
François: «L’indifférence est l’un des plus grands problèmes d’aujourd’hui»
Accueillant au Vatican l’association Família da Esperança, fondée au Brésil, le Pape François a rappelé cet appel de Dieu qui exhorte «à apporter de l’espérance» à ceux qui ne trouvent plus aucun sens à leur vie. Évoquant l’indifférence qui affecte la société actuelle, François a aussi invité les membres venus à Rome à poursuivre leur travail «nécessaire à l’Église».
Dans son discours à l’association Família da Esperança, engagée dans le soutien aux plus démunis et qui célèbre ses 40 ans d’existence, François a tout d’abord relevé le «charisme si beau» que revêt cette association, avec au cœur, l’espérance. Il a invité les membres à ne «jamais abandonner cette vocation, l’espérance, la plus humble des vertus théologales, mais aussi la plus quotidienne et la plus « forte »».
Donner de l’espérance
Il y a quarante ans, a rappelé le Pape «votre charisme est né de la demande d’aide d’un jeune homme qui voulait se libérer de la toxicomanie: en lui -et en tous ceux qui sont venus après lui- vous avez reconnu le Christ qui vous a dit: j’étais esclave de la drogue et vous m’avez accueilli, pour me redonner espoir et me faire comprendre qu’une nouvelle vie est possible». En effet, l’appel que Dieu adresse, consiste à «apporter l’espérance à ceux qui ne trouvent de plus de sens à leur vie». Mais aussi, «à l’aimer inconditionnellement dans les personnes qui se trouvent dans des situations de vulnérabilité sociale».
L’indifférence
François a ensuite déploré l’indifférence dans les différentes sociétés, qui est «l’un des grands problèmes du monde d’aujourd’hui», ou «la séduction de l’indifférence», comme il l’avait rappelé dans l’encyclique Fratelli tutti. Face à la douleur «que vous avez vue sur le visage de tant de jeunes, affligés par une grande souffrance existentielle, en particulier ceux dont la vie a été détruite par la drogue et par d’autres dépendances», les membres de l’association Família da Esperança, ne sont jamais restés indifférents, se faisant « »frères » de tant de personnes que vous avez ramassées dans les rues et, comme dans la parabole du bon Samaritain, vous les avez accompagnées pour les soigner, les guérir et les aider à retrouver leur dignité», s’est réjoui François.
Apporter de l’espérance ne «signifie pas seulement les aider à surmonter les vices, à surmonter les traumatismes, à retrouver leur place dans la famille et dans la société», a-t-il fait remarquer, ajoutant: «Votre charisme d’espérance, en tant que don suscité en votre sein par l’Esprit Saint, vous conduit à prendre soin des personnes dans leur intégrité matérielle et spirituelle, corps et âme».
Préserver la communion spirituelle
Après 40 ans, dans la fidélité à l’inspiration originelle, a souligné le Saint-Père, «de nouvelles personnes sont appelées à assumer la responsabilité de préserver et de faire fructifier ce patrimoine spirituel que le Seigneur vous a confié». François a invité à ne pas avoir peur de cette nouvelle étape, à la vivre dans l’humilité, la confiance, tout en préservant la communion spirituelle. «Et le Seigneur, qui a commencé ce chemin avec vous, restera proche de vous et le mènera à son terme».
Le Souverain pontife s’est dit reconnaissant envers Dieu pour «le témoignage dans les différentes œuvres de l’association», comme les « Fazendas da Esperança », disséminées dans tout le Brésil et, depuis 1998, également présentes dans d’autres pays; ainsi que pour le travail accompli avec les prêtres, les séminaristes, les religieux et les religieuses, en les aidant à surmonter les défis et les problèmes psychologiques qui affectent certaines personnes consacrées à Dieu. Le Saint-Père a exhorté à «poursuivre ce bon travail, si nécessaire pour l’Église!».
Source : VATICANNEWS, le 29 septembre 2023