Samedi 7 novembre 2020 : 1er samedi du mois – Méditation pour le 5E mystère joyeux

CAP FATIMA – Lettre de liaison n° 103 (30 janvier 2020) – Centre Romand de  l'Apostolat Mondial de Fatima

Méditation pour le 5E mystère joyeux 

 Tirée des Méditations sur les mystères de notre sainte foi
du vénérable père Du Pont, s. j. 

Les noces de Cana


1.- Bonté et charité de Jésus et de Marie.

Il se fit des noces à Cana en Galilée, et la mère de Jésus y était. Jésus fut aussi invité avec ses disciples ; et le vin étant venu à manquer, la mère de Jésus lui dit : Ils n’ont plus de vin.

1. Admirons la condescendance et la charité du Fils de Dieu, qui voulut bien se trouver à ce festin pour avoir l’occasion d’obliger ceux qui l’invitaient, et d’instruire ses disciples. Considérons encore la pureté d’âme, la modestie et la gravité qu’Il conservait à table au milieu de ces démonstrations de joie, nous enseignant ainsi que l’homme spirituel ne permet jamais à son cœur de se livrer tout entier aux réjouissances extérieures, et qu’en lui doit se vérifier cette parole de David : Que les justes, dans leurs festins, se réjouissent devant le Seigneur. La pensée de Dieu est un frein qui les empêche de rien faire qui soit indigne de la sainteté dont ils font profession, et de la présence de Celui qui les regarde.

2. Considérons la tendre compassion et la sollicitude que la Vierge témoigna aux nouveaux époux. Voyant qu’ils manquaient de vin, elle résolut de leur épargner la honte que cet accident imprévu allait leur causer. De son propre mouve­ment, sans attendre que personne le lui demandât, elle s’adressa à son divin Fils, et par un sentiment de reconnaissance pour ceux qui l’avaient invitée, elle Le pria de leur venir en aide dans le besoin où ils se trouvaient. Ce que Notre-Dame fit alors, elle le fait encore tous les jours pour ses serviteurs, dont elle ne peut connaître les misères qu’elle n’en soit émue de compassion, quoique souvent ils oublient ou négligent d’implorer sa miséricorde. Car, selon la pensée de saint Augustin, autant elle est élevée en mérite au-dessus des autres saints, autant elle les sur­passe en amour et en bonté pour les hommes.

Ô Vierge incomparable, comment puis-je vous servir avec si peu de zèle, quand vous montrez tant d’empressement à me secourir ? Si vous ne manquez jamais de récompenser les plus légers services, n’est-il pas juste que je vous rende grâces de tous les bienfaits dont vous me comblez, dans l’espérance où je suis que vous ne cesserez jamais de m’en accorder de plus signalés encore ?

3. Remarquons avec quelle confiance affectueuse, mais soumise, Marie dit à Jésus ces paroles : Ils n’ont point de vin. Elle connaît le cœur de son Fils, une exposition simple de la nécessité présente suffira pour qu’Il y subvienne, aussitôt qu’Il le jugera convenable : Il ne manque pour cela ni de puissance, ni de bonté.

Ô Vierge pleine de miséricorde, vous voyez combien la dévotion et la charité, qui sont comparées dans l’Écriture à un vin généreux et délicieux, me sont nécessaires. Puis donc que vous avez pitié de ceux qui n’ont point de ce vin matériel qui soutient les corps, ne plaindrez-vous pas davantage ceux qui réclament le vin spirituel qui fortifie les âmes ? Vous êtes venue au secours des époux de Cana ; dites en ma faveur à votre Fils béni : « Mon Fils, voilà que mon serviteur manque du vin de l’amour céleste ; donnez-le-lui en abondance, afin qu’il vous serve avec ferveur. »

À l’imitation de la très sainte Vierge, exerçons-nous à cette manière de prier. Elle consiste à représenter à Dieu nos besoins avec confiance, résignation et amour, espérant fermement de sa libéralité et de sa miséricorde qu’il enrichira notre pauvreté au mo­ment le plus opportun. Remplaçons le mot vin par d’autres mots, et disons à Notre-Seigneur : Mon Dieu, je n’ai point de ferveur ; mon Sauveur, je n’ai ni humilité, ni patience, ni obéissance ; voyez mon indigence, et qu’elle excite votre compassion.

2.- Réponse de Jésus à sa Mère.

Jésus répondit : Femme, qu’y a-t-il de commun entre vous et moi ? mon heure n’est pas encore venue. Examinons les raisons mystérieuses de cette réponse si sèche et en apparence bien sévère. On peut en assigner trois principales.

1. Le Sauveur du monde voulait déclarer qu’Il était non seulement homme, mais Dieu ; et que, puisqu’il n’ap­partenait qu’à Lui d’opérer l’œuvre miraculeuse qu’on Lui de­mandait, Il prétendait aussi la faire de la manière et à l’heure marquées par sa Providence, sans qu’aucune considération tirée de la chair et du sang pût y rien changer. Par cette conduite, notre divin Maître nous avertit de ne pas nous affliger à l’excès des accidents fâcheux qui nous surviennent, et de ne point mur­murer contre Dieu lorsqu’Il tarde à nous secourir. C’est un désordre intolérable de vouloir Lui prescrire un temps pour venir à nous, et de ne pas attendre patiemment celui qu’Il a déterminé pour nous visiter ; c’est tomber dans la faute que Judith reprocha avec tant de force aux habitants de Béthulie : Qui êtes-vous, dit-elle, pour tenter le Seigneur, et fixer un temps à sa miséricorde ? N’omettons rien de ce qui est en notre pouvoir, puis reposons-nous de tout le reste sur la Providence, et espérons qu’elle viendra à notre secours à son heure : cette heure sera toujours pour nous la meilleure et la plus convenable.

Ô mon aimable Sauveur, qui avez réglé le temps de mes souffrances et le temps de vos miracles, suivez en tout le plan de votre divine sagesse ; ma volonté est la vôtre ; je Vous obéirai toujours, et jamais je ne me dépar­tirai en un seul point de la soumission que je Vous dois.

2. Jésus-Christ voulait nous montrer combien Il était dégagé de cet amour purement humain que les hommes ont d’ordinaire pour leurs parents. Ses paroles furent toujours en ce point conformes aux affections de son cœur. En effet, nous ne lisons nulle part qu’Il ait donné à la très sainte Vierge le nom de mère, qui est un nom plein de tendresse ; tandis que l’Écriture nous dit en propres termes qu’Il l’appela femme, comme Il le fit en cette circonstance et sur le Calvaire, lorsqu’Il la recommanda à son disciple bien-aimé. Dans une autre occasion, l’un de ceux qui écoutaient sa prédication Lui ayant dit : Voilà votre mère et vos frères qui sont dehors et vous cherchent, il lui répondit : Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? Puis étendant la main vers ses disciples, il dit : Voici ma mère et mes frères. Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, est mon frère, ma sœur et ma mère. Apprenons de là à nous détacher entièrement des créatures, et à ne pas même prononcer les noms de mère ou de frère, s’ils agissent d’une manière trop naturelle sur notre cœur. Ce que nous devons désirer au-dessus de tout, c’est d’accomplir la volonté de Dieu dans toute l’acception de ces paroles de Moïse : Celui qui dit à son père et à sa mère : Je ne vous connais pas ; et à ses frères : Je ne sais qui vous êtes, et méconnaît ses propres enfants ; celui-là, Seigneur, garde vos commandements, et observe votre sainte Loi.

3. Jésus répondit de la sorte pour éprouver sa sainte Mère et lui fournir l’occasion de pratiquer héroïquement plusieurs vertus, en particulier, la patience, l’humilité et la con­fiance en Dieu. Nous voyons, en effet, qu’une réponse si peu attendue ne la troubla pas, et ne tira de sa bouche aucune plainte. Elle ne s’en offensa point, et, ce qui est plus surprenant, elle ne perdit pas l’espérance d’être exaucée, comme le prouve l’ordre qu’elle donna immédiatement aux serviteurs. Cet exemple de la Mère du Sauveur est pour nous une admirable leçon de patience et de confiance en Dieu, lors même qu’Il semble ne pas écouter nos prières, ou qu’Il diffère de les exaucer. Rappelons-nous le même exemple quand on nous parlera avec hauteur et avec fierté. Nous devons dans ces rencontres nous ressouvenir de ces paroles d’Isaïe : Votre force, au temps de l’épreuve, sera dans le silence et dans l’espérance. Taisons-nous, et espérons au Seigneur : ce sont là deux puissants moyens pour obtenir de Dieu tout ce que nous pouvons attendre de sa bonté.

3.- Ordre donné par Marie aux serviteurs.

La Vierge dit ensuite à ceux qui servaient : Faites tout ce qu’il vous dira. Remarquons dans ces paroles quatre choses : quelle vertu la Mère de Dieu exerça en cette occasion, combien était sage le conseil qu’elle donna, pour quel motif et en quels termes elle le donna.

1. Elle fit preuve d’une confiance héroïque ; car, supposé que son Fils lui eût répondu en termes exprès : Oui, ma Mère, je ferai ce que vous me demandez, aurait-elle pu parler avec plus d’assurance qu’elle ne le fit après avoir essuyé une sorte de refus ?

2. Elle montra qu’elle connaissait parfaitement la pensée et le cœur de son divin Fils. D’un côté, elle savait que, comme Dieu, Il pouvait créer le vin qui était nécessaire, ou multiplier celui qui restait, et cela sans dire un seul mot aux serviteurs ; mais, d’un autre côté, elle comprenait que Jésus voulait exiger d’eux quelque chose. Car telle est la conduite de Dieu à l’égard des hommes : Il ne les tire pas ordinairement de leur misère, sans qu’ils y contribuent selon leur pouvoir ; Il veut qu’ils s’aident eux-mêmes, afin de se rendre, par leur obéissance et leurs propres efforts, dignes de son assistance.

3. Marie, en donnant à ceux qui servaient aux noces de Cana un conseil si prudent, se proposait de nous apprendre que le moyen le plus efficace pour obtenir de Dieu ce que nous lui demandons, c’est de joindre à la confiance en sa bonté une sou­mission entière à ses ordres. Le Seigneur, dit David, accomplit la volonté de ceux qui Le craignent ; et saint Jean nous assure que, si notre cœur ne nous reproche rien, nous pouvons espérer que Dieu nous accordera toutes nos demandes, parce que nous observons ses commandements, et que nous faisons ce qui Lui est agréables. Le Sauveur Lui-même ne disait-Il pas à ses apôtres : Si vous demeurez en Moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez tout ce que vous voudrez, et Je vous l’accorderais. C’est donc une maxime générale que, plus nous serons soumis à Dieu et à ceux qui tiennent sa place auprès de nous, plus il montrera d’empressement à combler nos vœux. Par conséquent, ô mon âme, obéis fidèlement à ton Seigneur, si tu veux qu’il soit prompt à te secourir ; car il exauce plus vite une seule prière d’un cœur soumis, que dix mille d’un cœur rebelle à ses volontés.

4. Considérons enfin combien la Vierge aimait le silence, et avec quel soin elle évitait toute parole superflue. Quoi de plus concis et de plus mesuré que ce qu’elle dit en la circonstance présente à son Fils et aux serviteurs ? Méditons surtout, et gravons profondément dans notre cœur cette re­commandation de la plus sage et de la meilleure des mères : Faites exactement tout ce qu’Il vous dira. Oui, efforçons-nous d’ac­complir tout ce que nous dira Jésus, sans en rien omettre, quand Il nous commanderait des choses difficiles, des choses qui nous paraîtraient peu importantes ou hors de propos, soit qu’Il nous parle Lui-même par ses inspirations secrètes, soit qu’Il nous déclare ses volontés par le ministère de nos supérieurs.

Ô Vierge sainte, parfait modèle de toutes les vertus, enseigne-moi à pratiquer celles dont vous me donnez aujourd’hui l’exemple, afin que je me rende agréable à votre Fils, et digne d’obtenir de Lui l’accomplissement de tous mes désirs.

4.- Obéissance des serviteurs au commandement de Jésus. Changement de l’eau en vin.

Or il y avait là six urnes de pierre, destinées aux ablutions en usage parmi les Juifs. Jésus dit à ceux qui servaient : Emplissez d’eau ces vases. Et ils les remplirent jusqu’au bord. Et Jésus, ayant changé l’eau en vin, leur dit : Puisez maintenant, et portez-en au maître du festin ; et ils lui en portèrent.

1. Considérons l’obéissance des serviteurs, que la Mère de Jésus avait si bien instruits de ce qu’ils devaient faire. Aussitôt qu’ils ont reçu l’ordre du Sauveur, ils l’exécutent sans réplique et sans délai. Ils ne Lui demandent point à quel propos Il leur fait ce commandement ; ni comment cette excessive quantité d’eau pourra remédier au manque de vin ; mais, avec une entière soumission de jugement, ils accomplissent ce qu’Il leur commande. Or, par leur obéissance, ils obtinrent, sans y penser, ce qu’ils souhaitaient. Voyons par là combien il importe que nous obéissions à Dieu et à ses ministres sans rechercher avec curiosité pourquoi ils nous commandent une chose ou une autre. C’est un moyen infaillible de nous défendre des ruses de l’ancien serpent qui trompa Ève en lui demandant pour quelle raison Dieu leur avait défendu, à elle et à son mari, de manger du fruit de l’arbre de la science du bien et du mal. D’ailleurs, il arrive souvent que, lorsque le Seigneur a l’intention d’exaucer nos prières, il prend plaisir à nous donner des ordres qui semblent incompatibles avec l’objet de nos demandes, afin de nous accoutumer à assujettir notre raison à l’obéissance. Obéissons donc dans les choses qui nous attristent et nous humilient, si nous voulons que notre Père céleste nous exalte et nous console.

2. Admirons la puissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, par un seul acte de sa volonté, sans toucher l’eau, la changea en vin. Réjouissons-nous d’avoir un maître et un Sauveur si puissant, et prions-Le d’opérer un semblable change­ment dans notre cœur. Demandons-Lui avec instance que, de méchants, tièdes et imparfaits que nous sommes, il nous rende bons, fervents et parfaits, lui promettant de ne point nous opposer à l’action de sa grâce. Car, selon la doctrine de saint Augustin, celui qui nous a tiré du néant et nous a donné l’être sans aucun consentement de notre part, ne nous fera point passer du péché à la grâce, de la tiédeur à la ferveur, si nous lui résistons : c’est là une opération qu’il fait en nous, mais non sans nous.

3. Remarquons avec quelle générosité le Sauveur récompense les services qui Lui sont rendus. Ses hôtes ne Lui ont offert pendant le repas qu’une coupe d’un vin assez médiocre ; et voilà qu’Il leur rend en échange six urnes pleines jusqu’au bord d’un vin excellent. Il en use de la même sorte aujourd’hui lorsque, pour un verre d’eau fraîche donné à un pauvre, Il répand dans notre sein une mesure pleine, pressée et surabondante, et lorsqu’Il donne au religieux le centuple de ce qu’il a quitté pour son amour. Quant aux personnes adonnées à l’oraison, avec lesquelles Il contracte une alliance spirituelle, Il les introduit dans ses celliers mystérieux, et là, Il les enivre d’un vin mille fois plus délicieux que celui dont Il remplit miraculeusement les six urnes des noces de Cana. Ce langage figuré signifie qu’Il leur inspire, dans la ferveur de leur prière, des sentiments et des actes héroïques de six vertus excellentes, qui sont : la charité envers Dieu, la miséri­corde envers le prochain, le zèle de la gloire divine et du salut des pécheurs, la dévotion prompte et fervente pour tout ce qui regarde le service du Très-haut, la reconnaissance des bienfaits reçus, et enfin, une obéissance prête à faire et à souffrir tout ce qui plaira à sa souveraine majesté.

Ô mon Jésus, en qui la libéralité égale la puissance, je ne veux point d’autre Dieu, d’autre Seigneur, d’autre bien que Vous. Faites-moi entrer dans vos celliers, enivrez-moi de vos vins exquis, et, par l’exercice de ces six vertus, élevez-moi à la perfection propre de mon état, afin que, embrasé du même feu que les séraphins, je vole comme eux avec six ailes jusqu’à vous, et que je demeure éternellement uni à Vous, ne cessant jamais de vous aimer et de Vous bénir dans tous les siècles. Ainsi soit-il.

5.- Effets produits par le miracle de Jésus-Christ

Considérons, en dernier lieu, les effets que produisit le miracle opéré par Jésus-Christ.

1. Remarquons quelle fut la joie de la très sainte Vierge lorsqu’elle vit sa prière exaucée et son désir accompli. Oh ! qu’elle se sentit affermie dans la confiance qu’elle avait eue jusqu’alors en Jésus, et quelles actions de grâces elle Lui rendit pour cette faveur signalée. Admirons en même temps ce que peut l’intercession de la Mère bien-aimée du Sauveur auprès de son Fils béni. Il lui avait dit que le temps d’opérer ce miracle n’était pas encore venu ; et néanmoins Il le fit aussitôt qu’elle le Lui eut demandé, avançant, en sa considération et à sa demande, le moment qu’Il avait marqué pour manifester sa gloire. Il est encore bien digne de remarque, que ce fut également par son entre­mise que Jésus-Christ opéra son premier miracle dans l’ordre de la grâce, c’est-à-dire la sanctification de son Précurseur ; et son premier miracle dans l’ordre de la nature, qui est celui dont nous nous occupons. Il avança le temps de ces deux prodiges, à la prière de sa Mère, pour nous apprendre que nous devons re­courir à elle comme à notre médiatrice si nous voulons obtenir promptement les biens spirituels et les biens temporels, et même les grâces extraordinaires qu’Il réserve à ses plus insignes servi­teurs. Quelle ne doit pas être notre joie en pensant que nous avons une mère aussi affectionnée à nos intérêts, et puissante et habile à les ménager !

Ô sainte Mère de Jésus, montrez que vous êtes aussi ma mère ; hâtez par vos prières l’heure de la guérison de mon âme ; délivrez-moi de la tiédeur dans laquelle je languis, afin que je commence à servir votre adorable Fils avec une ferveur qui ne se démente jamais.

2. La vue d’un miracle si éclatant contribua mer­veilleusement à confirmer dans la foi les disciples de Jésus-Christ. Ils crurent en Lui, dit l’apôtre saint Jean ; c’est-à-dire que leur foi prit un nouvel accroissement, qu’ils furent animés d’une sainte ferveur et remplis d’une vive joie, en voyant qu’ils avaient un maître tout-puissant. Désormais, ils étaient heureux d’être en compagnie, assurés que rien ne pourrait leur manquer tant qu’ils marcheraient à sa suite. Ce n’est pas non plus sans raison que Jésus choisit pour objet de son premier miracle une chose matérielle, commune et nécessaire à la vie ; elle était plus propre à fortifier dans la foi, en frappant leurs sens, des hommes encore grossiers et peu versés dans les voies de Dieu, qui, par con­séquent, avaient besoin d’être disposés peu à peu aux choses plus relevées.

3. Enfin, considérons quel fut l’étonnement du maître du festin lorsqu’il goûta ce vin miraculeux. Il le trouva si délicieux, que sans pouvoir tarder longtemps, il appela l’époux et lui témoigna sa surprise en ces termes : Tout homme sert d’abord le bon vin ; et quand on a bu largement, il sert le moins bon : pour vous, vous avez réservé le meilleur jusqu’à cette heure. En effet, bien que le vin du commencement lui eût semblé bon, il lui parut insipide en comparaison de celui qu’on venait de lui présenter. Mais, en parlant de la sorte, il faisait bien voir qu’il ne comprenait pas le dessein de Jésus-Christ, qui avait attendu, pour donner son vin, que le premier fût entièrement épuisé, et qu’on eût bien remarqué qu’il n’en restait plus. Ainsi en usa-t-Il pour deux raisons.
Il voulut d’abord nous apprendre à estimer comme ils le méritent les dons de Dieu : ce que nous ne faisons jamais mieux que quand nous avons reconnu notre misère, et que nous sentons par expérience la vérité de ces paroles du Roi-prophète : Le Seigneur est le refuge du pauvre ; il vient à son secours au moment le plus opportun, au jour de l’affliction.
Il voulut ensuite nous enseigner que Dieu ne communique les délices de l’esprit qu’à ceux qui ont renoncé aux plaisirs des sens ; comme Il ne donna autrefois la manne à son peuple que quand toute la farine emportée de l’Égypte fut consommée. Il y a, dit saint Bernard, deux sortes de vin qui ne se mêlent pas : les conso­lations du ciel, et les douceurs de la terre. Il est nécessaire que nous nous sevrions des secondes pour goûter les premières ; quoiqu’il plaise quelquefois au Seigneur d’intervertir cet ordre, en accordant à certaines âmes les délices spirituels, afin qu’elles se détachent plus facilement de celles des sens.

Ô divin Époux de mon cœur, enivrez-moi du vin céleste ; et que le vin de la terre me paraisse amer et insupportable. Faites-moi sentir combien il est doux d’être tout à Vous ; et qu’à l’avenir je n’éprouve que du dégoût pour les faux biens d’ici-bas. Ô mon âme, rejette avec courage ce qui n’est propre qu’à flatter les sens, afin que, par une mortification continuelle de tes inclina­tions déréglées, tu mérites d’entrer un jour en possession d’un bonheur sans fin. Ainsi soit-il.

Fatima

Source: FATIMA100, le 6 novembre 2020

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s