd’hui, il souligne la fierté de tous les compatriotes de Jean-Paul Ier, lui qui représentait si bien «nous, les montagnards: des hommes tenaces, discrets mais passionnés par les choses que nous faisons».

Entretien avec don Davide Fiocco

Le Pape Luciani sera béatifié le 4 septembre prochain, 44 ans et un jour après la messe du début de son pontificat. Pensez-vous que la date a été choisie pour cela?

Je peux l’imaginer. C’est une belle circonstance, une coïncidence qui est certainement un plaisir. Je peux également dire que j’ai un souvenir personnel de ce jour, car j’étais un enfant de neuf ans mais j’étais présent sur la place Saint-Pierre ce soir du 3 septembre 1978. Je me souviens de l’impression d’être un enfant catapulté parmi les 200 000 personnes sur cette place, ce qui était vraiment une chose incroyable, très étrange, qui est restée dans ma mémoire.

Mais bien plus fort est le souvenir de l’audience qu’il a accordée aux habitants de Belluno le matin dans la Salle des Bénédictions. Nous étions 2000 et nous avons vu cet homme, que nous connaissions plus ou moins, habillé en blanc. Il a fait une grande impression sur nous, surtout sur les personnes âgées qui l’avaient connu sous le nom de Don Albino et l’ont vu sous le nom de Jean-Paul 1er.

C’est pourquoi je le lis encore aujourd’hui avec curiosité. Je relis donc encore avec curiosité les mots qu’il a prononcés, passant en revue les personnes présentes, les saluant une à une. C’était son style, et avec nous, les Bellunesi, il a vraiment essayé d’être un villageois, et il l’a été, et nous l’avons senti.

Le cardinal Stella, postulateur de la cause et originaire de Vénétie, l’a également dit. Le Pape Albino Luciani n’a jamais caché ses origines vénitiennes, et vous en êtes très fiers…

Que voulez-vous, nous sommes vénitiens, nous sommes des montagnards. Nous sommes fiers d’avoir eu cette personne, de l’avoir donnée au monde et d’avoir portée sur une scène internationale ce qui est un peu notre nature, celle des montagnards, certes, mais aussi celle d’hommes tenaces, discrets si l’on veut, mais passionnés par ce que l’on fait. Nous avons donc eu le sentiment d’être bien représentés par lui.

Qu’est-ce qui a déclenché la nouvelle de la date de béatification? Des pèlerinages et des voyages de prière sont-ils déjà prévus à Belluno en préparation?

Pour l’instant, ce n’est pas possible. Comme le rapportent les journaux, la Vénétie est un peu dans la tourmente, cette vague de pandémie nous presse, et donc pour le moment nous sommes encore très prudents. La réaction de la population, des médias et des groupes de fidèles dans les villages a certainement été une réaction de satisfaction et de bonheur: nous sommes heureux de voir un de nos compatriotes accéder aux honneurs des autels.

Le Pape François, qui le béatifiera le premier dimanche de septembre, a parlé ces derniers jours de l’humilité comme de la grande leçon de Noël. Une autre analogie entre votre ministère et celui du Pape Jean Paul Ier?

C’est une sacrée coïncidence que l’annonce de la date de la béatification soit intervenue pratiquement au moment où le pape François parlait d’humilité à l’audience générale, puis également à la Curie romaine. L’humilité est l’un des grands enseignements du Pape Luciani, il en avait également parlé sur le trône de Pierre lors de l’audience du 6 septembre 1978, en parlant précisément de l’humilité, et c’était la première. Presque comme pour dire: « C’est l’antienne d’entrée de mon pontificat ».

Mais c’est un motif qui traverse tout son magistère, même en tant qu’évêque. L’image qu’il a souvent utilisée est celle du petit âne de Jérusalem qui, s’il portait notre Seigneur, ne pouvait certainement pas penser que les applaudissements du peuple étaient pour lui. Cet enseignement de Luciani reste donc dans l’histoire, je crois, comme sa vertu spécifique.

La décision de François de convoquer, cette année même, un synode pour une Église synodale, va également dans le sens de cette collégialité épiscopale si chère au pape Jean-Paul Ier?

Il est certain que les choses sont liées. La seule intervention de Mgr Luciani au Concile a été précisément pour soutenir la doctrine de la collégialité épiscopale. Doctrine qui a eu sa réception laborieuse tant dans les documents conciliaires que dans l’après-Concile. Le Pape Luciani en était convaincu et l’a soutenu. Entre autres, il a participé à trois synodes en tant que père synodal, puis a fait des interventions, dans la presse, pour défendre ce choix qu’avait fait Paul VI, dont on sent encore le charisme prophétique.

Source: VATICANNEWS, le 28 décembre 2021

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