Grande Neuvaine de l’Immaculée Conception 2020 de Fatima

30.11.2020 – JOUR 1 : LE PARADIS

INVOCATION AU SAINT-ESPRIT

Commencer par invoquer le Saint-Esprit pour qu’Il nous aide à faire une bonne méditation :

Venez Esprit-Saint, emplissez le cœur de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle, et Vous renouvellerez la face de la terre.

Prions : Ô Dieu qui avez instruit le cœur de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit de comprendre et d’aimer ce qui est bien et de jouir sans cesse de ses divines consolations.

ENSEIGNEMENTS

Le 4 mai 1944, à la fois pour répondre à la demande de Notre Dame à Fatima et pour la remercier de l’heureuse issue de la guerre, le pape Pie XII instaura la fête du Cœur Immaculé de Marie. Mais en quoi consiste cette dévotion sur laquelle Notre Dame confia à Lucie le 13 juin 1917 : « Jésus veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. À qui embrassera cette dévotion, je promets le Salut. (…) Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. » Pour le savoir, le mieux est d’écouter ce qu’enseigna la Sainte Vierge aux petits voyants de Fatima.

Le 13 mai 1917, Notre Dame venait pour la première fois sur les terres bénies de la Cova da Iria. En réponse aux questions de Lucie, elle délivra un message très simple mais d’une très grande profondeur.

Notre Dame : « N’ayez pas peur. Je ne vous ferai pas de mal. »
Lucie : « D’où vient Votre Grâce ? »
Notre Dame : « Je suis du Ciel. »
(…)
Lucie : « Et moi, est-ce que j’irai au Ciel ? »
Notre Dame : « Oui, tu iras. »
Lucie : « Et Jacinthe ? »
Notre Dame : « Elle aussi. »
Lucie : « Et François ? »
Notre Dame : « Lui aussi, mais il devra réciter beaucoup de chapelets. »
Lucie : « Maria das Neves est-elle déjà au Ciel ? »
Notre Dame : « Oui, elle y est. »

Dans ses toutes premières paroles, la Sainte Vierge affirme par cinq fois l’existence du Ciel et précise que quatre personnes iront ou y sont déjà : Lucie, François, Jacinthe et Maria das Neves. Juste après, elle parlera du Purgatoire, et deux mois plus tard de l’enfer. « Les fins dernières », à savoir le Ciel, le Purgatoire ou l’enfer, sont donc la première vérité de Foi rappelée par Notre Dame. Car le seul objectif pour lequel nous sommes ici-bas est de préparer notre éternité. D’où venons-nous et où allons-nous ? Ces questions devraient occuper nos pensées à longueur de journée. La vie est courte ; nous n’avons que peu de temps pour faire un choix qui sera définitif et durera ensuite éternellement. Aussi, ne faut-il pas le faire à la légère. Mais qu’est-ce que ce Paradis d’où vient Notre Dame et qu’elle promet aux trois petits bergers ?

Le paradis

Le Paradis est une réalité inimaginable : c’est la plénitude de tous les biens désirables ; c’est l’extase éternelle dans la vision béatifique de Dieu. Sainte Catherine de Sienne raconte qu’elle fut une fois enlevée dans la gloire du Ciel. Quand, l’extase terminée, elle essaya d’en parler, elle ne put que pleurer. À quelqu’un qui s’en étonnait, la sainte lui répondit : « Ne vous étonnez pas de cela. Étonnez-vous plutôt que je sois encore sur la Terre après avoir goûté des délices ineffables… ».

Saint Robert Bellarmin, pensant au bonheur suprême du Paradis, alors qu’il regardait un tableau qui représentait les bienheureux Jésuites, s’écria : « Je veux aller très vite avec eux ! Loin, loin de cette vie, il faut aller là-haut avec eux. »

Le désir du paradis

Mais ne vont au paradis que les héros de l’amour de Dieu et des autres. « Le Royaume de Dieu exige violence, et seuls les violents s’en emparent. » (Mt 11, 12) Seul, le chrétien qui est un héros de bonté, de foi, d’humilité, de pureté, d’obéissance, de patience, de mortification, peut espérer s’entendre dire au terme de sa vie : « Viens, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Maître. » (Mt 25, 21).

Nous devons tout faire pour gagner le Paradis. Sainte Bernadette affirmait que la Vierge est tellement belle qu’elle désirait mourir mille morts pour pouvoir la revoir.

Un jour, on souhaita à saint Maximilien Kolbe une mort rapide afin de pouvoir rejoindre vite l’Immaculée dans le Ciel. Le saint répondit en remerciant vivement celui qui lui avait présenté un tel souhait.

Saint Léonard de Port Maurice, apôtre ardent, en arrivait à prêcher et à demander la prière des fidèles afin de mourir bientôt et de rejoindre l’Immaculée. Un jour, il dit du haut de la chaire : « Je souhaite mourir pour vivre avec Marie. Et vous, récitez un “Je vous salue Marie” pour moi. Obtenez-moi la grâce de mourir maintenant. Je veux aller voir Marie. »

Quand on aime vraiment la Sainte Vierge, la pensée et le désir du Paradis ne nous donnent pas de répit, parce que c’est là que la Vierge nous attend. Et le Curé d’Ars disait qu’elle nous y attend comme une Maman attend l’arrivée de ses enfants, pour les avoir tous autour d’elle dans la joie éternelle.

Paradis et pénitence

Mais on n’arrive au Paradis que « par la porte étroite et par un chemin resserré » (Mt 7, 14), autrement dit, par la pénitence. « Croyez-moi – disait saint Philippe Néri – le Paradis n’est pas fait pour les paresseux ». Quand on invitait saint Maximilien à modérer un peu son héroïque et épuisant apostolat pour l’Immaculée il répondait : « Il n’est pas nécessaire de s’épargner, je me reposerai au Paradis ! … »

Malheureusement, il nous est plus facile de nous laisser attirer et dominer par les biens terrestres, de nous laisser séduire par les créatures et les plaisirs charnels. Aussi devons-nous nous rappeler l’appel insistant de saint Paul : « Cherchez les choses d’en haut ; goûtez les choses d’en haut, non pas celles de la terre » (Col. 3,1). Si nous faisons comme nous dit saint Paul, nous expérimenterons, nous aussi, la vérité de cette phrase de saint Ignace : « Ô comme la terre me paraît petite et méprisable quand je contemple le Ciel ! »

Ce serait une folie impardonnable que de perdre les biens célestes et éternels pour des plaisirs terrestres et passagers. Notre monde ne doit être pour nous qu’une terre d’exil d’où nous partirons pour rejoindre notre vraie patrie : le Ciel.

La Sainte Vierge rappelle qu’il faut faire des efforts pour gagner le Ciel. Elle promit le Ciel à François, « mais il devra dire beaucoup de chapelets ». Pourquoi lui et pas Lucie ou Jacinthe ? Quelle que soit la réponse à cette question, remercions infiniment François, car, grâce à lui, nous apprenons de la Sainte Vierge elle-même quel est le premier moyen pour aller au Ciel : réciter fréquemment notre chapelet ! Or qui de nous peut s’affirmer plus saint que le petit François ? Et qui n’est pas capable de réserver 15 à 20 minutes dans une journée pour réciter un chapelet chaque jour ?

Il faut l’aide de la Sainte Vierge

Une chose doit nous consoler. S’il est vrai qu’on ne va pas au Paradis sans faire pénitence, c’est vrai également qu’il existe un moyen pour y aller en toute sécurité et facilement : c’est d’y aller avec la Sainte Vierge. Un jour un évêque se rendit auprès de saint Padre Pio accompagné d’un ami qui n’était pas un exemple de sainteté. Il le lui présenta en disant : « Père, cet ami voudrait s’assurer un billet d’entrée pour le Paradis. La chose n’est pas facile. Que lui conseilleriez-vous, Père ? » Abaissant et secouant un peu la tête, saint Padre Pio répondit doucement : « Eh, il y faut la Sainte Vierge, il y faut la Sainte Vierge. »

Un grand pécheur vint un jour voir saint Bernard pour se confesser. Il était sur le point de désespérer à cause de ses grandes fautes. Saint Bernard lui parla de la divine miséricorde et il lui présenta le passage de l’Évangile sur l’Annonciation, là où l’Ange dit : « Ne crains pas Marie parce que tu as trouvé grâce auprès de Dieu » (Lc 1, 30). Et saint Bernard le commenta en disant que Marie « pleine de grâce » a trouvé grâce pour nous pécheurs. Le pauvre homme reprit courage. Après sa confession, il alla tout de suite à l’autel de la Sainte Vierge et il retrouva parfaitement la paix.

Alors, efforçons-nous de vivre avec les yeux toujours fixés sur le Paradis, avec les mains toujours occupées à accomplir notre devoir d’état, avec un cœur plein d’amour et de confiance envers notre douce Mère du Ciel qui nous veut tous au Paradis. 

COURT MOMENT DE MÉDITATION

Méditons 5 minutes sur les paroles de Notre Dame aux petits bergers de Fatima et représentons-nous la joie des bienheureux au Ciel.

PRIÈRES À LA SAINTE VIERGE

  1. Réciter le chapelet (ou au moins une dizaine de chapelet) comme l’a demandé Notre Dame à chacune de ses apparitions à Fatima. (Nous verrons ce point dans la méditation du 4e jour). Demandons-lui la grâce de désirer le Ciel et de tout faire pour y parvenir.
  2. Offrir les souffrances de la journée à venir pour la conversion des pécheurs.
  3. Terminer par les invocations suivantes :
  • Cœur Immaculé de Marie, refuge des pécheurs, priez pour nous. (3 fois)
  • Notre Dame de Fatima, priez pour nous.
  • Notre Dame du Rosaire, priez pour nous.
  • Saint François et sainte Jacinthe, priez pour nous.
  • Sœur Lucie, intercédez pour nous.
Le Paradis et l'Enfer - le paradis

01.12.2020 – JOUR 2 : LE PURGATOIRE

INVOCATION AU SAINT-ESPRIT

Commencer par invoquer le Saint-Esprit pour qu’Il nous aide à faire une bonne méditation :

Venez Esprit-Saint, emplissez le cœur de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre Esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle, et Vous renouvellerez la face de la terre.

Prions : Ô Dieu qui avez instruit le cœur de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit de comprendre et d’aimer ce qui est bien et de jouir sans cesse de ses divines consolations.

ENSEIGNEMENTS

Après avoir promis aux trois petits voyants d’aller au Ciel et leur avoir appris que leur ami Maria das Neves y était, sur une nouvelle question de Lucie qui demandait : « Et Amélia ? », Notre Dame répondit : « Elle est au purgatoire jusqu’à la fin du monde. »

Cette réponse de la Sainte Vierge au sujet d’Amélia a fait couler beaucoup d’encre. Elle a souvent été omise ou remplacée par des circonlocutions vagues. Pourtant, elle est parfaitement authentique et figure bien dans les fac-similés des mémoires de Sœur Lucie. Il est vrai que dans un premier temps, par égard pour la famille d’Amélia, Lucie dit seulement : « Elle est au purgatoire ». Mais le temps ayant passé, elle n’hésita pas à rapporter complètement les paroles de Notre Dame dans ses mémoires. Et elle en confirma l’exactitude au père Jongen en 1946.

C’est une parole dure à entendre, mais elle est on ne peut plus claire. Et il n’y a aucune raison d’en édulcorer la signification : le sens littéral de « jusqu’à la fin du monde » est le seul possible.

L’enseignement de l’Église

Mais qu’est-ce que le purgatoire ? Le 17e concile œcuménique de Florence (1439-1445) en donne la définition suivante :

« Si ceux qui se repentent véritablement meurent dans l’amour de Dieu avant d’avoir par des fruits dignes de leur repentir réparé leurs fautes commises par action ou par omission, leurs âmes sont purifiées après leur mort par des peines purgatoires. »

Et le Catéchisme de l’Église Catholique, aux n° 1030 et 1031, a repris intégralement cette définition :

« Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur Salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du Ciel.

L’Église appelle purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés. »

L’existence du purgatoire est donc un enseignement constant de l’Église. Tous ceux qui meurent dans l’amitié avec Dieu mais sans être complètement purs et dignes du Paradis, connaissent cet état de douloureuse purification pour le temps nécessaire à ce but.

Une vérité divine

Dans ses premières pages, la Sainte Écriture nous parle de la coutume des Hébreux de prier pour les morts. Cela signifie donc qu’il existe un état des âmes défuntes qui n’est ni l’enfer, ni le Paradis. Car les damnés et les bienheureux n’ont pas besoin de nos prières.

Plus expressément encore, la Bible nous parle des sacrifices pour les défunts, sacrifices qui étaient célébrés dans le Temple. À la mort d’Aaron, on offrit des sacrifices pendant 30 jours (Dt 34, 8 ; Nb 20, 30).

Dans le Nouveau Testament, Jésus fait plus d’une fois allusion au purgatoire. La plus claire référence est celle sur la nécessité de régler nos comptes avec notre ennemi, avant de tomber entre les mains du juge qui nous jettera en prison, et ne nous laissera sortir qu’après paiement de toute la dette « jusqu’au dernier centime ». (Mt 5, 25-26). Cette « prison », c’est clair, ne peut être l’enfer dont on ne sort jamais, mais le purgatoire, comme l’ont compris les Pères de l’Église.

Suivant très exactement l’enseignement de Jésus, saint Paul dit que celui qui fait des œuvres imparfaites se sauvera, mais en passant « par le feu » (1 Co 3, 15).

Et après saint Paul, nombreux sont les pères et les docteurs de l’Église à avoir enseigné la même chose, en particulier saint Augustin, saint Jean Chrysostome, saint Éphrem, saint Cyprien, saint Thomas d’Aquin, etc.

C’est pourquoi le magistère de l’Église nous présente la vérité du purgatoire comme étant un dogme de foi, c’est-à-dire qu’on ne peut pas se dire catholique si on ne croit pas à l’existence du purgatoire. Ainsi, le concile de Trente « prescrit aux évêques de tout faire pour que la saine doctrine du purgatoire, transmise par les saints Pères et les saints conciles, soit l’objet de la foi des fidèles, que ceux-ci la gardent, et qu’elle soit enseignée et proclamée en tous lieux ».

Une souffrance terrible

Au purgatoire nous sommes plus ou moins purifiés selon le mérite de chacun. Il nous est difficile d’imaginer la réalité de cette souffrance, tant elle est terrible. Saint Thomas d’Aquin dit : « La plus petite peine du purgatoire surpasse la plus grande peine que nous puissions connaître sur la terre », et encore : « Le même feu tourmentera les damnés en enfer et les justes au purgatoire. »

Car l’offense faite à Dieu est une chose très grave et grande est la réparation qu’exige sa justice. Pour cette raison, les saints veillaient à expier sur la terre le plus petit manquement, y compris les « paroles oiseuses » (Mt 12,36). Sainte Monique disait à ceux qui l’entouraient au moment de sa mort : « Priez pour moi ! Ne prenez pas soin de mon corps, mais seulement de mon âme. »

Pas des larmes, mais des prières

Les défunts n’ont pas besoin de nos larmes, mais de nos prières. Encore moins ont-ils besoin de couronnes de fleurs ou de cortèges pour leur enterrement. Quelle tristesse de voir parfois, chez certains chrétiens, combien ils dépensent sans compter pour les cérémonies des funérailles et ne se préoccupent même pas de faire célébrer une seule messe ! Pourtant, le concile de Florence dit :

« Pour qu’ils soient relevés de peines de cette sorte [les peines du purgatoire], leur sont utiles les suffrages des fidèles vivants, c’est-à-dire : offrandes de messes, prières et aumônes et autres œuvres de piété qui sont accomplies d’ordinaire par les fidèles pour d’autres fidèles, selon les prescriptions de l’Église. »

Le concile de Trente a également confirmé cet enseignement : « Les âmes retenues au purgatoire sont aidées par les suffrages des fidèles, et surtout par le sacrifice de l’autel si agréable à Dieu. »

Si nous pouvions voir les souffrances des âmes du purgatoire, comme nous veillerions à les soulager en faisant célébrer la sainte messe, en communiant, en récitant le chapelet, en faisant pénitence !

Une nuit, saint Nicolas de Tolentino vit l’âme d’un confrère défunt, le frère Pélegrin d’Osimo, qui le priait de faire aussitôt célébrer une messe pour lui et pour les âmes du purgatoire. Le saint lui répondit qu’il ne le pouvait pas, car il devait attendre son tour pour célébrer. Alors le défunt conduisit saint Nicolas au purgatoire. À la vue des peines terribles que souffraient ces âmes, saint Nicolas s’effraya, alla aussitôt chez le père supérieur et le pria de l’autoriser à célébrer la messe pour le frère Pélegrin et pour les âmes du purgatoire. Après l’obtention de cette permission, la célébration des messes fut le recours le plus puissant et le plus salutaire pour ces âmes souffrantes.

Un jour un religieux demanda à saint Padre Pio d’avoir, au cours de sa messe, un petit souvenir pour l’âme de son père. Le Padre Pio célébra la messe pour l’âme du père de ce religieux. Aussitôt après la messe, saint Padre Pio appela le frère et lui dit : « Ce matin, ton père est entré au paradis. » Le frère en fut heureux mais aussi stupéfait, et ne put s’empêcher de s’exclamer : « Mais, Père Pio, mon père est mort il y a trente ans. » Saint Padre Pio répondit gravement : « Eh bien, mon fils, devant Dieu tout se paye ! »

On comprend dès lors toute l’importance de faire dire des messes pour les défunts, même pour ceux qui paraissent avoir eu une vie exemplaire. Car « l’Eucharistie remet l’homme en communion avec Dieu en le réconciliant avec Lui par le sang répandu pour la multitude en rémission des péchés ». (Mt 26, 28)

La Sainte Vierge nous libère du purgatoire

Saint Bernardin a appelé la Sainte Vierge la « plénipotentiaire » du purgatoire, parce qu’elle a obtenu de son Fils les grâces et le pouvoir de libérer du purgatoire toutes les âmes qu’elle veut, car Notre Dame a été « associée plus intimement que toute autre au mystère de la souffrance rédemptrice ». Alors, aimer la Sainte Vierge et recourir à elle pour obtenir le soulagement et la libération des âmes du purgatoire doit nous tenir à cœur si nous voulons offrir des prières et des intercessions efficaces. La Sainte Vierge elle-même révéla au bienheureux Alain de la Roche : « Je suis la Mère des âmes du purgatoire, et par mes prières les peines de ceux qui m’aiment sont allégées. »

Dans ce domaine, le chapelet est tout particulièrement efficace. Saint Alphonse de Liguori nous dit : « Si nous voulons aider les âmes du purgatoire, récitons le chapelet à leurs intentions. Cela leur sera d’un grand soulagement. » Une louable coutume fait ajouter aux cinq dizaines : une sixième en suffrage pour les âmes des défunts. Cette tradition, à laquelle la petite Bernadette Soubirous avait été initiée par sa pieuse famille, est si agréable au Ciel que Notre-Dame lui apparut à Lourdes avec en ses mains un chapelet à six dizaines. La récitation du chapelet est donc un véritable acte de charité envers les âmes du purgatoire.

Alors, n’omettons jamais de penser à elles en récitant notre chapelet quotidien, en demandant à notre Mère du Ciel d’intercéder pour qu’elles puissent le plus vite possible passer de cet état de peine à celui de la béatitude éternelle.

COURT MOMENT DE MÉDITATION

Méditons cinq minutes sur les paroles de Notre Dame aux petits bergers de Fatima et représentons-nous les âmes au purgatoire.

PRIÈRES À LA SAINTE VIERGE

  1. Réciter le chapelet (ou au moins une dizaine de chapelet) comme l’a demandé Notre Dame à chacune de ses apparitions à Fatima. (Nous verrons ce point dans la méditation du 4e jour) Demandons-lui les grâces nécessaires pour mener une vie conforme à la volonté divine afin d’éviter le purgatoire.
  2. Offrir les souffrances de la journée à venir pour la conversion des pécheurs.
  3. Terminer par les invocations suivantes :
  • Cœur Immaculé de Marie, refuge des pécheurs, priez pour nous. (3 fois)
  • Notre Dame de Fatima, priez pour nous.
  • Notre Dame du Rosaire, priez pour nous.
  • Saint François et sainte Jacinthe, priez pour nous.
  • Sœur Lucie, intercédez pour nous.
Le Purgatoire existe-t-il ? - District d'Afrique

02.12.2020 – JOUR 3 : L’ENFER

INVOCATION AU SAINT-ESPRIT

Commencer par invoquer le Saint-Esprit pour qu’Il nous aide à faire une bonne méditation :

Venez Esprit-Saint, emplissez le cœur de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle, et Vous renouvellerez la face de la terre.

Prions : Ô Dieu qui avez instruit le cœur de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit de comprendre et d’aimer ce qui est bien et de jouir sans cesse de ses divines consolations.

ENSEIGNEMENTS

Le 13 juillet 1917, après avoir appris aux trois petits voyants une prière pour offrir des sacrifices, Notre Dame ouvrit les mains et leur montra l’enfer. Et après la vision, elle leur dit : « Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. » Notre Dame poursuit ainsi leur instruction sur les fins dernières. Lors de la première apparition, elle avait confirmé l’existence du Ciel et du purgatoire. Dans cette troisième apparition, elle leur montre l’enfer. 

La vision de l’enfer

De nos jours, l’enfer est un sujet peu évoqué, voire occulté. Certains clercs vont même jusqu’à nier son existence ou déclarer que, s’il existe, il est vide. Mais, si on veut présenter honnêtement et complètement le message de Fatima, il est impossible de le passer sous silence. Voici la description qu’en fit Sœur Lucie dans son troisième mémoire et qu’elle répéta quasiment mot pour mot dans le quatrième.

« En disant ces dernières paroles, elle [la Sainte Vierge] ouvrit de nouveau les mains, comme les deux mois précédents. Le rayon parut pénétrer la Terre et nous vîmes comme un océan de feu. Plongés dans ce feu, les démons et les âmes, comme s’ils étaient des braises, transparentes et noires ou bronzées, ayant forme humaine qui flottaient dans l’incendie, soulevées par les flammes qui sortaient d’elles-mêmes en même temps que des nuages de fumée, tombant de tous côtés, semblables à la retombée des étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur. (Ce doit être en regardant cette vision que j’ai dû pousser ce « Aïe ! » que l’on dit avoir entendu de moi). Les démons se distinguaient par des formes horribles et répugnantes d’animaux effrayants et inconnus, mais transparentes comme des charbons noirs embrasés. »

Puis Sœur Lucie continue en disant :

« Certaines personnes, même pieuses, ne veulent pas parler aux enfants de l’enfer, pour ne pas les effrayer. Mais Dieu n’a pas hésité à montrer l’enfer à trois enfants, dont la plus jeune avait seulement six ans, et il savait bien qu’elle en serait horrifiée, au point de se consumer de frayeur, je peux presque le dire. »

Un jour, elle écrivit à un séminariste :

« Ne soyez pas surpris si je vous parle tant de l’enfer. C’est une vérité qu’il est nécessaire de rappeler beaucoup dans les temps présents, parce qu’on l’oublie : c’est en tourbillon que les âmes tombent en enfer. Eh ! quoi ? Vous ne trouvez pas bien employés tous les sacrifices qu’il faut faire pour ne pas y aller et empêcher que beaucoup d’autres y tombent ? »

L’enfer existe

Nous devons donc croire à l’existence de l’enfer et, comme les saints, nous devons craindre d’y aller. Saint Paul, ravi jusqu’au septième ciel et riche de mérites, craignait de se damner (1 Cor 9, 27). Quand on demandait à saint Jérôme pourquoi il s’était retiré dans une grotte de Bethléem pour y vivre en ermite pénitent, il répondait : « Je me suis condamné à cette prison parce que je crains l’enfer. » Un grand homme de doctrine et de sainteté comme saint Jérôme craignait l’enfer. Et nous qui n’avons ni beaucoup de doctrine ni de sainteté, nous n’aurions pas à nous préoccuper de l’enfer ?! Au contraire, souvent, avec une légèreté incroyable, nous pensons pouvoir l’éviter sans mérites ni crainte. Nous n’aimons que les discours gais et doucereux, pour une vie chrétienne facile, nourrie de vains « hosanna » et « alléluia ». Certains vont même jusqu’à recommander de ne jamais parler de l’enfer parce que cela « impressionne », oubliant que, dans l’Évangile, Jésus n’a pas parlé de l’enfer seulement quelques fois, mais 18 fois !

De son côté, l’Église a toujours affirmé l’existence de l’enfer et son éternité. Voici par exemple la définition du catéchisme de saint Pie X (3e partie, n° 46) :

« L’enfer est un lieu de tourments auquel sont condamnés tous ceux qui par leurs crimes se sont révoltés contre l’ordre de la Providence ou de la prédestination et ont été fixés dans ces crimes de façon à ne s’en convertir jamais. » (…) 

Le concile Vatican II lui-même a rappelé l’existence d’un feu éternel dans Lumen gentium n°48 :

« Il faut veiller constamment pour que nous méritions d’entrer avec Lui aux noces et d’être comptés au nombre des bénis, et non pas de recevoir l’ordre, comme des serviteurs mauvais et paresseux, d’aller dans le feu éternel, dans les ténèbres extérieures où « il y aura des pleurs et des grincements de dents ». »

Donc l’enfer existe. C’est la terrible condamnation de ceux qui meurent en état de péché mortel. « Ils iront au châtiment éternel. » (Mt 25, 46) Mais ne vont en enfer que ceux qui veulent y aller. Dieu nous a créés pour le Paradis et nous donne les moyens d’y parvenir. Toutefois, Il nous laisse libres d’accepter ou non. Et celui qui refuse sait qu’il perdra le paradis pour aller en enfer. Il le veut librement. On ne peut pas reprocher à Dieu de ne pas respecter la liberté de l’homme !

Les peines de l’enfer

Or quelle folie de renoncer à Dieu, de perdre le Paradis pour se précipiter dans les horreurs de la demeure des démons ! La vision béatifique de Dieu, l’union à Jésus et à la Sainte Vierge, la compagnie des anges et des saints… tous ces biens seront perdus, ce qui constitue la peine du dam. Mgr Gaume disait que « la peine du dam est le regret d’avoir perdu Dieu ; c’est la plus grande peine que puisse éprouver une créature raisonnable ». Et saint Alphonse de Liguori écrit : « Ni le feu, ni les ténèbres, ni l’infection, ni aucun autre des tourments réunis dans l’enfer, cette prison des désespérés, n’en constituent la plus grande peine : ce qui fait proprement l’enfer, c’est la peine du dam, ou la douleur d’avoir perdu Dieu. »

En enfer, il y a aussi la peine des sens. Les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel vont immédiatement aux enfers où elles subissent le « feu éternel » (Mt 18, 7) et sont « en proie à des tourments » (Lc 16, 23). Jésus enseignait : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais qui ne peuvent tuer l’âme. Craignez plutôt Celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la Géhenne. » (Mt 10, 28)

La Géhenne est un val profond sur l’un des côtés de Jérusalem. On y jetait toutes les ordures de la ville et on les y brûlait. La Géhenne est l’image la plus expressive que Jésus a utilisée pour représenter l’enfer. L’enfer est donc en quelque sorte la « décharge » du Ciel et de la Terre : là se retrouvent tous les anges rebelles et tous les hommes, pervers et corrompus, morts en état de péché mortel. Tous brûlent d’un « feu qui ne s’éteint pas » (Mc 9, 44), rejetés par Dieu pour l’éternité. Si nous pensions sérieusement à ces paroles de Jésus, qui donc se damnerait ?

Mais n’y a-t-il pas disproportion entre la peine éternelle et les fautes de l’homme ? Non, dit saint Paul, « Car il est impossible, pour ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté la douceur de la parole de Dieu et les merveilles du monde à venir, et qui pourtant sont tombés, de les renouveler une seconde fois en les amenant à la pénitence, eux qui pour leur part crucifient de nouveau le Fils de Dieu et le livrent à l’ignominie » (He 6, 6). Et saint Paul ajoute : « De quel châtiment plus sévère pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l’Alliance par lequel il avait été sanctifié, et qui aura outragé l’Esprit de la grâce ? » (He 10, 29) Le riche qui durant sa vie n’a pensé qu’aux « somptueux banquets » et le pauvre Lazare qui, au contraire a supporté sa misère, laissant même les chiens lui « lécher les plaies » (Lc 16, 19-31), nous font très bien comprendre ce qui attend les hommes mauvais et les hommes bons. Et saint Thomas enseigne : « De même que la récompense correspond au mérite, de même la peine correspond à la faute. » Aux actions bonnes correspond le Paradis ; aux actions mauvaises (les péchés mortels) correspond l’enfer.

Pour éviter l’enfer

L’enfer est donc, comme le purgatoire, une vérité de foi et l’on ne peut pas se dire catholique si on croit qu’il n’existe pas ou qu’il est vide. L’une des raisons de la venue de la Sainte Vierge à Fatima est précisément de rappeler son existence à une période où on a trop tendance à l’oublier.  La Sainte Vierge aurait-elle pris le soin de montrer l’enfer à trois jeunes enfants et de marquer l’importance de son message par un miracle extraordinaire (le miracle du soleil du 13 octobre 1917) pour que, quelques années plus tard, on juge cette notion sans importance, voire surannée ? Car il est impossible d’imaginer que Notre Dame se soit trompée en montrant l’enfer aux trois petits bergers.

Cette vérité est peut-être dure à accepter dans notre monde peu habitué à ce qu’on lui parle des fins dernières en général et de l’enfer en particulier. Pourtant, il suffit parfois d’un regard ou d’une parole vers Jésus ou Marie pour être sauvé, quelles que soient les fautes commises. De nombreuses fois, Jésus remit leurs péchés à ceux qui venaient lui demander sa Miséricorde. Mais, chaque fois, il leur recommandait de ne plus pécher. « Va et ne pèche plus ! » dit-il à la femme adultère. Le bon larron fut même sauvé au tout dernier moment, malgré ses crimes, simplement pour avoir dit : « Seigneur, souvenez-vous de moi quand vous reviendrez dans l’éclat de votre gloire. » Et Jésus lui répondit : « En vérité, je te le dis : aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le Paradis. » La Miséricorde de Dieu est donc immense : il ne tient qu’à nous de l’accepter ou de la refuser.

Ce moyen n’est pas nouveau puisque déjà, saint Jean Chrysostome disait : « La Miséricorde immense de Marie sauve un grand nombre de malheureux qui, selon les lois de la divine justice, devraient être damnés. »

Mais quel est donc ce moyen si merveilleux qui nous assure le Salut et nous fait éviter l’enfer ? C’est ce que nous verrons dans les prochaines méditations. En attendant, ayons confiance en la Très Sainte Vierge et tournons-nous vers elle, car elle est le « refuge des pécheurs ». Invoquons-la souvent afin qu’elle nous vienne en aide tous les jours de notre vie pour nous guider et ainsi nous éviter l’enfer.

COURT MOMENT DE MÉDITATION

Méditons 5 minutes sur ce que la Sainte Vierge a dit aux trois petits bergers de Fatima ; représentons-nous l’enfer tel qu’elle le leur a montré. Et demandons-lui la grâce de vivre toujours selon la volonté divine, prêts à tout souffrir plutôt que de commettre un seul péché mortel.

PRIÈRES À LA SAINTE VIERGE

  1. Réciter le chapelet (ou au moins une dizaine de chapelet) comme l’a demandé Notre Dame à chacune de ses apparitions à Fatima. (Nous verrons ce point dans la méditation du 4e jour) Demandons-lui les grâces nécessaires pour mener une vie conforme à la volonté divine et ainsi éviter l’enfer.
  2. Offrir les souffrances de la journée à venir pour la conversion des pécheurs.
  3. Terminer par les invocations suivantes :
  • Cœur Immaculé de Marie, refuge des pécheurs, priez pour nous. (3 fois)
  • Notre Dame de Fatima, priez pour nous.
  • Notre Dame du Rosaire, priez pour nous.
  • Saint François et sainte Jacinthe, priez pour nous.
  • Sœur Lucie, intercédez pour nous.

Le Paradis et l'Enfer - le paradis

03.12.2020 – JOUR 4 : LA RÉCITATION QUOTIDIENNE DU CHAPELET

INVOCATION AU SAINT-ESPRIT

Commencer par invoquer le Saint-Esprit pour qu’Il nous aide à faire une bonne méditation :

Venez Esprit-Saint, emplissez le cœur de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle, et Vous renouvellerez la face de la terre.

Prions : Ô Dieu qui avez instruit le cœur de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit de comprendre et d’aimer ce qui est bien et de jouir sans cesse de ses divines consolations.

ENSEIGNEMENTS

Si le 13 juillet 1917 la Sainte Vierge a rappelé l’existence de l’enfer, elle a aussi affirmé très nettement que la dévotion à son Cœur Immaculé nous permettait de l’éviter. Mais quelle est cette dévotion qui a un fruit si merveilleux ? Elle comprend essentiellement cinq pratiques. La première de ces pratiques est la prière, et plus précisément la prière du chapelet.

En effet, les premières paroles de l’Ange furent pour rappeler la nécessité de prier. Et il le fit à chacune de ses trois apparitions en 1916. Car l’Ange eut un rôle de précurseur et prépara les petits bergers à recevoir le message que Notre Dame leur délivrera l’année suivante.

Au printemps, l’Ange leur dit : « Priez avec moi : Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui ne vous aiment pas. (Prière répétée trois fois) Priez ainsi. Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications. »

Enfin, à l’automne, juste avant de leur donner la communion, il leur apprit une deuxième prière : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la Terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est lui-même offensé. Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs. » (Prière répétée trois fois)

Mais l’Ange ne va pas plus loin : il laisse à sa Reine le soin de préciser la prière qu’elle souhaite plus spécialement. Effectivement, à chacune des six apparitions de 1917, Notre Dame demanda la récitation quotidienne du chapelet.

  • 13 mai 1917 : « Récitez le chapelet tous les jours pour obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre. »
  • 13 juin 1917 : « Je veux (…) que vous disiez le chapelet tous les jours. »
  • 13 juillet 1917 : « Je veux (…) que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu’elle seule [Notre-Dame du Rosaire] peut les obtenir. »
  • 19 août 1917 : « Je veux (…) que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours. »
  • 13 septembre 1917 : « Continuez à réciter le chapelet pour obtenir la fin de la guerre. »
  • 13 octobre 1917 : « Que l’on continue toujours à dire le chapelet tous les jours. »

Cette insistance n’est sûrement pas fortuite : elle montre la grande importance du chapelet et la place que nous devons lui réserver dans nos prières. Déjà à Lourdes, en 1858, la Sainte Vierge avait spécialement recommandé la récitation du chapelet. Et elle égrenait un splendide chapelet tandis que sainte Bernadette récitait les Je vous salue Marie.

En outre, lors de la dernière apparition de 1917, Notre-Dame donna son nom : « Je suis Notre Dame du Rosaire. » Enfin, les trois tableaux que la Sainte Vierge montra aux petits voyants pendant la danse du soleil, illustrent les trois séries des mystères du rosaire : la Sainte Famille pour les mystères joyeux, Notre Dame des douleurs pour les mystères douloureux et Notre Dame du Rosaire sous les traits de Notre Dame du Mont Carmel pour les mystères glorieux.

Fatima est donc la consécration du chapelet quotidien comme prière privilégiée par le Ciel, après le saint Sacrifice de la Messe. Toute sa vie, Sœur Lucie insista sur l’importance de le réciter tous les jours, notamment dans deux lettres, l’une à une de ses amies, Mère Maria Martins, l’autre à un de ses confesseurs, le Père Pasquale*.

Les fruits du chapelet quotidien

Tout en demandant la récitation quotidienne du chapelet, Notre Dame donna les fruits attachés à cette récitation. 

Le premier de ses fruits est la fin de la guerre et la paix dans le monde. Notre Dame le répéta trois fois : les 13 mai, 13 juillet et 13 septembre. Et le 13 juillet, elle ajouta qu’« elle seule peut les obtenir ». Cette dernière affirmation est tout à fait conforme à l’enseignement constant de l’Église : Dieu veut que les mérites acquis par son Fils passent par sa Mère. Aussi la grâce de la paix, comme toutes les autres grâces, doit-elle être demandée à Notre Dame. Jacinthe l’avait parfaitement compris et, peu avant de mourir, elle confia à sa cousine :

« Dis à tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie, que c’est à elle qu’il faut les demander, que le Cœur de Jésus veut qu’on vénère avec lui le Cœur Immaculé de Marie, que l’on demande la paix au Cœur Immaculé de Marie, car c’est à elle que Dieu l’a confiée. »

Or, à Fatima, pour avoir cette paix, Notre Dame a demandé la récitation quotidienne du chapelet. Elle n’a pas dit : « Priez pour obtenir la paix », elle a dit : « Récitez le chapelet tous les jours (Recem o terço todos os dias) pour obtenir la paix » ! 

C’est un point qui est un peu oublié aujourd’hui : la paix ne reviendra dans le monde que si nous récitons notre chapelet tous les jours ! La paix non pas seulement en France (ou dans notre pays), mais dans le monde ! Loin de nous l’idée que le rosaire seul suffirait pour l’obtenir. Outre nos prières, Dieu nous demande aussi d’agir concrètement, même si parfois, à vue humaine, nos modestes actions peuvent sembler avoir peu de chances d’aboutir.

Cette puissance du chapelet pour obtenir la paix est une réalité historique. Par le passé, plusieurs victoires militaires furent obtenues par la récitation du rosaire. Ces victoires ont toutes en commun d’avoir redressé des situations humainement désespérées, tant le déséquilibre entre les adversaires était grand (pour plus de détails sur ces batailles, lire l’article Les victoires temporelles du rosaire sur le site de Cap Fatima). 

Mais la paix dans le monde n’est pas le seul fruit du rosaire. En effet, le 13 juillet, Notre Dame demanda : « Quand vous réciterez le chapelet, dites après chaque mystère : ‘‘Ô mon Jésus, pardonnez-nous. Préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin’’. » La récitation du chapelet quotidien a donc un deuxième fruit : dit avec persévérance, il a le pouvoir de nous préserver de l’enfer, et d’attirer les grâces sur les pécheurs pour qu’eux aussi en soient préservés.

Enfin, le rosaire est un moyen particulièrement efficace pour résoudre les difficultés que nous rencontrons, quelles qu’elles soient. Le 26 décembre 1957, Sœur Lucie confia au Père Fuentès :

« La Sainte Vierge a donné une efficacité nouvelle à la récitation du rosaire. Il n’y aucun problème, si difficile soit-il, temporel ou surtout spirituel, se référant à la vie personnelle de chacun d’entre nous, de nos familles, des familles du monde ou des communautés religieuses, ou bien de la vie des peuples et des nations, il n’y aucun problème, dis-je, si difficile soit-il, que nous ne puissions résoudre par la prière du saint rosaire. »

Œuvrons pour que, partout dans le monde, se mettent en place des initiatives pour réciter le chapelet, en famille, en paroisse, en public et demandons tous ensemble au Ciel de nous accorder la paix.

COURT MOMENT DE MÉDITATION

Méditons 5 minutes sur la phrase de Notre Dame : « Je veux (…) que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu’elle seule peut les obtenir. »

PRIÈRES À LA SAINTE VIERGE

  1. Réciter le chapelet (ou au moins une dizaine de chapelet) comme l’a demandé Notre Dame. Demandons-lui la grâce de toujours bien le dire pour obtenir la paix dans le monde et la conversion des pécheurs.
  2. Offrir les souffrances de la journée à venir pour la conversion des pécheurs.
  3. Réciter les prières de l’Ange (voir la médiation plus haut) et de Notre Dame.
  4. Terminer par les invocations suivantes :
  • Cœur Immaculé de Marie, refuge des pécheurs, priez pour nous. (3 fois)
  • Notre Dame de Fatima, priez pour nous.
  • Notre Dame du Rosaire, priez pour nous.
  • Saint François et sainte Jacinthe, priez pour nous.
  • Sœur Lucie, intercédez pour nous.

Prier le chapelet pour que Notre Dame s'occupe de nos affaires – Centre  Romand de l'Apostolat Mondial de Fatima

04.12.2020 – JOUR 5 : LES PRIÈRES ET LES SACRIFICES POUR LA CONVERSION DES PÉCHEURS

INVOCATION AU SAINT-ESPRIT

Commencer par invoquer le Saint-Esprit pour qu’Il nous aide à faire une bonne méditation :

Venez Esprit-Saint, emplissez le cœur de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle, et Vous renouvellerez la face de la terre.

Prions : Ô Dieu qui avez instruit le cœur de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit de comprendre et d’aimer ce qui est bien et de jouir sans cesse de ses divines consolations.

ENSEIGNEMENTS

Lors de l’apparition de l’été 1916, après avoir dit aux trois petits bergers : « Que faites-vous ? Priez, priez beaucoup ! Les Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de Miséricorde », l’Ange continua : « Offrez constamment au Très-Haut des prières et des sacrifices. »

Les demandes du Ciel

Lucie répliqua : « Comment devons-nous faire des sacrifices ? » L’Ange lui répondit : « De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. »

À chacune de ses trois apparitions de 1916, l’Ange confia aux petits voyants la nécessité non seulement de prier mais aussi de faire des sacrifices pour la conversion des pécheurs.

L’année suivante, Notre Dame confirma elle-même l’importance de ce point. Le 13 mai, lors de sa première apparition, après leur avoir parlé du Ciel et du purgatoire, elle demanda aux trois enfants : « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels il est offensé et de supplication pour la conversion des pécheurs ? », utilisant une expression déjà employée par l’Ange l’année précédente.

C’est ainsi que Notre Dame révéla un nouvel élément de la dévotion à son Cœur Immaculé, à savoir les prières et les sacrifices pour la conversion des pécheurs.

De plus, Notre Dame revint plusieurs fois sur le sujet dans les apparitions suivantes.

Le 13 juillet, elle apprit aux petits voyants une prière pour offrir les sacrifices qu’elle demandait : « Sacrifiez-vous pour les pécheurs, et dites souvent, spécialement chaque fois que vous ferez un sacrifice : « Ô Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie ». »

Puis, après leur avoir confié le secret, elle leur apprit une deuxième prière, toujours pour obtenir le Salut des pécheurs : « Quand vous réciterez le chapelet, dites après chaque mystère : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous. Préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin » ».

Enfin, le 19 août 1917, la Sainte Vierge leur confia : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs. Car beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et prie pour elles. »

Une insistance significative

Ainsi, sur les neuf apparitions de 1916 et 1917, les trois de l’Ange et les six de Notre Dame, la demande de prier pour la conversion des pécheurs a été faite six fois, autant de fois que les demandes de Notre Dame pour la récitation quotidienne du chapelet. C’est donc vraiment un point important de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Si nous ne devions retenir qu’une seule chose du message de Fatima, ce serait l’impérieuse nécessité de prier et d’offrir les sacrifices de la vie quotidienne pour obtenir la conversion des pécheurs et réparer les outrages commis envers le Cœur Immaculé de Marie.

Et sa vie durant, Sœur Lucie a affirmé que ce point était le plus important du message de Fatima. Au père Thomas McGlynn, un dominicain américain qui voulait sculpter une statue de Notre-Dame de Fatima et lui demandait en quoi consistait son message, elle répondit : « La conversion des pécheurs, et le retour des âmes à Dieu. Cette idée a été répétée dans toutes les apparitions ; c’est pourquoi je considère que c’est l’essentiel du message. » 

Les sacrifices demandés

Mais la Sainte Vierge et l’Ange ne se sont pas contentés de demander des sacrifices ; ils ont aussi donné quelques précisions sur les sacrifices à faire. Lors de sa deuxième apparition, l’Ange définit les sacrifices comme étant « tout ce que l’on peut offrir » ou encore « les souffrances que le Seigneur nous envoie ». Si la première expression peut inclure des sacrifices que l’on s’impose, la deuxième expression par contre signifie clairement que les sacrifices demandés sont ceux que nous ne choisissons pas. Ce sont donc toutes les souffrances physiques dont nous sommes affectés et toutes les contrariétés ou souffrances morales que nous rencontrons. Notre Dame les définit de la même façon : « Toutes les souffrances que Dieu voudra vous envoyer. » 

Plus tard, Notre Seigneur précisa lui-même les sacrifices qu’il désirait. Dans une lettre du 28 février 1943, Sœur Lucie confia à Monseigneur Feirrera qui fut un de ses directeurs spirituels : 

« Du jeudi au vendredi, me trouvant dans la chapelle avec la permission de mes supérieures, à minuit, Notre Seigneur me dit : « Le sacrifice qu’exige de chacun l’accomplissement de son propre devoir et l’observance de ma loi, voilà la pénitence que je demande et que j’exige maintenant. »

Deux mois plus tard, dans une lettre du 4 mai 1943, elle confia au père Gonçalvès, un autre de ses directeurs spirituels qui avait été envoyé au Mozambique deux ans plus tôt :

« Il désire que l’on fasse comprendre aux âmes que la véritable pénitence qu’il veut et exige maintenant consiste avant tout dans le sacrifice que chacun doit s’imposer pour accomplir ses propres devoirs religieux et matériels. »

Les sacrifices demandés sont donc les efforts que nous devons faire : 1) pour observer la loi de Dieu, notamment la loi morale, 2) pour accomplir notre devoir d’état quotidien.

Sacrifices volontaires ou involontaires

Cela ne signifie nullement qu’il ne faut pas, de temps en temps, s’imposer volontairement de petites pénitences. Les petits voyants ne manquaient aucune occasion de le faire. Voici un exemple que rapporte Lucie dans son premier mémoire : 

« Jacinthe prit tellement à cœur les sacrifices pour la conversion des pécheurs qu’elle ne laissait passer aucune occasion. Il y avait quelques enfants, fils de deux familles de Moita, qui passaient de porte en porte à mendier. Nous les rencontrâmes un jour alors que nous allions avec notre troupeau. En les voyant, Jacinthe nous dit : « Donnons notre goûter à ces pauvres enfants pour la conversion des pécheurs ! » Elle courut le leur porter. »

Mais ce que le Ciel nous demande avant tout, c’est d’accomplir honnêtement notre devoir d’état, de respecter la loi divine, d’accepter avec humilité tous les efforts que cela demande et de les offrir pour obtenir la conversion des pécheurs et en réparation des outrages commis envers les Cœurs de Jésus et de Marie. Pour cela, nul n’est besoin d’une compétence particulière ou d’une volonté surhumaine, même si cela demande une volonté solide.

Les fruits de cette pratique

Cette pratique a, de plus, plusieurs conséquences d’une valeur inestimable. Ainsi, après avoir appris aux petits voyants comment faire des sacrifices, l’Ange ajouta : « De cette manière, vous attirerez la paix sur votre patrie. »

Ensuite, à celui qui embrasse la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, Notre Dame « promet le Salut ». Or, les sacrifices pour la conversion des pécheurs sont la principale pratique de cette dévotion. En conséquence, à tous ceux qui feront de tels sacrifices, la Sainte Vierge promet le Salut.

En cela, Notre Dame n’a d’ailleurs fait que confirmer un enseignement constant de l’Église. Car, dans l’épilogue de l’Épître de saint Jacques (V, 19-20), nous lisons : « Celui qui ramène un pécheur de la voie où il s’égarait sauvera son âme de la mort et fera disparaître une multitude de péchés. »

Ainsi, l’offrande des sacrifices de la vie quotidienne telle que demandée à Fatima peut apporter la paix à notre pays, tout en nous faisant profiter de la promesse de Notre Dame, à savoir les grâces nécessaires pour faire notre Salut. Alors prenons la résolution d’offrir désormais, chaque fois que possible, les sacrifices de notre vie quotidienne en réparation des péchés par lesquels Dieu est offensé et pour la conversion des pécheurs. Et si nous n’arrivons pas à y penser dans la journée, pensons au moins à les offrir pendant notre prière du soir. De plus, dans la journée, essayons de réciter de temps en temps l’une ou l’autre des courtes prières enseignées par l’Ange et Notre Dame (voir Jour 4).

COURT MOMENT DE MÉDITATION

Méditons 5 minutes sur les sacrifices que nous pouvons offrir chaque jour pour la conversion des pécheurs.

PRIÈRES À LA SAINTE VIERGE

  1. Réciter le chapelet (ou au moins une dizaine de chapelet). Demandons-lui les grâces nécessaires pour toujours respecter la loi divine, comme l’a demandé Notre Seigneur à Sœur Lucie.
  2. Offrir les souffrances de la journée à venir pour la conversion des pécheurs.
  3. Terminer par les invocations suivantes :
  • Cœur Immaculé de Marie, refuge des pécheurs, priez pour nous. (3 fois)
  • Notre Dame de Fatima, priez pour nous.
  • Notre Dame du Rosaire, priez pour nous.
  • Saint François et sainte Jacinthe, priez pour nous.
  • Sœur Lucie, intercédez pour nous.

Luc 5:32 - Verset Biblique du Jour - DailyVerses.net

05.12.2020 – JOUR 6 : LA COMMUNION RÉPARATRICE DES PREMIERS SAMEDIS DU MOIS

INVOCATION AU SAINT-ESPRIT

Commencer par invoquer le Saint-Esprit pour qu’Il nous aide à faire une bonne méditation :

Venez Esprit-Saint, emplissez le cœur de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle, et Vous renouvellerez la face de la terre.

Prions : Ô Dieu qui avez instruit le cœur de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit de comprendre et d’aimer ce qui est bien et de jouir sans cesse de ses divines consolations.

ENSEIGNEMENTS

Le 13 juillet 1917, la Sainte Vierge confia un secret dans lequel elle affirma : « Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. » Ainsi furent précisées deux pratiques supplémentaires de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie.

La Sainte Vierge utilisa ce jour-là le futur, disant : « Je viendrai… » Et en effet, sept ans plus tard, le 10 décembre 1925 à Pontevedra (Espagne), Lucie eut une nouvelle apparition de Notre Dame qui lui dit :

« Vois, ma fille, mon Cœur entouré des épines que les hommes m’enfoncent à chaque instant, par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, du moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui, pendant cinq mois, le premier samedi, 

  • se confesseront,
  • recevront la sainte Communion,
  • réciteront un chapelet
  • et me tiendront compagnie pendant quinze minutes, en méditant sur les quinze mystères du Rosaire
  • en esprit de réparation,

je promets de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour le Salut de leur âme. »

Deux mois plus tard, le 15 février 1926, l’Enfant Jésus apparut à Sœur Lucie et assouplit les conditions posées par Notre Dame. Voici un extrait du dialogue qui s’établit entre eux :

« Mon confesseur disait dans sa lettre que cette dévotion ne faisait pas défaut dans le monde, parce qu’il y avait déjà beaucoup d’âmes qui vous recevaient chaque premier samedi, en l’honneur de Notre Dame et des 15 mystères du Rosaire.

– C’est vrai ma fille, que beaucoup d’âmes commencent, mais peu vont jusqu’au bout et celles qui persévèrent, le font pour recevoir les grâces qui y sont promises. Les âmes qui font les cinq premiers samedis avec ferveur et dans le dessein de faire réparation au Cœur de ta Mère du Ciel me plaisent davantage que celles qui en font quinze, tièdes et indifférents.

– Mon Jésus ! Bien des âmes ont de la difficulté à se confesser le samedi. Si vous permettiez que la confession dans les huit jours soit valide ?

– Oui. Elle peut être faite même au-delà, pourvu que les âmes soient en état de grâce le premier samedi lorsqu’elles me recevront, et que, dans cette confession antérieure, elles aient l’intention de faire ainsi réparation au Sacré-Cœur de Marie.

– Mon Jésus ! Et celles qui oublieront de formuler cette intention ?

– Elles pourront la formuler à la confession suivante, profitant de la première occasion qu’elles auront pour se confesser. »

Quatre ans plus tard, le confesseur de Sœur Lucie, le Père Gonçalvès, lui demanda de répondre par écrit à cinq questions sur la dévotion des premiers samedis du mois. Voici ses réponses :

1. Quand ? Le 10 décembre 1925.

Comment ? Par une apparition de Notre Seigneur et de la Très Sainte Vierge qui me montra son Cœur Immaculé entouré d’épines et demandant réparation.

Où ? À Pontevedra (Passage Isabelle II). La première apparition (eut lieu) dans ma chambre, la seconde près du portail du jardin où je travaillais.

2. Les conditions requises ?

Durant cinq mois, le premier samedi, recevoir la Sainte Communion, dire le chapelet, tenir compagnie quinze minutes à Notre Dame en méditant les mystères du Rosaire et se confesser avec la même intention. La confession peut se faire un autre jour, pourvu qu’on soit en état de grâce en recevant la Sainte Communion.

3. Avantages ou promesses.

« Aux âmes qui chercheront à me faire réparation de cette manière (dit Notre-Dame), je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires au Salut. »

4. Pourquoi cinq samedis et non neuf, ou sept en l’honneur des douleurs de Notre Dame ?

Me trouvant dans la chapelle avec Notre Seigneur une partie de la nuit du 29 au 30 de ce mois de mai 1930 et parlant à Notre Seigneur des questions quatre et cinq, je me sentis soudain possédée plus intimement par la divine présence et, si je ne me trompe, voici ce qui m’a été révélé :

« Ma fille, le motif en est simple. Il y a cinq espèces d’offenses et de blasphèmes proférés contre le Cœur Immaculé de Marie :

  • les blasphèmes contre l’Immaculée Conception,
  • les blasphèmes contre sa virginité,
  • les blasphèmes contre sa maternité divine, en refusant en même temps de la reconnaître comme Mère des hommes,
  • les blasphèmes de ceux qui cherchent publiquement à mettre dans le cœur des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine à l’égard de cette Mère Immaculée,
  • les offenses de ceux qui l’outragent directement dans ses saintes images.

Voilà, ma fille, le motif pour lequel le Cœur Immaculé de Marie m’a inspiré de demander cette petite réparation, et, en considération de celle-ci, d’émouvoir ma Miséricorde pour pardonner aux âmes qui ont eu le malheur de l’offenser. Quant à toi, cherche sans cesse, par tes prières et tes sacrifices, à émouvoir ma Miséricorde à l’égard de ces pauvres âmes. »

5. Ceux qui ne pourront accomplir les conditions le samedi, ne peuvent-ils y satisfaire le dimanche ?

« La pratique de cette dévotion sera également acceptée le dimanche qui suit le premier samedi, quand mes prêtres, pour de justes motifs, le permettront aux âmes ».

L’esprit de la dévotion

Il est important de bien voir que cette dévotion est voulue par Dieu lui-même. En effet, dans la réponse à la quatrième question, Sœur Lucie rapporte ces paroles de Notre Seigneur : «… le Cœur Immaculé de Marie m’a inspiré de demander cette petite réparation et, en considération de celle-ci, d’émouvoir ma miséricorde. »

Cette dévotion tire toute son efficacité de la volonté de réparer les outrages subis par Notre Dame de la part des pécheurs. C’est l’un des points essentiels du message de Fatima : réparer les offenses commises envers les saints Cœurs de Jésus et Marie. En octobre 1928, dans une lettre adressée à son évêque, Mgr da Silva, sœur Lucie écrivit :

« Le bon Dieu, dans son infinie Miséricorde, se plaint de ne pouvoir supporter plus longtemps les offenses qui se commettent contre l’Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge. Il dit qu’à cause de ce péché, un grand nombre d’âmes tombent en enfer, et il promet de les sauver, dans la mesure où l’on pratiquera la dévotion suivante [les premiers samedis du mois], avec l’intention de faire réparation au Cœur Immaculé de Notre Très Sainte Mère. »

Sœur Lucie confia également au père Aparicio (lettre du 19 mars 1939) :

« De la pratique de cette dévotion, unie à la consécration au Cœur Immaculé de Marie, dépendent pour le monde la paix ou la guerre. C’est pourquoi j’ai tant désiré sa propagation ; et puis, surtout parce que telle est la volonté de notre bon Dieu et de notre si chère Mère du Ciel. »

Plus tard, Sœur Lucie indiqua que la volonté du Ciel était non pas de pratiquer cette dévotion cinq mois de suite uniquement, mais chaque premier samedi du mois. En effet, le 13 juillet 1917, Notre Dame n’a pas précisé de nombre : elle a simplement dit : « Je viendrai demander (…) la communion réparatrice des premiers samedis du mois. » Car cette dévotion ayant pour but de réparer les offenses faites à la Sainte Vierge, même après une série de cinq premiers samedis du mois, il y aura toujours des pécheurs pour l’offenser, hélas. D’où la demande du Ciel de faire cette communion chaque premier samedi.

Mais afin de nous inciter fortement à la pratiquer, Dieu accorde une grâce supplémentaire à ceux qui la font cinq mois de suite : celle d’avoir l’assistance de Notre Dame au moment de notre mort pour faire notre Salut éternel.

Il ne faut donc pas confondre la demande générale et la grâce supplémentaire accordée à ceux qui pratiqueront cette dévotion cinq mois de suite. S’il est important pour notre Salut de faire ces cinq communions, pour obtenir la conversion des pécheurs et réparer les offenses faites au Cœur Immaculé de Marie, il convient de poursuivre, autant que possible, au-delà de ces cinq mois.

COURT MOMENT DE MÉDITATION

Méditons 5 minutes sur les bienfaits de cette communion réparatrice : l’assistance de Notre Dame au moment de notre mort et le pardon de Dieu pour les pécheurs.

PRIÈRES À LA SAINTE VIERGE

  1. Réciter le chapelet (ou au moins une dizaine de chapelet). Demandons-lui les grâces nécessaires pour avoir la force de caractère nécessaire pour répondre à ses demandes, en particulier pour pratiquer régulièrement la communion réparatrice des premiers samedis du mois.
  2. Offrir les souffrances de la journée à venir pour la conversion des pécheurs.
  3. Terminer par les invocations suivantes :
  • Cœur Immaculé de Marie, refuge des pécheurs, priez pour nous. (3 fois)
  • Notre Dame de Fatima, priez pour nous.
  • Notre Dame du Rosaire, priez pour nous.
  • Saint François et sainte Jacinthe, priez pour nous.
  • Sœur Lucie, intercédez pour nous.

A Jésus par Marie - Toutes les grâces nous viennent de Jésus par Marie

06.12.2020 – JOUR 7 : LA CONSÉCRATION AU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE

INVOCATION AU SAINT-ESPRIT

Commencer par invoquer le Saint-Esprit pour qu’Il nous aide à faire une bonne méditation :

Venez Esprit-Saint, emplissez le cœur de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle, et Vous renouvellerez la face de la terre.

Prions : Ô Dieu qui avez instruit le cœur de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit de comprendre et d’aimer ce qui est bien et de jouir sans cesse de ses divines consolations.

ENSEIGNEMENTS

Dans le secret confié le 13 juillet 1917, Notre Dame annonça qu’elle reviendra pour faire deux demandes : « Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. » Dans la méditation d’hier, nous avons vu l’une de ses demandes. Voyons maintenant la deuxième : la consécration au Cœur Immaculé de Marie.

Certains pensent, non sans raison, qu’à Fatima, la Vierge n’a expressément demandé que la consécration de la Russie. Voici comment le Père Alonso (décédé en 1981), un des meilleurs spécialistes de Fatima à son époque, répondit à cette objection :

« Cette consécration de la Russie doit être précédée de la pratique généralisée et intense des consécrations individuelles et collectives. La consécration de la Russie n’arrivera que comme le fruit de la consécration généralisée et intense de tous les membres et de toutes les collectivités de l’Église. » 

Qu’est-ce qu’une consécration ?

Mais que signifie se consacrer ? Le terme « consacrer » a plusieurs sens. Celui qui nous intéresse ici est celui de « réserver pour Dieu ». Consacrer un objet, un édifice, un lieu, signifie que cet objet (un calice par exemple) ou cet édifice (une église par exemple) sont réservés pour Dieu, pour célébrer son culte et qu’ils ne peuvent plus servir à un autre usage.

On peut aussi consacrer une personne (ou un groupe de personnes). Dans ce cas, la personne garde sa liberté, mais elle promet de suivre Jésus et de vivre en suivant sa loi. Lorsqu’une personne se consacre par exemple au Sacré-Cœur, elle se donne entièrement à Jésus : elle lui donne son corps, son âme, ses biens extérieurs, ses biens intérieurs (vertus et mérites), tout ce qu’elle a dans l’ordre de la nature et de la grâce. Par son acte de consécration, elle reconnaît à Notre Seigneur un entier et plein droit de disposer de tous ses biens pour le triomphe de son Église. Se consacrer signifie donc qu’on s’engage à être un instrument docile entre ses mains. On promet une obéissance sans faille à tout ce qu’il nous demandera. 

Et voici la définition qu’en donnait Pie XII : « La consécration est un don total de soi, pour toute la vie et pour l’éternité : c’est un don non de pure forme ou de pur sentiment, mais effectif, accompli dans l’intensité de la vie chrétienne. »

Peut-on se consacrer à Marie ?

On se consacre en général à Dieu, au Sacré-Cœur, au Christ-Roi. Toutefois, les églises sont souvent consacrées à la Sainte Vierge ou à des saints. On se consacre aussi à la Très Sainte Vierge lors des mariages, des confirmations, des communions solennelles. Dans beaucoup de paroisses, il est d’usage à la fin de la cérémonie du baptême de porter l’enfant à l’autel de la Sainte Vierge et là, de le consacrer à Notre Dame. Dans son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, saint Louis-Marie Grignion de Montfort nous incite à nous consacrer à la Sainte Vierge.

De tout temps également, des communautés se sont consacrées à la Sainte Vierge. Le 1er avril 1836, le curé d’Ars consacra sa paroisse à Marie conçue sans péché. Le 11 décembre de la même année, l’abbé Desgenettes consacra la paroisse de Notre-Dame des Victoires au Cœur Immaculé de Marie. Plusieurs pays ont été consacrés à la Sainte Vierge. Et encore récemment, 24 pays se sont consacrés aux Cœurs de Jésus et Marie.

Il ne fait donc aucun doute qu’il est possible de se consacrer à Notre Dame et notamment à son Cœur Immaculé. Toutefois, dans ce cas, le terme « consécration » ou « se consacrer » n’a pas exactement le même sens pour Dieu et pour un saint. Il est analogue. Seul Dieu peut posséder totalement notre personne. On se donne à Marie pour qu’elle nous donne à Dieu. Il est clair que la consécration mariale est relative à Dieu. Jamais la Très Sainte Vierge n’est l’étape terminale, ni même le passage, à proprement parler. Elle est le lieu où Dieu veut être trouvé.

Ce point a été remarquablement développé par saint Louis-Marie Grignion de Montfort dans son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge. Par exemple, au n°115, il recommande de « commencer, continuer et finir toutes ses actions par elle, en elle, avec elle et pour elle afin de les faire par Jésus-Christ, en Jésus-Christ, avec Jésus-Christ et pour Jésus-Christ notre dernière fin ».

Et un peu plus loin au n° 120, il précise :

« Marie étant la plus conforme à Jésus-Christ de toutes les créatures, il s’ensuit que, de toutes les dévotions, celle qui consacre et conforme le plus une âme à Notre Seigneur est la dévotion à la Très Sainte Vierge, sa Sainte Mère, et que plus une âme sera consacrée à Marie, plus elle le sera à Jésus-Christ. »

La finalité de la consécration à Notre Dame est donc d’aller à son Fils. C’est d’ailleurs l’enseignement de Notre Dame à Fatima. Le 13 juin 1917, elle dit à la petite Lucie : « Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. »

Pourquoi se consacrer ?

Par son acte de consécration, la personne appartient à celui à qui elle s’est consacrée. En conséquence, elle sera son bien et peut donc prétendre jouir de la protection que tout propriétaire accorde à ce qu’il possède. Ainsi, dans le cérémonial de consécration d’une famille au Sacré-Cœur, il est demandé à Dieu de « bénir nos entreprises spirituelles et temporelles, écarter nos soucis, sanctifier nos joies, soulager nos peines ». 

Dans un radio message adressé à la Belgique, Pie XII déclara : « En mettant sous l’égide de Marie vos activités personnelles, familiales, nationales, vous invoquez sa protection et son aide sur toutes vos démarches. »

En nous consacrant à Notre Seigneur ou à Notre Dame, nous aurons ainsi un guide pour nous garder des faux pas, nous ramener dans le droit chemin si nous nous égarons. Nous serons protégés des dangers, et des embûches du démon.

Un autre bien que procure une consécration est la paix (celle de l’âme en premier lieu, mais aussi la paix temporelle) ainsi que la conversion des pécheurs. Dans la consécration du genre humain au Cœur Immaculé de Marie faite par Pie XII le 31 octobre 1942, le Pape demanda : « Ô Mère de Miséricorde, obtenez-nous de Dieu la paix ! Et, surtout, ces grâces qui peuvent en un instant convertir les cœurs humains, ces grâces qui préparent, aménagent et assurent la paix ! »

Voici également ce qu’enseigne saint Louis Marie Grignion de Montfort :

« Ainsi, se consacrer à Marie, c’est très précisément la choisir comme Mère, non pas seulement pour la protection physique de nos personnes, mais plus encore et d’abord pour lui conférer en propre la plénitude de la puissance maternelle sur notre âme. La mère, dans la famille humaine, a pouvoir sur ses enfants. Elle les protège de deux manières. En écartant d’eux les périls et les menaces, sans même parfois qu’ils le sachent. En les conseillant et en les guidant aussi, pour qu’ils fassent bon usage de leur liberté. »

Comment se consacrer ? 

Dans cet acte, qui s’adresse fondamentalement au Christ, nous faisons entrer la Vierge Marie à un titre spécial, qui lui est propre : celui de Mère de Dieu et notre Mère, celui de Mère du Rédempteur.

La consécration consiste à promettre à Marie de recourir filialement et constamment à elle et de vivre dans une habituelle dépendance à son égard, pour arriver à une plus intime union avec Notre Seigneur et par Lui avec la Sainte Trinité présente en nous.

Sur le plan concret, la consécration consiste à donner à Marie nos biens extérieurs pour qu’elle nous préserve de toute attache aux choses terrestres et nous inspire d’en faire le meilleur usage ; notre corps et nos sens pour qu’elle les conserve dans une parfaite pureté ; notre âme, nos facultés, nos biens spirituels, vertus et mérites, toutes nos bonnes œuvres passées, présentes et futures pour qu’elle les oriente vers l’amour de Dieu et du prochain. En bref, la consécration est l’abandon fait à la Sainte Vierge de tout ce qui, dans nos bonnes œuvres, est communicable à d’autres âmes, pour qu’elle en dispose selon la volonté de son divin Fils et pour sa plus grande gloire.

COURT MOMENT DE MÉDITATION

Méditons 5 minutes sur la bonté et la prévenance de la Sainte Vierge envers nous.

PRIÈRES À LA SAINTE VIERGE

  1. Réciter le chapelet (ou au moins une dizaine de chapelet). Demandons à la Sainte Vierge les grâces nécessaires pour suivre son exemple et aimer toujours plus son divin Fils.
  2. Offrir les souffrances de la journée à venir pour la conversion des pécheurs.
  3. Terminer par les invocations suivantes :
  • Cœur Immaculé de Marie, refuge des pécheurs, priez pour nous. (3 fois)
  • Notre Dame de Fatima, priez pour nous.
  • Notre Dame du Rosaire, priez pour nous.
  • Saint François et sainte Jacinthe, priez pour nous.
  • Sœur Lucie, intercédez pour nous.

Consécration au Coeur Immaculé de Marie - Prière à la Vierge Marie - Prière  Catholique - YouTube

07.12.2020 – JOUR 8 : LE PORT DU SCAPULAIRE DE NOTRE DAME DU MONT CARMEL


INVOCATION AU SAINT-ESPRIT

Commencer par invoquer le Saint-Esprit pour qu’Il nous aide à faire une bonne méditation :

Venez Esprit-Saint, emplissez le cœur de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle, et Vous renouvellerez la face de la terre.

Prions : Ô Dieu qui avez instruit le cœur de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit de comprendre et d’aimer ce qui est bien et de jouir sans cesse de ses divines consolations.

ENSEIGNEMENTS

À la fin de l’apparition du 13 octobre 1917, pendant que la foule des témoins observait le miracle du soleil, de leur côté, les trois petits voyants virent trois tableaux, comme Notre Dame le leur avait annoncé lors des deux précédentes apparitions.

Voici comment Sœur Lucie décrit la vision de ces trois tableaux dans son quatrième mémoire :

« Notre Dame ayant disparu dans l’immensité du firmament, nous avons vu à côté du soleil, saint Joseph avec l’Enfant Jésus et Notre Dame, vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l’Enfant Jésus semblaient bénir le monde, avec des gestes qu’ils faisaient de la main, en forme de croix. Peu après, cette apparition s’est évanouie, j’ai vu Notre Seigneur et Notre Dame qui me donnait l’impression d’être Notre Dame des Douleurs. Notre Seigneur semblait bénir le monde de la même manière que saint Joseph. Cette apparition disparut et il me sembla voir encore Notre Dame sous l’aspect de Notre Dame du Carmel. »

Ces trois tableaux sont une représentation des différents mystères du Rosaire : joyeux, douloureux et glorieux, illustrant ainsi ce que Notre Dame avait révélé quelques instants avant : « Je suis Notre Dame du Rosaire ». Et le dernier tableau, celui qui clôt les apparitions de Fatima nous montre Notre Dame sous les traits de Notre Dame du Mont Carmel. C’est ainsi que la Sainte Vierge fit connaître une nouvelle pratique de la dévotion à son Cœur Immaculé : le port du scapulaire de Notre Dame du Mont Carmel.

Le port du scapulaire

Lucie attachait une très grande importance au port du scapulaire. En toute rigueur, la demande de le porter ne figure pas dans les demandes orales de Notre Dame. Mais elle a bien été faite implicitement lors de la dernière apparition. Car, en se montrant pour la dernière fois sous les traits de Notre Dame du Mont Carmel, la Sainte Vierge montre que c’est une pratique qui lui tient particulièrement à cœur.

Quand on lui demandait ce qui lui faisait penser qu’il s’agissait de Notre Dame du Mont Carmel, Lucie répondait : « C’est que quelque chose pendait de sa main. » Plusieurs fois, elle insista sur l’importance du scapulaire. Voici par exemple l’échange qu’elle eut avec le père Rafferty le 15 octobre 1950 :

– « Notre Dame, lui dit Lucie, tenait le scapulaire en ses mains parce qu’elle veut que nous le portions.

– Dans beaucoup de livres sur Fatima, fit remarquer le père Rafferty, les auteurs ne mentionnent pas le scapulaire lorsqu’ils présentent le message de Fatima.

– Ah ! Qu’ils ont tort, s’écria la voyante, le scapulaire est le signe de notre consécration au Cœur Immaculé de Marie. »

En effet, l’habit marque l’appartenance de celui qui le porte à la personne ou l’organisme de qui il l’a reçu ; et, en retour, il reçoit la protection de cette personne. Ainsi, dans toute armée, l’engagement à servir entraîne le port d’un uniforme. De même, l’adhésion à certaines corporations conduit au port d’un habit particulier : avocats, académiciens… De la même façon, le scapulaire manifeste, de la part de celui qui le porte, l’appartenance à Marie et, de la part de Notre Dame, l’engagement à le secourir en toute occasion, particulièrement à l’heure de la mort. C’est, en quelque sorte, une marque concrète de notre consécration à Marie.

Le port du scapulaire est un acte très simple qui n’exige qu’un petit effort, celui de se le faire imposer par un prêtre, puis de le porter constamment sur soi. Malheureusement, cette pratique est souvent délaissée alors que l’effort qu’elle réclame est plus facile que la récitation quotidienne du chapelet, par exemple. C’est d’autant plus dommage qu’au port du scapulaire est attachée la grâce de la persévérance finale.

Brève histoire du scapulaire

Le mot « scapulaire » vient du latin « scapulae » qui signifie épaules. Le scapulaire est une longue bande d’étoffe couvrant les épaules, souvent munie d’un capuchon et descendant jusqu’aux pieds devant et derrière. La plupart des religieux le portent sur leur tunique. Le scapulaire du Mont-Carmel qui en est une réduction, est composé de deux morceaux de laine tissée brune, de forme rectangulaire ou carrée, reliés entre eux par deux fils de manière à pouvoir être portés, un morceau sur la poitrine et l’autre sur le dos. Une pieuse coutume, non impérative, y place en plus une image de la Sainte Vierge.

Les privilèges attachés au scapulaire remontent à saint Simon Stock. Voici ce que rapporte un document ancien :

« Simon, homme de grande tempérance et de dévotion envers Marie, priait souvent avec humilité et instance la Vierge, glorieuse Mère de Dieu, patronne de l’ordre des Carmes, afin qu’elle accordât un privilège à cet ordre qui se distinguait par son nom. Or, un jour, Notre Dame lui apparut entourée d’une multitude d’anges, tenant à la main un scapulaire. La Vierge dit à Simon : « Voici un signe pour toi et un privilège pour tous les Carmes : celui qui mourra revêtu de cet habit sera préservé des flammes éternelles. » »

La vision fut bientôt reconnue par le pape Innocent IV et la nouvelle du merveilleux présent fait par la Mère de Dieu à l’ordre du Carmel se répandit rapidement. De partout, on vit accourir des personnes de toutes conditions, avides de participer aux grandes faveurs promises. En effet, le don du scapulaire avait été fait à l’Église entière.

Cette promesse de Salut a été reconnue depuis par l’Église et est en parfaite cohérence avec les paroles de Notre Dame du 13 juin 1917 : « À qui embrassera cette dévotion [du Cœur Immaculé de Marie], je promets le Salut ; ces âmes seront chéries de Dieu, comme des fleurs placées par moi pour orner son trône. » Car le port du scapulaire fait justement partie des cinq pratiques de cette dévotion.

Une protection pour l’âme et pour le corps

L’histoire montre que de très nombreuses grâces de protection, autant pour l’âme que pour le corps, ont été obtenues par le scapulaire. Voici un exemple :

Un prêtre français se rendait à l’église en vue de célébrer la sainte Messe, en un lieu de pèlerinage à la Sainte Vierge. En chemin, il s’aperçut qu’il avait oublié de mettre son scapulaire. Bien que déjà assez loin de son domicile, il n’hésita pas à rebrousser chemin pour aller chercher l’habit de Marie sans lequel il ne voulait pas célébrer. Tandis qu’il offrait le Saint Sacrifice, un jeune homme s’avança vers l’autel, brandit un pistolet et tira à bout portant sur le prêtre. Celui-ci, à la stupéfaction générale, continua cependant à dire les prières de la messe comme si rien ne s’était passé. On pensa d’abord que la balle avait providentiellement manqué son but. Il n’en était rien : le prêtre la retrouva, adhérant et comme collée au scapulaire du Mont-Carmel, chétif morceau de tissu qui avait été la cuirasse du soldat de Jésus-Christ. Plusieurs soldats, à des époques diverses, bénéficièrent du même prodige : la balle ennemie qui devait les tuer s’écrasa sur leur scapulaire. (Voir aussi sur le site de Cap Fatima quelques autres exemples de faveurs obtenues par le scapulaire.)

Le privilège sabbatin

Outre la préservation de l’enfer et une protection contre les dangers de l’âme et du corps, le scapulaire peut apporter une autre grâce : la libération de tout ou partie des peines du purgatoire. En effet, à ceux qui, au port du scapulaire, ajouteront la récitation quotidienne du petit office de la Sainte Vierge et la chasteté selon leur état, Notre Dame promet de les conduire au Ciel le samedi suivant leur mort. D’où le nom de privilège sabbatin.

Il est possible de commuer la récitation du petit office par celle du chapelet. Ainsi, tout en répondant à une demande particulièrement chère à Notre Dame, la récitation quotidienne du chapelet, nous pouvons nous protéger des peines du purgatoire.

Toutes ces grâces obtenues si facilement montrent la puissance du scapulaire et de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie pour nous aider à faire notre Salut. 

COURT MOMENT DE MÉDITATION

Méditons 5 minutes sur la puissance accordée par Dieu à sa Sainte Mère.

PRIÈRES À LA SAINTE VIERGE

  1. Réciter le chapelet (ou au moins une dizaine de chapelet). Demandons à Notre Dame les grâces nécessaires pour faire notre Salut.
  2. Offrir les souffrances de la journée à venir pour la conversion des pécheurs.
  3. Terminer par les invocations suivantes :
  • Cœur Immaculé de Marie, refuge des pécheurs, priez pour nous. (3 fois)
  • Notre Dame de Fatima, priez pour nous.
  • Notre Dame du Rosaire, priez pour nous.
  • Saint François et sainte Jacinthe, priez pour nous.
  • Sœur Lucie, intercédez pour nous.

Tout ce qu'il est recommandé de savoir sur la dévotion et le port du  scapulaire • La Porte Latine

08.12.2020 – JOUR 9 : LA DÉVOTION AU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE, CHEMIN POUR ALLER AU CIEL

INVOCATION AU SAINT-ESPRIT

Commencer par invoquer le Saint-Esprit pour qu’Il nous aide à faire une bonne méditation :

Venez Esprit-Saint, emplissez le cœur de vos fidèles et allumez en eux le feu de votre amour. Envoyez votre esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle, et Vous renouvellerez la face de la terre.

Prions : Ô Dieu qui avez instruit le cœur de vos fidèles par la lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit de comprendre et d’aimer ce qui est bien et de jouir sans cesse de ses divines consolations.

ENSEIGNEMENTS

Pour bien faire sienne la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, outre la connaissance des cinq pratiques qui la composent, il faut en comprendre l’esprit.

Une volonté divine

Tout d’abord, il faut voir qu’il s’agit d’une volonté divine. En effet, lors de sa deuxième apparition, la Sainte Vierge confia à la petite Lucie : « Jésus veut se servir de toi pour me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. » Le 10 décembre, 1925 à Pontevedra, Notre Seigneur confirma à Sœur Lucie qu’une des pratiques de cette dévotion, la communion réparatrice du premier samedi du mois, était une de ses volontés en disant : «… le Cœur Immaculé de Marie M’a inspiré de demander cette petite réparation et, en considération de celle-ci, d’émouvoir MA Miséricorde. »

Dans l’apparition suivante, après leur avoir montré l’enfer, la Sainte Vierge dit aux trois petits voyants : « Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. » Si la première fois Notre Dame exprime une volonté de Jésus, deuxième personne de la Sainte Trinité, la deuxième fois elle affirme que c’est une volonté de Dieu Lui-même, première personne de la Sainte Trinité.

Dieu a de multiples façons de manifester sa volonté aux hommes, mais il le fait rarement lui-même et de façon aussi explicite. Il faut remonter jusqu’à sainte Catherine de Sienne pour trouver une révélation de Dieu lui-même. À Fatima a donc été révélée une volonté particulièrement importante. Et pour marquer non seulement l’origine divine de cette révélation, mais aussi son importance, elle a été authentifiée de façon extraordinaire : d’une part par plusieurs prophéties annoncées par la Sainte Vierge, notamment la mort précoce de François et Jacinthe, une longue vie pour Lucie, le nom d’un futur Pape (Pie XI), la Seconde Guerre mondiale, les erreurs de la Russie répandues dans le monde… ; d’autre part par un miracle prodigieux, celui de la danse du soleil du 13 octobre 1917. Il faut remonter aux ténèbres du Vendredi Saint pour trouver un miracle de cette nature et de cette ampleur.

La conversion des pécheurs

Le deuxième point à bien voir sur la dévotion au Cœur Immaculé de Marie est sa finalité. Le premier but est d’obtenir la conversion des pécheurs par des prières et des sacrifices. Cette préoccupation est présente dans six des neuf apparitions de Fatima.

Dans le courant de sa vie, Sœur Lucie reviendra sans cesse sur ce point, disant par exemple au Père Mac Glynn : « La conversion des pécheurs, et le retour des âmes à Dieu. Cette idée a été répétée dans toutes les apparitions ; c’est pourquoi je considère que c’est l’essentiel du message. »

Réparer les outrages envers les Cœurs de Jésus et Marie

La dévotion au Cœur Immaculé de Marie a un deuxième but. En effet, l’Ange associe à chaque fois la conversion des pécheurs avec la réparation des offenses faites au Cœur de Jésus (été et automne 1916). Et la Sainte Vierge le fait également le 13 mai en répétant presque mot pour mot les paroles de l’Ange. Puis le 13 juillet, dans la première prière qu’elle apprend aux petits voyants, à la conversion des pécheurs elle associe la réparation des péchés commis non pas contre le Cœur de Jésus, mais contre son Cœur Immaculé. Enfin, elle évoque la future demande d’une communion réparatrice les premiers samedis du mois.

Cet esprit de réparation sera confirmé dans les apparitions ultérieures. Le 10 décembre 1925, à Pontevedra, l’Enfant Jésus dit à Sœur Lucie : « Aie compassion du Cœur de ta Très Sainte Mère, entouré des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment, sans qu’il y ait personne pour faire un acte de réparation afin de les en retirer. » Puis la Sainte Vierge précise quel est cet acte dont parle son Fils : la communion faite cinq mois de suite, le premier samedi, « en esprit de réparation ». Cette demande sera répétée plusieurs fois.

La paix pour le monde

Autre point à bien saisir sur la dévotion au Cœur Immaculé de Marie : les fruits qu’elle procure. Le premier de ces fruits est la paix dans le monde. En effet, lors de sa deuxième apparition, après avoir demandé aux petits bergers de faire des sacrifices et comment les faire, l’Ange ajouta : « De cette manière, vous attirerez la paix sur votre patrie. »

Et par deux fois, les 13 mai et 13 juillet, Notre Dame dit qu’en récitant le chapelet tous les jours, nous obtiendrions la paix pour le monde. Elle affirma également que nous obtiendrions cette paix si le Pape consacrait la Russie à son Cœur Immaculé. Ainsi, trois des pratiques de la dévotion demandée par Notre Dame ont pour fruit la paix dans le monde.

Une promesse de Salut

Un autre fruit merveilleux de cette dévotion est l’assurance de recevoir les grâces nécessaires pour faire notre Salut. Le 13 juin, la Sainte Vierge affirma : « À qui embrassera cette dévotion, je promets le Salut. Ces âmes seront chéries de Dieu comme des fleurs placées par moi pour orner son trône. » Elle le répéta à Pontevedra, le 10 décembre 1925, en promettant à tous ceux qui feront une communion réparatrice cinq mois de suite, « de les assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour le Salut de leur âme ».

Cette grâce extraordinaire n’est d’ailleurs qu’une confirmation d’un enseignement traditionnel de l’Église. Par exemple, saint Jean Damascène disait dès le VIIIe siècle : « Dieu fait la grâce de la dévotion à Marie à ceux qu’Il veut sauver. » 

Et non seulement Notre Dame nous promet le Salut, mais en plus les âmes qui embrasseront la dévotion qu’elle demande seront « chéries de Dieu » et « comme des fleurs placées par Moi pour orner son trône ». Ces âmes seront donc dignes d’orner le trône divin ! Quelle grâce extraordinaire !

La puissance de la dévotion à la Sainte Vierge

Dernier point à considérer sur la dévotion au Cœur Immaculé de Marie : sa puissance. Par exemple, les consécrations du Portugal au Cœur Immaculé de Marie faites par les évêques portugais en 1931 et 1938 permirent au pays d’être épargné par la Seconde Guerre mondiale. La consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie par Pie XII en 1942 inversa le cours de la guerre. La paroisse de Notre-Dame des Victoires se convertit en quelques semaines après avoir été consacrée. La récitation du rosaire a obtenu de nombreuses victoires ; etc. 

Et cette puissance s’étend à toutes nos nécessités ! En décembre 1957, Sœur Lucie confia au Père Fuentès : « Il n’y a aucun problème, si difficile soit-il (…) que nous ne puissions résoudre par la prière du saint Rosaire. »

Pour toutes ces raisons, dans une lettre qu’elle adressa au pape Pie XII le 2 décembre 1940, Sœur Lucie demanda « que la fête en l’honneur du Cœur Immaculé de Marie soit étendue au monde entier comme l’une des principales fêtes de la sainte Église ». C’est ce que fit le Pape le 4 mai 1944, plaçant cette fête à la date du 22 août, octave de l’Assomption. (Dans le rit ordinaire, elle est placée au lendemain de la fête du Sacré-Cœur.)

Alors empressons-nous de bien connaître cette dévotion si chère au cœur de Dieu. Pratiquons-la avec ferveur, par amour pour Notre Dame et Notre Seigneur afin que le Cœur Immaculé de Marie soit « notre refuge et le chemin qui nous conduise à Dieu ». Et faisons-la connaître autour de nous pour répondre à la volonté divine qui veut qu’elle soit répandue dans le monde entier !

COURT MOMENT DE MÉDITATION

Méditons 5 minutes sur les faveurs accordées par Notre Dame à ceux qui embrassent la dévotion à son Cœur Immaculé et prenons la résolution de la pratiquer avec ferveur et de la répandre autour de nous. 

PRIÈRES À LA SAINTE VIERGE

  1. Réciter le chapelet (ou au moins une dizaine de chapelet). Demandons à Notre Dame de bien connaître la dévotion qu’elle a demandée à Fatima et de la pratiquer avec ferveur. 
  2. Offrir les souffrances de la journée à venir pour la conversion des pécheurs.
  3. Terminer par les invocations suivantes :
  • Cœur Immaculé de Marie, refuge des pécheurs, priez pour nous. (3 fois)
  • Notre Dame de Fatima, priez pour nous.
  • Notre Dame du Rosaire, priez pour nous.
  • Saint François et sainte Jacinthe, priez pour nous.
  • Sœur Lucie, intercédez pour nous.
Fatima et la dévotion au Cœur Immaculé de Marie - FSSPX.Actualités /  FSSPX.News

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