De la Moselle à l’Italie: Don Alfonso Ugolini, une vie de pauvreté et de consolation

Le Vénérable Alfonso Ugolini (1908-1999).Le Vénérable Alfonso Ugolini (1908-1999).

De la Moselle à l’Italie: Don Alfonso Ugolini, une vie de pauvreté et de consolation

Un décret autorisé par le Pape François ce lundi 23 novembre reconnaît l’héroïcité des vertus du prêtre italien Alfonso Ugolini, né dans une famille d’ouvriers immigrés en Lorraine au début du XXe siècle.

Cyprien Viet – Cité du Vatican

Alfonso Ugolini est né à Thionville, dans l’est de la France (alors en territoire allemand), en août 1908. Ses parents, originaires de Pianorso, un village d’Émilie-Romagne, étaient, comme des milliers d’Italiens de leur époque, venus chercher du travail dans cette région minière et industrielle, qui se trouvait sous administration allemande après la défaite de la France durant la guerre de 1870.

En 1915, en pleine Première Guerre mondiale, ses parents retournent en Italie, dans la ville de Sassuolo, où Alfonso passera tout le reste de sa vie. Son enfance sera marquée par la misère, qui le contraint à la mendicité. Son père est souvent absent du foyer en raison de son travail. Sa mère décède de la tuberculose à l’âge de 36 ans, en 1920: lui-même n’a alors que 12 ans. Il contracte à son tour la tuberculose cinq ans plus tard. Ses médecins ne lui pronostiquent que trois mois de survie, mais il guérit, à la surprise générale, attribuant ce miracle inexpliquée à sa dévotion intense à la Sainte Vierge. «Ne pleure pas, je suis avec toi», lui aurait assuré Marie.

Du service d’entretien à un sacerdoce tardif

Quelques temps plus tard, le curé de sa paroisse, Don Giuseppe Zanichelli, l’embauche comme homme à tout faire: à la fois secrétaire paroissial, catéchiste, agent d’entretien, Alfonso Ugolini s’engage dans une vie de service, pleine de simplicité, comme laïc célibataire. Membre de l’Institut séculier « Les Serviteurs de l’Église », il fonde un organisme local, « l’Aide Fraternelle Chrétienne », pour venir en aide aux familles des ouvriers immigrés à Sassuolo pour travailler dans l’industrie de la céramique, alors florissante.

Le souvenir de la misère de sa famille le motive à dépenser toute son énergie au service des plus pauvres. Lui-même ayant traversé l’épreuve de la maladie, il consacre aussi beaucoup de temps aux visites à des personnes malades. Il fonde notamment à Sassuolo la section locale de l’Unitalsi, et accompagnera de nombreux pèlerinages à Lourdes et à Loreto.

Cet homme de prière, profondément marial, finira par devenir prêtre à 65 ans, accomplissant ainsi le plan de Dieu avec beaucoup de patience et de fidélité. Malgré cette « vocation tardive », lui qui devait mourir jeune déploiera son sacerdoce durant un quart de siècle. Il vit le don de l’eucharistie et de la confession comme une occasion de transmettre aux hommes la miséricorde de Dieu. Il s’éteint en 1999, à 91 ans, et laisse encore aujourd’hui à ceux qui l’ont connu le souvenir d’un prêtre simple et bon, dont le cœur était donné à Dieu et aux plus humbles.

Il est désormais reconnu comme « Vénérable », et son éventuelle béatification dépend maintenant de l’identification d’un miracle attribué à son intercession.

Source: VATICANNEWS, le 24 novembre 2020

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