01.10.2021 – SAINTE DU JOUR

Sainte Thérèse 
de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face 
Vierge, Carmélite, Docteur de l’Église 
Co-patronne de la France

Thérèse Martin naît à Alençon, en France, le 2 janvier 1873. Elle fut baptisée deux jours plus tard en l’église Notre-Dame, recevant les noms de Marie Françoise Thérèse. Ses parents étaient Louis Martin et Zélie Guérin (canonisés le 18 octobre 2015 à Rome). Après la mort de sa mère, le 28 août 1877, Thérèse s’installa avec toute sa famille à Lisieux. Vers la fin de 1879, elle s’approche pour la première fois du sacrement de la Pénitence.

Le jour de la Pentecôte 1883, elle reçoit la grâce insigne de la guérison d’une grave maladie, par l’intercession de Notre-Dame des Victoires. Formée par les Bénédictines de Lisieux, elle fait sa première communion le 8 mai 1884, après une préparation intense, couronnée par une expérience très vive de la grâce de l’union intime avec le Christ. Quelques semaines après, le 14 juin de la même année, elle reçoit le sacrement de la confirmation, accueillant en toute conscience le don de l’Esprit Saint dans une participation personnelle à la grâce de la Pentecôte. Elle avait le désir d’entrer dans la vie contemplative, comme ses sœurs Pauline et Marie, au Carmel de Lisieux, mais son jeune âge l’en empêchait.

Pendant un voyage en Italie, après avoir visité la Maison de Lorette et la Ville éternelle, au cours de l’audience accordée par le Pape aux pèlerins du diocèse de Lisieux le 20 novembre 1887, elle demanda à Léon XIII (Vincenzo Pecci, 1878-1903), avec une audace filiale, de pouvoir entrer au Carmel à l’âge de quinze ans. Le 9 avril 1888, elle entra au Carmel de Lisieux. Elle prit l’habit le 10 janvier de l’année suivante et fit sa profession religieuse le 8 septembre 1890, en la fête de la Nativité de la Vierge Marie.

Au Carmel, elle s’engage sur le chemin de perfection tracé par la Mère fondatrice, Thérèse de Jésus, avec une ferveur et une fidélité authentiques, par l’accomplissement des divers services communautaires qui lui sont confiés. Éclairée par la Parole de Dieu, éprouvée très vivement par la maladie de son père bien-aimé, Louis Martin, qui meurt le 29 juillet 1894, elle avance vers la sainteté, inspirée par la lecture de l’Évangile, plaçant au centre de tout l’amour.

Dans ses manuscrits autobiographiques, Thérèse nous a laissé non seulement les souvenirs de son enfance et de son adolescence, mais aussi le portrait de son âme, la description de ses expériences les plus intimes. Elle découvre et communique aux novices qui lui sont confiées la petite voie de l’enfance spirituelle ; elle reçoit comme un don spécial la charge d’accompagner par le sacrifice et la prière deux «frères missionnaires». Elle pénètre toujours plus le mystère de l’Église et sent croître en elle sa vocation apostolique et missionnaire, pour attirer tout le monde à sa suite, saisie par l’amour du Christ, son unique Époux.

Le 9 juin 1895, en la fête de la Très Sainte Trinité, elle s’offre en victime d’holocauste à l’Amour miséricordieux de Dieu. Elle rédige alors le premier manuscrit autobiographique qu’elle remet à Mère Agnès le jour de la fête de celle-ci, le 21 janvier 1896. Quelques mois après, le 3 avril, dans la nuit entre le jeudi et le vendredi saints, elle souffre d’une hémoptysie, première manifestation de la maladie qui la conduira à sa mort et qu’elle accueille comme une mystérieuse visite de l’Époux divin. Elle entre alors dans une épreuve de la foi qui durera jusqu’à sa mort et dont elle donnera un témoignage bouleversant dans ses écrits. Au mois de septembre, elle achève le manuscrit B qui illustre de manière impressionnante la maturité dans la sainteté à laquelle elle est parvenue, en particulier par la découverte de sa vocation au cœur de l’Église.

Alors que sa santé se dégrade et que le temps de l’épreuve se poursuit, elle commence au mois de juin le manuscrit C dédié à Mère Marie de Gonzague ; de nouvelles grâces l’amènent à une plus haute perfection et elle découvre de nouvelles lumières pour la diffusion de son message dans l’Église au profit des âmes qui suivront sa voie. Le 8 juillet, elle est transférée à l’infirmerie. Ses sœurs et d’autres religieuses recueillent ses paroles, tandis que s’intensifient ses souffrances et ses épreuves, supportées avec patience, jusqu’à sa mort dans l’après-midi du 30 septembre 1897. «Je ne meurs pas, j’entre dans la vie», avait-elle écrit à son frère spirituel missionnaire, l’Abbé M. Bellier. Ses dernières paroles, «Mon Dieu…, je vous aime !», scellent une existence qui s’éteint sur la terre à l’âge de vingt-quatre ans pour entrer, suivant son désir, dans une phase nouvelle de présence apostolique en faveur des âmes, dans la communion des saints, pour répandre une pluie de roses sur le monde.

Elle fut canonisée par Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939) le 17 mai 1925 et ce même Pape la proclama « Patronne universelle des missions« , ainsi que St François Xavier, le 14 décembre 1927.

Sa doctrine et son exemple de sainteté ont été reçus par toutes les catégories de fidèles de ce siècle avec un grand enthousiasme, et aussi en dehors de l’Église catholique et du christianisme. De nombreuses Conférences épiscopales, à l’occasion du centenaire de sa mort, ont demandé au Pape qu’elle soit proclamée Docteur de l’Église, à cause de la solidité de sa sagesse spirituelle, inspirée par l’Évangile, à cause de l’originalité de ses intuitions théologiques où brille sa doctrine éminente, et à cause de l’universalité de la réception de son message spirituel, accueilli dans le monde entier et diffusé par la traduction de ses œuvres dans une cinquantaine de langues. 

Saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) proclama Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face Docteur de l’Église universelle le 19 octobre 1997.

Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :

 >>> Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus priez pour nous !

La Prière de Sainte Thérèse de Lisieux « Pourquoi je T’aime, ô Marie ! » : 

« Pourquoi je T’aime, ô Marie ! Oh ! Je voudrais chanter, Marie, pourquoi je T’aime… Pourquoi ton nom si doux fait tressaillir mon cœur et pourquoi la pensée de ta grandeur suprême ne saurait à mon âme inspirer de frayeur. Si je te contemplais dans ta sublime gloire et surpassant l’éclat de tous les bienheureux que je suis ton enfant je ne pourrais le croire ; Ô Marie, devant toi, je baisserais les yeux ! Il faut pour qu’un enfant puisse chérir sa mère, qu’elle pleure avec lui, partage ses douleurs. Ô ma Mère chérie, sur la rive étrangère pour m’attirer à toi, que tu versas de pleurs. En méditant ta vie dans le saint Evangile, j’ose te regarder et m’approcher de toi, me croire ton enfant ne m’est pas difficile car je te vois mortelle et souffrant comme moi. Lorsqu’un ange du Ciel t’offre d’être la Mère du Dieu qui doit régner toute l’éternité, je te vois préférer, ô Marie, quel mystère ! L’ineffable trésor de ta virginité. Je comprends que mon âme, ô Vierge Immaculée soit plus chère au Seigneur que le divin séjour. Je comprends que ton âme, Humble et Douce Vallée peut contenir Jésus, l’Océan de l’Amour ! Oh ! Je t’aime, Marie, te disant la servante du Dieu que tu ravis par ton humilité, cette vertu cachée te rend toute puissante, elle attire en ton cœur la Sainte Trinité. Alors l’Esprit d’Amour te couvrant de son ombre, le Fils égal au Père en toi s’est incarné. De ses frères pêcheurs bien grands sera le nombre puisqu’on doit l’appeler : Jésus, ton premier-né ! Ô Mère bien-aimée, malgré ma petitesse, comme toi, je possède en moi Le Tout-Puissant mais je ne tremble pas en voyant ma faiblesse : le trésor de la Mère appartient à l’enfant et je suis ton enfant, ô ma Mère chérie. Tes vertus, ton amour, ne sont-ils pas à moi ? Aussi lorsqu’en mon cœur descend la blanche Hostie, Jésus, ton Doux Agneau, croit reposer en toi ! Tu me le fait sentir, ce n’est pas impossible de marcher sur tes pas, ô Reine des élus, l’étroit chemin du Ciel, tu l’as rendu visible en pratiquant toujours les plus humbles vertus. Auprès de toi, Marie, j’aime à rester petite, des grandeurs d’ici-bas je vois la vanité. Chez Sainte Elisabeth, recevant ta visite, j’apprends à pratiquer l’ardente charité. Là, j’écoute ravie, Douce Reine des anges, le cantique sacré qui jaillit de ton cœur. Tu m’apprends à chanter les divines louanges, à me glorifier en Jésus mon Sauveur. Tes paroles d’amour sont de mystiques roses qui doivent embaumer les siècles à venir. En toi le Tout-Puissant a fait de grandes choses, je veux les méditer, afin de l’en bénir. Quand le bon Saint Joseph ignore le miracle que tu voudrais cacher dans ton humilité, tu le laisses pleurer tout près du Tabernacle qui voile du Sauveur la divine beauté. Oh ! Que j’aime, Marie, ton éloquent silence ! Pour moi c’est un concert, doux et mélodieux qui me dit la grandeur et la toute-puissance d’une âme qui n’attend son secours que des Cieux. Plus tard à Bethléem, ô Joseph et Marie ! Je vous vois repoussés de tous les habitants. Nul ne veut recevoir en son hôtellerie de pauvres étrangers, la place est pour les grands. La place est pour les grands et c’est dans une étable que la Reine des Cieux doit enfanter un Dieu. Ô ma Mère chérie, que je te trouve aimable, que je te trouve grande, en un si pauvre lieu ! Quand je vois l’éternel enveloppe de langes, quand du Verbe Divin j’entends le faible cri, Ô ma Mère chérie, je n’envie plus les anges car leur puissant Seigneur est mon Frère chéri ! Que je t’aime, Marie, toi qui sur nos rivages as fait épanouir cette Divine Fleur. Que je t’aime écoutant les bergers et les mages et gardant avec soin toute chose en ton cœur. Je t’aime te mêlant avec les autres femmes qui vers le temple saint ont dirigé leurs pas. Je t’aime présentant le Sauveur de nos âmes au bienheureux Vieillard qui le presse en ses bras. D’abord en souriant j’écoute son cantique mais bientôt ses accents me font verser des pleurs. Plongeant dans l’avenir un regard prophétique, Siméon te présente un glaive de douleurs. Ô Reine des martyrs, jusqu’au soir de ta vie, ce glaive douloureux transpercera ton cœur. Déjà tu dois quitter le sol de ta patrie pour éviter d’un roi la jalouse fureur. Jésus sommeille en paix sous les plis de ton voile, Joseph vient te prier de partir à l’instant et ton obéissance aussitôt se dévoile : tu pars sans nul retard et sans raisonnement. Sur la terre d’Egypte, il me semble, ô Marie, que dans la pauvreté ton cœur reste joyeux, car Jésus n’est-il pas la plus belle Patrie ? Que t’importe l’exil, tu possèdes les Cieux ! Mais à Jérusalem, une amère tristesse comme un vaste océan vient inonder ton cœur. Jésus, pendant trois jours, se cache à ta tendresse… Alors c’est bien l’exil dans toute sa rigueur ! Enfin tu l’aperçois et la joie te transporte, tu dis au bel Enfant qui charme les docteurs : « Ô mon Fils, pourquoi donc agis-tu de la sorte ? Voilà ton père et moi qui te cherchions en pleurs ». Et l’Enfant Dieu répond (oh quel profond mystère !) à la Mère chérie qui tend vers lui ses bras : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Aux œuvres de mon Père, il faut que je m’emploie ; ne le savez-vous pas ? » L’Evangile m’apprend que croissant en sagesse, à Joseph, à Marie, Jésus reste soumis et mon cœur me révèle avec quelle tendresse, Il obéit toujours à ses parents chéris. Maintenant je comprends le mystère du temple, les paroles cachées de mon Aimable Roi. Mère, ton doux Enfant veut que tu sois l’exemple de l’âme qui Le cherche en la nuit de la foi. Puisque le Roi des Cieux a voulu que sa Mère soit plongée dans la nuit, dans l’angoisse du cœur ; Marie, c’est donc un bien de souffrir sur la terre ? Oui, souffrir en aimant, c’est le plus pur bonheur ! Tout ce qu’il m’a donné, Jésus peut le reprendre. Dis-lui de ne jamais se gêner avec moi, Il peut bien se cacher, je consens à l’attendre jusqu’au jour sans couchant ou s’éteindra ma foi. Je sais qu’à Nazareth, Mère pleine de grâces, tu vis très pauvrement, ne voulant rien de plus, point de ravissement, de miracles, d’extases n’embellissent ta vie, ô Reine de Elus ! Le nombre des petits est bien grand sur la terre, ils peuvent sans trembler vers toi lever les yeux. C’est par la voie commune, incomparable Mère, qu’il te plait de marcher pour les guider aux Cieux. En attendant le Ciel, ô ma Mère chérie, je veux vivre avec toi, te suivre chaque jour. Mère, en te contemplant, je me plonge ravie, découvrant dans ton cœur des abîmes d’amour. Ton regard maternel bannit toutes mes craintes, il m’apprend à pleurer, il m’apprend à jouir. Au lieu de mépriser les joies pures et saintes, tu veux les partager, tu daignes les bénir. Des époux de Cana voyant l’inquiétude qu’ils ne peuvent cacher, car ils manquent de vin, au Sauveur tu le dis, dans ta sollicitude espérant le secours de son pouvoir divin. Jésus semble d’abord repousser ta prière : « Qu’importe », répond-t-il, « femme, à vous et à moi ? » Mais au fond de son cœur, Il te nomme sa Mère et son premier miracle, Il l’opère pout toi. Un jour que les pêcheurs écoutent sa doctrine de celui qui voudrait au Ciel les recevoir, je te trouve avec eux, Marie, sur la colline. Quelqu’un dit à Jésus que tu voudrais le voir, alors ton Divin Fils, devant la foule entière, de son amour pour nous montre l’immensité. Il dit : « Quel est mon frère et ma sœur et ma Mère, si ce n’est celui-là qui fait ma volonté ? » Ô Vierge Immaculée, des mères la plus tendre, en écoutant Jésus, tu ne t’attristes pas mais tu te réjouis qu’Il nous fasse comprendre que notre âme devient sa famille ici-bas. Oui, tu te réjouis qu’Il nous donne sa vie, les trésors infinis de sa divinité. Comment ne pas t’aimer, ô ma Mère chérie, en voyant tant d’amour et tant d’humilité ? Tu nous aimes, Marie, comme Jésus nous aime, et tu consens pour nous à t’éloigner de lui. Aimer c’est tout donner et se donner soi-même, tu voulus le prouver en restant notre appui. Le Sauveur connaissait ton immense tendresse, Il savait les secrets de ton cœur maternel, refuge des pêcheurs, c’est à toi qu’Il nous laisse quand il quitte la Croix pour nous attendre au Ciel. Marie, tu m’apparais au sommet du Calvaire, debout près de la Croix, comme un prêtre à l’autel offrant pour apaiser la justice du Père, ton bien-aimé Jésus, le doux Emmanuel. Un prophète l’a dit, ô Mère désolée, « Il n’est pas de douleur semblable à ta douleur ! » Ô Reine des Martyrs, en restant exilée, tu prodigues pour nous tout le sang de ton cœur ! La maison de Saint Jean devient ton seul asile, le fils de Zébédée doit remplacer Jésus. C’est le dernier détail que donne l’Evangile de la Reine des Cieux il ne me parle plus. Mais son profond silence, ô ma Mère chérie, ne révèle-t-il pas que le Verbe Eternel veut Lui-même chanter les secrets de ta vie pour charmer tes enfants, tous Elus du Ciel ? Bientôt je l’entendrai cette douce harmonie. Bientôt dans le beau Ciel, je vais aller te voir, Toi qui vins me sourire au matin de ma vie. Viens me sourire encore… Mère… voici le soir ! Je ne crains plus l’éclat de ta gloire suprême. Avec toi j’ai souffert et je veux maintenant chanter sur tes genoux, Marie, pourquoi je t’aime et redire à jamais que je suis ton enfant ! Ainsi soit-il. » 

Sainte Thérèse de Lisieux (1873-1897)

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