Sacré-Cœur de Jésus, solennité

Le Sacré-Coeur de Jésus

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.
«Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger.» 
(Mt 11, 25-30).

Les petits de l’Évangile

La liturgie nous présente l’une des rares prières de Jésus et il « bénit » le Père céleste, c’est-à-dire qu’il reconnaît publiquement ce que Lui a fait et continue de faire envers les « petits », au détriment des sages et des savants. Le contenu de ce qui est révélé est inscrit dans l’expression « Tu as caché ces choses« . D’après ce que nous comprenons des versets qui précèdent ce texte,  » ces choses  » sont la compréhension de Jésus lui-même ce à quoi les  » sages et les savants  » ont été réfractaires. D’autre part, les « petits » peuvent être les « pauvres » à qui l’évangile est annoncé, ou les « humbles », c’est-à-dire ceux qui écoutent et accueillent la Parole. Une clé pour comprendre que le Très Sacré Cœur de Jésus n’est compréhensible que dans la mesure où l’on se fait  » petits « ,  » humbles « .

Mon joug est doux

Le joug est un dispositif destiné à la traction des animaux : appliqué à la partie antérieure du corps d’un ou plusieurs animaux de trait (sur le cou), il permet de les soumettre, de les attacher à une machine et de les faire manœuvrer par un opérateur. A partir de cette expérience tirée de la vie agricole, Jésus invite les « petits » à lui faire confiance, en leur garantissant le repos, la paix, la libération parce que son joug n’est pas oppressant. Jésus ne surcharge pas ceux qui s’approchent de Lui, il ne les opprime pas en les chargeant de fardeaux que les maîtres de l’époque ne touchaient même pas du doigt. Jésus, humble et pur de cœur, est celui qui dit en faisant, celui qui accepte la volonté du Père et la vit à la première personne, partageant avec les « petits » l’engagement requis. C’est pourquoi le joug de Jésus est doux, non pas parce qu’il est « lénifié », mais parce qu’il a enlevé les sédiments légalistes et ramené la loi de Dieu à son origine, révélant que Dieu est amour miséricordieux. L’amour pour toujours, nous rappelle le psaume.

Le cœur

Lorsque nous entendons le mot « cœur », nous pensons surtout à la sphère affective, sentimentale. Mais dans le langage biblique, il a un sens beaucoup plus large, car il désigne toute la personne dans l’unité de sa conscience, de son intelligence et de sa liberté. Le cœur indique l’intériorité de l’homme, mais aussi sa capacité de réflexion : c’est le siège de la mémoire, le centre des choix, des projets. Dans ce côté ouvert, Jésus nous montre et nous dit : « Tu m’intéresses », « Je prends ta vie à cœur ». Mais il dit aussi : « Fais ceci en mémoire de moi : prends soin des autres. Avec cœur. C’est-à-dire, aie les mêmes sentiments que moi, prends les mêmes décisions que moi », en sachant être humble et pur de cœur.

Prière

Cœur Divin de Jésus 
Je t’offre par le Cœur Immaculé de Marie, 
mère de l’Église, en union avec le Sacrifice Eucharistique, 
les prières, les actions, les joies et les souffrances de cette journée
 en réparation des péchés et pour le salut de tous les hommes, 
dans la grâce de l’Esprit Saint, à la gloire du Divin Père.
Amen.

Source : VATICANNEWS

Avec les Papes et les saints, vivre le mois de juin auprès du Cœur de Jésus

Le Pape bénit une statue de Jésus et son Sacré-Cœur lors de l'audience générale du 22 mai 2013Le Pape bénit une statue de Jésus et son Sacré-Cœur lors de l’audience générale du 22 mai 2013

Avec les Papes et les saints, vivre le mois de juin auprès du Cœur de Jésus

Le mois de juin est traditionnellement consacré au Sacré-Cœur de Jésus. Cette dévotion, qui puise ses racines dans l’Écriture, a été développée et encouragée par de nombreux saints à travers les siècles, mais aussi par les Souverains Pontifes, spécialement depuis Pie IX. À leur suite, les croyants sont aujourd’hui encore invités à se tourner vers le cœur aimant de Jésus, compatissant et miséricordieux. 

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Dans le message qu’il a prononcé ce dimanche 7 juin suite à la prière de l’Angélus, le Saint-Père a évoqué le «Coeur humain et divin de Jésus», qui est «la source où nous pouvons toujours puiser la miséricorde, le pardon et la tendresse de Dieu». «Nous pouvons le faire en nous attardant sur un passage de l’Évangile, en sentant qu’au centre de chaque geste, de chaque parole de Jésus, il y a l’amour, l’amour du Père, a expliqué le Pape François. Et nous pouvons le faire en adorant l’Eucharistie, où cet amour est présent dans le Sacrement. Alors notre cœur aussi, petit à petit, deviendra plus patient, plus généreux, plus miséricordieux»«Jésus, rends mon cœur semble au tien», a ensuite répété plusieurs fois le Pape avec les fidèles, expliquant qu’il tenait cette petite prière de sa grand-mère. 

Voyons à présent quelques exemples de passages évangéliques où se dévoile le Cœur du Christ…

Contempler le Cœur de Jésus dans les Écritures

«Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme» (Mt 11, 29); «Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau» (Jn 19, 33-34). Des chemins de Galilée jusqu’au pied de la Croix, l’Évangile nous parle à plusieurs reprises du cœur de Jésus, «révélation de l’amour de Dieu pour l’humanité» (Mgr Léonard, homélie du 13 juin 2011 en la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre). Inséparable des mystères de l’Incarnation, de la Passion et de la Résurrection, le Sacré-Cœur est présenté comme une source inépuisable d’Amour et de Miséricorde, qui vient sauver les hommes du pouvoir de la mort et du péché pour leur ouvrir les portes de la vie éternelle. Cette victoire du Ressuscité au côté ouvert doit susciter chez le croyant un acte de foi, comme l’a fait saint Thomas à la demande de Jésus: «“Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté: cesse d’être incrédule, sois croyant.” Thomas lui dit alors: “Mon Seigneur et mon Dieu !” Jésus lui dit : “Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu.”» (Jn 20, 28-29).

Le Sacré-Cœur et les saints, un amour fécond

Tout au long des siècles, des saints et des saintes ont approfondi la spiritualité du Sacré-Cœur, poussés par l’Esprit-Saint: Sainte Gertrude, Saint Jean-Eudes, Sainte Marguerite-Marie, Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, le Bienheureux Charles de Foucauld… Tous nous montrent que le Cœur de Jésus est en quelque sorte l’autre nom de la Charité, cette vertu théologale dont saint Paul a chanté la grandeur et les profondeurs insondables dans le Christ, et dont tous les chrétiens sont appelés à vivre. «Je tâche de montrer … que notre religion est toute charité, toute fraternité, que son emblème est un Cœur… »(Lettre du Bienheureux Charles de Foucauld à l’Abbé Huvelin 15 juillet 1904). « Le Sacré-Cœur… étendant ses bras pour embrasser, serrer, appeler tous les hommes et se donner pour tous, en leur offrant son cœur… » (Bienheureux Charles de Foucauld, description de la peinture du Sacré-Cœur de son ermitage de Béni-Abbès).

Depuis le Carmel, Thérèse vit l’offrande cachée de sa vie en puisant à la source intarissable de l’Amour du Seigneur: «Vivre d’Amour, c’est donner sans mesure / Sans réclamer de salaire ici-bas / Ah! sans compter je donne, étant bien sûre / Que lorsqu’on aime, on ne calcule pas ! …. / Au Cœur Divin, débordant de tendresse / J’ai tout donné…légèrement je cours / Je n’ai plus rien que ma seule richesse / Vivre d’Amour» (Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, poésie Vivre d’Amour).

Aux origines de la fête du Sacré-Cœur

Mais c’est sans doute Sainte Marguerite-Marie Alacoque qui a donné une impulsion particulière au culte du Sacré-Cœur. Entre 1673 et 1675, à Paray-le-Monial, petit village de Bourgogne, Jésus apparait à cette religieuse de l’ordre de la Visitation, et lui dit notamment: « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes»(apparition de juin 1675). Ce message est reconnu par le pape Clément XIII en 1765, qui institue officiellement la fête du Sacré-Cœur, célébrée trois semaines après la Pentecôte, et demandée par le Seigneur lui-même à la sainte visitandine. Cette fête est étendue à toute l’Église catholique le 23 août 1856 par le Pape Pie IX, puis placée au rang de solennité dans le calendrier liturgique issu du Concile Vatican II.

Avec Pie XII, une théologie du Sacré-Cœur

Ainsi, outre la ronde des saints, c’est dans la lignée des successeurs de Pierre que s’inscrit aussi le développement de la spiritualité du Cœur du Christ.

Le 11 juin 1899, le Pape Léon XIII consacre le genre humain au Sacré-Cœur de Jésus. Le 19e siècle touche alors à son terme, pendant lequel le Sacré-Cœur fait l’objet d’une grande dévotion populaire. Les chrétiens soucieux de justice sociale y trouvent même le principe de leur action.

En 1956, la théologie du Sacré-Cœur devient le sujet d’une encyclique du pape Pie XII: Haurietis aquas in gaudio («Avec joie, vous puiserez les eaux aux sources du Sauveur» – cf. Is 12). «Le Cœur du Christ étant doublement habité d’amour divin et humain, et rempli des trésors de toutes les grâces, conquis par notre Rédempteur avec les mérites de sa vie, de ses souffrances et de sa mort, il est sans nul doute la source de cette charité perpétuelle que son Esprit répand dans tous les membres de son Corps Mystique», réaffirme le Souverain Pontife, insistant particulièrement sur l’humanité de Jésus et encourageant une dévotion grâce à laquelle «une moisson de fruits spirituels très abondants et joyeux (…) ont été produits pour l’Église».

Une journée de prière pour la sanctification des prêtres

Quelques décennies plus tard, en 1995, saint Jean-Paul II fait de la Solennité du Sacré-Cœur une journée mondiale de prière pour la sanctification des prêtres. Tout au long de son pontificat, le Souverain Pontife polonais témoigne d’une dévotion toute particulière au Cœur de Jésus. Le 5 octobre 1986, son voyage apostolique en France le mène au sanctuaire de Paray-le-Monial, où il célèbre la messe. Le 6 juin 1999, depuis la ville d’Elblag en Pologne, il prononce un acte de dévotion au Sacré-Cœur«Approchons-nous chaque jour de cette source d’où jaillissent les sources d’eau vive. Avec la Samaritaine, demandons: “Donne-nous cette eau”, car elle donne la vie éternelle.

Cœur de Jésus, foyer ardent de charité,

Cœur de Jésus, source de vie et de sainteté,

Cœur de Jésus, propitiation pour nos péchés

– aie pitié de nous. Amen».

Son successeur Benoît XVI célèbre en 2006 le cinquantième anniversaire de l’encyclique Haurietis aquas in gaudio, et ouvre le 19 juin 2009, lors des premières vêpres de la solennité du Sacré-Cœur, une année sacerdotale, correspondant également aux 150 ans de la mort de saint Jean-Marie Vianney. «Dans le cœur de Jésus est exprimé le noyau essentiel du christianisme; dans le Christ nous a été révélée et donnée toute la nouveauté révolutionnaire de l’Évangile: l’Amour qui nous sauve et nous fait vivre déjà dans l’éternité de Dieu», souligne alors Benoît XVI. En août 2011, pendant l’est Journées Mondiales de la Jeunesse à Madrid, le Pape aujourd’hui émérite consacre les jeunes du monde entier au Sacré-Cœur de Jésus.

François et le Sacré-Cœur, prière et sainteté

Enfin, François indique lui aussi aux fidèles la direction du Cœur du Christ, comme par exemple dans son exhortation apostolique Gaudete et exsultate sur la sainteté, où cette orientation se confond avec une voie de sainteté: «Dans cet appel à le reconnaître dans les pauvres et les souffrants, se révèle le cœur même du Christ, ses sentiments et ses choix les plus profonds, auxquels tout saint essaie de se conformer»«Je vous invite tous à regarder ce Cœur et à en imiter les sentiments les plus vrais», insiste le Saint-Père lors de l’audience générale du 26 juin 2019. Une année plus tard, en ce mois de juin, François nous demande dans son intention de prière mensuelle de prier spécialement pour que tous ceux qui souffrent «trouvent des chemins de vie, en se laissant toucher par le Cœur de Jésus».

«Ut diligeremus, dilecti sumus / pour que nous aimions, nous avons été aimés», écrit saint Augustin (Serm. 174, 4). Regarder le Cœur de Jésus, y découvrir un Amour qui «nous a aimés le premier» (1 Jn 4, 19) et nous rejoint personnellement, nous rendant alors capable d’aimer à notre tour «de tout notre cœur»Dieu et notre prochain. Voilà l’itinéraire aux vastes dimensions que nous propose l’Église au mois de juin… à renouveler chaque jour de l’année.

Source: Vaticannews, le 6 juin 2021

Pourquoi juin est le mois du Sacré-Coeur ?

Fred de Noyelle / Godong – Dans la Chapelle des Apparitions, à Paray-le-Monial.

Pourquoi juin est le mois du Sacré-Coeur ?

Chaque année, au mois de juin, les chrétiens fêtent le Sacré-Cœur. Ceci depuis son institution par le pape Pie IX (1792-1878) au XIXe siècle. 

Dans la piété populaire, chaque mois de l’année a son propre thème spirituel fondé sur un aspect de la foi chrétienne. Le mois de juin, par exemple, est celui du Sacré-Cœur car sa fête est toujours célébré en juin, 19 jours après la Pentecôte. Cette année, la fête du Sacré-Cœur tombera le vendredi 11 juin 2021.

Tout commence le jour où sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690) reçoit des révélations de la part du Christ. Le 16 juin 1675, Jésus lui demande de promouvoir un élan spirituel en l’honneur de son Sacré-Cœur.

C’est pour cela que je te demande que le premier vendredi d’après l’octave du Saint Sacrement soit dédié à une fête particulière pour honorer mon Cœur, en lui faisant réparation d’honneur par une amende honorable, communiant ce jour-là pour réparer les indignités qu’il a reçues pendant le temps qu’il a été exposé sur les autels ; et je te promets que mon Cœur se dilatera pour répandre avec abondance les influences de son divin amour sur ceux qui lui rendront cet honneur.

Les catholiques célèbrent la fête du Corpus Christi, la Fête-Dieu, après le dimanche de la Sainte Trinité depuis des siècles. Celle-ci tombe toujours au mois de juin. On détermine la date précise chaque année grâce à celle de la fête de Pâques.

Ce n’est qu’en 1856 que l’Église universelle célèbre officiellement la fête du Sacré-Cœur pour la première fois. Depuis, les chrétiens rendent annuellement grâce au cœur sacré de Jésus et son amour divin pour l’humanité.

Source: ALETEIA, le 2 juin 2021

Le Cœur de Marie, un cœur à l’écoute de Dieu

Le Cœur de Marie, dont l’Église fait mémoire le lendemain de la solennité du Sacré-Cœur de Jésus, est immaculé parce que la Vierge est restée toute sa vie à l’écoute de Dieu. Sa communion permanente avec Jésus lui a permis d’intérioriser la Parole divine au point que son Cœur est devenu une demeure de l’Esprit.

Peu de temps après avoir accédé à la royauté, à la suite du décès de son père David, Salomon eut une vision. Dans celle-ci, Dieu lui demanda ce qu’il désirait qu’Il lui donne. Le roi d’Israël répondit : « Donne donc à ton serviteur un cœur intelligent » (littéralement « un Cœur qui écoute ») (1R 3, 9). Ainsi, dans la Bible, le cœur est le siège de l’intelligence et de la volonté, et pas seulement de l’affectivité, comme on le comprend de nos jours. Il en va pareillement pour celui de la Vierge. Le Cœur de Marie est immaculé parce qu’il est exempt de péché, mais aussi parce qu’il est intelligent en restant constamment à l’écoute de Dieu. Le cœur de la Vierge est exempt d’erreur, de négligence et d’égarements en raison de l’attention que la Vierge porte à Dieu et aux affaires divines. L’amour d’obéissance de la Vierge rejaillit sur son intelligence en la décuplant. Illustrons cette vérité par un exemple tiré de l’existence de la mère de Jésus.

Un Cœur illuminé par l’Esprit

S’il est une sagesse qu’il est indispensable d’acquérir pour un chrétien, c’est bien celle de la Croix. Cette sagesse, Marie ne l’a pas seulement expérimentée dans sa chair. Elle a su également l’assimiler spirituellement, en se mettant à son école. Elle a pu de la sorte en tirer de précieux enseignements au bénéfice des hommes dont le Christ l’a instituée Mère du haut de la Croix. Durant le Samedi saint, lendemain de la crucifixion, Marie a réfléchi à la signification et à la portée du supplice de Jésus. À cette fin, elle a été attentive à l’Esprit consolateur qui, en plus de la réconforter, l’a instruite également du mystère renfermé dans la Croix — tant il est vrai que l’on ne console jamais mieux quelqu’un qu’en lui révélant le sens profond et les fruits à venir de ses épreuves.

« Un cœur immaculé est d’abord un cœur qui ne murmure pas, un cœur exempt de défiance mais qui garde l’espérance parce qu’il sait que Dieu est un Père sage, attentif et aimant. »

À l’écoute de l’Esprit, le Cœur immaculée de Marie a redit le « oui » qu’elle avait déjà prononcé à l’Annonciation trente ans plus tôt, et la veille sur le Calvaire. Dans la lumière de l’Esprit qui nous rappelle tout ce que Jésus nous a dit, selon la prophétie de l’intéressé dans son discours d’adieux (Jn 14, 26), et qui nous guidera vers la vérité tout entière (Jn 16, 13), elle a pris la mesure du sacrifice de Jésus, mais aussi de l’importance de sa propre compassion et de son union au don total de son fils sur le Golgotha. Si bien qu’elle a compris plus intensément, de l’intérieur, la portée de la Rédemption et la place que Dieu lui avait destinée dans celle-ci. Elle a consenti de nouveau, sans révolte, mais avec un Cœur intelligent, ferme et aimant, au sacrifice de son Fils. C’est bien cela que demande Dieu à Ses créatures : Lui faire confiance en se laissant instruire par Lui au sujet des voies qu’Il a choisies et qui ne sont pas toujours les nôtres. Un cœur immaculé est d’abord un cœur qui ne murmure pas, un cœur exempt de défiance mais qui garde l’espérance parce qu’il sait que Dieu est un Père sage, attentif et aimant.

« Sa mère gardait tous ces événements dans son cœur » (Lc 2, 51)

Car Marie n’aurait jamais pu être associée à la Rédemption du genre humain si elle n’avait pas eu un cœur intelligent, c’est-à-dire un cœur attentif à la Parole de Dieu. L’épître aux Hébreux place dans la bouche du Christ qui entre dans le monde, les paroles du psaume 40. Dans sa version originale, ce psaume dit en s’adressant à Dieu : « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : “Voici, je viens” » (Ps 40, 7-8).

« En écoutant Dieu, nous reconnaissons à la fois Sa transcendance, le fait que Lui seul est Dieu, et également les dons divins de la vie et du salut. »

Le psalmiste a compris que tendre l’oreille à Dieu est plus important que tous les sacrifices. La première demande que Dieu nous adresse, c’est de L’écouter. C’était déjà la grande affaire d’Adam et Ève au jardin d’Eden — leur malheur vint précisément de ce qu’ils préférèrent à la parole divine les insinuations d’un autre, celles d’un invertébré plus malin qu’eux ! En écoutant Dieu, nous reconnaissons à la fois Sa transcendance, le fait que Lui seul est Dieu, et également les dons divins de la vie et du salut. À l’instar de Jésus qui passait ses nuits en prière (Lc 6,12), Marie n’aura de cesse durant toute son existence que de méditer dans son Cœur les paroles-événements de la vie de Jésus (Lc 2,51). 

Si la Vierge n’avait pas écouté son Fils, comment aurait-elle pu dire aux serviteurs des noces de Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira ? » Pour donner pareil conseil, Marie s’appuyait sur la divinité de son Fils. Et comment avait-elle pu reconnaître celle-ci, outre pour la raison que Jésus ait été conçu de façon virginale, sinon parce qu’elle avait passé des heures à l’écouter, à s’extasier des paroles de grâce qu’il prononçait ?

Jésus et Marie : deux cœurs unis

On pourrait penser qu’un chrétien du troisième millénaire, en récoltant le trésor amassé par des siècles de tradition, en sait davantage sur la Croix que la Vierge du Samedi saint. Ce serait se méprendre. Le secret de la sagesse contenue dans la Croix ne se livre qu’aux Cœurs aimants. Seul le semblable connaît le semblable. Seul l’amour est capable de comprendre la hauteur, la largeur, la profondeur de la Croix. Celle-ci ne confie ses secrets qu’à ses amants de Cœur, c’est-à-dire aux personnes animées des mêmes dispositions que celles qui poussèrent Jésus à l’accepter et à la vivre. La Vierge, pétrie de sagesse autant que d’affection, est de celles-là. 

« Le secret de la sagesse contenue dans la Croix ne se livre qu’aux Cœurs aimants (…) Seul l’amour est capable de comprendre la hauteur, la largeur, la profondeur de la Croix. »

Le Cœur de Marie est le cœur intelligent que le roi Salomon avait demandé au Très-Haut. Comme son Fils, elle accepte la Croix par amour pour les frères et sœurs de Jésus. Son « oui » est d’autant plus fervent qu’elle est restée à l’écoute de l’Esprit qui l’éclairait peu à peu au sujet des conséquences, décisives et inouïes pour le genre humain, de ce signe de contradiction — sans préjudice de l’obscurité de sa foi et de son mérite à accepter la volonté de Dieu en pareil moment. Aussi est-elle en mesure de nous initier aux secrets de la Sagesse de la Croix qui ne se livre ni aux tièdes, ni aux curieux dilettantes.

« Écoutez et votre âme vivra ! »

Le Cœur immaculé de Marie est tel parce qu’il sait faire la différence entre paroles divines et propos inconsistants, oiseux ou inconvenants. On finit par devenir ce que l’on écoute. Les chefs sectaires savent cela. La Vierge a un Cœur immaculé parce qu’elle se plaît en la compagnie de Dieu et qu’elle savoure, comme elles le méritent, les paroles qui sortent de Sa bouche. Dès sa jeunesse, elle a médité les paroles rapportées par le prophète Isaïe : « Prêtez l’oreille et venez à moi, écoutez et votre âme vivra ! » (Is 55, 3). Qu’à son école, nous devenions nous aussi attentifs aux paroles de grâce de l’Évangile !

Source: ALETEIA, le 19 juin 2020, par Jean-Michel Castaing

Le Sacré-Cœur de Jésus, un abrégé des mystères divins

SACRED HEART

Fr Lawrence Lew, O.P.-(CC BY-NC-ND 2.0)

Le Sacré-Cœur de Jésus, un abrégé des mystères divins

La spiritualité du Cœur de Jésus constitue un formidable résumé de la foi chrétienne. Elle offre une voie privilégiée pour comprendre et vivre toutes les richesses de l’amour divin.

Grâce à la dévotion au Cœur de Jésus, nous embrassons d’un seul regard les quatre points cardinaux de la foi chrétienne : Dieu-Trinité, la personne du Sauveur, l’événement pascal et enfin la réalité mystique de l’Église. Cultivée avec fidélité, cette dévotion aux richesses inépuisables fait grandir l’amitié avec Jésus.

C’est l’incarnation de la Parole de Dieu en Jésus-Christ qui nous a révélé le mystère de la Trinité. Si le Verbe ne s’était pas fait chair, jamais les hommes, avec leur simple raison, n’auraient deviné que Dieu est un en trois Personnes. Le mystère de l’Incarnation nous révèle que l’un de la Trinité s’est fait homme. Jésus est à la fois Dieu et homme. Qu’est-ce que cette proposition théologique implique pour la dévotion à son Sacré Cœur ? Au XIIIe siècle, saint Bonaventure, le célèbre théologien franciscain, affirmait que la blessure visible de l’amour, à savoir le cœur transpercé de Jésus, manifestait la blessure invisible de l’amour. Autrement dit, à travers le cœur de chair de Jésus transparaissait une réalité invisible. Et cette réalité est d’ordre divin pour la raison que Jésus est le Fils de Dieu incarné.

Deuxième personne de la Trinité, égal au Père et à l’Esprit, Jésus nous a aimés avec son cœur humain comme Dieu aime. Ne faisant qu’un avec son Père, son cœur fait signe en effet vers la réalité invisible de toute la Trinité. Jésus nous aime avec la même intensité que son Père. Aussi, en tant que symbole de son amour divin, son Sacré Cœur dévoile-t-il la nature intime de Dieu qui est Amour. Le Cœur transpercé ouvre sur les abîmes insondables de la vie intime de la Trinité.

Dans ce Cœur sont donc renfermées toutes les richesses de l’Amour divin. Une spiritualité du Cœur de Jésus qui ne remonterait pas jusqu’à la source divine paternelle de la miséricorde et qui ne ferait aucune mention de l’Esprit, symbolisé par l’eau coulant du côté transpercé de Jésus en croix, ne prendrait pas toute la mesure de la miséricorde divine dont est porteuse cette spiritualité. Jésus ne nous a pas aimés seulement affectivement et charitablement, mais aussi divinement C’est pourquoi la spiritualité liée au Sacré Cœur touche à la révélation de la véritable nature du Dieu trinitaire : l’Être absolu est Amour.

Un triple amour en Jésus

En second lieu, le Sacré Cœur nous révèle l’identité de Jésus. La théologie a déduit celle-ci de la qualité de son amour. De même que le peuple juif a découvert l’identité de Dieu à travers la libération d’Égypte, de même la théologie chrétienne a compris qui était Jésus d’après sa façon de nous aimer, c’est-à-dire d’après son Cœur — même si elle ne l’a pas explicité initialement avec le terme de « cœur ». Le cœur permet en effet de mieux comprendre la trnidouble nature du Christ. Examinons la chose plus en détail.

Dieu fait homme, Jésus a aimé selon trois modes : affectivement, charitablement (la charité ayant été infusée dans son âme par Dieu, à l’instar des bienheureux, mais à une puissance qu’ils ne connurent jamais) et divinement. C’est cette triple dimension de l’amour du Christ que la spiritualité du Sacré Cœur permet d’appréhender dans toute son étendue. En effet, le Cœur de Jésus est le lieu où s’entrelacent amours humain et divin. En lui ont été consommées les noces du ciel et de la terre, puisque le ciel consiste pour les hommes à aimer comme Dieu aime.

Le Sacré Cœur, où se rencontrent les trois façons d’aimer de Jésus, est le centre à partir duquel s’unifient l’amour divin et l’amour humain. D’un côté, en ce Cœur, l’homme aime parfaitement Dieu et ses frères. Et d’un autre côté, en ce même Cœur, Dieu, dans la personne du Fils éternel, se livre aux hommes d’une façon incompréhensible et inimaginable ! Ainsi, le Sacré Cœur nous met devant les yeux les implications de la double nature du Christ, à la fois divine et humaine. Le Cœur de Jésus nous révèle à nous-mêmes : nous sommes les destinataires de la dilection divine et capables, en notre frère aîné, d’aimer de façon divine. Et en même temps, il porte au jour l’intensité de l’Amour que Dieu nous porte. Double révélation : de notre dignité et de la qualité de l’amour divin pour nous, puisque le Cœur de Jésus bat au même rythme que celui du Père. Comme on le voit, l’identité de Jésus, envisagée à partir de son Cœur, nous délivre de nombreux enseignements sur le mystère de la foi.

Un Cœur qui aime jusqu’à l’extrême

Après Dieu et la personne du Christ, le Sacré Cœur porte notre attention sur l’événement qui a décidé de notre salut : la Pâque de Jésus. C’est le troisième point cardinal de la foi. La spiritualité du Cœur de Jésus n’est pas née de considérations sur le support organique de l’affectivité du fils de Marie, mais d’un événement : le coup de lance du soldat qui perça le côté du Crucifié du Golgotha (Jn 19, 34) :

Mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté,
Et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.

L’épisode est tellement important pour l’évangéliste que celui-ci engage son témoignage solennel dans la relation du fait.

Or, dans ce « côté », la Tradition a toujours identifié le cœur de chair du supplicié. C’est son ouverture par la lance du soldat qui a déclenché la dévotion au Sacré Cœur. Certes, l’évangile de saint Jean mentionne le disciple bien-aimé penché dans le « sein » de Jésus dès le dernier repas. Il s’agit déjà d’une référence à son cœur. Cependant, la révélation du mystère du Cœur du Christ n’atteint sa plénitude que sur la Croix. C’est là que ce Cœur a aimé jusqu’à l’extrême (Jn 13,1), jusqu’à la mort, là qu’il devient véritablement l’objet de la dévotion et de l’adoration des croyants.

Le Cœur transpercé fournit en effet la clé de compréhension définitive de la Pâque du Fils. « Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé », disait le prophète Zacharie. Saint Jean rapporte cette prophétie en l’appliquant à l’événement du Golgotha. Oui, les hommes n’en finiront jamais de contempler le côté ouvert de Jésus dans lequel éclate la révélation définitive : Dieu est Amour ! Voilà pourquoi le culte du Cœur de Jésus n’est pas une dévotion facultative. Grâce à elle, nous goûtons comme il le mérite le mystère de notre salut en mesurant ce qu’il en a coûté à Dieu de nous extraire de la nasse du péché et de la mort. La Rédemption apparaît dès lors sous son véritable jour, à savoir comme la manifestation de l’Amour le plus extrême, un Amour prêt à tout pour nous sauver, prêt à toutes les audaces, à toutes les folies. La dévotion au Sacré Cœur n’est pas une eau tiède pour croyants confortablement « installés » !

Le Cœur d’où naît l’Église

Enfin, quatrième point cardinal de la foi que la spiritualité du Sacré Cœur nous permet d’approcher : la réalité de l’Église. Celle-ci est l’épouse que Jésus s’est acquise dans sa Pâque. De même qu’Ève fut tirée du côté d’Adam endormi, de même l’Église est issue du côté transpercé de Jésus, tandis qu’il dormait du sommeil de la mort sur la Croix. L’Église naît des sacrements du baptême et de l’Eucharistie. Or le sang et l’eau, sortis du côté ouvert de Jésus, sont la source de ces deux sacrements. L’Église est née sur la Croix. Car avant d’être une institution, elle est d’abord une réalité mystique. C’est à cette dimension mystique de la société ecclésiale que la dévotion du Sacré Cœur permet d’accéder. Vue à travers le prisme du Sacré Cœur, l’Église apparaît comme l’assemblée qui désire rendre amour pour amour à Celui qui est mort et ressuscité pour elle. Ainsi que le disait sainte Thérèse de Lisieux, le centre de l’Église réside dans son cœur — et un cœur uni au Cœur de son Époux.

Découvrez aussi ces saints qui avaient une dévotion particulière au Sacré-Cœur de Jésus :

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Source: ALETEIA, le 19 juin 2020 par Jean-Michel Castaing 

Sacré-Coeur de Jésus «C’est de la pure miséricorde»

Le Sacré-Cœur de Jésus. Le Sacré-Cœur de Jésus.  

Sacré-Coeur de Jésus «C’est de la pure miséricorde»

En cette solennité du Sacré-Cœur, symbole de l’amour du Sauveur pour nous, le Pape François dans un tweet nous invite à ne pas avoir peur de nous approcher de Celui qui pardonne toujours et qui a un amour miséricordieux face à nos blessures et à nos erreurs.

Roberta Barbi-Cité du Vatican

«Le Seigneur nous regarde toujours avec miséricorde. Nous n’avons pas peur de l’approcher ! Il a un cœur miséricordieux !» Dans le tweet du Pape François sur la solennité du très sacré Coeur de Jésus, se trouve une fois de plus mis en lumière l’amour salvateur de Dieu pour l’homme : «Si nous lui montrons nos blessures intérieures, nos péchés – écrit le Souverain Pontife – il nous pardonne toujours. C’est de la pure miséricorde ! Allons à Jésus !»

«Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et opprimés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi, qui suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du réconfort pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger.» (Mt 11:28-30)

Couronné d’épines, couronné par la croix et blessé par la lance, en mémoire éternelle du plus grand geste que Jésus a fait pour nous : sacrifier sa vie pour le salut de l’humanité. Enfin, entouré de flammes qui symbolisent l’ardeur miséricordieuse que le Christ ressent pour les pécheurs. Ainsi, l’iconographie représente le Sacré-Cœur de Jésus, dont la fête est célébrée aujourd’hui

Les origines de la solennité

Des traces de dévotion au Sacré-Cœur de Jésus se trouvent déjà au Moyen-Âge, dans la pensée de certains mystiques allemands comme Mathilde de Magdebourg, Mathilde de Hackeborn et Gertrude de Helfta ainsi que chez le bienheureux dominicain Enrico Suso. Cependant, ce n’est qu’au XVe siècle que ce culte a pris son essor grâce à sainte Marguerite-Marie Alacoque et à saint Jean-Eudes, celui-ci ayant obtenu de l’évêque de Rennes l’autorisation de célébrer une fête en l’honneur du Coeur de Jésus au sein de sa communauté en 1672.

En 1765, le Pape Clément XIII accorde à la Pologne et à l’Archiconfrérie romaine du Sacré-Cœur la solennité du Sacré-Cœur de Jésus et c’est précisément au cours de ce siècle qu’un débat passionné se développe. La Congrégation des Rites, en effet, affirme que l’objet de ce culte est le cœur de chair de Jésus, symbole de son amour, mais les jansénistes interprètent cela comme un acte d’idolâtrie. Ce n’est qu’en 1856, avec Pie IX, que la solennité a été étendue à l’Église universelle et inscrite au calendrier liturgique.        

Sainte Marguerite-Marie Alacoque : la messagère du Coeur de Jésus

Marguerite-Marie Alacoque est une religieuse de l’ordre de la Visitation qui vit dans le couvent français de Paray-le-Monial sur la Loire depuis 1671. Elle avait déjà une réputation de grande mystique lorsque, le 27 décembre 1673, elle reçut la première visite de Jésus, qui l’invita à prendre la place de Jean, l’apôtre qui reposait physiquement sa tête sur la poitrine de Jésus, dans l’assemblée de la Cène.

«Mon cœur divin est si passionné d’amour pour l’humanité qu’il ne peut plus contenir les flammes de son ardente charité et doit les répandre. Je vous ai choisi pour ce grand projet», lui a-t-il dit. L’année suivante, Marguerite eut deux autres visions : dans la première, le cœur de Jésus était sur un trône de flammes, plus brillant que le soleil et plus transparent que le cristal, entouré d’une couronne d’épines ; dans l’autre, elle vit le Christ flamboyant de gloire, dont sortaient des flammes de la poitrine, au point qu’il ressemblait à une fournaise.

C’est alors que Jésus lui parle et lui demande de communier tous les premiers vendredis pendant neuf mois consécutifs et de se prosterner à terre pendant une heure dans la nuit du jeudi au vendredi. Ainsi sont nées les pratiques des neuf vendredis et de l’Heure Sainte d’Adoration. Dans une quatrième vision, le Christ demande ainsi l’institution d’une fête pour honorer son Coeur et pour réparer, par la prière, les offenses qu’Il a reçues . 

Source: VATICANNEWS, le 19 juin 2020

Les douze promesses de Jésus à ceux qui témoignent d’une dévotion au Sacré-Cœur

St. Margaret Mary

Zvonimir Atletic | Shutterstock

C’est au cours d’une apparition à sainte Marguerite-Marie Alacoque que le Christ formule douze promesses afin d’encourager une vraie dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, qui est également celle du Saint-Sacrement.

Connue pour être à l’origine de la dévotion universelle au Sacré-Cœur de Jésus, Marguerite-Marie Alacoque (1646-1690) est au monastère de la Visitation depuis deux ans et demi lorsqu’elle a une première apparition du Cœur de Jésus le 27 décembre 1673. Dans cette première manifestation, celle qui a été choisie par Jésus comme « instrument pour attirer des cœurs à son amour », reçoit clairement les grandes lignes de la dévotion qu’elle devra propager. Les autres apparitions, surtout celles de 1674 et 1675, viendront les préciser et les développer.

Le Christ apparaît à sainte Marguerite-Marie au cours d’une adoration du Saint-Sacrement et lui dit : 

Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu’Il n’a rien épargner pour leur témoigner son amour ; et au lieu de reconnaissance, Il ne reçoit de la plupart que des ingratitudes, de l’indifférence et même du mépris dans ce sacrement d’amour.

Rappelant qu’il a tout donné pour les hommes sans rien garder pour lui, le Christ charge Marie-Marguerite d’encourager la dévotion au Sacré-Cœur et formule alors douze promesses pour celles et ceux qui témoignent d’une vraie dévotion au Sacré-Cœur de Jésus ou qui adorent régulièrement Jésus dans le Saint-Sacrement :

1. Je leur donnerai toutes les grâces nécessaires dans leur état.

2. Je mettrai la paix dans leur famille.

3. Je les consolerai dans toutes leurs peines.

4. Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort.

5. Je répandrai d’abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises.

6. Les pécheurs trouveront dans mon Cœur la source et l’océan infini de la miséricorde.

7. Les âmes tièdes deviendront ferventes.

8. Les âmes ferventes s’élèveront à une grande perfection.

9. Je bénirai même les maisons où l’image de mon Cœur sera exposée et honorée.

10. Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis.

11. Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon Cœur, et il n’en sera jamais effacé.

12. Je te promets, dans l’excès de la miséricorde de mon Cœur, que mon amour tout puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredis, neuf fois de suite, la grâce de la pénitence finale, qu’ils ne mourront point dans ma disgrâce, ni sans recevoir les sacrements, et que mon Cœur se rendra leur asile assuré à cette heure dernière.

Source: ALETEIA, le 16 juin 2020, par Philip Kosloski

La vidéo du pape du mois de juin

En juin, le Pape appelle à la compassion pour se rapprocher du Cœur de Jésus

Dans la Vidéo du Pape du mois de juin, relayant l’intention de prière mensuelle du Saint-Père, la compassion et la tendresse sont mises en avant: François demande de prier pour tous ceux qui traversent des difficultés, afin qu’ils puissent trouver des chemins de vie dans le Cœur de Jésus.

Alors que la pandémie de coronavirus est toujours présente dans de nombreuses régions du monde, le Saint-Père n’oublie pas ceux qui traversent toutes sortes de difficultés. En ce mois de juin, il demande de prier spécialement pour que tous ceux qui souffrent «trouvent des chemins de vie, en se laissant toucher par le Cœur de Jésus».

Là où il y a de la douleur, là où il y a de la souffrance, là où il y a des épreuves, le Cœur de Jésus est là. Personne n’est seul. Le message du pape François nous rappelle qu’il existe un chemin pour aider quiconque en a besoin. Il nous exhorte à nous approcher du Sacré-Cœur car il est capable d’accueillir «tout le monde dans la révolution de la tendresse».

Juin, mois du Sacré-Cœur de Jésus

La dévotion au Cœur de Jésus, auquel le mois de juin est consacré, a une longue histoire. Du «cœur transpercé de Jésus» dans l’Évangile de Saint-Jean – interprété dans la mystique médiévale comme la blessure qui manifeste la profondeur de son amour – en passant par les révélations à Sainte Marguerite-Marie Alacoque au XVIIe siècle et le culte ultérieur du Sacré-Cœur au XIXe siècle, jusqu’à la Divine Miséricorde avec Sainte Faustine Kowalska au début du XXe siècle. Le pape Pie XII a même écrit une encyclique sur le Sacré-Cœur, Haurietes aquas (1956). Tout au long de l’histoire, il y a eu diverses inculturations de cette dévotion, sous diverses formes et langages, mais toujours pour que le Père nous révèle dans toute sa profondeur le mystère de Son Amour à travers un symbole privilégié: le cœur vivant de Son Fils Ressuscité. Car «le Cœur du Christ est le centre de la miséricorde», rappelle François.

Cette année, nous célébrons le centenaire de Marguerite-Marie Alacoque, canonisée le 13 mai 1920 par le pape Benoît XV. C’est avec l’aide du père Claude La Colombière, jésuite, que cette religieuse visitandine française du 17e siècle a fait connaître le message que le Seigneur ressuscité lui a révélé sur la profondeur de sa Miséricorde.

Par ailleurs, le 3e vendredi après la Pentecôte est célébrée la solennité du Sacré-Cœur, qui est aussi, depuis 2002, la journée de prière pour la sanctification des prêtres. Elle a lieu cette année le 19 juin.

Source: Vaticannews, le 4 juin 2020

https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2020-06/pape-francois-intention-priere-juin-compassion-sacre-coeur-jesus.html

Avec les Papes et les saints, vivre le mois de juin auprès du Cœur de Jésus

Le Pape bénit une statue de Jésus et son Sacré-Cœur lors de l'audience générale du 22 mai 2013Le Pape bénit une statue de Jésus et son Sacré-Cœur lors de l’audience générale du 22 mai 2013

Le mois de juin est traditionnellement consacré au Sacré-Cœur de Jésus. Cette dévotion, qui puise ses racines dans l’Écriture, a été développée et encouragée par de nombreux saints à travers les siècles, mais aussi par les Souverains Pontifes, spécialement depuis Pie IX. À leur suite, les croyants sont aujourd’hui encore invités à se tourner vers le cœur aimant de Jésus, compatissant et miséricordieux.

«Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme» (Mt 11, 29); «Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau» (Jn 19, 33-34). Des chemins de Galilée jusqu’au pied de la Croix, l’Évangile nous parle à plusieurs reprises du cœur de Jésus, «révélation de l’amour de Dieu pour l’humanité» (Mgr Léonard, homélie du 13 juin 2011 en la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre). Inséparable des mystères de l’Incarnation, de la Passion et de la Résurrection, le Sacré-Cœur est présenté comme une source inépuisable d’Amour et de Miséricorde, qui vient sauver les hommes du pouvoir de la mort et du péché pour leur ouvrir les portes de la vie éternelle. Cette victoire du Ressuscité au côté ouvert doit susciter chez le croyant un acte de foi, comme l’a fait saint Thomas à la demande de Jésus: «“Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté: cesse d’être incrédule, sois croyant.” Thomas lui dit alors: “Mon Seigneur et mon Dieu !” Jésus lui dit : “Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu.”» (Jn 20, 28-29).

Le Sacré-Cœur et les saints, un amour fécond

Tout au long des siècles, des saints et des saintes ont approfondi la spiritualité du Sacré-Cœur, poussés par l’Esprit-Saint: Sainte Gertrude, Saint Jean-Eudes, Sainte Marguerite-Marie, Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, le Bienheureux Charles de Foucauld… Tous nous montrent que le Cœur de Jésus est en quelque sorte l’autre nom de la Charité, cette vertu théologale dont saint Paul a chanté la grandeur et les profondeurs insondables dans le Christ, et dont tous les chrétiens sont appelés à vivre. «Je tâche de montrer … que notre religion est toute charité, toute fraternité, que son emblème est un Cœur… »(Lettre du Bienheureux Charles de Foucauld à l’Abbé Huvelin 15 juillet 1904). « Le Sacré-Cœur… étendant ses bras pour embrasser, serrer, appeler tous les hommes et se donner pour tous, en leur offrant son cœur… » (Bienheureux Charles de Foucauld, description de la peinture du Sacré-Cœur de son ermitage de Béni-Abbès).

«Vivre d’Amour, c’est donner sans mesure / Sans réclamer de salaire ici-bas / Ah! sans compter je donne, étant bien sûre / Que lorsqu’on aime, on ne calcule pas ! …. / Au Cœur Divin, débordant de tendresse / J’ai tout donné…légèrement je cours / Je n’ai plus rien que ma seule richesse / Vivre d’Amour» (Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, poésie Vivre d’Amour).

Aux origines de la fête du Sacré-Cœur

Mais c’est sans doute Sainte Marguerite-Marie Alacoque qui a donné une impulsion particulière au culte du Sacré-Cœur. Entre 1673 et 1675, à Paray-le-Monial, petit village de Bourgogne, Jésus apparait à cette religieuse de l’ordre de la Visitation, et lui dit notamment: « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes»(apparition de juin 1675). Ce message est reconnu par le pape Clément XIII en 1765, qui institue officiellement la fête du Sacré-Cœur, célébrée trois semaines après la Pentecôte, et demandée par le Seigneur lui-même à la sainte visitandine. Cette fête est étendue à toute l’Église catholique le 23 août 1856 par le Pape Pie IX, puis placée au rang de solennité dans le calendrier liturgique issu du Concile Vatican II.

Avec Pie XII, une théologie du Sacré-Cœur

Ainsi, outre la ronde des saints, c’est dans la lignée des successeurs de Pierre que s’inscrit aussi le développement de la spiritualité du Cœur du Christ.

Le 11 juin 1899, le Pape Léon XIII consacre le genre humain au Sacré-Cœur de Jésus. Le 19e siècle touche alors à son terme, pendant lequel le Sacré-Cœur fait l’objet d’une grande dévotion populaire. Les chrétiens soucieux de justice sociale y trouvent même le principe de leur action.

En 1956, la théologie du Sacré-Cœur devient le sujet d’une encyclique du pape Pie XII: Haurietis aquas in gaudio («Avec joie, vous puiserez les eaux aux sources du Sauveur» – cf. Is 12). «Le Cœur du Christ étant doublement habité d’amour divin et humain, et rempli des trésors de toutes les grâces, conquis par notre Rédempteur avec les mérites de sa vie, de ses souffrances et de sa mort, il est sans nul doute la source de cette charité perpétuelle que son Esprit répand dans tous les membres de son Corps Mystique», réaffirme le Souverain Pontife, insistant particulièrement sur l’humanité de Jésus et encourageant une dévotion grâce à laquelle «une moisson de fruits spirituels très abondants et joyeux (…) ont été produits pour l’Église».

Une journée de prière pour la sanctification des prêtres

Quelques décennies plus tard, en 1995, saint Jean-Paul II fait de la Solennité du Sacré-Cœur une journée mondiale de prière pour la sanctification des prêtres. Tout au long de son pontificat, le Souverain Pontife polonais témoigne d’une dévotion toute particulière au Cœur de Jésus. Le 5 octobre 1986, son voyage apostolique en France le mène au sanctuaire de Paray-le-Monial, où il célèbre la messe. Le 6 juin 1999, depuis la ville d’Elblag en Pologne, il prononce un acte de dévotion au Sacré-Cœur«Approchons-nous chaque jour de cette source d’où jaillissent les sources d’eau vive. Avec la Samaritaine, demandons: “Donne-nous cette eau”, car elle donne la vie éternelle.

Cœur de Jésus, foyer ardent de charité,

Cœur de Jésus, source de vie et de sainteté,

Cœur de Jésus, propitiation pour nos péchés

– aie pitié de nous. Amen».

Son successeur Benoît XVI célèbre en 2006 le cinquantième anniversaire de l’encyclique Haurietis aquas in gaudio, et ouvre le 19 juin 2009, lors des premières vêpres de la solennité du Sacré-Cœur, une année sacerdotale, correspondant également aux 150 ans de la mort de saint Jean-Marie Vianney. «Dans le cœur de Jésus est exprimé le noyau essentiel du christianisme; dans le Christ nous a été révélée et donnée toute la nouveauté révolutionnaire de l’Évangile: l’Amour qui nous sauve et nous fait vivre déjà dans l’éternité de Dieu», souligne alors Benoît XVI. En août 2011, pendant les Journées Mondiales de la Jeunesse à Madrid, le Pape aujourd’hui émérite consacre les jeunes du monde entier au Sacré-Cœur de Jésus.

François et le Sacré-Cœur, prière et sainteté

Enfin, François indique lui aussi aux fidèles la direction du Cœur du Christ, comme par exemple dans son exhortation apostolique Gaudete et exsultate sur la sainteté, où cette orientation se confond avec une voie de sainteté: «Dans cet appel à le reconnaître dans les pauvres et les souffrants, se révèle le cœur même du Christ, ses sentiments et ses choix les plus profonds, auxquels tout saint essaie de se conformer»«Je vous invite tous à regarder ce Cœur et à en imiter les sentiments les plus vrais», insiste le Saint-Père lors de l’audience générale du 26 juin 2019. Une année plus tard, en ce mois de juin, François nous demande dans son intention de prière mensuelle de prier spécialement pour que tous ceux qui souffrent «trouvent des chemins de vie, en se laissant toucher par le Cœur de Jésus».

«Ut diligeremus, dilecti sumus / pour que nous aimions, nous avons été aimés», écrit saint Augustin (Serm. 174, 4). Regarder le Cœur de Jésus, y découvrir un Amour qui «nous a aimés le premier» (1 Jn 4, 19) et nous rejoint personnellement, nous rendant alors capable d’aimer à notre tour «de tout notre cœur»Dieu et notre prochain. Voilà l’itinéraire aux vastes dimensions que nous propose l’Église au mois de juin… à renouveler chaque jour de l’année.

Source: Vaticannews, le 6 juin 2020