MESSE POUR LA PAIX À ROME

Pape François: Marie est la route à parcourir pour parvenir à Dieu 

En ce 1er janvier, où l’Église célèbre la Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu, la traditionnelle messe pour la paix a eu lieu en la Basilique Saint-Pierre de Rome. Le Pape François a délivré une homélie lue par le cardinal Pietro Parolin, centrée sur trois verbes accomplis en Marie: bénir, naître et trouver. 

Dans les lectures de la liturgie d’aujourd’hui ressortent trois verbes qui trouvent leur accomplissement dans la Mère de Dieu: bénir, naître et trouver, relève le Saint-Père dans cette homélie lue par le Secrétaire d’État du Saint-Siège, le Pape souffrant d’une «douloureuse sciatique».

Bénir. Ce n’est pas une pieuse exhortation, c’est une demande précise, souligne le Pape. «C’est important qu’aujourd’hui aussi les prêtres bénissent le Peuple de Dieu, sans relâche; et qu’également tous les fidèles soient porteurs de bénédiction, qu’ils bénissent. Le Seigneur sait que nous avons besoin d’être bénis: la première chose qu’il a faite après la création a été de dire du bien de toute chose et de dire beaucoup de bien de nous», a-t-il ajouté. Et le Saint-Père de nous rappeler que «Jésus est la bénédiction du Père, donc chaque fois que nous ouvrons le cœur à Jésus, la bénédiction de Dieu entre dans notre vie.»

Marie, bénie par la grâce

En faisant de la place à Marie, nous sommes bénis, mais nous apprenons aussi à bénir, poursuit le Pape. «La Vierge Marie, en fait, enseigne que la bénédiction se reçoit pour être donnée.» Elle, la bénie, a en effet été une bénédiction pour toute personne qu’elle a rencontrée: pour Elisabeth, pour les époux à Cana, pour les apôtres au Cénacle… Nous aussi, nous sommes appelés à bénir, à dire du bien au nom de Dieu, souligne l’évêque de Rome, déplorant que le monde soit «gravement pollué» par le fait de dire du mal et de penser du mal des autres, de la société, de soi-même. «La médisance corrompt, fait tout dégénérer, tandis que la bénédiction régénère, donne la force pour recommencer.»

«Demandons à la Mère de Dieu la grâce d’être pour les autres des porteurs joyeux de la bénédiction de Dieu, comme elle pour nous», enjoint ainsi le Successeur de Pierre.

Le primat de l’Incarnation

Naître est le deuxième verbe de l’homélie du Pape lue par le cardinal Parolin. Saint Paul souligne que le Fils de Dieu est «né d’une femme» (Ga 4, 4). En peu de paroles il nous dit une chose merveilleuse, observe François. «Le Seigneur est né comme nous. Il n’est pas apparu adulte, mais enfant; il n’est pas venu au monde tout seul, mais d’une femme. Le cœur du Seigneur a commencé à palpiter en Marie, le Dieu de la vie a pris d’elle l’oxygène.» Dès lors, Marie nous unit à Dieu parce qu’en elle Dieu s’est lié à notre chair et ne l’a plus laissée, remarque le Primat d’Italie, précisant combien Marie était davantage que «le pont entre nous et Dieu»: «Elle est la route que Dieu a parcourue pour parvenir à nous et elle est la route que nous, nous devons parcourir pour parvenir à lui. Par Marie nous rencontrons Dieu comme lui le veut: dans la tendresse, dans l’intimité, dans la chair», estime le Souverain pontife, insistant sur le caractère incarné. «Oui, parce que Jésus n’est pas une idée abstraite, il est concret, incarné, il est né d’une femme et a grandi patiemment.»

Et le Pape de développer: «Les femmes connaissent ce pragmatisme patient: nous les hommes, nous sommes souvent abstraits et nous voulons quelque chose tout de suite; les femmes sont concrètes et savent tisser avec patience les fils de la vie. Combien de femmes, combien de mères font naître et renaître la vie de cette manière, en donnant un avenir au monde !»s’exclame le Saint-Père.

Le vaccin du cœur est le soin

La sainte Mère de Dieu nous enseigne donc que le premier pas pour donner vie à tout ce qui nous entoure est de l’aimer en nous. Pour François, il apparaît alors important «d’éduquer le cœur au soin, à tenir beaucoup aux personnes et aux choses.» «Tout part d’ici, du fait de prendre soin des autres, du monde, de la création. Il ne sert à rien de connaître beaucoup de personnes et beaucoup de choses si nous n’en prenons pas soin», garantit le Successeur de Pierre.  

Cette année, alors que nous espérons une renaissance et de nouveaux traitements, ne négligeons pas le soin, exhorte le Pape, rappelant qu’en plus du vaccin pour le corps, il nous faut le vaccin pour le cœur: c’est le soin. «Ce sera une bonne année si nous prenons soin des autres, comme fait la Vierge Marie avec nous», affirme-t-il, passant au troisième verbe «Trouver».

Chaque jour, trouver Dieu

L’Évangile dit que les bergers «découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né» (v. 16). «Ils n’ont pas trouvé de signes prodigieux et spectaculaires, mais une simple famille», constate François. «Là, cependant, ils ont vraiment trouvé Dieu, qui est grandeur dans la petitesse, force dans la tendresse. Mais comment firent les bergers pour trouver ce signe si peu visible? Ils ont été appelés par un ange. Nous aussi, nous n’aurions pas trouvé Dieu si nous n’avions pas été appelés par grâce.»

C’est alors que, selon le Souverain pontife argentin, nous avons découvert «que son pardon fait renaître, sa consolation allume l’espérance, sa présence donne une joie irrépressible.» Nous l’avons trouvé, mais nous ne devons pas le perdre de vue, prévient le Pape. «Le Seigneur, en effet, ne se trouve pas une fois pour toutes: il doit être trouvé chaque jour. Pour accueillir la grâce, il faut rester actifs.»

Avant d’interroger les fidèles: «Et nous, qu’est-ce que nous sommes appelés à trouver au début de l’année?»

Offrir le cadeau du temps

«Il serait beau de trouver du temps pour quelqu’unLe temps est la richesse que nous avons tous, mais dont nous sommes jaloux parce que nous voulons l’utiliser seulement pour nous. La grâce de trouver du temps pour Dieu et pour le prochain doit être demandée: pour celui qui est seul, pour celui qui souffre, pour celui qui a besoin d’écoute et de soin», répond François. Ainsi si nous trouvons du temps à offrir, nous serons émerveillés et heureux, comme les bergers, conclut le Saint-Père, invoquant la Vierge Marie, qui a amené Dieu dans le temps, pour qu’elle nous aide à donner de notre temps. «Sainte Mère de Dieu, nous te consacrons la nouvelle année.»

Sainte Messe en la Journée mondiale de la Paix, vendredi 1er janvier 2021, en la Basilique Saint-Pierre de Rome. Sainte Messe en la Journée mondiale de la Paix, vendredi 1er janvier 2021, en la Basilique Saint-Pierre de Rome.   (Vatican Media)

Source: VATICANNEWS, le 1er janvier 2020

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