Covid-19 : témoignage d’un médecin et prêtre italien

Le pape pose sa main sur l'épaule d'une personne malade © Vatican Media
Le Pape Pose Sa Main Sur L’épaule D’une Personne Malade © Vatican Media

« Nous contemplons le Christ sous les traits d’un patient souffrant »

« Je suis de plus en plus conscient que nous contemplons le Christ sous les traits d’un patient souffrant », affirme le p. Fabio Stevenazzi, médecin et prêtre italien qui a travaillé pendant plusieurs semaines aux soins intensifs de l’hôpital de Busto Arsizio à Varese, en Lombardie, indique Avvenire.it du 7 mai 2020. À la mi-mars, il a laissé – avec la permission de l’archevêque Mario Delpini – son service à la paroisse de Santa Maria Assunta à Gallarate et s’est rendu en première ligne pour répondre à l’urgence de Covid-19, retournant à sa profession de médecin.

Une expérience qui se poursuit et qui a eu un grand impact sur lui : « J’ai découvert, avec étonnement, témoigne Don Fabio, que j’étais prêtre… quand beaucoup de collègues, même des non-croyants, m’ont pris à part pour me faire des confidences personnelles, sur le sens de la vie ou sur la foi. C’étaient de véritables ‘confessions laïques’, que je chéris dans mon cœur avec émotion. »

Le père Fabio garde en mémoire les histoires de nombreux malades, surtout dans les premières semaines de l’épidémie: « Je les ai vus effrayés et plongés dans l’ennui de journées toujours pareilles, rythmées seulement par les alarmes des équipements et les bruits des aspirateurs. … De temps en temps, la vue de l’aggravation ou de la mort de leur compagnon les secouait. »

Tous les jours, le père Fabio essaie de maintenir ensemble ses deux vocations, de prêtre et de médecin, en restant au service de l’homme: « La plupart du temps, les patients ne savent même pas que je suis prêtre et ils ne peuvent certainement pas me distinguer des autres soignants, comme nous venons tous habillés en ‘combinaisons de plongée’, raconte le prêtre. J’ai prié une fois avec un patient mourant que j’ai ensuite absous. Je ne sais pas s’il était au courant que j’étais prêtre: il ne pouvait pas m’entendre, assourdi par le casque CPAP. J’ai également administré le sacrement de l’onction à des personnes sous sédation ou mourantes. »

La Semaine Sainte, y compris le jour de la Résurrection, a été la plus difficile à l’hôpital : « Le matin de Pâques, raconte le p. Fabio, je suis passé devant les hublots des chambres des patients avec l’étole blanche et j’ai béni tout le monde, en distribuant une petite image avec le Ressuscité. Je pense que c’était un réconfort pour beaucoup. »

Aujourd’hui, la situation s’est quelque peu améliorée, témoigne le prêtre: « Je vois des visages plus détendus et sereins, mais même parmi nous médecins, il y a beaucoup de questions et nous n’avons pas toutes les réponses sur l’évolution de la maladie. »

La fatigue physique est considérable, conjuguée au fait qu’à la fin du temps de travail, la vie continue en isolement, dans sa chambre du presbytère, sans voir ni rencontrer personne pour ne pas propager de contagion. « Je célèbre l’Eucharistie et prie dans mon salon, tout seul en ermite, dit le prêtre. Pendant mon temps libre, je lis un peu, je regarde la télévision pour me détendre, puis j’essaie de dormir. »

Le père Fabio Stevenazzi continue son travail à l’hôpital même s’il est revenu pour s’occuper de certains aspects de la vie de la communauté pastorale de San Cristoforo à Gallarate.

Source: ZENIT.ORG, le 7 mai 2020, par Marina Droujinina

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