16.05.2023 – SAINT DU JOUR

Bx Simon Stock

Bx Simon Stock

GÉNÉRAL DES CARMES († 1265)

Bienheureux Simon Stock 
Général des Carmes 
(Aylesford, v. 1165 – Bordeaux, 16 mai 1265)

Simon Stock, anglais d’origine, naît d’une très illustre famille du Kent dont son père était gouverneur. Lorsqu’elle le portait, sa mère le consacra à la Sainte Vierge. On le voyait souvent tressaillir entre les bras de sa mère lorsqu’elle prononçait le doux nom de Marie. Pour apaiser ses cris et ses pleurs, il suffisait de lui présenter une image de la Vierge Marie. Il n’avait pas encore un an qu’on l’entendit plusieurs fois articuler distinctement la salutation angélique. Cette dévotion précoce ne peut provenir que d’un mouvement extraordinaire de l’Esprit Saint.

À douze ans, Simon se retira au désert dans le creux d’un arbre, d’où lui vint le surnom de Stock qui signifie « tronc », en langue anglaise. Sa nourriture consistait en herbes crues, quelques racines et pommes sauvages, un peu d’eau claire lui servait de breuvage. Bien que le tronc d’arbre où il avait élu domicile ne lui offrît pas la liberté de s’étendre pour dormir, il prenait son bref repos dans ce gîte précaire. Au sein de cette retraite sauvage, ses prières montaient sans interruption vers le ciel.

Simon Stock passa vingt ans dans la plus entière solitude, nourrissant son âme des célestes délices de la contemplation. S’étant privé volontairement de la conversation des hommes, il jouissait de celle de la Vierge Marie et des anges qui l’exhortaient à persévérer dans sa vie de renoncement et d’amour. La Reine du Ciel l’avertit qu’il verrait bientôt débarquer en Angleterre des ermites de la Palestine. Elle ajouta qu’il devait s’associer à ces hommes qu’elle considérait comme ses serviteurs. En effet, Jean lord Vesoy et Richard lord Gray de Codnor revinrent de Terre Sainte, ramenant avec eux quelques ermites du Mont-Carmel.

Docile aux directives de la Mère de Dieu, Simon Stock se joignit à ces pères, en 1212. Élu vicaire général de l’ordre des Carmes en 1215, il travailla de toutes ses forces à obtenir de Rome la confirmation de son ordre pour l’Occident. Il ne manquait pas d’adversaires pour en empêcher l’extension en Europe. Mais Simon Stock supplia la Vierge Marie par d’instantes prières et beaucoup de larmes de défendre elle-même cet ordre qui lui était consacré. Apparaissant en songe au pape Honorius III, la Mère de Dieu lui fit connaître ses volontés, et en 1226, ce pape confirma la règle des Carmes.

La vierge apparut un jour à son serviteur, tout éclatante de lumière et accompagnée d’un grand nombre d’esprits bienheureux, Elle lui remit un scapulaire en disant : « Reçois mon fils ce scapulaire, comme le signe d’une étroite alliance avec moi. Je te le donne pour habit de ton ordre ; ce sera pour toi et pour tous les Carmes un excellent privilège et celui qui le portera ne souffrira jamais l’embrasement éternel. C’est la marque du salut dans les dangers et de l’heureuse possession de la vie qui n’aura jamais de fin. » La dévotion au scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel se répandit non seulement parmi le peuple, mais aussi parmi les rois et les princes qui se trouvèrent fort honorés de porter cette marque des serviteurs de la Vierge. 

Simon Stock, présent au concile général de Lyon tenu sous le règne du pape Innocent IV, y prononça un éloquent discours contre les divisions qui agitaient alors l’Église. Il mourut dans la vingtième année de son généralat et la centième de son âge, après avoir laissé d’admirables exemples de vertu. La mort le cueillit dans la ville de Bordeaux, alors qu’il visitait ses monastères. 

L’Église ajouta ses dernières paroles à la salutation angélique : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. »

Simon Stock n’a pas été canonisé officiellement mais il est vénéré par les Carmes et dans de nombreux diocèses.

Bx Simon Stock priez pour nous !

16.05.2023 – SAINT DU JOUR

Bx Vladimir Ghika

PRINCE, PRÊTRE ET MARTYR († 1954)

Bx Vladimir Ghika
Prince roumain, prêtre de Paris, martyr à Bucarest
« Un apôtre de la charité et un précurseur de l’œcuménisme »

Vladimir Ghika naît le 25 décembre 1873 à Constantinople. Son père était le fils du dernier prince régnant de Moldavie, l’une des deux principautés historiques qui formaient la Roumanie de l’époque ; il représentait la Roumanie auprès de la Porte ottomane. Sa mère était descendante d’une famille française. Il est baptisé et confirmé dans l’Église orthodoxe.

Baptisé dans l’Église orthodoxe, Vladimir grandit en France sous les soins d’une gouvernante protestante ; il suit des études à Toulouse, où il est licencié en droit, et ensuite à Paris où il intègre avec son frère l’Institut d’Études Politiques.

Il souhaite devenir prêtre et, après des études à Rome, il obtient en 1898 une licence en philosophie et un doctorat en théologie. 

En 1902, après de longues réflexions, il fait son entrée officielle dans l’Église catholique. Suite à une rencontre providentielle avec sœur Pucci, il introduit les « Filles de la Charité » en Roumanie. Fidèle à la « théologie du besoin », qui sera la règle de sa vie, Vladimir va se vouer, avec une immense disponibilité, au service des pauvres, des malades, des blessés, et à diverses actions de charité.

Pendant la Grande Guerre, on retrouve Vladimir Ghika à Rome ou Paris où il continue ses activités charitables dans les hôpitaux peuplés de blessés, victimes du tremblement de terre d’Avezzano (province de L’Aquila, dans la région Abruzzes, Italie) en 1915, ou des tuberculeux de l’hospice de Rome. À Paris, il développe une importante activité diplomatique, il défend les intérêts de la France dans les milieux civils et ecclésiastiques, et œuvre au rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège. Le 4 octobre 1921, la France lui accorda la Légion d’honneur.

De 1920 à 1922, Vladimir fut de ceux qui œuvrèrent à la renaissance de l’Université de Louvain (Belgique) dont la bibliothèque avait été totalement détruite durant la guerre. Il fit partie du Comité international constitué en ce but et dirigé par le recteur, Mgr Deploige. En remerciement, le Cardinal Mercier, primat de Belgique, lui proposa d’inaugurer une chaire consacrée à la Roumanie. Vladimir y donna plusieurs conférences.

Le 7 octobre 1923, dans la Chapelle des Lazaristes, Vladimir Ghika est ordonné prêtre du diocèse de Paris par le Cardinal Dubois qui lui accorde l’autorisation de célébrer la messe selon les deux rites romain et byzantin. Il est nommé ensuite à l’église des étrangers (aujourd’hui Église Saint-Ignace). À l’aise dans tous les milieux, il côtoie le Pape et les têtes couronnées, les intellectuels et les artistes ; il est notamment l’ami de Jacques Maritain, Paul Claudel, Francis James. Mais il va aussi à la rencontre des âmes les plus éprouvées, les plus anxieuses, les plus révoltées. Il est à l’origine de nombreuses conversions. Par son action œcuménique, il œuvre toute sa vie pour l’unité des chrétiens.

Il possédait un don spécial d’attirer la confiance et d’obtenir des conversions. Il avait un sens si vif du péché que, plus d’une fois, au confessionnal, comme le Curé d’Ars, devant l’aveu de leurs fautes plus lourdes, des pécheurs l’entendirent pleurer. 

Entre 1927 et 1939, Vladimir Ghika est aussi l’aumônier du Centre d’Études Religieuses, fondé en 1925 par Jean Daujat.

En 1931, le pape Pie XI (Ambrogio Damiano Ratti, 1922-1939) le nomme Protonotaire Apostolique. Il était depuis 1927 membre du Comité directeur des Congrès Eucharistiques. Son activité sacerdotale et apostolique n’a pas de limites : avec une bonté sans frontières, disponible à tous les appels des âmes, il parcourt les cinq continents, mais toujours avec le cœur à Paris. De Villejuif à Auberive, de Rome à Sydney ou de Buenos Aires à Tokyo (où il participe à la fondation du premier carmel) toute circonstance est bonne pour parler de Dieu aux gens rencontrés sur sa route.

Il a été l’inspirateur de l’Association Virgo Fidelis, destinée à promouvoir prières et sacrifices pour le sacerdoce.

En 1939, au début de la 2e guerre mondiale, Vladimir Ghika se trouvait en Roumanie. Avec la permission de l’archevêque de Paris, le card. Suhard, il décide d’y rester. Il y poursuit son activité sans relâche auprès des réfugiés, des malades, des prisonniers, des victimes des bombardements. Il est très proche de l’Église gréco-catholique, il instruit et guide spirituellement les étudiants. Il confesse et célèbre la messe dans une prison de femmes.

Après l’arrivée du communisme il fait le choix de rester dans son pays auprès de ses compatriotes en souffrance. Malgré une santé précaire il continue son activité sacerdotale. 

Le 18 novembre 1952 il est arrêté. Il subit plus de quatre-vingts interrogatoires nocturnes, il est menacé, battu et torturé et, après un simulacre de procès, est condamné à trois ans d’incarcération dans la prison de Jilava près de Bucarest. Ici, il prêche, raconte ses souvenirs et un peu de joie illumine les visages qui l’entourent. « Pour lui, les murs de la prison n’existaient pas. Il était libre, parce qu’il faisait la volonté de Dieu. » (Didier Rance, Courage et fidélité. L’Église gréco-catholique unie)

Le 16 mai 1954, il meurt d’épuisement en prison, à l’âge de 80 ans.

La cause de sa béatification est ouverte en 2002, par l’Archevêché de Bucarest.

En mars 2013, le pape François reconnait Mgr Vladimir Ghikacomme martyr de la foi de l’Église catholique. Il est béatifié le 31 août 2013 à Bucarest. Plus de 8000 fidèles ont assisté à la messe, présidée par le card. Angelo Amato s.d.b., préfet de la Congrégation pour la cause des saints, en présence du card. André Vingt-Trois de Paris, de l’archevêque Ioan Robu de Bucarest, et environ 30 évêques venant de l’Europe centrale et de l’Europe de l’Est. Un grand groupe de membres de la famille du bienheureux avec un petit neveu de Mgr Vladimir Ghika participait avec joie et émotion.

Pour un approfondissement biographique
(écrits et vidéos) :


>>> Paris.catholique.fr/Une-vie-au-service-de-Dieu.html


>>> Lettres à mon frère en exil


>>> Le ministère sacerdotal de Vladimir Ghika

Bx Vladimir Ghika priez pour nous !