La Vierge à l’Enfant, un thème au cœur de l’œuvre de Botticelli

Une exposition parisienne permet de mieux comprendre le travail du peintre florentin et de son atelier. En particulier à travers ses représentations de Marie.

L'adoration des mages par Botticelli
« L’adoration des mages », peinte vers 1475 pour faire partie d’un retable. De façon originale, Botticelli place la Sainte-Famille au-dessus des Rois mages et de leur entourage. Ceux-ci empruntent les traits des membres de la puissante famille des Médicis, protectrice du commanditaire. © Bridgeman images

Un visage délicatement ciselé, une douceur infinie mêlée de mélancolie alors qu’elle observe l’Enfant dont elle devine le futur sacrifice. Lorsque Alessandro Filipepi, surnommé Botticelli (1445-1510), dessine une Vierge à l’Enfant, sa virtuosité de dessinateur – formé dans un atelier d’orfèvre –, son sens des proportions et des couleurs sont au service de la vérité des sentiments et d’une foi devenue plus intime, en cette seconde moitié du XVe siècle. Les notables de Florence lui commandent ces tableaux, ainsi qu’à son maître, Filippo Lippi, pour leur dévotion privée. Ces hommes de la Renaissance italienne ressentent de la compassion pour Marie, « Mère, Vierge, fille de ton Fils » comme la qualifie Dante dans sa Divine Comédie. Des mots que Botticelli inscrira sur le trône d’une de ses Vierges. À cette époque, la mère de Dieu devient aussi la personnification de l’Église, épouse du Christ. Dans l’atelier de Lippi, Botticelli commence, vers 1460, par imiter le maître. Très vite, cependant, il s’affirme et est remarqué par le brillant prince de Florence, Laurent de Médicis, dit le Magnifique.

L’exposition actuelle, « Botticelli, artiste et designer », au Musée Jacquemart-André, à Paris, montre comment, sous les traits évanescents de ses Vierges de tendresse, il affirme son style singulier, plus abstrait. Au point d’ouvrir, vers 1470, son propre atelier. Il y sera à son tour entouré d’apprentis artistes. Botticelli dessine les visages et conçoit le carton du motif central des tableaux. Ses aides dupliquent, complètent. « La notion d’artiste solitaire n’existe pas, ni celle de droits d’auteur, explique Pierre Curie, l’un des commissaires de l’exposition. Tous collaborent, s’imitent, reproduisent plusieurs fois leurs œuvres pour répondre à de multiples commandes… » Mais chaque « copie » reste différente. De Botticelli, on admire encore aujourd’hui l’émotion unique qui surgit des regards entre la mère et l’Enfant.

Exposition

« Botticelli, artiste et designer ». Jusqu’au 24 janvier 2022. Rens. : musee-jacquemart-andre.com ou 01 45 62 11 59.

Le catalogue. Il reprend toutes les images des œuvres exposées et fait le point sur ce qu’on sait aujourd’hui de Botticelli et de son atelier. Éd. Fonds Mercator, 240 p. ; 35 €.

>>> Découvrez quelques tableaux visibles dans l’exposition « Botticelli, artiste et designer » :

Voir sous : Le Pèlerin du 22.12.2021

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