Jean d’Avila naît le 6 janvier 1499 à Almodóvar del Campo, près de Tolède, dans une noble famille.
Il commença à étudier le droit à Salamanque, mais il passa rapidement à l’université d’Alcala de Henares où il obtint des diplômes en théologie et philosophie. Il demeura orphelin quand il était encore étudiant. Ordonné prêtre, il célébra en 1525 sa première messe dans l’église où étaient enterrés ses parents et il distribua sa part d’héritage aux pauvres.
En 1527 il projeta de partir pour le Mexique comme missionnaire, mais son zèle et son habilité d’orateur furent signalés à l’évêque de Séville qui le chargea d’organiser des missions populaires dans toute l’Andalousie pour raviver la foi sur ses terres. Sa notoriété d’orateur s’étendit rapidement auprès de toutes les couches sociales de la population jusqu’à devenir légendaire. Il fut également chargé de prononcer le sermon à l’occasion des funérailles de la reine Isabelle de Portugal, femme de Charles Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique, qui eurent lieu le 17 mai 1538. C’est son homélie, prononcée pour les obsèques d’Isabelle de Portugal, qui a provoqué la conversion de saint François Borgia ; celui-ci abandonna la charge de vice-roi de Catalogne pour devenir membre de la Compagnie de Jésus.
Ami de saint Ignace de Loyola, il favorisa le développement et la diffusion des Jésuites en Espagne ; il soutint sainte Thérèse d’Avila dans son œuvre de réforme de l’ordre des carmélites et saint Jean de Dieu pour la fondation de l’ordre hospitalier.
Il a été l’auteur de nombreuses œuvres à caractère de dévotion parmi lesquelles L’Épistolaire spirituelle et Audi filia, qui eurent un succès extraordinaire dans la seconde moitié du XVIIe siècle et qui furent traduits et diffusés dans toute l’Europe.
Il meurt le 10 mai 1569 à Montilla, dans la province de Cordoue.
Jean d’Avila a été béatifié, le 4 avril 1894, par le pape Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903) et canonisé, le 31 mai 1970, par saint Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978).
Le pape Benoît XVI (Joseph Ratzinger, 2005-2013) a proclamé, dimanche 7 octobre 2012, saint Jean d’Avila et sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179) docteurs de l’Église.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,60-69.
En ce temps-là, Jésus avait donné un enseignement dans la synagogue de Capharnaüm. Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? » Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit : « Cela vous scandalise ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant !… C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait. Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. » À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner. Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Concile Vatican II
Constitution dogmatique sur la Révélation divine « Dei Verbum », § 24-26
« Tu as les paroles de la vie éternelle »
Les Saintes Écritures contiennent la Parole de Dieu et, parce qu’elles sont inspirées, elles sont réellement la parole de Dieu ; c’est pourquoi l’étude des Saintes Lettres doit être comme l’âme de la sainte théologie. C’est aussi de la même parole de l’Écriture que le ministère de la parole, autrement dit la prédication pastorale, la catéchèse et toute l’instruction chrétienne…est nourri de façon salutaire et trouve sa vigueur… Le saint Concile exhorte avec force et de façon spéciale tous les chrétiens…à acquérir par la lecture fréquente des divines Écritures « ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus » (Ph 3,8), car « ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ » (S. Jérôme). Qu’ils abordent donc de tout leur cœur le texte sacré lui-même, soit par la sainte liturgie, qui est remplie des paroles divines, soit par une lecture priante, soit par des cours faits pour cela ou par d’autres méthodes qui, avec l’approbation et le soin qu’en prennent les Pasteurs de l’Église, se répandent de manière louable partout de notre temps. Mais qu’ils se rappellent que la prière doit accompagner la lecture de la Sainte Écriture pour que s’établisse un dialogue entre Dieu et l’homme, car « c’est à lui que nous nous adressons quand nous prions ; c’est lui que nous écoutons, quand nous lisons les révélations divines » (S. Ambroise)… Ainsi donc, par la lecture et l’étude des Livres saints, « que la Parole de Dieu accomplisse sa course et soit glorifiée » (2Th 3,1), et que le trésor de la révélation, confié à l’Église, remplisse de plus en plus les cœurs des hommes. La vie de l’Église reçoit son développement de la fréquentation assidue du mystère eucharistique ; de même il est permis d’espérer un nouvel élan de la vie spirituelle à partir d’un respect accru pour la Parole de Dieu, qui « demeure à jamais » (Is 40,8; 1P 1,23).
LECTURES :
Livre des Actes des Apôtres 9,31-42.
En ces jours-là, l’Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ; elle se construisait et elle marchait dans la crainte du Seigneur ; réconfortée par l’Esprit Saint, elle se multipliait. Or, il arriva que Pierre, parcourant tout le pays, se rendit aussi chez les fidèles qui habitaient Lod. Il y trouva un homme du nom d’Énéas, alité depuis huit ans parce qu’il était paralysé. Pierre lui dit : « Énéas, Jésus Christ te guérit, lève-toi et fais ton lit toi-même. » Et aussitôt il se leva. Alors tous les habitants de Lod et de la plaine de Sarone purent le voir, et ils se convertirent en se tournant vers le Seigneur. Il y avait aussi à Jaffa une femme disciple du Seigneur, nommée Tabitha, ce qui se traduit : Dorcas (c’est-à-dire : Gazelle). Elle était riche des bonnes œuvres et des aumônes qu’elle faisait. Or, il arriva en ces jours-là qu’elle tomba malade et qu’elle mourut. Après la toilette funèbre, on la déposa dans la chambre haute. Comme Lod est près de Jaffa, les disciples, apprenant que Pierre s’y trouvait, lui envoyèrent deux hommes avec cet appel : « Viens chez nous sans tarder. » Pierre se mit en route avec eux. À son arrivée on le fit monter à la chambre haute. Toutes les veuves en larmes s’approchèrent de lui ; elles lui montraient les tuniques et les manteaux confectionnés par Dorcas quand celle-ci était avec elles. Pierre mit tout le monde dehors ; il se mit à genoux et pria ; puis il se tourna vers le corps, et il dit : « Tabitha, lève-toi ! » Elle ouvrit les yeux et, voyant Pierre, elle se redressa et s’assit. Pierre, lui donnant la main, la fit lever. Puis il appela les fidèles et les veuves et la leur présenta vivante. La chose fut connue dans toute la ville de Jaffa, et beaucoup crurent au Seigneur.
Psaume 116(115),12-13.14-15.16ac-17.
R/ Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? (Ps 115, 12)
Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple ! Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens !
Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur, moi, dont tu brisas les chaînes ? Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce, j’invoquerai le nom du Seigneur.
« Le cardinal Robert Francis Prevost, récemment élu pape sous le nom de Léon XIV, ne peut être facilement classé comme strictement conservateur ou progressiste, car son profil combine des éléments des deux tendances, reflétant une approche nuancée et équilibrée.
Voici une analyse basée sur les informations disponibles :
Tendances progressistes :
Proximité avec l’héritage de François : Prevost partage plusieurs priorités du pape François, notamment un fort engagement envers la justice sociale, l’attention aux pauvres, aux migrants et aux populations marginalisées. Son expérience missionnaire au Pérou, où il a travaillé auprès de communautés pauvres, et ses déclarations sur le rôle de l’évêque comme pasteur proche du peuple, humble et non isolé, s’inscrivent dans une vision pastorale ouverte, souvent associée au progressisme catholique.
Soutien à certaines réformes : Il a appuyé des évolutions sous François, comme la possibilité pour les catholiques divorcés et remariés civilement de recevoir la communion, une position considérée comme progressiste dans l’Église.
Inclusivité dans les processus : En tant que préfet du Dicastère pour les évêques, il a supervisé l’inclusion de trois femmes dans le processus de sélection des évêques, une réforme significative de François visant à diversifier les voix dans la gouvernance de l’Église.
Synodalité et communion : Prevost met l’accent sur la communion, la participation et la mission, des thèmes centraux du Synode promu par François, qui favorise une Église plus collaborative et moins centralisée.
Tendances conservatrices :
Réserves sur les questions LGBTQ+ : Contrairement à François, qui a ouvert la voie à des gestes d’accueil (comme Fiducia Supplicans autorisant des bénédictions non liturgiques pour les couples de même sexe), Prevost a exprimé des réserves. En 2012, il critiquait la culture occidentale pour sa « sympathie » envers le « mode de vie homosexuel » et les « familles alternatives » avec des partenaires de même sexe, suggérant une position plus traditionnelle sur les questions doctrinales et morales. Il a toutefois nuancé son soutien à Fiducia Supplicans en insistant sur l’autonomie des conférences épiscopales pour interpréter ces directives localement, ce qui reflète une approche prudente.
Attachement à la doctrine : Son parcours, marqué par une formation en droit canonique et son rôle dans la sélection des évêques, montre un respect pour l’unité de l’Église et l’autorité de la doctrine. Sa devise épiscopale, « In Illo uno unum » (« un seul en un seul Christ »), inspirée de saint Augustin, souligne l’unité et la fidélité à la tradition.
Gestion des abus : Bien qu’il ait été critiqué pour sa gestion de cas d’abus sexuels (notamment au Pérou et dans l’ordre augustinien), ses défenseurs affirment qu’il a suivi les procédures canoniques et a contribué à établir des lignes directrices pour protéger les mineurs, ce qui peut être vu comme une approche rigoureuse et conservatrice des règles ecclésiastiques.
Un profil centriste et pastoral :Prevost est souvent décrit comme un « modéré » ou un « centriste », cherchant à concilier les polarisations au sein de l’Église. Son rôle au Pérou, où il a agi comme une figure d’apaisement entre des factions épiscopales divisées (libérationnistes et conservateurs proches de l’Opus Dei), témoigne de sa capacité à naviguer entre des courants opposés.Discrétion et écoute : Connu pour sa discrétion médiatique, son sens de l’écoute et sa maîtrise des dossiers, il évite les postures idéologiques tranchées, préférant une approche pragmatique et pastorale.
Influence de François : Sa nomination par François à des postes clés (préfet du Dicastère pour les évêques, cardinal, puis cardinal-évêque d’Albano) indique une confiance dans sa capacité à poursuivre une vision d’Église ouverte mais ancrée dans la tradition. Cependant, des observateurs notent qu’il ne partageait pas toujours les vues de François, suggérant une certaine indépendance.
Perception publique et politique :
Sur X : Certains posts sur X le qualifient de « plutôt conservateur » en raison de ses positions doctrinales, tout en notant sa proximité avec François sur les questions sociales comme les migrants.Critiques : Sa nationalité américaine pourrait être perçue comme un frein par certains cardinaux, en raison d’un tabou historique contre un pape des États-Unis, et ses positions modérées pourraient ne pas satisfaire les factions les plus polarisées (ultraconservateurs ou ultraprogressistes).
Conclusion :
Robert Francis Prevost, en tant que pape Léon XIV, incarne un profil centriste avec des accents progressistes sur les questions sociales (migrants, pauvres, synodalité) et conservateurs sur les questions doctrinales (morale, unité de l’Église). Il n’est ni un progressiste audacieux comme François sur certains aspects, ni un conservateur rigide. Son pontificat pourrait chercher à maintenir l’équilibre, en poursuivant l’héritage pastoral de François tout en renforçant l’unité doctrinale, dans un contexte où l’Église fait face à des divisions internes et des attentes divergentes. »
« Le cardinal Robert Francis Prevost, récemment élu pape sous le nom de Léon XIV, ne peut être facilement classé comme strictement conservateur ou progressiste, car son profil combine des éléments des deux tendances, reflétant une approche nuancée et équilibrée.
Voici une analyse basée sur les informations disponibles :
Tendances progressistes :
Proximité avec l’héritage de François : Prevost partage plusieurs priorités du pape François, notamment un fort engagement envers la justice sociale, l’attention aux pauvres, aux migrants et aux populations marginalisées. Son expérience missionnaire au Pérou, où il a travaillé auprès de communautés pauvres, et ses déclarations sur le rôle de l’évêque comme pasteur proche du peuple, humble et non isolé, s’inscrivent dans une vision pastorale ouverte, souvent associée au progressisme catholique.
Soutien à certaines réformes : Il a appuyé des évolutions sous François, comme la possibilité pour les catholiques divorcés et remariés civilement de recevoir la communion, une position considérée comme progressiste dans l’Église.
Inclusivité dans les processus : En tant que préfet du Dicastère pour les évêques, il a supervisé l’inclusion de trois femmes dans le processus de sélection des évêques, une réforme significative de François visant à diversifier les voix dans la gouvernance de l’Église.
Synodalité et communion : Prevost met l’accent sur la communion, la participation et la mission, des thèmes centraux du Synode promu par François, qui favorise une Église plus collaborative et moins centralisée.
Tendances conservatrices :
Réserves sur les questions LGBTQ+ : Contrairement à François, qui a ouvert la voie à des gestes d’accueil (comme Fiducia Supplicans autorisant des bénédictions non liturgiques pour les couples de même sexe), Prevost a exprimé des réserves. En 2012, il critiquait la culture occidentale pour sa « sympathie » envers le « mode de vie homosexuel » et les « familles alternatives » avec des partenaires de même sexe, suggérant une position plus traditionnelle sur les questions doctrinales et morales. Il a toutefois nuancé son soutien à Fiducia Supplicans en insistant sur l’autonomie des conférences épiscopales pour interpréter ces directives localement, ce qui reflète une approche prudente.
Attachement à la doctrine : Son parcours, marqué par une formation en droit canonique et son rôle dans la sélection des évêques, montre un respect pour l’unité de l’Église et l’autorité de la doctrine. Sa devise épiscopale, « In Illo uno unum » (« un seul en un seul Christ »), inspirée de saint Augustin, souligne l’unité et la fidélité à la tradition.
Gestion des abus : Bien qu’il ait été critiqué pour sa gestion de cas d’abus sexuels (notamment au Pérou et dans l’ordre augustinien), ses défenseurs affirment qu’il a suivi les procédures canoniques et a contribué à établir des lignes directrices pour protéger les mineurs, ce qui peut être vu comme une approche rigoureuse et conservatrice des règles ecclésiastiques.
Un profil centriste et pastoral :Prevost est souvent décrit comme un « modéré » ou un « centriste », cherchant à concilier les polarisations au sein de l’Église. Son rôle au Pérou, où il a agi comme une figure d’apaisement entre des factions épiscopales divisées (libérationnistes et conservateurs proches de l’Opus Dei), témoigne de sa capacité à naviguer entre des courants opposés.Discrétion et écoute : Connu pour sa discrétion médiatique, son sens de l’écoute et sa maîtrise des dossiers, il évite les postures idéologiques tranchées, préférant une approche pragmatique et pastorale.
Influence de François : Sa nomination par François à des postes clés (préfet du Dicastère pour les évêques, cardinal, puis cardinal-évêque d’Albano) indique une confiance dans sa capacité à poursuivre une vision d’Église ouverte mais ancrée dans la tradition. Cependant, des observateurs notent qu’il ne partageait pas toujours les vues de François, suggérant une certaine indépendance.
Perception publique et politique :
Sur X : Certains posts sur X le qualifient de « plutôt conservateur » en raison de ses positions doctrinales, tout en notant sa proximité avec François sur les questions sociales comme les migrants.Critiques : Sa nationalité américaine pourrait être perçue comme un frein par certains cardinaux, en raison d’un tabou historique contre un pape des États-Unis, et ses positions modérées pourraient ne pas satisfaire les factions les plus polarisées (ultraconservateurs ou ultraprogressistes).
Conclusion :
Robert Francis Prevost, en tant que pape Léon XIV, incarne un profil centriste avec des accents progressistes sur les questions sociales (migrants, pauvres, synodalité) et conservateurs sur les questions doctrinales (morale, unité de l’Église). Il n’est ni un progressiste audacieux comme François sur certains aspects, ni un conservateur rigide. Son pontificat pourrait chercher à maintenir l’équilibre, en poursuivant l’héritage pastoral de François tout en renforçant l’unité doctrinale, dans un contexte où l’Église fait face à des divisions internes et des attentes divergentes. »
Le pape nouvellement élu Léon XIV donne sa première bénédiction Urbi et Orbi depuis le balcon central de la basilique Saint-Pierre après son élection à la papauté le 8 mai 2025. (Crédit : Vatican Media.)
Habemus papam : le cardinal américain Robert Prevost élu pape Léon XIV
ROME – L’histoire a été écrite jeudi lorsque les cardinaux réunis à Rome pour le conclave ont élu le cardinal Robert Prevost comme le premier pape des États-Unis, avec son nom papal déclaré Léon XIV.
Dans une brève allocution prononcée après être sorti sur la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre jeudi après-midi, le pape Léon XIV a déclaré que ses paroles marquaient « la première salutation du Christ ressuscité, le bon pasteur qui a donné sa vie pour le Seigneur ».
Il a demandé que les cœurs des individus et des familles soient remplis de paix : « qui qu’ils soient, tous les peuples et la terre entière, la paix soit avec vous. »
La paix du Christ est « une paix désarmée et désarmante, humble et persévérante », a-t-il dit, précisant que cette paix s’étend à tous, sans condition.
Le pape Léon XIV a demandé au monde d’écouter la « voix faible mais courageuse » du pape François, et, comme François a béni le monde dans son dernier discours Urbi et Orbi le matin de Pâques, Léon XIV a déclaré qu’il souhaitait également bénir le monde.
« Dieu vous aime, Dieu vous aime tous, et le mal ne triomphera pas ! Nous sommes entre les mains de Dieu », a-t-il déclaré, ajoutant : « Sans crainte, unis, main dans la main, avec Dieu et entre nous, nous avançons. »
Il a déclaré que l’humanité avait besoin de la lumière du Christ et de lui « comme le pont vers lequel Dieu et son amour peuvent tendre ».
Léon XIV a également remercié les cardinaux qui l’ont élu « pour marcher avec vous, comme une Église unie en quête de paix et de justice, cherchant toujours à travailler ensemble comme hommes et femmes fidèles à Jésus-Christ, sans peur, pour annoncer l’Évangile, pour être missionnaires ».
Il a fait allusion à l’Ordre de Saint Augustin auquel il appartient, appelé « les Augustins », citant le saint disant : « avec vous je suis chrétien et pour vous je suis évêque ».
« Dans ce sens, nous pouvons tous marcher ensemble vers cette patrie que Dieu nous a préparée », a-t-il dit, et il a adressé un salut particulier à l’Église de Rome, qui est techniquement son diocèse, puisqu’il est l’évêque de Rome.
Léon XIV a également adressé un message de salutation en espagnol au diocèse de Chiclayo, où il a servi comme évêque pendant huit ans avant d’être amené à Rome par le pape François pour diriger le Dicastère des évêques du Vatican.
Il a conclu en demandant l’intercession de la Vierge Marie, affirmant que la Madone « veut toujours marcher avec nous, être proche de nous et nous aider par son intercession et son amour ».
« Prions pour cette nouvelle mission, pour toute l’Église, pour la paix dans le monde, et demandons cette grâce spéciale à Marie, notre mère », a-t-il dit, et a conduit les fidèles à prier le Je vous salue Marie.
Après son salut, le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, a déclaré que le nom de Léon XIV était une référence claire à saint Léon le Grand, ou pape Léon Ier, qui a essentiellement créé la doctrine sociale de l’Église, et à l’encyclique Rerum Novarum de 1891 du pape Léon XIII décrivant cette doctrine, indiquant qu’elle sera un aspect essentiel de son pontificat.
Le mercredi 9 mai, une messe sera célébrée par le pape Léon XIV dans la chapelle Sixtine avec le Collège des cardinaux qui l’a élu, et le dimanche 11 mai, il prononcera son premier discours Regina Coeli depuis la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre.
Comme le pape François avant lui, Léon XIV rencontrera les journalistes accrédités auprès du Saint-Siège lors d’une audience spéciale le lundi 12 mai.
…
On disait depuis longtemps que l’idée d’un pape américain était impensable. Au début, ce fut essentiellement pour des raisons logistiques : les navires en provenance du Nouveau Monde mettaient tellement de temps à atteindre Rome que les cardinaux américains arrivaient souvent trop tard pour voter, et de toute façon, ils ne participaient jamais aux tractations politiques précédant le conclave.
Plus tard, le veto contre un pape américain est devenu géopolitique. On pensait qu’il était impossible d’avoir un « pape superpuissant », car trop de gens dans le monde se demanderaient si les décisions papales étaient réellement élaborées au Vatican ou au siège de la CIA à Langley.
Cependant, l’élection de Prevost comme pape a dissipé cette idée. L’Amérique n’est plus la seule superpuissance mondiale et, quoi qu’il en soit, la dynamique au sein du Collège des cardinaux a changé. La géographie est en grande partie un enjeu électoral disparu ; les cardinaux ne se soucient plus du passeport d’un candidat, mais plutôt du profil spirituel, politique et personnel qu’il incarne.
Léon XIV, qui a dirigé le très puissant Dicastère des évêques du Vatican sous le pape François au cours des deux dernières années, était chargé de conseiller le pape sur le choix de nouveaux évêques dans le monde, ce qui est, entre autres, un excellent moyen de se faire des amis dans la hiérarchie catholique.
Au fur et à mesure que ses collègues prélats ont appris à connaître l’ancien supérieur augustinien, beaucoup d’entre eux ont aimé ce qu’ils ont vu : une personnalité modérée et équilibrée, connue pour son jugement solide et sa grande capacité d’écoute, et quelqu’un qui n’a pas besoin de se frapper la poitrine pour être entendu.
Né à Chicago en 1955 dans une famille d’origine italienne, française et espagnole, Léon XIV fit ses études secondaires au petit séminaire de l’Ordre de Saint-Augustin, appelé les « Augustiniens ». Il s’inscrivit ensuite à l’Université Villanova de Philadelphie, où il obtint une licence de mathématiques en 1977. Il rejoignit les Augustins la même année et commença ses études à l’Union théologique catholique, où il obtint une maîtrise en théologie en 1982. (Il fut d’ailleurs le premier ancien élève de l’UCT à être nommé cardinal.)
Il fut ensuite envoyé à Rome, où il obtint un doctorat en droit canonique de l’Université Saint-Thomas d’Aquin, dirigée par les Dominicains, connue sous le nom d’« Angelicum ».
En 1985, Léon XIV rejoint la mission augustinienne au Pérou. Ses qualités de dirigeant sont rapidement reconnues, puisqu’il est nommé chancelier de la prélature territoriale de Chulucanas de 1985 à 1986. Il passe quelques années à Chicago comme curé des vocations de sa province augustinienne avant de retourner au Pérou, où il passera la décennie suivante à diriger un séminaire augustinien à Trujillo, tout en enseignant le droit canonique et en étant préfet des études au séminaire diocésain.
Il existe une vieille règle dans la vie cléricale : la compétence est sa propre malédiction : la charge de travail tend à augmenter proportionnellement à la perception de votre talent. C’est ainsi qu’en plus de ses emplois quotidiens, Prevost a également occupé les fonctions de curé, de fonctionnaire au siège diocésain, de directeur de la formation à Trujillo et de vicaire judiciaire du diocèse.
Léon XIV retourna à Chicago en 1999, cette fois pour exercer les fonctions de prieur de sa province. C’est à cette époque qu’il fut confronté aux scandales d’abus sexuels commis par des prêtres, signant une décision autorisant un prêtre accusé à résider dans un prieuré proche d’une école. Bien que cette décision ait par la suite suscité de vives critiques, elle intervint avant l’adoption par les évêques américains de nouvelles normes pour le traitement de ces cas en 2002, et sa signature n’était qu’une formalité pour un accord déjà conclu entre l’archidiocèse et le conseiller spirituel du prêtre accusé, responsable d’un plan de sécurité.
En 2001, Léon XIV fut élu Prieur général de l’ordre augustinien, dont le siège était à Rome, à l’Institut pontifical patristique augustinien, connu sous le nom d’« Augustinianum », situé juste à côté de la place Saint-Pierre et généralement un lieu privilégié pour rencontrer le clergé et les évêques en visite du monde entier. Prévost occupa ce poste pendant deux mandats, se forgeant une réputation de dirigeant et d’administrateur habile, avant de retourner brièvement à Chicago de 2013 à 2014 comme directeur de la formation de l’ordre.
En novembre 2014, le pape François le nomma administrateur apostolique du diocèse de Chiclayo, au Pérou, et un an plus tard, il en devint l’évêque diocésain. Historiquement, les évêques péruviens ont été profondément divisés entre une gauche proche du mouvement de la théologie de la libération et une droite proche de l’Opus Dei. Dans ce mélange instable, Léon XIV en vint à être perçu comme une influence modératrice, comme en témoigne son appartenance au conseil permanent de la conférence et sa vice-présidence de 2018 à 2023.
En février dernier, le pape François a intronisé le cardinal Prevost dans l’ordre exclusif des cardinaux-évêques, un signe clair de la confiance et de la faveur papales – et ce malgré le fait, selon les observateurs, que lui et feu François n’étaient pas toujours d’accord, mais François a néanmoins vu dans le prélat américain un homme sur lequel il sentait qu’il pouvait compter.
Fondamentalement, les cardinaux recherchent trois qualités à chaque fois qu’ils doivent tester un pape potentiel : ils veulent un missionnaire, quelqu’un qui peut donner un visage positif à la foi ; un homme d’État, quelqu’un qui peut se tenir sur la scène mondiale avec les Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping du monde et tenir tête ; et un gouverneur, quelqu’un qui peut prendre le contrôle du Vatican et faire en sorte que les trains roulent à l’heure, y compris en gérant sa crise financière.
Il existe un argument solide selon lequel Léon XIV coche ces trois cases.
Il a passé une grande partie de sa carrière au Pérou comme missionnaire, et une partie du reste au séminaire et dans le travail de formation, ce qui lui a permis d’apprécier ce qu’il faut pour entretenir la flamme de la foi. Son expérience internationale serait un atout pour relever les défis de la gouvernance, et sa personnalité naturellement réservée et sereine pourrait bien se prêter à l’art de la diplomatie. Enfin, ses succès à divers postes de direction – supérieur religieux, évêque diocésain et préfet du Vatican – témoignent de sa capacité à gouverner.
De plus, il ne se laisse pas berner par les stéréotypes classiques de l’arrogance américaine. Au contraire, comme l’ont récemment déclaré le journal italien La Repubblica et la chaîne de télévision nationale RAI, il apparaît comme « il meno americano tra gli americani », « le moins américain des Américains ».
Fondamentalement, l’élection de Léon XIV peut être vue dans ses grandes lignes comme un vote en faveur de la continuité avec une grande partie du contenu de l’agenda du pape François, mais pas nécessairement du style, car il est plus pragmatique, prudent et discret que le défunt pape.
Il est plutôt discret sur de nombreuses questions controversées de la vie catholique. Qu’il s’agisse de l’ordination des femmes diacres, de la bénédiction des personnes vivant en union de même sexe ou de la messe en latin, il a joué la carte de la discrétion.
De plus, il fait partie des nombreux cardinaux américains contre lesquels le Réseau des survivants des victimes d’abus commis par des prêtres (SNAP) a porté plainte pour mauvaise gestion présumée de plaintes pour abus. L’une concerne le prêtre accusé à Chicago, les deux autres à Chiclayo, au Pérou. Il y a un revers de la médaille convaincant : plusieurs parties ont défendu sa conduite dans les deux affaires, le canoniste qui a initialement représenté les victimes péruviennes est un ancien prêtre déshonoré qui a des comptes à régler, et, à Chiclayo, il dirigeait avec succès une commission diocésaine pour la protection de l’enfance.
En fin de compte, l’élection de Prevost comme pape répond en grande partie aux attentes traditionnelles des cardinaux, et même son manque de crédibilité sur certaines questions controversées s’est avéré plus un atout qu’un handicap. Un hommage rendu par la CTU en 2023, lors de son accession au Collège des cardinaux, résumait plus ou moins son attrait.
« Prevost apporte au Collège des cardinaux l’âme d’un missionnaire et des années d’expérience pastorale, des salles de classe aux quartiers défavorisés, en passant par les hautes sphères de l’administration », a-t-il déclaré. « Il incarne l’appel de l’Évangile à être prêt à servir partout où l’Esprit nous conduit. »
Étant donné son élection comme pape Léon XIV, le premier pape de l’histoire originaire des États-Unis, il est clair que ses collègues cardinaux électeurs partageaient ce sentiment.
La Préfecture de la Maison pontificale a annoncé les engagements du nouveau Pape élu pour ce mois de mai. Le Regina Caeli dimanche prochain depuis la Loggia de Saint-Pierre, puis la rencontre avec la presse mondiale, les audiences aux employés de la Curie et du Vatican et au corps diplomatique, la prise de possession des basiliques pontificales… La messe d’inauguration aura lieu dimanche 18 mai.
Vatican News
Samedi 10 mai – Rencontre avec les cardinaux
Dimanche 11 mai – Loge centrale de la basilique : Regina Cœli
Lundi 12 mai – Rencontre avec la presse internationale
Vendredi 16 mai – Audience au corps diplomatique
Dimanche 18 mai – Messe pour le début du pontificat à 10 heures, place Saint-Pierre
Mardi 20 mai – Prise de possession de la basilique pontificale Saint-Paul-hors-les-Murs
Mercredi 21 mai – Première audience générale
Samedi 24 mai – Rencontre avec la Curie romaine et les employés de l’État de la Cité du Vatican
Dimanche 25 mai – Regina Caeli, prise de possession de la basilique pontificale Saint-Jean-du-Latran, prise de possession de la basilique pontificale Sainte-Marie-Majeure
Le Pape Léon XIV célébrant la première de son pontificat avec les cardinaux, dans la chapelle Sixtine. (@Vatican Media)
Le Pape Léon XIV invite les cardinaux à témoigner de la foi joyeuse en Christ
Au lendemain de son accession au trône de Pierre, le nouveau Pape, a présidé ce vendredi 9 mai sa première messe avec les cardinaux, en tant que 267e Pontife. Dans son homélie prononcée dans la chapelle Sixtine, il a attiré l’attention sur les «nombreux contextes où la foi chrétienne est considérée comme absurde, où l’on préfère le pouvoir, l’argent et le plaisir». Dans ces milieux où il n’est pas facile de témoigner et d’annoncer l’Évangile, «la mission est urgente», a-t-il souligné.
Myriam Sandouno – Cité du Vatican
Dès 11h ce vendredi 9 mai, le Souverain pontife Léon XIV, a présidé la première célébration eucharistique de son pontificat, en présence du collège des cardinaux, sous les fresques majestueuses de Michel Ange de la chapelle Sixtine. «Dieu, en m’appelant par votre vote à succéder au Premier des Apôtres, a affirmé le nouveau Pape dans son homélie très attendue, me confie ce trésor afin que, avec son aide, j’en sois le fidèle administrateur au profit de tout le Corps mystique de l’Église».
S’exprimant en anglais, puis en italien pour la plus grande partie de cette homélie prononcée, il a souhaité que l’Église «soit toujours plus la ville placée sur la montagne, l’arche du salut qui navigue sur les flots de l’histoire, phare qui éclaire les nuits du monde». Et cela, a-t-il poursuivi, «non pas tant grâce à la magnificence de ses structures ou à la grandeur de ses constructions –comme les édifices dans lesquels nous nous trouvons– maisà travers la sainteté de ses membres, de ce peuple que Dieu s’est acquis pour proclamer les œuvres admirables de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière».
Le Pape Léon XIV (@Vatican Media)
Être un modèle d’humanité
Le Successeur de Pierre a exhorté à imiter «Jésus Christ, Fils du Dieu vivant», qui reste un «modèle d’humanité sainte» avec «la promesse d’une destinée éternelle qui dépasse toutes nos limites et toutes nos capacités». S’appuyant sur l’Évangile selon saint Matthieu, le nouvel évêque de Rome est revenu sur les échanges entre Jésus et Pierre qui a reconnu le Fils de l’homme: «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant» (Mt 16, 16). Par ces paroles, a soutenu le nouveau Pape, Pierre interrogé avec les autres disciples par le Maître sur la foi qu’il a en Lui, «exprime en synthèse le patrimoine que l’Église, à travers la succession apostolique, garde, approfondit et transmet depuis deux mille ans».
Manque de foi, pouvoir, et argent
«La mission est urgente», a fait comprendre le Pontife américain, dans ce monde d’aujourd’hui, «où la foi chrétienne est considérée comme absurde, réservée aux personnes faibles et peu intelligentes; où on l’on préfère d’autres certitudes, comme la technologie, l’argent, le succès, le pouvoir, le plaisir». «Il s’agit d’environnements où il n’est pas facile de témoigner et d’annoncer l’Évangile, et où ceux qui croient sont ridiculisés, persécutés, méprisés ou, au mieux, tolérés et pris en pitié», a-t-il ajouté.
Les cardinaux lors de la messe (ANSA)
Violation de la dignité humaine
Léon XIV, issu de l’ordre du Saint-Eprit, a ensuite rappelé combien «le manque de foi entraîne souvent des drames tels que la perte du sens de la vie, l’oubli de la miséricorde, la violation de la dignité de la personne sous ses formes les plus dramatiques, la crise de la famille et tant d’autres blessures dont notre société souffre considérablement».
Se faire petit pour que Jésus soit glorifié
Concluant son homélie, tout en rappelant les enseignements du Pape François, il a invité les cardinaux «à témoigner de la foi joyeuse en Jésus Sauveur». Mais aussi, à «disparaître pour que le Christ demeure, se faire petit pour qu’Il soit connu et glorifié, se dépenser jusqu’au bout pour que personne ne manque l’occasion de Le connaître et de L’aimer». «Que Dieu m’accorde cette grâce, aujourd’hui et toujours, avec l’aide de la très tendre intercession de Marie, Mère de l’Église», a ainsi prié le nouveau Pape.