03.09.2025 – LETTRE DE LIAISON NO 177

Lettre de liaison n° 177 (3 septembre 2025)

Chers amis,

Vous avez été nombreux à participer à la neuvaine au Cœur Immaculé de Marie, organisée du 13 au 21 août, pour obtenir que le Saint-Père approuve et recommande la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois (voir précédente lettre de liaison). Nos prières semblent avoir porté du fruit, car des autorités romaines ont pu être approchées et se sont montrées ouvertes à notre demande. Nous espérons qu’elles pourront convaincre le Saint-Père de faire ce qu’a demandé la Sainte Vierge il y a cent ans. Si nous apprenons du nouveau, nous n’omettrons pas de vous tenir au courant dans la mesure où nous serons autorisés à en parler.
Il faut donc continuer à prier, et les bruits de guerre que nous entendons depuis des mois doivent nous inciter à la plus grande ferveur. En particulier, samedi, n’omettons pas de faire notre communion réparatrice. Pour ce mois de septembre, le Jubilé 2025 des premiers samedis du mois de Fatima organise une messe à La Salette. Que ceux qui sont proches n’hésitent pas à aller soutenir les motards qui seront présents ce jour-là.
Quoi que nous fassions, prions avec la foi du centurion de Capharnaüm, avecl’humilité du publicain au temple et avec la persévérance de l’aveugle de Jéricho.

Poursuivons maintenant nos réflexions sur le message de Fatima.

Le message de Fatima

Avec les apparitions de Tuy en 1929 et 1930 (voir lettre de liaison n° 175), le message de Fatima est complet. Depuis quatre ans (à partir de la lettre de liaison n° 123 de juillet 2021), nous avons analysé les différents enseignements ou révélations que l’Ange et Notre-Dame confièrent aux trois petits voyants. Il convient désormais d’en faire une synthèse pour en avoir une vision globale nous permettant de mieux en apprécier la richesse et l’importance.
Le message peut se résumer ainsi :

Dieu nous demande de pratiquer et de répandre dans le monde
la dévotion au Cœur Immaculé de Marie,
pour réparer les offenses qui Lui sont faites et ainsi obtenir
la conversion des pécheurs et la paix dans le monde.

Outre l’annonce de cette volonté divine concernant la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, le message rappelle plusieurs vérités qui, de nos jours, sont malheureusement souvent oubliées voire niées. C’est pourquoi il est important de bien connaître ces rappels que le Ciel nous a envoyés, précisément avant une période où ces notions auront tendance à être occultées.

Le message a été communiqué en trois phases : en 1916 par les 3 apparitions de l’Ange ; en 1917 par les 6 apparitions de la Sainte Vierge ; entre 1925 et 1930, par 4 autres apparitions de Notre-Dame, Notre-Seigneur ou l’Enfant-Jésus. Voyons aujourd’hui le message délivré au cours de la première phase.

Le message de l’Ange

Voici toutes les paroles prononcées par l’Ange en 1916 :

Au printemps (analyse dans les lettres n° 123 & n° 124) :

N’ayez pas peur. Je suis l’Ange de la Paix. Priez avec moi. « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui ne Vous aiment pas. » Priez ainsi. Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications.

À l’été (analyse dans les lettres n° 125n° 126 & n° 127) :

Que faites-vous ? Priez, priez beaucoup ! Les saints Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde. Offrez constamment au Très-Haut des prières et des sacrifices. De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. De cette manière, vous attirerez la paix sur votre patrie. Je suis son Ange gardien, l’Ange du Portugal. Surtout, acceptez et supportez, avec soumission, les souffrances que le Seigneur vous enverra.

À l’automne (analyse dans les lettres n° 129n° 130n° 131n° 137 & n° 138) :

Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs. Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu.

Comme on peut le constater, le message de l’Ange est très bref, mais très dense et d’une très grande richesse. Voici les principaux points enseignés ou rappelés.

1) L’existence et le rôle des anges

Le premier rappel concerne l’existence des anges. L’être qui apparaît à Lucie, François et Jacinthe leur dit : « Je suis l’Ange de la Paix ». Dans l’apparition suivante, l’Ange apportera une double précision ; il dira en parlant du Portugal : « Je suis son Ange gardien, l’Ange du Portugal ». Les pays ont donc, comme chacun d’entre nous, un ange gardien chargé de veiller sur elles, d’inspirer les décisions et les actes de leurs dirigeants. Ainsi se trouvent confirmées l’existence de créatures purement spirituelles et trois des fonctions qui peuvent leur être confiées : ange gardien, ange d’un pays, ange de la paix.

Ce premier enseignement doit nous inciter à toujours agir, dans les différentes circonstances de la vie, avec nos anges gardiens. Nous ne les sollicitons pas assez. Pourtant, nous sommes affaiblis par le péché originel et, pour lutter contre nos mauvais penchants, nous avons besoin d’aide. Pour cela, outre la grâce divine, nous avons nos anges gardiens, ne l’oublions pas. Et tous les pays ont également un ange gardien qu’ils feraient bien d’honorer afin qu’il conseille et inspire ceux qui les gouvernent.

2) La nécessité de la prière

Le deuxième rappel de l’Ange est la nécessité de la prière et, aux petits voyants, il montre l’exemple en disant : « Priez avec moi ». Puis il leur apprend une prière et leur ordonne une deuxième fois : « Priez ainsi. » Cette importance de la prière est telle qu’il renouvellera sa demande au cours des apparitions suivantes. Lors de la deuxième apparition, il leur fait même le reproche de ne pas prier, car ses premières paroles sont pour leur dire : « Que faites-vous ? Priez, priez beaucoup ! ». Il rappelle en quelque sorte l’enseignement de Notre-Seigneur disant : « Veillez donc et priez sans cesse» (Luc XXI, 36), enseignement que saint Paul reprendra dans sa 1re lettre aux Thessaloniciens : « Priez sans cesse ». (1 Thes V, 17)
Enfin, lors de sa troisième apparition, l’Ange apprendra une deuxième prière aux petits voyants. Il les prépare ainsi à ce que Notre-Dame dira elle aussi l’année suivante : nous devons prier sans cesse. Mais pour nous qui sommes dans le monde, comment pouvons-nous prier sans cesse ? Car notre devoir d’état nous charge de nombreuses obligations au cours desquelles il peut être difficile de prier. Il ne faut pas oublier que tout ce que nous faisons dans la journée est une prière si nous n’omettons pas de l’offrir et de le faire par amour pour Jésus. C’est pourquoi il est important de ne jamais oublier de commencer sa journée en offrant, dès son lever, tout ce que nous allons faire dans la journée.

L’Ange apprend également aux petits voyants dans quelle attitude prier : en se prosternant le front jusqu’à terre, par humilité et avec la conscience de la majesté divine. N’oublions jamais d’associer notre ange gardien à nos prières, de bien prier avec lui. Soyons conscient de sa présence auprès de nous à chaque instant de notre vie et plus particulièrement lorsque nous prions

3) Les vertus théologales

Pour aider les petits voyants à bien prier, l’Ange leur enseigne deux courtes prières. La première est toute simple ; elle est fondée sur les trois vertus théologales de foi, d’espérance et de charité, vertus qui doivent accompagner l’adoration de notre Créateur : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime ». L’Ange rappelle ainsi une des bases de notre foi : nous croyons en Dieu, nous L’adorons puisqu’il est notre Créateur et nous plaçons en Lui notre espérance car notre destin est entre ses mains. Toute prière devrait commencer ainsi. C’est en raccourci ce que propose la prière du matin figurant dans le missel romain (voir lettre de liaison n° 124). Nous devrions savoir par cœur cette prière de l’Ange et la dire de temps en temps dans la journée. Quelle plus belle prière pourrions-nous faire que celle enseignée par un envoyé du Ciel ?

4) La réparation des offenses faites à Notre-Seigneur

Ensuite, l’Ange insiste sur la nécessité de réparer les offenses faites à Notre-Seigneur. Ce point est si important qu’il en parle à chacune de ses trois apparitions. Dans la première, il dit : « Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui ne Vous aiment pas. » Dans la seconde, il demande aux petits voyants : « Offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé ». Enfin dans la troisième, dans la nouvelle prière qu’il leur enseigne, il leur demande d’offrir leur communion « en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il [Notre-Seigneur] est Lui-même offensé. (…) Réparez leurs crimes [ceux des pécheurs] et consolez votre Dieu ».
Car nos péchés offensent Dieu. Or l’offense est d’autant plus grande que la personne offensée est élevée en dignité. Dieu étant infini, l’offense à Dieu est infinie et mérite un châtiment infini. Mais, par pure miséricorde, Dieu accepte de nous accorder son pardon si nous accomplissons les actes de réparation qu’Il demande.

Dans ses apparitions, l’Ange ne parle que des offenses faites à Notre-Seigneur ; il laisse à sa reine le soin de demander, l’année suivante, la réparation des offenses faites à son Cœur immaculé.
Cet esprit de réparation est omniprésent dans le message de Fatima. Il est en particulier une des conditions nécessaires pour bien faire la communion réparatrice du premier samedi du mois. Et il devrait animer toutes nos prières.

5) La conversion des pécheurs

Ensuite, à la réparation des offenses, l’Ange demande d’associer la conversion des pécheurs. Dans sa première apparition, le thème est seulement esquissé ; dans la prière qu’il enseigne, il dit simplement : « Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, etc. ». Par contre, dans ses deux autres apparitions, il est parfaitement explicite : « Offrez à Dieu un sacrifice en acte (…) de supplication pour la conversion des pécheurs », puis dans la deuxième prière enseignée : « Je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». Une fois encore, l’Ange prépare ce que dira Notre-Dame l’année suivante.
En offrant des sacrifices dans un “acte du supplication” pour demander la conversion des pécheurs, nous faisons un très bel acte de charité à leur égard : nous nous substituons à eux pour éloigner d’eux les châtiments de Dieu et implorer sur eux la miséricorde divine.

6) L’union des deux cœurs de Jésus et Marie

L’Ange attire ensuite l’attention des enfants sur les cœurs de Jésus et de Marie. Lors de ses trois apparitions, il unira à chaque fois les deux cœurs. Il termine sa 1reapparition en disant : « Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications. » Dans la 2e apparition, il dit : « Les saints Cœurs de Jésus et de Marieont sur vous des desseins de miséricorde. » Il le fait encore dans la 3e apparition : « Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, …»
Notons bien que l’Ange ne parle pas de “Jésus et Marie”, mais des « Cœurs de Jésus et Marie ». Car le siège de la prière, c’est le cœur. Notre prière part du cœur et doit s’adresser aux deux cœurs de Jésus et Marie qui sont nos plus précieux, nos plus puissants, nos plus fidèles alliés, le chemin le plus sûr pour aller à Dieu. L’Ange confirme ainsi la dévotion au Sacré-Cœur enseignée à sainte Marguerite-Marie (« Il m’a assuré qu’Il prenait un singulier plaisir d’être honoré sous la figure de ce cœur de chair, dont Il voulait que l’image fût exposée en public, afin, de toucher le cœur insensible des hommes » ; « Voici ce cœur qui tant aimé les hommes ») et prépare les enfants à recevoir la révélation de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, l’année suivante.

7) La réparation par les sacrifices et la communion

Pour faire réparation, l’Ange demande deux choses : offrir des sacrifices (dans sa 2eapparition) et offrir nos communions (dans sa 3e apparition).
Dans la deuxième apparition, il précise les sacrifices demandés : « De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. (…) Surtout, acceptez et supportez, avec soumission, les souffrances que le Seigneur vous enverra. »

En effet, la souffrance est indissociable de la réparation des offenses faites à Dieu. Elle peut être un acte de justice pour effacer le châtiment que méritent nos propres péchés. Elle peut aussi être un acte de charité pour réparer les péchés des autres. Ces souffrances peuvent être physiques (comme pour François et Jacinthe lors de la maladie qui les emporta), intellectuelles (par exemple l’incompréhension de ceux qui nous entourent), morales (lorsque le comportement des pécheurs nous scandalise) ou spirituelles (lorsque, pour un temps, Dieu permet que nous soyons privés de consolations afin de nous rappeler la misère de notre condition humaine et la nécessité de L’implorer).

Ces souffrances offertes sont nécessaires, car il ne peut y avoir de prière véritable, sincère, si elle n’est pas accompagnée de sacrifices. Le sacrifice est la preuve donnée à Dieu que notre prière n’est pas que de pure forme, qu’elle va plus loin que la marque d’une simple convention, l’accomplissement ordinaire d’un devoir. La prière, c’est la parole ; le sacrifice, c’est l’acte par lequel notre prière trouve son achèvement.

Ainsi, l’Ange indique précisément une des cinq pratiques de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie et en donne les fruits : offrir des sacrifices pour obtenir la conversion des pécheurs et la paix dans le monde.

8) Le caractère propitiatoire de la messe

Dans la deuxième prière qu’il enseigne aux petits voyants, l’Ange dit : « Je Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé». L’Ange rappelle ainsi deux points malheureusement souvent déformés de nos jours.
L’Ange rappelle que la messe est avant tout un sacrifice, le renouvellement non sanglant du sacrifice de Notre-Seigneur sur la croix, lors de sa Passion et que ce sacrifice est propitiatoire. En effet, la messe a quatre buts : latreutique (rendre le culte suprême de latrie ou d’adoration), eucharistique (le remercier de ses bienfaits), propitiatoire (l’apaiser et lui donner satisfaction pour nos péchés) et impétratoire (obtenir les grâces en faveur des fidèles vivants et des trépassés) (Catéchisme de la doctrine chrétienne de saint Pie X, n° 331).
Il rappelle aussi le dogme de la présence réelle : Jésus est présent dans l’hostie avec son corps, son sang, son âme et sa divinité. (Catéchisme de la doctrine chrétienne de saint Pie X, n° 351).

Et pour que ces rappels soient parfaitement clairs, l’Ange les répète sous une autre forme : « Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu. » Ainsi, en offrant nos communions, nous pouvons réparer les crimes faits contre Dieu et Le consoler. Le caractère propitiatoire de la messe est donc clairement rappelé deux fois par l’Ange.

9) La communion des petits enfants

En disant « Prenez et buvez … », l’Ange donne la communion aux trois petits voyants. Il confirme ainsi la décision de saint Pie X, formalisée par le décret Quam singulari du 8 août 1910, autorisant la communion des jeunes enfants à partir de l’âge de raison, c’est-à-dire environ sept ans. Notons que l’Ange ne célèbre pas la messe et ne réalise pas la consécration, acte réservé aux seuls prêtres ; il se contente de donner aux enfants, par la communion, l’hostie et le vin déjà consacrés.

*****

Ainsi, l’Ange a présenté plusieurs points essentiels de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie : la nécessité de prier beaucoup (la Sainte Vierge demandera la récitation quotidienne du chapelet) ; l’offrande des sacrifices pour réparer les offenses faites à Notre-Seigneur et obtenir la conversion des pécheurs.
Il joint à cet enseignement le rappel de plusieurs points du catéchisme. Nous n’avons présenté que les principaux, mais il aurait été possible d’en commenter d’autres, comme la Sainte Trinité ou la puissance de la prière des enfants sur le cœur de Dieu (« Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications »), …
On le voit : le message délivré par l’Ange, malgré sa brièveté, est d’une richesse extraordinaire. C’est un véritable catéchisme. Seul un envoyé divin pouvait exprimer aussi clairement tant de choses en aussi peu de mots. Alors, n’hésitons pas à revenir sur les paroles de l’Ange, à les méditer et à les faire nôtres.

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

Une lecture biblique et patristique de Marie (I)

Une lecture biblique et patristique de Marie (I)

Dans Luc 1, Marie apparaît précisément comme quelqu’un qui a entendu la parole de Dieu (par l’intermédiaire de Gabriel) et y a obéi : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon votre parole » (Lc 1, 38). Et de nouveau, sous l’influence de l’Esprit Saint, Élisabeth dit à Marie : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement de ce qui lui avait été dit par le Seigneur » (Lc 1,45).

Il est bon de rappeler que la prière mariale la plus connue est l’Ave Maria, qui se compose principalement de citations de l’ange Gabriel et d’Élisabeth, telles qu’elles figurent dans l’Évangile de Luc.

La réponse de Marie à Élisabeth témoigne également de sa propre bénédiction : « Désormais, toutes les générations me diront bienheureuse » (Luc 1,48). Le cardinal Ratzinger a écrit que ces mots concernant « toutes les générations » constituent une prophétie et donc aussi un commandement. Il écrit : « L’Église néglige l’un des devoirs qui lui incombent lorsqu’elle ne fait pas l’éloge de Marie. Elle s’écarte de la parole de la Bible lorsque sa dévotion mariale se fait silencieuse ».

Une telle dévotion est amplement attestée à l’époque des premiers Pères de l’Église. Plusieurs sources patristiques d’Orient et d’Occident perçoivent dans les Écritures une allusion à Marie comme étant la nouvelle Ève : Justin de Naplouse (Dialogue avec Tryphon), saint Irénée (Contre les hérésies), saint Grégoire de Nysse (Homélie sur le Cantique des cantiques), saint Ambroise (Expositio in Lucam) et saint Jérôme (Epistulae 22, 21).

Deux citations de saint Irénée illustrent ce fil commun d’interprétation biblique. Tout d’abord, il déclare : « Le nœud de la désobéissance d’Ève a été dénoué par l’obéissance de Marie : ce que la vierge Ève a lié par son incrédulité, Marie l’a dénoué par sa foi ». De même, il affirme : « Ève était la mère des vivants dans l’ordre de la nature ; Marie est notre mère dans l’ordre de la grâce ».

Richard De Clue, 13 mai 2025, Extraits.

www.wordonfire.org

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

16.09.2025 – SAINTE DU JOUR

Sainte Édith de Wilton
Vierge, Princesse d’Angleterre 
(961-984)

Édith vint au monde en 961. Elle était fille naturelle du roi Edgar. Ce prince l’avait eue d´une dame illustre par sa naissance, qu’il avait enlevée, et qui se nommait Wulfride ou Wilfrith. 

Sa femme étant morte, il voulut épouser celle qu’il avait déshonorée ; mais Wulfride ne voulut point y consentir, et alla même prendre le voile dans le monastère de Wilton, dont elle devint abbesse peu de temps après. Elle voulut se charger elle-même du soin d’élever Édith, sa fille, qui par là fut arrachée à la corruption du monde, avant d’en avoir ressenti les effets. C’est ce qui a fait dire au rédacteur du martyrologe romain, en parlant de notre Sainte, que, « s’étant consacrée à Dieu dès son enfance, elle avait moins quitté le monde qu’elle ne l’avait ignoré » : ignorance infiniment précieuse, et qui est le plus sûr moyen de vivre dans une parfaite innocence.

La jeune princesse profita si bien des exemples et des instructions de sa mère, qu’elle se fit religieuse dans le même monastère. Elle faisait l’office de Marthe à l’égard de toutes les religieuses et des externes, et les fonctions de Marie à l’égard de Notre-Seigneur ; car, sans considérer sa naissance, elle s’appliquait aux plus vils ministères de la maison, assistait les malades, et se faisait la servante des étrangers et des pauvres. Elle fonda pour eux, près de son monastère un hôpital pour en entretenir toujours treize. Secourant de ses aumônes et de ses soins ceux qu’elle savait être dans l’indigence, elle cherchait les affligés pour leur donner de la consolation, et aimait mieux converser avec les lépreux, qui sont abandonnés de tout le monde, qu’avec les premiers princes du royaume. Plus les personnes étaient rebutées des autres à cause de leurs infirmités, plus elles étaient bienvenues auprès d’elle ; en un mot, Édith était incomparable dans son zèle à rendre service à son prochain. L’abstinence faisait ses plus grandes délices, et elle fuyait autant les viandes délicates que les autres les recherchent avec empressement, joignant à cette mortification celle d’un rude cilice qu’elle portait sur sa chair nue, afin de réprimer de bonne heure les mouvements de la nature. Telle fut la vie de cette jeune princesse jusqu’à l’âge de quinze ans.

Le roi informé de tant de belles qualités de sa fille, voulut la faire abbesse de trois monastères ; mais elle le remercia, et se contenta de lui proposer pour cela des religieuses que son humilité lui faisait juger beaucoup plus capables qu’elle d’occuper ces places. Elle ne put se résoudre à quitter une maison où elle avait déjà reçu tant de grâces ; elle aima mieux obéir que commander, et demeurer sous la conduite de sa mère, que d’être chargée de la conduite des autres. Mais son humilité parut bien davantage lorsqu’elle refusa la couronne d’Angleterre ; car après la mort de saint Édouard II que l’Église honore comme un martyr, les seigneurs vinrent la trouver pour lui présenter le sceptre, et employèrent toutes les raisons possibles, et même tentèrent les voies de la violence pour l’obliger de l’accepter. Elle leur résista toujours généreusement, et l’on aurait plutôt transmué les métaux, dit son historien, que de la retirer de son cloître, et de lui faire quitter la résolution qu’elle avait prise d´être toute sa vie dévouée au service de Dieu.

Elle avait fait bâtir une église en l’honneur de saint Denis ; elle pria saint Dunstan d’en faire la dédicace. Pendant la solennité de la messe, ce saint prélat eut la révélation que la mort de la jeune princesse, qui n’avait encore que vingt trois ans, arriverait au bout de quarante jours. Cette nouvelle attendrit son cœur et tira de ses yeux des torrents de larmes : « Hélas ! » dit-il à son diacre qui lui demanda le sujet de sa tristesse, « nous perdrons bientôt notre bien-aimée Édith ; le monde n’est plus digne de la posséder. Elle a, en peu d’années, acheté la couronne qui lui est préparée dans les cieux. Sa ferveur condamne notre lâcheté ; notre vieillesse n’a pu encore mériter cette grâce ; elle va jouir des clartés éternelles, et nous demeurons toujours sur la terre dans les ténèbres et les ombres de la mort ». S’étant aperçu, durant la cérémonie, que la Sainte faisait souvent le signe de la croix sur le front, il dit aussi par un esprit de prophétie : « Dieu ne permettra pas que ce pouce périsse jamais ».

L’événement vérifia l’une et l´autre de ces deux prédictions : au bout de quarante jours, le 16 septembre 984, elle rendit son âme dans la même église, entre les mains des anges, qui honorèrent son décès de leur présence et d’une mélodie céleste ; et ce même pouce, dont elle s’était tant de fois servie pour former sur elle le signe de la croix, fut trouvé treize ans après sa mort sans aucune marque de corruption, quoique tout le reste de son corps fût presque entièrement réduit en cendres. Cette église de Saint-Denis, qu’elle avait souvent visitée et arrosée de ses larmes pendant sa vie, lui servit de sépulture. Trente jours après son décès, elle apparut à sa mère avec un visage serein et tout lumineux, lui disant que le Roi des anges, son cher Époux, l’avait mise dans sa gloire; que Satan avait fait tout ce qu’il avait pu pour l´empêcher d’y entrer, en l’accusant devant Dieu de plusieurs fautes ; mais que, par le secours des saints Apôtres, et par la vertu de la croix de son Sauveur Jésus, elle lui avait écrasé la tête, et, en triomphant de sa malice, l’avait envoyé dans les enfers.

Plusieurs miracles ont été opérés par ses mérites. Nous rapporterons seulement l’exemple suivant, qui montre combien pèchent ceux qui usurpent les biens de l´Église. Un homme s´étant approprié une terre de sainte Édith, tomba tout à coup si malade, qu’on le crut mort sans avoir eu le temps de faire pénitence. Mais un peu après, étant revenu à lui, il dit aux assistants : « Ah ! mes amis, ayez pitié de moi et secourez-moi par la ferveur de vos prières ; l’indignation de sainte Édith contre moi est si grande que, pour me punir de l’usurpation que j’ai faite d’une terre qui lui appartenait, elle chasse mon âme malheureuse du ciel et de la terre. Il faut que je meure, et cependant je ne puis mourir. Je veux réparer mon injustice, et restituer à l’Église le bien que je lui ai ravi ». Il n’eut pas plus tôt témoigné cette bonne volonté, qu’il expira paisiblement. On la représente tenant d’une main une bourse, et de l’autre une pièce de monnaie, pour marquer son grand amour pour les pauvres.

Sainte Édith de Wilton priez pour nous !

16.09.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 7,11-17. 

En ce temps-là, Jésus se rendit dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule.
Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on emportait un mort pour l’enterrer ; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule importante de la ville accompagnait cette femme.
Voyant celle-ci, le Seigneur fut saisi de compassion pour elle et lui dit : « Ne pleure pas. »
Il s’approcha et toucha le cercueil ; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. »
Alors le mort se redressa et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère.
La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu en disant : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. »
Et cette parole sur Jésus se répandit dans la Judée entière et dans toute la région.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Augustin (354-430)

évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

Sermon 98

« Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi »

      Que personne ne doute, s’il est chrétien, que même maintenant des morts ressuscitent. Certes, tout homme a des yeux par lesquels il peut voir des morts ressusciter de la manière qu’est ressuscité le fils de cette veuve dont il vient d’être question dans l’évangile. Mais tous ne peuvent pas voir ressusciter ceux qui sont morts spirituellement ; pour cela il faut être déjà ressuscité intérieurement. Il est plus grand de ressusciter quelqu’un qui doit vivre pour toujours que de ressusciter quelqu’un qui doit mourir à nouveau.       La mère de ce jeune homme, cette veuve, a été transportée de joie de voir son fils ressusciter. Notre mère, l’Église, se réjouit aussi en voyant tous les jours la résurrection spirituelle de ses enfants. Le fils de la veuve était mort de la mort du corps ; mais ceux-là, de la mort de l’âme. On répandait des larmes sur la mort visible du premier ; mais on ne se souciait pas de la mort invisible des derniers, on ne la voyait même pas. Le seul qui n’y est pas resté indifférent, c’est celui qui connaissait ces morts ; seul connaissait ces morts celui qui pouvait leur rendre la vie. En effet si le Seigneur n’était pas venu pour ressusciter les morts, l’apôtre Paul n’aurait pas dit : « Lève-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts et le Christ t’illuminera ! » (Ep 5,14)

LECTURES :

Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 3,1-13. 

Voici une parole digne de foi : si quelqu’un aspire à la responsabilité d’une communauté, c’est une belle tâche qu’il désire.
Le responsable doit être irréprochable, époux d’une seule femme, un homme sobre, raisonnable, équilibré, accueillant, capable d’enseigner,
ni buveur ni brutal mais bienveillant, ni querelleur ni cupide.
Il faut qu’il dirige bien les gens de sa propre maison, qu’il obtienne de ses enfants l’obéissance et se fasse respecter.
Car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment pourrait-il prendre en charge une Église de Dieu ?
Il ne doit pas être un nouveau converti ; sinon, aveuglé par l’orgueil, il pourrait tomber sous la même condamnation que le diable.
Il faut aussi que les gens du dehors portent sur lui un bon témoignage, pour qu’il échappe au mépris des hommes et au piège du diable.
Les diacres, eux aussi, doivent être dignes de respect, n’avoir qu’une parole, ne pas s’adonner à la boisson, refuser les profits malhonnêtes,
garder le mystère de la foi dans une conscience pure.
On les mettra d’abord à l’épreuve ; ensuite, s’il n’y a rien à leur reprocher, ils serviront comme diacres.
Les femmes, elles aussi, doivent être dignes de respect, ne pas être médisantes, mais sobres et fidèles en tout.
Que le diacre soit l’époux d’une seule femme, qu’il mène bien ses enfants et sa propre famille.
Les diacres qui remplissent bien leur ministère obtiennent ainsi une position estimable et beaucoup d’assurance grâce à leur foi au Christ Jésus.

Psaume 101(100),1-2ab.2cd-3ab.5.6. 

R/ Je marcherai d’un cœur parfait, Seigneur. (Ps 100, 2c)

Je chanterai justice et bonté : 
à toi mes hymnes, Seigneur !
J’irai par le chemin le plus parfait ;
quand viendras-tu jusqu’à moi ?

Je marcherai d’un cœur parfait
avec ceux de ma maison ;
je n’aurai pas même un regard
pour les pratiques démoniaques.

Qui dénigre en secret son prochain, 
je le réduirai au silence ; 
le regard hautain, le cœur ambitieux, 
je ne peux les tolérer.

Mes yeux distinguent les hommes sûrs du pays : 
ils siégeront à mes côtés ; 
qui se conduira parfaitement 
celui-là me servira.