L’intolérance vis-à-vis des chrétiens s’aggrave dangereusement au Pakistan

Arif ALI / AFPDes chrétiens devant une église à Lahore (Pakistan), en juin 2020.

L’intolérance vis-à-vis des chrétiens s’aggrave dangereusement au Pakistan

Après la mort du chrétien Nadeem Joseph, assassiné par des fanatiques musulmans, la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale du Pakistan s’inquiète de la hausse de la violence vis-à-vis des minorités religieuses dans le pays.

« Malgré la pandémie de Covid-19 qui pose actuellement sa part de défi au Pakistan, l’intolérance religieuse et la discrimination ont augmenté au cours de ces derniers mois » s’inquiète dans dans un communiqué  la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale du Pakistan diffusé le 8 juillet. Dans le pays, seul 1,5 % de la population est chrétienne. Or, cette minorité est depuis quelques mois victime d’une violence croissante. Pour preuve, le décès de Nadeem Joseph, mort le 29 juin dernier après avoir été blessé par balles par ses voisins pour s’être installé avec sa famille dans un quartier musulman. On pense également à Saleem Masih, lynché fin février par un groupe d’hommes pour s’être lavé dans un puits.

Une « claire violation des droits fondamentaux »

« La société pakistanaise est devenue toujours plus intolérante et vivre en tant que minorité religieuse devient actuellement toujours plus difficile, souligne le communiqué. Il existe de nombreux incidents similaires qui ne sont pas signalés. Les minorités religieuses continuent à subir des discriminations dans leur vie quotidienne », dénoncent Mgr Joseph Arshad, archevêque d’Islamabad-Rawalpindi et président de la Commission Justice et Paix, le père Emmanuel Yousaf, son directeur national, ainsi que Cecil S. Chaudhry, son directeur exécutif. Citant à l’appui le refus d’accorder des stocks de nourriture ou de prêter secours à des non musulmans durant la pandémie, ils demandent aux forces de l’ordre d’arrêter le coupable dans l’affaire Nadeem Joseph et de le traduire devant la justice. Pour eux, il s’agit d’une « claire violation des droits fondamentaux » et d’un « acte contre la loi qui ne peut demeurer impuni ». L’affaire est loin d’être terminée et la veuve de Nadeem Joseph a indiqué que les membres de sa famille étaient à nouveau menacés.

Des manifestations pacifiques ont été organisées dans différentes villes du pays après la mort de Nadeem Joseph afin de protester contre cette discrimination religieuse, notamment à Karachi. Les chrétiens ne sont pas la seule minorité à être victime de pression. Récemment, la construction d’un temple hindou a été bloquée par des musulmans extrémistes à Islamabad. « Cette action reflète sûrement la non acceptation des minorités religieuses qui font partie de ce pays depuis des siècles. Cet acte mine les garanties prévues par l’article 20 de la Constitution du Pakistan qui octroie aux minorités religieuses la liberté de professer leur religion et de gérer leurs propres institutions religieuses », a déclaré le père Emmanuel Yousaf. « Le gouvernement doit travailler afin de sauvegarder les droits des minorités religieuses au Pakistan sanctionnés par notre Constitution ».

Source: ALETEIA, le 10 juillet 2020, par Domitille Farret d’Astiès

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