Léa Sharibu, plus de mille jours dans les griffes de Boko Haram

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ACN – Léa Sharibu

Léa Sharibu, plus de mille jours dans les griffes de Boko Haram

Léa Sharibu, jeune fille nigériane de 14 ans, a été capturée le 19 février 2018 par l’État Islamique en Afrique de l’Ouest, une faction de Boko Haram. À l’occasion du troisième anniversaire de son enlèvement, ce qui correspond à plus de mille jours de captivité, sa famille, par la voix du pasteur Gideon Para-Mallam, a tenu à rappeler ses souffrances et demander sa libération. 

« Il est difficile de savoir exactement où elle se trouve actuellement ». Les mots sont douloureux à prononcer pour cette famille nigériane dont le pasteur Gideon Para-Mallam se fait l’écho. Leur fille, Léa Sharibu, a été enlevée le 19 février 2018 par des membres de Boko Haram alors qu’elle n’avait que 14 ans. Aujourd’hui, un peu plus de trois ans après son enlèvement, les proches de la jeune fille partage leur souffrance et leur espoir de voir Léa libérée.

Quelles sont les dernières nouvelles que vous avez de Léa ?
Pasteur Gideon Para-Mallam : Certaines nouvelles reçues de Léa en novembre sont inquiétantes, mais je ne voudrais pas rentrer ici dans les détails. Il n’y a aucun moyen de les vérifier, mais nous devons prier pour elle et effectuer des efforts concertés tant au niveau local qu’au niveau mondial pour obtenir sa libération dès que possible. Cependant, la bonne nouvelle est que Léa est toujours en vie : jusqu’à présent, c’est la nouvelle la plus encourageante que nous ayons d’elle.

Quand l’avez-vous vue ou avez-vous entendu parler d’elle pour la dernière fois ?
La dernière fois que Léa a été vue par sa mère, Rebekah, c’était à la fin de janvier 2018, lors de sa visite au pensionnat du lycée public pour jeunes filles de Dapchi, dans l’État de Yobe, dans le nord-est du pays. Certains disent que l’État de Yobe serait le berceau de Boko Haram, et aujourd’hui, avec l’État de Borno, le centre de ses opérations. En tout cas, ses parents ne l’ont plus vue depuis le 19 février 2018, lorsque l’État islamique en Afrique de l’Ouest a envahi son école et séquestré 110 jeunes filles, dont Léa Sharibu. Un mois plus tard, le 20 mars 2018, lorsque les 110 filles ont été libérées, Léa a été retenue parce qu’elle refusait de renoncer à sa foi au Christ. Les dernières personnes à avoir vu Léa sont donc ses camarades de classe. Une vidéo dans laquelle Léa lançait un appel pour qu’on la libère de sa captivité a été publiée en septembre 2018. Depuis lors, plus personne n’a eu de nouvelles directes de Léa.

Mais l’année dernière, vous avez à nouveau eu des nouvelles de Léa ?
En janvier 2020, une personne enlevée par l’État islamique en Afrique de l’Ouest et relâchée nous a transmis un message de l’un des prisonniers qui se trouvaient avec Léa. Pour le moment, une partie du contenu du message ne sera pas divulguée. Nous le partagerons au moment le plus approprié, quand le Seigneur le permettra.

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Manifetstation pour la libération de jeunes enlevés par Boko Haram au Nigeria.

Savez-vous où est Léa ?
Il est difficile de savoir exactement où elle se trouve actuellement. D’après ce que nous avons entendu dire, les terroristes ne gardent pas leurs prisonniers à un seul endroit, mais ils les déplacent d’un endroit à l’autre. Il est donc difficile de savoir exactement et avec certitude où Léa pourrait être maintenant. Parfois, nous entendons dire qu’elle est dans la région du lac Tchad, et d’autres fois, en République du Niger ou au Tchad. Il est difficile d’être précis. Rappelons qu’à la fin du mois d’octobre 2018, ses ravisseurs ont déclaré que Léa et d’autres personnes, comme Alice Ngaddah (le travailleuse de l’Unicef et mère de deux enfants, enlevée le 1er mars 2018), seraient esclaves à vie. Par la suite, elles ont été mariées à certains chefs du groupe.

Certains médias ont parlé de sa conversion à l’islam. Y a-t-il une preuve de cela ou s’agit-il juste de spéculations ?
Oui, c’est vrai, la rumeur circulait depuis un certain temps, et un témoin oculaire m’a confirmé cette rumeur en privé. Mais je pose une question simple : y a-t-il eu conversion volontaire ou forcée ? Peut-on considérer une conversion forcée à l’islam, en captivité, comme une conversion volontaire ? Il ne faut pas oublier que si Léa a été retenue, c’est avant tout parce qu’elle avait décidé, à l’âge de 14 ans, de rester fidèle à sa foi chrétienne. Comme la foi chrétienne de Léa est héroïque ! Prions pour qu’elle reste ferme dans sa foi en Christ, même en cette heure sombre où l’épreuve de sa foi est poussée à des limites que même des adultes ne pourraient pas facilement affronter. Léa, reste forte en Dieu !

Pourquoi le monde reste-t-il à l’écart et la regarde-t-il rester injustement en captivité ?

Quel âge a Léa maintenant ?
Léa a été enlevée à l’âge de 14 ans. Elle a célébré son quinzième anniversaire en captivité, le 17 mai 2018. Cette écolière innocente, dont l’éducation a été écourtée, a fêté son seizième anniversaire en mai 2019, puis son dix-septième en mai 2020. Pourquoi le monde reste-t-il à l’écart et la regarde-t-il rester injustement en captivité ? Levez-vous, citoyens du monde, brisez le mur du silence et réclamez la libération de Léa Sharibu !

Comment se sentent les membres de sa famille ? Espèrent-ils qu’elle revienne un jour ?
J’ai encore parlé aux parents de Léa cet après-midi. Nous nous parlons de temps en temps. Ils restent inébranlables dans la foi, croyant qu’un jour ils reverront Léa. Ils n’ont pas courbé l’échine. Cependant, ils souffrent beaucoup. Le père de Léa, Nathan Sharibu, m’a dit : « Nous espérons toujours que Léa soit un jour libérée ». Et la mère, Rebecca Sharibu, affirme : « Tout est entre les mains de Dieu, et par Sa grâce, nous reverrons Léa un jour ». Que leurs prières soient exaucées, AMEN ! Personnellement, je prie pour Léa et d’autres comme Alice Ngaddah, Grace Tuka, Lillian Daniel Gyang, le Pasteur Lawrence Zongo et deux autres femmes – toutes chrétiennes – et pour plusieurs autres captifs. Hier, mardi 16 février 2021, alors que je priais pour Léa, Dieu m’a inspiré ces paroles d’encouragement pour Léa : « Ne crains pas, Ô petite fille… [Léa], je viens à ton aide, dit l’Éternel » (Is 41, 13-14).

Quel est votre message aux amis et bienfaiteurs de l’AED ?
J’encourage tous les bienfaiteurs et amis de l’AED à prier avec foi pour Léa. Soutenez les parents de Léa dans la mesure de vos possibilités. Lancez un appel à vos gouvernements pour qu’ils utilisent leur pouvoir et leurs voies diplomatiques afin de soulever la question de Léa auprès de notre Président et des structures de pouvoir pertinentes au Nigeria, de manière à ce qu’ils agissent pour libérer Léa et les autres captifs. En effet, comment un gouvernement peut-il être aussi impuissant et incapable ? Rappelons-nous qu’en plus de Léa, il y a encore d’autres filles de Chibok qui ont disparu. Malheureusement, 27 autres écoliers ont été enlevés hier à Kagara, dans l’État de Niger au Nigeria.

Il me semble qu’il y a trop de zones hors de contrôle au Nigeria, et que notre intégrité territoriale en tant que nation est donc compromise. Les nigérians devraient s’unir, de même que les citoyens du monde entier ! Il ne s’agit pas ici que de Leah Sharibu, il s’agit de notre humanité commune. C’est incroyable, mais à ce jour, Leah Sharibu a déjà passé 1.096 jours en captivité, entre les griffes de Boko Haram. Unissons-nous au-delà de nos frontières et agissons pour libérer Léa !

Source: ALETEIA, le 25 février 2021

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