«Ton amour est pour toujours»: une liturgie devant le Linceul de Turin

Le Pape François devant le Linceul de Turin en 2015. Le Pape François devant le Linceul de Turin en 2015.  

«Ton amour est pour toujours»: une liturgie devant le Linceul de Turin

La vénération du Linceul conservé dans la cathédrale de Turin débutera à 17 heures ce Samedi saint et sera transmise en direct à la télévision ainsi que sur les réseaux sociaux. Pour Mgr Nosiglia, archevêque de la ville du nord de l’Italie, le visage de l’homme du suaire parle encore à l’homme d’aujourd’hui. Inquiet et tourmenté, mais soutenu par la certitude de la Résurrection de Jésus.

Benedetta Capelli – Cité du Vatican

«Ce visage défiguré par les blessures communique une grande paix. Son regard ne cherche pas nos yeux mais notre cœur, comme s’il nous disait: ‘aie confiance, ne perds pas espérance; la force de l’amour de Dieu, la force du Ressuscité vainc tout’», écrivait le Pape François l’année dernière à l’occasion de l’ostension spéciale du Linceul décidée par son gardien, l’archevêque de Turin, sur la demande de nombreux fidèles confinés et dans l’impossibilité de participer aux liturgies du Triduum.

Cette année, le monde se débat toujours avec la pandémie de Covid-19; aussi, l’initiative est-elle reconduite. La liturgie spéciale de cet après-midi, centrée sur le thème «ton amour est pour toujours», sera diffusée à la télévision, grâce au concours du Dicastère pour la communication, ainsi que sur les réseaux sociaux. Elle débutera par des témoignages -des anciens malades du coronavirus et d’autres maladies, de personnes ayant eu à subir des situations d’injustice et de violence-, et se conclura par une prière présidée par Mgr Cesare Nosiglia, qui répond aux questions de Vatican News:

Le Christ a souffert comme nous souffrons, peut-être même plus, parce qu’il était seul, abandonné comme le sont souvent nos aînés, qui n’ont pas leurs proches près d’eux à cause du coronavirus. Mais Jésus-Christ est aussi celui qui s’est confié au Père, et le Père était proche de lui et l’a soutenu jusqu’à la Résurrection. Cela signifie que nous ne devons pas avoir peur des situations difficiles, même si elles sont fatigantes, mais nous devons toujours avoir la foi, prier le Seigneur, afin qu’il nous donne le courage, la confiance, l’espérance et surtout, nous devons aider ceux qui n’ont plus le courage, la confiance et l’espérance, peut-être pour des raisons sérieuses et concrètes, les aider à affronter cette situation. Le Linceul nous dit précisément cela. Le Pape François nous a expliqué que lorsque nous contemplons le visage du Linceul, il nous semble voir le visage d’un mort et celui-ci semble nous dire peu de choses, mais en réalité c’est lui qui nous regarde et nous dit que lui aussi a souffert. Faire cette liturgie la veille de Pâques peut sembler étrange, car nous pouvons penser que le Suaire nous parle du Vendredi Saint, mais il nous parle aussi du Samedi Saint, car il nous offre la certitude que de la mort et de la souffrance du Christ est née la vie pour tous.

Qu’est-ce qui est différent de l’ostension que vous avez préparée l’année dernière au plus fort de la pandémie, alors le monde se sentait perdu face à ce nouveau virus?

Cette année nous avons pensé reprendre une tradition très présente dans l’église primitive: l’heure de Marie. Marie était au pied de la croix, appelée à être la mère de l’apôtre Jean, qui à son tour était appelé à être le fils. L’Heure de Marie, c’est la mère qui se tient devant le tombeau de son fils dans l’attente de sa Résurrection, se souvenant des paroles de l’Évangile qui annonçaient sa passion, sa mort, mais qui parlaient aussi de pardon, de confiance dans le Père, d’accueil du Bon Larron, d’abandon à la volonté de Dieu. L’Heure de Marie s’ouvre donc à l’essence de la Résurrection et guide notre chemin vers Pâques, vers la plénitude de la joie que l’Église célèbre solennellement dans la veille de la nuit. C’est revenir et relire en quelque sorte le Linceul avec l’attitude intérieure et dans le cœur la douleur et la souffrance, mais aussi l’espérance de la Mère, car elle seule peut nous apprendre à nous tenir devant son Fils, même devant le sépulcre avec une attitude d’espérance, de confiance. La devise de la liturgie, «Ton amour est pour toujours» est une référence à l’apôtre Paul, qui dit : «qui nous séparera de l’amour du Christ ? Peut-être la tribulation, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité», et nous pouvons ajouter: la pandémie. Mettons tout cela ensemble, mais rappelons-nous que nous sommes victorieux à cause de celui qui nous a aimés, qui a donné sa vie pour nous, et donc rien ni personne ne pourra jamais nous séparer de cet amour que Dieu nous a révélé dans le Christ Jésus notre Seigneur.

Le Pape François, parlant du Linceul, a dit que nous devons nous laisser regarder, nous laisser contempler, parce que dans ce visage défiguré nous trouvons le visage de nos frères et sœurs qui vivent dans la violence, qui vivent les guerres, les persécutions, l’esclavage. Est-ce un visage qui parle toujours, qui ne cesse de nous dire quelque chose de nouveau ?

J’ai vu de nombreuses ostensions, j’y ai vu des sans-abris, des pauvres, des handicapés, ceux qui portaient des souffrances physiques et morales, des victimes de la violence. Ils étaient tous émus devant le Linceul, émus de voir ce corps torturé, ce visage tuméfié d’un homme juste qui a répondu à la violence par l’amour et le pardon.

Source: VATICANNEWS, le 3 avril 2021

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