«L’Église ouverte à tous, à tous, à tous» : à Fatima, le pape abandonne ses deux discours et préfère improviser

Le pape François salue la foule à Fatima, lors de son voyage apostolique au Portugal à l’occasion des XXXVIIe Journées mondiales de la jeunesse, à Fatima, au Portugal, le 5 août 2023. VATICAN MEDIA / REUTERS

«L’Église ouverte à tous, à tous, à tous» : à Fatima, le pape abandonne ses deux discours et préfère improviser

Reportage – François a surpris les observateurs, en improvisant, loin des textes prévus, samedi matin et en priant silencieusement. Pris de court, le Vatican a dû s’expliquer. «L’Église ouverte à tous, à tous, à tous» : à Fatima, le pape abandonne ses deux discours et préfère improviser.

François a surpris les observateurs, en improvisant, loin des textes prévus, samedi matin et en priant silencieusement. Pris de court, le Vatican a dû s’expliquer. Fatima c’est une atmosphère. Ce samedi matin une épaisse brume violacée couvre l’immense esplanade. Plus d’une centaine de milliers de fidèles portugais ont passé la nuit sur le macadam. Ils sont massés autour de la chapelle ouverte où se tient la statue vénérée de la Vierge dont la couronne contient la balle qui faillit tuer Jean-Paul II en 1981. Ils émergent éberlués de leur couverture mais n’ont qu’une seule attente. Celle de voir le pape François qui a quitté son programme des Journées Mondiales de la Jeunesse à Lisbonne, le temps d’une matinée, pour venir implorer ici, la paix dans le monde et la conversion de l’Église.

Au lever du soleil, l’étrange nuage sombre dégage de minuscules paillettes blanches évanescentes. Serait-ce un signe du Ciel ? Non, ce sont les retombées d’un incendie tout proche… Ce silence de l’aube est rompu par un lourd hélicoptère militaire aux couleurs de guerre. Il transporte le pape. Les cloches du sanctuaire s’animent. La foule se réveille d’un bond.

François fend les allées dans sa papamobile mais le véhicule avance en escargot car le pape se fait porter tous les bébés qu’il voit pour les bénir. Une femme, au comble de l’émotion, lance un lit de pétale de roses sur son passage.

L’homme blanc se présente devant la statue. Comme un amoureux, il vénère la Vierge dont l’Église a officiellement reconnu les apparitions en 1917. Il prie le chapelet, une prière millénaire de l’Église. Ce sont cinq dizaines de « Je vous salue Marie ». Lente litanie, chaque « Je vous salue Marie » est entamée par une personne laïque, d’une seule voix la foule poursuit la seconde partie.

Un discours qui semble ennuyer le pape

Le pape entame ensuite son discours. Il commence en méditant sur l’Église : « Elle est accueillante et sans portes comme ce sanctuaire à ciel ouvert. Qu’il en soit ainsi dans l’Église qui est mère : des portes ouvertes à tous pour faciliter la rencontre avec Dieu ; et de la place pour tous, parce que chacun est important aux yeux du Seigneur et de la Vierge ». Il n’ira pas plus loin dans la lecture de son discours qui semble l’ennuyer. Il improvise sur la façon de prier la Vierge en s’adressant à elle comme une à « mère ».

Voici des extraits de ce que François devait dire : « Aujourd’hui, comme au temps des apparitions, il y a la guerre. La Vierge a demandé de prier le Rosaire pour la paix. Elle ne l’a pas demandé comme une courtoisie, mais avec une appréhension maternelle : ‘Récitez le Rosaire chaque jour pour obtenir la paix dans le monde et la fin de la guerre’. Unissons nos cœurs, prions pour la paix, consacrons à nouveau l’Église et le monde au Cœur Immaculé de notre très tendre Mère ».

Pour lui, en effet, « la prière change l’histoire » mais il ne prononce pas davantage une « prière du Saint-Père », intitulée comme telle, distincte de son discours, dont voici des extraits : « Ton cœur est sensible à nos difficultés. Nous les déposons en toi : prends une fois encore l’initiative pour nous, en ces temps marqués par les injustices et ravagés par les armes. Tourne ton regard maternel vers la famille humaine qui a perdu le chemin de la paix, le sens de la fraternité et qui ne retrouve pas l’ambiance familiale. »

Il devait aussi dire : « Intercède pour notre monde en danger et dans la tourmente, afin qu’il accueille la vie et rejette la guerre, qu’il prenne soin de ceux qui souffrent et qu’il sauvegarde la création. (…) Convertis les âmes de ceux qui nourrissent la haine et attisent les conflits, de ceux qui croient que la guerre résout les problèmes ».

Seule la « consécration » qui concluait cette « prière » officielle du pape sera publiée en début d’après-midi samedi, sur le compte tweeter du pape François : « Ô Marie, nous t’aimons et nous avons confiance en toi. Et, maintenant, nous nous confions à nouveau à toi. Avec un cœur d’enfant, nous te consacrons nos vies, chaque fibre de notre être, tout ce que nous avons et sommes, pour toujours. Nous te consacrons l’Église et le monde, en particulier les pays en guerre. Obtiens-nous la paix. Toi, Vierge du chemin, ouvres des routes là où il semble ne pas y en avoir. Toi qui défais les nœuds, desserre les enchevêtrements de l’égoïsme et les lacets du pouvoir. Toi qui ne te laisses jamais vaincre en générosité, remplis-nous de tendresse, comble-nous d’espérance et donne-nous de goûter la joie qui ne passe pas, la joie de l’Évangile. Amen »

Sur la place, la foule, de 200.000 personnes, toute à sa prière et à sa dévotion, littéralement captivée par la présence exceptionnelle du pape ne se rend compte de rien. L’improvisation du pape, en espagnol, a d’ailleurs été comprise pour l’essentiel par les gens : les Portugais comprenant mieux l’espagnol que les Espagnols ne comprennent le portugais. C’est plutôt la paix, l’émotion, la joie intérieure qui règne quand la papamobile prend le chemin de la piste de l’héliport construit pour l’occasion.

Une improvisation qui a connu peu de précédents

Dans la salle de presse, c’est l’effervescence, car cette improvisation a connu peu de précédents et ils remontent à loin. Pourquoi donc le pape, 86 ans, n’a pas prononcé ses discours ? Il a déjà largement improvisé jeudi soir devant les jeunes mais pas à ce point. A-t-il un problème de vue ? Comment aurait-il pu oublier, sa prière finale à Marie, lui qui a spécialement interrompu les JMJ pour venir prier à Fatima ? Ne voulait-il pas la prononcer ? Que se passe-t-il ?

Dans un premier temps le Vatican, comme il le fait toujours en pareilles circonstances, précisa sur un mode purement bureaucratique, à l’image des présidences de la République, que seul « le prononcé » faisait foi. Par conséquent, les discours, traduits en plusieurs langues et effectivement distribués à l’avance aux journalistes – deux milles accrédités sur ces JMJ – pour leur faciliter la tâche, ne devaient être ni utilisés et encore moins publiés.

Passée cette réponse formelle, le directeur de la salle de presse, Matteo Bruni – dans l’entourage immédiat du pape dans les trois hélicoptères de retour de Fatima à Lisbonne – précisera oralement devant les journalistes : « Devant la Vierge, le pape a prié pour la paix, dans le silence et avec douleur. Le message publié sur son compte tweeter vous donne l’interprétation de cette prière silencieuse. » Mais pourquoi a-t-il laissé son texte de côté ? « Quand le pape parle, continue ce responsable, il se pose toujours comme pasteur et s’adresse avant tout aux gens qu’il a devant lui, à qui il s’adresse, avec des paroles adaptées selon son intuition de pasteur. Il n’a pas de problème de vue, il n’a pas oublié un texte, ce fut son choix de pasteur.» Quant à un éventuel problème de fatigue, le porte-parole du Vatican a reconnu qu’après quatre journées intenses, le pape était « fatigué comme tout le monde à ce moment des JMJ ».

Fin du psychodrame. Ce n’est pas la première fois du pontificat que François, une fois qu’il a senti son public, élude ou laisse tomber les pages pourtant soigneusement préparées par lui et ses services, pour improviser. Il était coutumier du fait au début de son pontificat, puis il s’est discipliné au fil du temps en raison notamment de problème de traduction de ses expressions argentines, pas toujours faciles à comprendre même pour des Espagnols. Mais c’est une première depuis longtemps. L’avenir proche montrera si François, qui aura 87 ans à la fin de 2023, et qui apparaît de plus en plus facilement impatient, se comportera de la même façon.

Une autre explication touche l’essentiel de son message. Jeudi soir François a fait répéter comme un mantra, à tous les jeunes réunis pour la soirée d’accueil : « L’Église est ouverte à tous, à tous, à tous, tous, todos, todos, todos ». Samedi à Fatima, il n’a conservé de son discours que la partie qui évoquait cette « ouverture » de l’Église à « tous ». Ce qui deviendrait un leit motiv de ces JMJ et qui sera le refrain du prochain synode sur la synodalité en octobre prochain : une Église ouverte à tous, pour tous, sans exclusion. Après tout, « todos, tous » est le message le plus simple qui soit, efficace quand on parle, seul, sans filet, face à des centaines de milliers de personnes.

Source : le site du Figaro (via Il Sismografo), le 7 août 2023, via BELGICATHO

Les JMJ ont été joie, conviction et prophétie, estime le cardinal Clemente

Le cardinal patriarche de Lisbonne Manuel Clemente en compagnie du Pape François, lors de la rencontre avec des volontaires le dernier jour des Journées mondiales de la jeunesse à Algés, au Portugal, le 6 août 2023. Le cardinal patriarche de Lisbonne Manuel Clemente en compagnie du Pape François, lors de la rencontre avec des volontaires le dernier jour des Journées mondiales de la jeunesse à Algés, au Portugal, le 6 août 2023. (ANSA)

Les JMJ ont été joie, conviction et prophétie, estime le cardinal Clemente

Le cardinal Manuel Clemente, dans une première évaluation des Journées Mondiales de la Jeunesse 2023, souligne la joie des jeunes et de toute l’Église, y compris du Pape, «que j’ai vu très satisfait et plus ‘jeune’ à chaque rendez-vous». La conviction, exprimée dans le silence total et spontané pendant les moments de prière, en particulier pendant la veillée d’adoration, et la prophétie, démontre: qu’ils «seront le monde de l’avenir».

Alessandro Di Bussolo et Silvonei Protz – Envoyés spéciaux à Lisbonne (Portugal)

«Ce silence spontané et soudain d’un million et demi de jeunes lorsque le Saint Sacrement a été déposé sur l’autel, venait du Ciel. C’était impressionnant». Des JMJ qui viennent de s’achever à Lisbonne, le cardinal patriarche de Lisbonne Manuel Clemente garde surtout dans son cœur ce moment: celui de l’adoration eucharistique, au parc du Tage, dans la soirée du samedi 5 août.

Dans une interview accordée à Radio Vatican – Vatican News, le pasteur de la capitale portugaise, âgé de 75 ans, met l’accent sur trois aspects. D’abord, la joie – pour les jeunes, la société et l’Église – «simple, spontanée, pure».

Ensuite, la conviction et la dévotion, exprimées dans le silence total et spontané des moments de prière. Enfin, la prophétie, qui n’est pas une utopie: «Elle est déjà là, car ces jeunes sont le monde futur, la génération 2023». Et le Pape François, qui avait à ses côtés le cardinal dans la papamobile, «se montrait à chaque fois plus jeune et plus heureux. Je l’ai vu très satisfait».

Peut-on faire le bilan de ce qui s’est passé ces jours-ci à Lisbonne avec les Journées Mondiales de la Jeunesse, qui ont impliqué l’Église dans tout le Portugal et aussi les dicastères du Saint-Siège?

J’ai réfléchi ces jours-ci à ce qui reste le plus fort pour moi. Il s’agit de trois idées et impressions très fortes. La première est la joie, la joie de tous ces gens, parce que tant de jeunes sont venus. Quand j’ai accompagné le Pape dans la papamobile, j’ai vu le regard des autres porté sur le Pape et celui du Pape sur les autres. La joie était quelque chose d’impressionnant parce qu’elle sortait tout le temps des gens, quelque chose de difficile à comprendre mais c’était de la joie. Une joie simple, spontanée, pure, magnifique à voir.

L’autre impression, c’est la conviction de ces gens. Ce n’est pas facile, dans une multitude, une foule de cette taille. On l’a vu dans toutes les célébrations, aussi bien pour les prières, tous ensemble, en silence. Il n’était pas nécessaire que quelqu’un demande le silence, tout le monde se taisait immédiatement. Le samedi dernier, lors de l’adoration eucharistique, il y avait un million et demi de jeunes. Mais quand le Saint Sacrement a été placé sur l’autel, qu’est-ce qu’il y a eu?: la conviction, la dévotion. C’était très intéressant.

La troisième impression, très forte, peut être définie comme « prophétie ». On ne parle jamais assez de la prophétie, qui n’est pas une utopie, mais qui consiste à montrer dès maintenant ce qui va se passer. Quand on voit tous ces jeunes, cette joie, cette conviction, cette dévotion, cet être ensemble avec les autres… ce sera le monde futur, si tout cela demeure. C’est une prophétie pour l’avenir, une prophétie qui est déjà là. Vous ne pouvez pas dire qu’elle n’existe pas, elle est là! Et pour ces jeunes, ce sera décisif: je les appelle « la génération 2023 ».

Un moment qui vous a particulièrement marqué ces jours-ci…

Pour moi, l’impression la plus forte qui demeure est celle de toute cette joie dont j’ai parlé. Mais un moment très fort a été celui de l’adoration eucharistique, où personne n’a dit un mot. Le Saint Sacrement était placé sur l’autel et un million et demi de jeunes, tac tac, se sont tus. Qu’est-ce que c’est? C’est quelque chose qui vient du Ciel, ce n’est pas notre truc.

Parlez-nous du chemin de préparation, pour créer tout ce que nous avons vu. Le travail logistique de l’Église, ses structures organisationnelles, le soutien du gouvernement…

Dès le début, j’ai parlé avec tout le monde: les gouverneurs, le chef de l’État, les maires, et tout le monde a voulu le meilleur pour ces JMJ et a mis tous les moyens à la disposition des JMJ. Parce qu’une grande chose comme ça ne peut pas se faire avec les seuls moyens de l’Église, c’est impossible. Ce n’est que parce que l’État, le gouvernement, a considéré ces JMJ comme quelque chose d’intéressant pour le pays que cela a pu se faire. Pour les catholiques et pour tout le monde. Parce que j’ai vu, dans les rues, au passage de la papamobile, non seulement des catholiques, mais toute la population, heureuse. C’est une bonne chose: dès le début, cette collaboration a bien démarré et le résultat a été très positif.

Qu’est-ce que ce vent de joie qui a balayé le pays et Lisbonne, va changer dans l’Église du Portugal mais aussi dans la société?

Dans la mémoire de cet événement reste ce «souvenir opérationnel». Parce que tout le monde a vécu quelque chose de beau, quelque chose qui peut être fait, et il y aura aussi la nostalgie de le refaire. Mais je crois que la chose la plus importante qui restera, c’est la génération de toutes les personnes qui ont travaillé sur les Journées Mondiales de la Jeunesse pendant deux, trois, quatre ans, même pendant la pandémie, avec toutes les difficultés. Cela a créé ici une habitude de travailler ensemble, de travailler pour une bonne chose. Et cela perdure parce qu’il ne s’agit pas d’un moment, mais d’années de travail. Beaucoup de travail, et cela demeure.

Vous avez toujours été proche du Pape, vous l’avez reçu chez vous. Comment se porte le Pape François ces jours-ci?

Très bien et de mieux en mieux! Jour après jour, à chaque fois il était plus heureux et même dans la papamobile, quand nous parlions, il était très heureux.

Nous avons vu que le Pape était toujours souriant….

Il a absorbé cette jeunesse! Mais c’est le jeune Pape…

Que dire aux jeunes qui n’ont pas pu venir à Lisbonne?

Je dirai plutôt que celui qui a pu être présent puisse donner un témoignage. Un exemple: dire, que nous serons ensemble aux prochaines JMJ, en 2027 à Séoul!

Et nos amis de Séoul?

Ils sont très heureux, vous l’avez vu. Et ils le feront bien, les JMJ, parce qu’ils en ont les moyens et la volonté.

Avant Séoul, nous avons la rencontre de Rome…

Oui, en 2025, lors du Jubilé, car il s’agira d’un Jubilé d’une semaine pour tous, y compris les jeunes. Mais ce ne sera pas un événement de cette ampleur. Je pense que ce sera surtout pour les jeunes de Rome, d’Italie et aussi pour d’autres jeunes qui viendront d’autres pays, mais pas à cette échelle.

Source : VATICANNEWS, le 7 août 2023

Angélus: les jeunes des JMJ sont un signe de paix dans le monde

Messe de clôture et angélus lors des 37e JMJ de Lisbonne (Portugal), le 6 août 2023. Messe de clôture et angélus lors des 37e JMJ de Lisbonne (Portugal), le 6 août 2023. (Vatican Media)

Angélus: les jeunes des JMJ sont un signe de paix dans le monde

Avant de réciter la prière mariale de l’angélus après la messe de clôture des JMJ au parc du Tage de Lisbonne, dimanche 6 août, le Pape a rendu grâce pour cet événement et partagé son rêve de voir les jeunes prier pour la paix. Après l’angélus, le Souverain pontife a prié pour les Géorgiens, affectés par un meurtrier glissement de terrain depuis quelques jours. 

«Obrigado». «L’obrigado n’exprime pas seulement la gratitude pour ce que l’on a reçu, mais aussi le désir de rendre la pareille», a souri le Pape devant le million et demi de jeunes catholiques réuni sur «le camp de la grâce» le long du Tage, les exhortant à témoigner en rentrant «avec joie et gratuité» de ces journées. Le Pape a remercié le patriarche de Lisbonne, le cardinal Manuel Clemente, l’Église et le peuple portugais, les autorités nationales, ajoutant: «Obrigado à toi, Lisbonne, qui restera dans la mémoire de ces jeunes comme une « maison de fraternité » et une « ville des rêves »!»

François a remercié les membres de la Curie romaine ayant préparé ces JMJ, dont le cardinal irlando-américain Kevin Farrell, préfet du dicastère pour les Laïcs, la famille et la vie, mais aussi à «tous ceux qui ont veillé sur les JMJ d’en haut», à savoir les saints patrons de l’événement: surtout à l’un d’eux, Jean-Paul II, qui a donné naissance aux JMJ.

Retenons les plus beaux moments de ces JMJ 

«Obrigado à vous tous, chers jeunes! Dieu voit tout le bien que vous êtes, Lui seul sait ce qu’il a semé dans vos cœurs. S’il vous plait, gardez-le précieusement. Je voudrais vous dire: faites-en mémoire, fixez les plus beaux moments dans votre esprit», leur a conseillé le Pape, leur rappelant qu’ils sont, eux, «le saint Peuple de Dieu qui marche dans la joie de l’Évangile!».

Le rêve de jeunes priant pour la paix

«Accompagnons par la pensée et la prière ceux qui n’ont pas pu venir en raison des conflits et des guerres», a poursuivi le Pape, pensant à la chère Ukraine pour laquelle il éprouve«une grande douleur». Et l’évêque de Rome de partager son rêve «de jeunes qui prient pour la paix». «Vous êtes un signe de paix pour le monde, un témoignage de la façon dont les nationalités, les langues et les histoires peuvent unir plutôt que diviser. Vous êtes l’espoir d’un monde différent. Merci pour cela. Continuez!», les a-t-il encouragés, remerciant ultimement et simplement Jésus et Marie pour cet événement.  

Après l’angélus, prière pour la Géorgie

Au terme de l’angélus, le Pape a dirigé ses prières vers la Géorgie. Une région montagneuse de ce pays du Caucase, à 140 kilomètres de la capitale Tbilissi, a subi un tragique glissement de terrain ces derniers jours. Le bilan, encore provisoire, est de 17 morts et d’une vingtaine de disparus.

«J’accompagne de ma proximité les proches des victimes, que la Sainte Vierge les réconforte et qu’elle soutienne le travail des équipes de secours. Je suis proche de mon frère le patriarche Ilia II de Géorgie», a déclaré le Souverain pontife.

Source : VATICANNEWS, le 6 août 2023

Messe de clôture des JMJ: le Pape envoie les jeunes briller et témoigner de la foi sans crainte

Messe de clôture des JMJ: le Pape envoie les jeunes briller et témoigner de la foi sans crainte

Devant 1.5 million de jeunes du monde entier rassemblés pour la messe de clôture des 37e JMJ de Lisbonne, dimanche 6 août de la Transfiguration, le Pape François a prodigué trois conseils aux jeunes: briller, écouter, être sans crainte. 

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Après ces journées de grâce, avant de retourner dans la vallée de la vie quotidienne, le Pape a proposé à la marée de jeunes catholiques trois attitudes en trois verbes, écho à la solennité de la Transfiguration du Christ: «Briller, écouter, ne pas craindre». Un million et demi de jeunes pèlerins ont participé à la messe depuis le grand parc du Tage, 90 hectares le long du fleuve éponyme, miroir aux plages étendues de Copacabana il y a dix ans de l’autre côté de l’Atlantique, dans une autre terre lusophone lors des JMJ de Rio.

Jésus transfiguré, «son visage devint brillant comme le soleil». «Nous avons nous aussi besoin de quelques éclairs de lumière pour affronter ce qui nous assaille dans la vie, tant de défaites quotidiennes pour les affronter avec la lumière de la résurrection de Jésus», assure d’emblée le Saint-Père, aussi à l’assemblée des 700 évêques et 10 000 prêtres concélébrants.

Briller de la vraie beauté, loin des projecteurs

«C’est ce que l’Église et le monde attendent de vous, relève-t-il, que vous soyez des jeunes rayonnants, qui portent partout la lumière de l’Évangile et allument des lueurs d’espérance dans les ténèbres de notre temps!», s’est exclamé le Souverain pontife, précisant toutefois: «Nous ne devenons pas lumineux lorsque nous sommes sous les projecteurs, au contraire, cela éblouit, lorsque nous affichons une image parfaite et que nous nous sentons forts et victorieux. Non. Nous brillons quand, en accueillant Jésus, nous apprenons à aimer comme Lui, car telle est la vraie beauté qui resplendit: une vie qui risque par amour». «La lumière vient le jour où tu feras une œuvre d’amour. Si tu es égoïste, la lumière s’éteint», prévient encore le Pape dans cette homélie.

Écouter les paroles de vie éternelle

Le Pape s’est ensuite arrêté sur l’écoute. «Écoutez-le» (Mt 17, 5). Tout est là, résume François: «Tout ce qu’il y a à faire dans la vie chrétienne réside dans ce mot, le dernier que le Père prononce dans l’Évangile de Matthieu: écoutez-le» pour ses paroles de vie éternelle. «Écoutez Jésus et prenez garde aux égoïsmes maquillés d’amour», a mis en garde le Pape. 

«Voilà ce dont nous avons besoin dans la vie: non pas la gloire, le succès, l’argent, mais savoir que nous ne sommes pas seuls, que nous avons toujours quelqu’un à nos côtés, commencer et terminer la journée avec la certitude de l’étreinte du Seigneur», a souligné le successeur de Pierre.

Le cœur libéré de la peur

Briller, écouter et, enfin, ne pas craindre, mot très répété dans la Bible. Le Pape s’est ensuite lancé dans une énumération aux accents de son prédécesseur polonais.

«À vous, jeunes, qui pensez parfois ne pas y arriver; à vous, jeunes, qui, en ces temps, êtes tentés de vous décourager, de vous juger inadaptés ou de cacher la douleur en la masquant d’un sourire; à vous, jeunes, qui voulez changer le monde et qui luttez pour la justice et la paix; à vous, jeunes, qui y mettez votre engagement et votre imagination, bien que cela vous semble ne pas suffire; à vous, jeunes, dont l’Église et le monde ont besoin comme la terre a besoin de pluie; à vous, jeunes, qui êtes le présent et l’avenir; oui, précisément à vous, jeunes, Jésus dit: “Soyez sans crainte!”» Le Pape a, là, invité chaque jeune à répéter en son for intérieur «N’aie pas peur, sois sans crainte». 

Le sourire radieux de Dieu

Sois sans crainte, le conseil du Pape a résonné dans tout le parc du Tage, transformé en camp de la grâce. «Jésus lui-même vous regarde maintenant: il regarde dans vos cœurs, vous sourit. Il connaît le cœur de chacun d’entre vous, il connaît la vie de chacun d’entre vous, il connaît vos joies, il connaît vos peines, vos succès et vos échecs, il connaît votre cœur, il lit en vous, il voit vos cœurs, il vous sourit et il vous dit aujourd’hui, ici à Lisbonne, lors de ces Journées Mondiales de la Jeunesse: « N’ayez pas peur »», a conclu le Souverain pontife.

En vidéo: l’intégrale de la messe de clôture des 37e JMJ

Source : VATICANNEWS, le 6 août 2023

Rencontre avec les volontaires des #JMJ2023 sur le passeio marítimo de Algés avec le pape François

Ce dimanche 6 août à 17h00 (GMT+2), juste avant son départ pour Rome, le pape François rencontre les volontaires qui ont participé à l’organisation de ces JMJ. Plus de 20 000 jeunes se sont engagés pour cette édition 2023. Le Saint-Père adresse un discours de remerciement aux bénévoles réunis sur le passeio marítimo de Algés, qui borde le Tage. Toutes les informations sur les JMJ, le programme du Pape, les directs et reportages de KTO sont à retrouver sur https://www.ktotv.com/page/jmj-lisbonne-pape-2023-portugal-jeunes

Messe de clôture des #JMJ2023 au parc du Tage (« Camp de la Grâce ») présidée par le pape François

Ce dimanche 6 août à 09h15 (GMT+2), le pape François préside la messe des JMJ au parc du Tage. Le messe de clôture des JMJ est le point culminant de la semaine qui rassemble l’ensemble des participants. À l’issue de la cérémonie, selon la tradiction, François devrait annoncer la ville-hôte des prochains JMJ. Toutes les informations sur les JMJ, le programme du Pape, les directs et reportages de KTO sont à retrouver sur https://www.ktotv.com/page/jmj-lisbonne-pape-2023-portugal-jeunes

À Fatima, la prière silencieuse du Pape pour la paix

Prière du Pape pour la paix au sanctuaire de Fatima. Prière du Pape pour la paix au sanctuaire de Fatima.

À Fatima, la prière silencieuse du Pape pour la paix

Après le chapelet de François au sanctuaire portugais, le compte @Pontifex a diffusé une image avec une prière de François à la Vierge: «Nous te consacrons l’Église et le monde, en particulier les pays en guerre».

Alessandro De Carolis – Cité du Vatican

Le long silence de François résume la voix de millions d’âmes, unies par le seul souhait que le monde oublie l’horreur de la guerre, de toutes les guerres. Le rosaire de Fatima du Saint-Père, partagé par 200 000 personnes en direct, sans compter ceux qui priaient en suivant la cérémonie à la télévision, a été scellé en début d’après-midi par un tweet, publié sur le compte @Pontifex avec une nouvelle invocation du Pape à la Vierge, pour la paix.

Le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, a expliqué aux journalistes que durant ce «long moment de silence» dans la petite chapelle devant la Vierge, «le Pape a prié, avec douleur, pour la paix».Une sorte d’anticipation du quatrième mystère du Rosaire récité peu après devant le sanctuaire, qui comportait cette même supplication en son cœur.

Le texte de la prière

À côté d’une photo du Pape devant l’effigie mariale, le texte d’une intense prière en quelques lignes. «Avec un cœur d’enfant, nous te consacrons nos vies, pour toujours. Nous te consacrons l’Église et le monde, en particulier les pays en guerre», peut-on lire dans cette supplique, qui se poursuit ainsi: «Obtiens-nous la paix. Toi, Vierge du chemin, ouvres des routes là où il semble ne pas y en avoir».

La phrase finale exprime une confiance totale dans le pouvoir d’intercession de la Vierge, plus fort que tout mal. «Toi qui ne te laisses jamais vaincre en générosité, remplis-nous de tendresse, comble-nous d’espérance et donne-nous de gouter la joie qui ne passe pas, la joie de l’Évangile. Amen».

Source : VATICANNEWS, le 5 août 2024

05.08.2023 – CHAPELET AVEC DES JEUNES MALADES

Ce samedi 5 août à 10h15 (GMT+2), le pape François se rend au sanctuaire de Fatima, à 130 km au nord de Lisbonne. Le Saint-Père récite le chapelet avec des jeunes malades à la chapelle des apparitions. François s’était déjà rendu en pèlerinage au sanctuaire marial en mai 2017 pour célébrer le centenaire des apparitions et canoniser François et Jacinthe Marto, les voyants de Fatima. Toutes les informations sur les JMJ, le programme du Pape, les directs et reportages de KTO sont à retrouver sur https://www.ktotv.com/page/jmj-lisbonne-pape-2023-portugal-jeunes

04.08.2023 – Chemin de Croix des #JMJ2023 au parc Edouard VII (« Colline de la Rencontre »)

Via crucis des JMJ: le Pape rappelle que Jésus nous accompagne toujours

Nous ne sommes pas seuls. C’est l’enseignement que le Pape François a délivré lors du chemin de croix des Journées mondiales de la jeunesse de Lisbonne. Devant les pèlerins du monde entier, le Saint-Père a expliqué que Jésus ne nous abandonne jamais, espérant toujours être suivi, lui qui nous accompagne toujours. 

Xavier Sartre – Cité du Vatican

Le Pape François a retrouvé le parc Eduardo VII pour la seconde grande rencontre avec les jeunes pèlerins lors de ces JMJ de Lisbonne, le chemin de croix. Le Saint-Père prend la parole devant 800 000 participants avant que ne commence le chemin de croix à proprement parler, avec quatorze méditations sur les jeunes et leur vie. Des réflexions rédigées par vingt jeunes des cinq continents qui ont associé à chacune des stations de la Via Crucis une faiblesse de la société contemporaine qui frappe tout particulièrement les jeunes d’aujourd’hui. Trois témoignages de jeunes du Portugal, d’Espagne et des États-Unis ont ponctué la cérémonie.

Pauvreté, violence, solitude, engagement, intolérance, individualisme, santé mentale, destruction de la création, dépendance, incohérence, crise humanitaire, productivisme, désinformation, peur du futur: autant de thèmes exposés par João, Esther et Cabel qui ont confié dans des vidéos à l’assemblée leurs problèmes, leurs histoires, leurs drames et leur salut. João, 23 ans, souffre psychologiquement de la solitude qu’a imposé la pandémie de Covid. Esther, 34 ans, regrette d’avoir avorté, et Cabel, 29 ans, parle de sa toxicomanie passée.

Le Pape François lors de son discours pendant la via crucis

Le Pape François lors de son discours pendant la via crucis

Suivre le chemin du Calvaire

Dans son propos initial, le Pape explique que «Jésus est le Chemin et nous allons cheminer avec Lui, parce qu’Il marcha, soignant les malades, s’occupant des pauvres, rendant la justice, il marcha en prêchant, en enseignant à nous». Mais le chemin gravé dans le cœur de chacun, c’est celui du Calvaire, reconnait le Saint-Père, un chemin renouvelé par la prière lors de cette cérémonie.

Dans une société de miroirs où ce qui compte c’est l’apparence», les jeunes veulent avoir la force d’être différents, «de ne pas vivre pour l’image mais dans la fidélité» à leur conscience. À ceux qui sont obligés de fuir la guerre, la famine, le manque d’eau, les persécutions politiques, ils réclament pour eux là encore du courage de la part de Jésus. Dans une société où «seuls ceux qui produisent comptent», les jeunes affichent leur soif d’amour envers les personnes âgées, les handicapés, les chômeurs, les rêveurs et les enfants. Ils veulent «seulement savoir ce qu’il est important de savoir pour être une meilleure personne et pour créer un monde plus humain», alors que ce monde est saturé de mots pressés et que l’on n’y sait plus ce qui est vrai ou faux.

Enfin, sur le chemin «bloqué par de grosses pierres», c’est vers Marie que se tournent les jeunes dans l’ultime méditation: «Elle nous parle des fins qui sont des commencements, de la mort semblable à un arbre en hiver alors qu’il s’apprête à fleurir au printemps.»

«Le chemin de Jésus, c’est Dieu qui sort de lui-même pour marcher parmi nous, qui se fait chair par amour, pour chacun d’entre nous. Personne n’a plus d’amour que celui qui donne sa vie pour ses amis, pour les autres. N’oubliez pas cela!», poursuit François. «C’est pourquoi, quand nous regardons le Crucifié, ce qui est si douloureux, si dure, nous voyons la beauté de l’amour qui donne sa vie pour chacun d’entre nous». Jésus espère «ouvrir les fenêtres de mon âme, de ton âme, de l’âme de chacun d’entre nous», explique le Pape qui regrette les âmes fermées, si «laides».

Le Souverain pontife demande ensuite à la foule si elle pleure de temps en temps. Même quand nous pleurons, Jésus est là. «Il pleure avec nous, parce qu’il nous accompagne dans l’obscurité qui nous pousse à pleurer»«Jésus espère combler, par sa proximité, notre solitude, notre peur,» «il espère nous pousser à embrasser le risque d’aimer», qui «vaut toujours la peine d’être couru». «Aujourd’hui, conclut le Pape, nous allons parcourir le chemin avec Lui, le chemin de sa souffrance, de nos anxiétés, de nos solitudes».

Que Jésus nous apprenne à surmonter nos épreuves

Comme en réponse, les jeunes, dans leurs méditations, demandent aussi à Jésus de leur apprendre à aller de l’avant, de leur donner la force d’aimer dans un monde marqué par les guerres, les attentats, les fusillades de masse, la violence conjugale, la maltraitance des enfants, les abus de pouvoir. Ils lui demandent de les aider à être des bâtisseurs de ponts pour vaincre l’intolérance, parfois au sein même de l’Église, pour lutter contre l’individualisme et l’égocentrisme, pour au contraire trouver le vrai bonheur, qui est «de se laisser attirer par le visage de l’autre».

Ces jeunes, dans ce chemin de croix, expriment leurs angoisses, leurs problèmes psychologiques, leur peur de l’avenir sur une planète menacée par des «modes de vie déséquilibrés qui font que certains meurent de faim tandis que d’autres tombent malades à cause de la suralimentation». Ils demandent donc à Jésus de leur enseigner «à vivre des modes de vie plus simples, plus solidaires, plus conscients des conséquences, plus proches de l’essentiel, plus semblables à Toi».

Source : VATICANNEWS, le 4 août 2023