Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,47-54.

En ce temps-là, Jésus disait : « Quel malheur pour vous, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, alors que vos pères les ont tués.
Ainsi vous témoignez que vous approuvez les actes de vos pères, puisque eux-mêmes ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux.
C’est pourquoi la Sagesse de Dieu elle-même a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; parmi eux, ils en tueront et en persécuteront.
Ainsi cette génération devra rendre compte du sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde,
depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, qui a péri entre l’autel et le sanctuaire. Oui, je vous le déclare : on en demandera compte à cette génération.

Quel malheur pour vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance ; vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés. »

Quand Jésus fut sorti de la maison, les scribes et les pharisiens commencèrent à s’acharner contre lui et à le harceler de questions ;
ils lui tendaient des pièges pour traquer la moindre de ses paroles.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)
pape et docteur de l’Église
Livre XI, SC 212 (Morales sur Job, trad. A. Bocognano, éd. du Cerf, 1974; p. 77-79; rev.)
Malheureux êtes-vous qui n’avez pas cru !
C’est sagesse de dire : « Lui qui transforme les lèvres des véridiques et qui ravit leur science aux vieillards. » (Jb 12,20 Vg) (…) Ces paroles peuvent s’appliquer plus directement aux Juifs, qui avant l’incarnation du Seigneur ont été véridiques puisqu’ils ont cru à sa venue et l’ont annoncée, mais qui, le jour où il est apparu dans la chair, ont déclaré : ce n’est pas Lui. Les lèvres des véridiques ont donc été transformées puisqu’ils avaient dit qu’Il devait venir et qu’ils ont déclaré : Il n’est pas là. Et la science a été ravie aux vieillards, puisqu’ils n’ont pas suivi en croyant les prédictions que leur mémoire tenait de leurs pères. C’est ce qui explique aussi la divine promesse qu’à la venue d’Élie, Il ramènera le cœur des fils vers leurs pères (cf. Mal 3,23-24) afin que la science, maintenant ravie au cœur des Juifs, revienne en eux par la miséricorde du Seigneur, le jour où les fils commenceront à comprendre ce que leurs pères ont annoncé sur le Seigneur. Mais si nous entendons aussi par vieillards les Juifs qui, entraînés par une foi déviée, ont entrepris de s’opposer à la parole de la Vérité, la science a été ravie aux vieillards dès le jour où elle a été reçue par l’Église, oui, cette petite jeune fille venue des Gentils, qui dit par la bouche du psalmiste : « J’ai compris plus que les anciens. » (Ps 118,100) C’est, en effet, pour avoir saisi la science par la pratique qu’elle peut montrer qu’elle a compris plus que les anciens, en ajoutant aussitôt ces paroles : « Parce que j’ai appliqué tes commandements. » Oui, c’est son zèle à faire passer dans les œuvres ce qu’elle a appris qui lui a valu de comprendre ce qu’elle devait enseigner.

LECTURES :
Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 1,1-10.

Paul, Apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, à ceux qui sont sanctifiés et habitent Éphèse, ceux qui croient au Christ Jésus.
À vous, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.
Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ.
Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour.
Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté,
à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé.
En lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes. C’est la richesse de la grâce
que Dieu a fait déborder jusqu’à nous en toute sagesse et intelligence.
Il nous dévoile ainsi le mystère de sa volonté, selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ :
pour mener les temps à leur plénitude, récapituler toutes choses dans le Christ, celles du ciel et celles de la terre.

Psaume 98(97),1.2-3ab.3cd-4.5-6.
R/ Le Seigneur a fait connaître son salut. (Ps 97, 2a)
Chantez au Seigneur un chant nouveau,
car il a fait des merveilles ;
par son bras très saint, par sa main puissante,
il s’est assuré la victoire.
Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations ;
il s’est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d’Israël.
La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.
Acclamez le Seigneur, terre entière,
sonnez, chantez, jouez !
Jouez pour le Seigneur sur la cithare,
sur la cithare et tous les instruments ;
au son de la trompette et du cor,
acclamez votre roi, le Seigneur !
