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Une lecture biblique et patristique de Marie (II)

Une lecture biblique et patristique de Marie (II)
Marie n’est pas seulement considérée comme la nouvelle Ève, mais aussi comme la nouvelle Arche ou l’Arche de la nouvelle Alliance. Ceci est au moins partiellement fondé sur des parallèles évidents entre les scènes de la Visitation dans Luc 1 et 2 Samuel 6.
Comme l’explique le Professeur Andrew Swafford, « un tel parallèle serait extrêmement significatif puisque l’Arche était l’objet le plus sacré de tout Israël. Elle est sainte parce qu’elle porte la présence même de Dieu. L’arche contenait les dix commandements, une jarre contenant la manne et le bâton sacerdotal d’Aaron (Hébreux 9,4). De même, Marie porte Jésus qui est le Verbe de Dieu incarné, le pain de vie et le grand prêtre éternel ».
Quels sont ces parallèles ? Tout d’abord, on trouve un langage très similaire dans 2 Samuel 6,9 et Luc 1,43, à savoir :
« Comment l’arche du Seigneur peut-elle venir jusqu’à moi ? Et « Comment m’arrive-t-il que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? ». S’il s’agissait d’un cas unique, on pourrait peut-être parler de coïncidence. Mais les parallèles persistent. Comparez « Comme l’arche de l’Éternel entrait…, le roi David sautait et dansait devant le Seigneur » (2 Sam. 6,16) et « Car au moment où le son de ta salutation est parvenu à mes oreilles, l’enfant qui était dans mon sein a tressailli d’allégresse » (Luc 1,44). Un autre parallèle est établi entre 2 Samuel 6,11 et Luc 1,56 : « L’arche du Seigneur resta trois mois dans la maison d’Obed Édom de Gath » et « Marie resta avec elle environ trois mois ».
En outre, il semble y avoir un autre parallèle entre Marie et l’Arche lorsque l’on compare Luc 1,35 et Exode 40,34-38. Dans le premier cas, Marie est « recouverte » par la puissance du Très-Haut. Dans le second, la gloire du Seigneur (shekinah) couvrait l’arche d’alliance.
Il y aurait encore beaucoup à dire sur le fondement solide de la doctrine et de la piété mariales dans les Saintes Écritures et les sources patristiques, mais cela devrait suffire à montrer que les Catholiques sont tout sauf « anti-bibliques » lorsqu’il s’agit de reconnaître la béatitude de Marie.
Une chose est sûre : Jésus aime profondément sa Mère bénie, Marie. En union avec son Sacré-Cœur, nous devons nous aussi l’aimer profondément.
Richard DeClue, 13 mai 2025, Extraits.
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
17.09.2025 – SAINTE DU JOUR

Sainte Hildegarde De Bingen
Abbesse
(1098-1179)
Hildegarde était d’une noble famille germanique. Elle naît en 1098 en Rhénanie, probablement à Bermersheim, près d’Alzey, et meurt en 1179, à l’âge de 81 ans.
Très jeune, on la confie au couvent de Disibodenberg, un monastère double, sur les bords du Rhin, où moines et moniales chantent la louange divine en des bâtiments mitoyens.
Devenue abbesse, elle s’en va fonder une autre communauté à Bingen puis une à Eibingen. Elle voyage, va où on l’appelle, prêche dans les cathédrales et les couvents, correspond avec toutes les têtes couronnées, les pontifes de son temps, saint Bernard et bien d’autres. Elle plaide pour une réforme radicale de l’Église.
Depuis sa petite enfance, elle est favorisée de visions exceptionnelles. Par obéissance, elle les couchera sur le papier. Ses récits apocalyptiques (au sens littéral de dévoilement des fins dernières) donnent de l’univers une vision étonnante de modernité où la science actuelle peut se reconnaître (création continue, énergie cachée dans la matière, magnétisme) mais qui peut aussi apaiser la soif actuelle de nos contemporains tentés par le « Nouvel Age ». « Le monde ne reste jamais dans un seul état », écrit-elle.
L’essentiel de sa pensée réside dans le combat entre le Christ et le prince de ce monde, au cœur d’un cosmos conçu comme une symphonie invisible. Dante lui emprunta sa vision de la Trinité.
Le Pape Benoît XVI a proclamé, dimanche 7 octobre 2012, sainte Hildegarde de Bingen et Saint Jean d’Avila (1499/1500-1569) Docteurs de l’Église.
Pour approfondir, lire le Catéchèses du Pape Benoît XVI :
>>> Sainte Hildegarde de Bingen (1)
>>> Sainte Hildegarde de Bingen (2)
Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm »).
Sainte Hildegarde De Bingen priez pour nous !

17.09.2025 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 7,31-35.
En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « À qui donc vais-je comparer les gens de cette génération ? À qui ressemblent-ils ?
Ils ressemblent à des gamins assis sur la place, qui s’interpellent en disant : “Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous n’avez pas pleuré.”
Jean le Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas de pain, il ne boit pas de vin, et vous dites : “C’est un possédé !”
Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et vous dites : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.”
Mais, par tous ses enfants, la sagesse de Dieu a été reconnue juste. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :
Saint Basile (v. 330-379)
moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
Prologue aux Grandes Règles (in Les règles monastiques; trad. L. Lèbe; Ed. Maredsous, 1969; rev.)
Dieu nous appelle inlassablement à nous convertir
Frères, ne demeurons pas dans l’insouciance et le relâchement ; ne remettons pas toujours avec légèreté, à demain ou à plus tard, pour commencer à nous mettre à l’œuvre. « C’est maintenant l’heure favorable, dit l’apôtre Paul, c’est aujourd’hui le jour du salut » (2Co 6,2). Actuellement, c’est le temps de la pénitence, plus tard ce sera celui de la récompense ; à présent, c’est le temps de la persévérance, un jour viendra celui de la consolation. Maintenant Dieu vient en aide à ceux qui se détournent du mal ; plus tard il sera le juge des actes, des paroles et des pensées des hommes. Aujourd’hui nous profitons de sa patience ; nous connaîtrons la justice de ses jugements, à la résurrection, quand nous recevrons chacun selon ses œuvres. Jusqu’à quand donc remettrons-nous d’obéir au Christ qui nous appelle dans son Royaume céleste ? Ne nous purifierons-nous pas ? Ne nous résoudrons-nous pas à abandonner notre genre de vie habituel pour suivre l’Évangile jusqu’au bout ?

LECTURES :
Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 3,14-16.
Bien-aimé, je t’écris avec l’espoir d’aller te voir bientôt.
Mais au cas où je tarderais, je veux que tu saches comment il faut se comporter dans la maison de Dieu, c’est-à-dire la communauté, l’Église du Dieu vivant, elle qui est le pilier et le soutien de la vérité.
Assurément, il est grand, le mystère de notre religion : c’est le Christ, manifesté dans la chair, justifié dans l’Esprit, apparu aux anges, proclamé dans les nations, cru dans le monde, enlevé dans la gloire !

Psaume 111(110),1-2.3-4.5-6.
R/ Grandes sont les œuvres du Seigneur ! (Ps 110, 2a)
De tout cœur je rendrai grâce au Seigneur
dans l’assemblée, parmi les justes.
Grandes sont les œuvres du Seigneur ;
tous ceux qui les aiment s’en instruisent.
Noblesse et beauté dans ses actions :
à jamais se maintiendra sa justice.
De ses merveilles il a laissé un mémorial ;
le Seigneur est tendresse et pitié.
Il a donné des vivres à ses fidèles,
gardant toujours mémoire de son alliance.
Il a montré sa force à son peuple,
lui donnant le domaine des nations.

16.09.2025 – MESSE À NOTRE-DAME DE PARIS
16.09.2025 – VÊPRES À NOTRE-DAME DE PARIS
16.09.2025 – CHAPELET À LOURDES
03.09.2025 – LETTRE DE LIAISON NO 177

Lettre de liaison n° 177 (3 septembre 2025)
Chers amis,
Vous avez été nombreux à participer à la neuvaine au Cœur Immaculé de Marie, organisée du 13 au 21 août, pour obtenir que le Saint-Père approuve et recommande la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois (voir précédente lettre de liaison). Nos prières semblent avoir porté du fruit, car des autorités romaines ont pu être approchées et se sont montrées ouvertes à notre demande. Nous espérons qu’elles pourront convaincre le Saint-Père de faire ce qu’a demandé la Sainte Vierge il y a cent ans. Si nous apprenons du nouveau, nous n’omettrons pas de vous tenir au courant dans la mesure où nous serons autorisés à en parler.
Il faut donc continuer à prier, et les bruits de guerre que nous entendons depuis des mois doivent nous inciter à la plus grande ferveur. En particulier, samedi, n’omettons pas de faire notre communion réparatrice. Pour ce mois de septembre, le Jubilé 2025 des premiers samedis du mois de Fatima organise une messe à La Salette. Que ceux qui sont proches n’hésitent pas à aller soutenir les motards qui seront présents ce jour-là.
Quoi que nous fassions, prions avec la foi du centurion de Capharnaüm, avecl’humilité du publicain au temple et avec la persévérance de l’aveugle de Jéricho.
Poursuivons maintenant nos réflexions sur le message de Fatima.
Le message de Fatima
Avec les apparitions de Tuy en 1929 et 1930 (voir lettre de liaison n° 175), le message de Fatima est complet. Depuis quatre ans (à partir de la lettre de liaison n° 123 de juillet 2021), nous avons analysé les différents enseignements ou révélations que l’Ange et Notre-Dame confièrent aux trois petits voyants. Il convient désormais d’en faire une synthèse pour en avoir une vision globale nous permettant de mieux en apprécier la richesse et l’importance.
Le message peut se résumer ainsi :
Dieu nous demande de pratiquer et de répandre dans le monde
la dévotion au Cœur Immaculé de Marie,
pour réparer les offenses qui Lui sont faites et ainsi obtenir
la conversion des pécheurs et la paix dans le monde.
Outre l’annonce de cette volonté divine concernant la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, le message rappelle plusieurs vérités qui, de nos jours, sont malheureusement souvent oubliées voire niées. C’est pourquoi il est important de bien connaître ces rappels que le Ciel nous a envoyés, précisément avant une période où ces notions auront tendance à être occultées.
Le message a été communiqué en trois phases : en 1916 par les 3 apparitions de l’Ange ; en 1917 par les 6 apparitions de la Sainte Vierge ; entre 1925 et 1930, par 4 autres apparitions de Notre-Dame, Notre-Seigneur ou l’Enfant-Jésus. Voyons aujourd’hui le message délivré au cours de la première phase.
Le message de l’Ange
Voici toutes les paroles prononcées par l’Ange en 1916 :
Au printemps (analyse dans les lettres n° 123 & n° 124) :
N’ayez pas peur. Je suis l’Ange de la Paix. Priez avec moi. « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui ne Vous aiment pas. » Priez ainsi. Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications.
À l’été (analyse dans les lettres n° 125, n° 126 & n° 127) :
Que faites-vous ? Priez, priez beaucoup ! Les saints Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde. Offrez constamment au Très-Haut des prières et des sacrifices. De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. De cette manière, vous attirerez la paix sur votre patrie. Je suis son Ange gardien, l’Ange du Portugal. Surtout, acceptez et supportez, avec soumission, les souffrances que le Seigneur vous enverra.
À l’automne (analyse dans les lettres n° 129, n° 130, n° 131, n° 137 & n° 138) :
Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs. Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu.
Comme on peut le constater, le message de l’Ange est très bref, mais très dense et d’une très grande richesse. Voici les principaux points enseignés ou rappelés.
1) L’existence et le rôle des anges
Le premier rappel concerne l’existence des anges. L’être qui apparaît à Lucie, François et Jacinthe leur dit : « Je suis l’Ange de la Paix ». Dans l’apparition suivante, l’Ange apportera une double précision ; il dira en parlant du Portugal : « Je suis son Ange gardien, l’Ange du Portugal ». Les pays ont donc, comme chacun d’entre nous, un ange gardien chargé de veiller sur elles, d’inspirer les décisions et les actes de leurs dirigeants. Ainsi se trouvent confirmées l’existence de créatures purement spirituelles et trois des fonctions qui peuvent leur être confiées : ange gardien, ange d’un pays, ange de la paix.
Ce premier enseignement doit nous inciter à toujours agir, dans les différentes circonstances de la vie, avec nos anges gardiens. Nous ne les sollicitons pas assez. Pourtant, nous sommes affaiblis par le péché originel et, pour lutter contre nos mauvais penchants, nous avons besoin d’aide. Pour cela, outre la grâce divine, nous avons nos anges gardiens, ne l’oublions pas. Et tous les pays ont également un ange gardien qu’ils feraient bien d’honorer afin qu’il conseille et inspire ceux qui les gouvernent.
2) La nécessité de la prière
Le deuxième rappel de l’Ange est la nécessité de la prière et, aux petits voyants, il montre l’exemple en disant : « Priez avec moi ». Puis il leur apprend une prière et leur ordonne une deuxième fois : « Priez ainsi. » Cette importance de la prière est telle qu’il renouvellera sa demande au cours des apparitions suivantes. Lors de la deuxième apparition, il leur fait même le reproche de ne pas prier, car ses premières paroles sont pour leur dire : « Que faites-vous ? Priez, priez beaucoup ! ». Il rappelle en quelque sorte l’enseignement de Notre-Seigneur disant : « Veillez donc et priez sans cesse. » (Luc XXI, 36), enseignement que saint Paul reprendra dans sa 1re lettre aux Thessaloniciens : « Priez sans cesse ». (1 Thes V, 17)
Enfin, lors de sa troisième apparition, l’Ange apprendra une deuxième prière aux petits voyants. Il les prépare ainsi à ce que Notre-Dame dira elle aussi l’année suivante : nous devons prier sans cesse. Mais pour nous qui sommes dans le monde, comment pouvons-nous prier sans cesse ? Car notre devoir d’état nous charge de nombreuses obligations au cours desquelles il peut être difficile de prier. Il ne faut pas oublier que tout ce que nous faisons dans la journée est une prière si nous n’omettons pas de l’offrir et de le faire par amour pour Jésus. C’est pourquoi il est important de ne jamais oublier de commencer sa journée en offrant, dès son lever, tout ce que nous allons faire dans la journée.
L’Ange apprend également aux petits voyants dans quelle attitude prier : en se prosternant le front jusqu’à terre, par humilité et avec la conscience de la majesté divine. N’oublions jamais d’associer notre ange gardien à nos prières, de bien prier avec lui. Soyons conscient de sa présence auprès de nous à chaque instant de notre vie et plus particulièrement lorsque nous prions
3) Les vertus théologales
Pour aider les petits voyants à bien prier, l’Ange leur enseigne deux courtes prières. La première est toute simple ; elle est fondée sur les trois vertus théologales de foi, d’espérance et de charité, vertus qui doivent accompagner l’adoration de notre Créateur : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime ». L’Ange rappelle ainsi une des bases de notre foi : nous croyons en Dieu, nous L’adorons puisqu’il est notre Créateur et nous plaçons en Lui notre espérance car notre destin est entre ses mains. Toute prière devrait commencer ainsi. C’est en raccourci ce que propose la prière du matin figurant dans le missel romain (voir lettre de liaison n° 124). Nous devrions savoir par cœur cette prière de l’Ange et la dire de temps en temps dans la journée. Quelle plus belle prière pourrions-nous faire que celle enseignée par un envoyé du Ciel ?
4) La réparation des offenses faites à Notre-Seigneur
Ensuite, l’Ange insiste sur la nécessité de réparer les offenses faites à Notre-Seigneur. Ce point est si important qu’il en parle à chacune de ses trois apparitions. Dans la première, il dit : « Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui ne Vous aiment pas. » Dans la seconde, il demande aux petits voyants : « Offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé ». Enfin dans la troisième, dans la nouvelle prière qu’il leur enseigne, il leur demande d’offrir leur communion « en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il [Notre-Seigneur] est Lui-même offensé. (…) Réparez leurs crimes [ceux des pécheurs] et consolez votre Dieu ».
Car nos péchés offensent Dieu. Or l’offense est d’autant plus grande que la personne offensée est élevée en dignité. Dieu étant infini, l’offense à Dieu est infinie et mérite un châtiment infini. Mais, par pure miséricorde, Dieu accepte de nous accorder son pardon si nous accomplissons les actes de réparation qu’Il demande.
Dans ses apparitions, l’Ange ne parle que des offenses faites à Notre-Seigneur ; il laisse à sa reine le soin de demander, l’année suivante, la réparation des offenses faites à son Cœur immaculé.
Cet esprit de réparation est omniprésent dans le message de Fatima. Il est en particulier une des conditions nécessaires pour bien faire la communion réparatrice du premier samedi du mois. Et il devrait animer toutes nos prières.
5) La conversion des pécheurs
Ensuite, à la réparation des offenses, l’Ange demande d’associer la conversion des pécheurs. Dans sa première apparition, le thème est seulement esquissé ; dans la prière qu’il enseigne, il dit simplement : « Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, etc. ». Par contre, dans ses deux autres apparitions, il est parfaitement explicite : « Offrez à Dieu un sacrifice en acte (…) de supplication pour la conversion des pécheurs », puis dans la deuxième prière enseignée : « Je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». Une fois encore, l’Ange prépare ce que dira Notre-Dame l’année suivante.
En offrant des sacrifices dans un “acte du supplication” pour demander la conversion des pécheurs, nous faisons un très bel acte de charité à leur égard : nous nous substituons à eux pour éloigner d’eux les châtiments de Dieu et implorer sur eux la miséricorde divine.
6) L’union des deux cœurs de Jésus et Marie
L’Ange attire ensuite l’attention des enfants sur les cœurs de Jésus et de Marie. Lors de ses trois apparitions, il unira à chaque fois les deux cœurs. Il termine sa 1reapparition en disant : « Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications. » Dans la 2e apparition, il dit : « Les saints Cœurs de Jésus et de Marieont sur vous des desseins de miséricorde. » Il le fait encore dans la 3e apparition : « Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, …»
Notons bien que l’Ange ne parle pas de “Jésus et Marie”, mais des « Cœurs de Jésus et Marie ». Car le siège de la prière, c’est le cœur. Notre prière part du cœur et doit s’adresser aux deux cœurs de Jésus et Marie qui sont nos plus précieux, nos plus puissants, nos plus fidèles alliés, le chemin le plus sûr pour aller à Dieu. L’Ange confirme ainsi la dévotion au Sacré-Cœur enseignée à sainte Marguerite-Marie (« Il m’a assuré qu’Il prenait un singulier plaisir d’être honoré sous la figure de ce cœur de chair, dont Il voulait que l’image fût exposée en public, afin, de toucher le cœur insensible des hommes » ; « Voici ce cœur qui tant aimé les hommes ») et prépare les enfants à recevoir la révélation de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, l’année suivante.
7) La réparation par les sacrifices et la communion
Pour faire réparation, l’Ange demande deux choses : offrir des sacrifices (dans sa 2eapparition) et offrir nos communions (dans sa 3e apparition).
Dans la deuxième apparition, il précise les sacrifices demandés : « De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. (…) Surtout, acceptez et supportez, avec soumission, les souffrances que le Seigneur vous enverra. »
En effet, la souffrance est indissociable de la réparation des offenses faites à Dieu. Elle peut être un acte de justice pour effacer le châtiment que méritent nos propres péchés. Elle peut aussi être un acte de charité pour réparer les péchés des autres. Ces souffrances peuvent être physiques (comme pour François et Jacinthe lors de la maladie qui les emporta), intellectuelles (par exemple l’incompréhension de ceux qui nous entourent), morales (lorsque le comportement des pécheurs nous scandalise) ou spirituelles (lorsque, pour un temps, Dieu permet que nous soyons privés de consolations afin de nous rappeler la misère de notre condition humaine et la nécessité de L’implorer).
Ces souffrances offertes sont nécessaires, car il ne peut y avoir de prière véritable, sincère, si elle n’est pas accompagnée de sacrifices. Le sacrifice est la preuve donnée à Dieu que notre prière n’est pas que de pure forme, qu’elle va plus loin que la marque d’une simple convention, l’accomplissement ordinaire d’un devoir. La prière, c’est la parole ; le sacrifice, c’est l’acte par lequel notre prière trouve son achèvement.
Ainsi, l’Ange indique précisément une des cinq pratiques de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie et en donne les fruits : offrir des sacrifices pour obtenir la conversion des pécheurs et la paix dans le monde.
8) Le caractère propitiatoire de la messe
Dans la deuxième prière qu’il enseigne aux petits voyants, l’Ange dit : « Je Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est Lui-même offensé». L’Ange rappelle ainsi deux points malheureusement souvent déformés de nos jours.
L’Ange rappelle que la messe est avant tout un sacrifice, le renouvellement non sanglant du sacrifice de Notre-Seigneur sur la croix, lors de sa Passion et que ce sacrifice est propitiatoire. En effet, la messe a quatre buts : latreutique (rendre le culte suprême de latrie ou d’adoration), eucharistique (le remercier de ses bienfaits), propitiatoire (l’apaiser et lui donner satisfaction pour nos péchés) et impétratoire (obtenir les grâces en faveur des fidèles vivants et des trépassés) (Catéchisme de la doctrine chrétienne de saint Pie X, n° 331).
Il rappelle aussi le dogme de la présence réelle : Jésus est présent dans l’hostie avec son corps, son sang, son âme et sa divinité. (Catéchisme de la doctrine chrétienne de saint Pie X, n° 351).
Et pour que ces rappels soient parfaitement clairs, l’Ange les répète sous une autre forme : « Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu. » Ainsi, en offrant nos communions, nous pouvons réparer les crimes faits contre Dieu et Le consoler. Le caractère propitiatoire de la messe est donc clairement rappelé deux fois par l’Ange.
9) La communion des petits enfants
En disant « Prenez et buvez … », l’Ange donne la communion aux trois petits voyants. Il confirme ainsi la décision de saint Pie X, formalisée par le décret Quam singulari du 8 août 1910, autorisant la communion des jeunes enfants à partir de l’âge de raison, c’est-à-dire environ sept ans. Notons que l’Ange ne célèbre pas la messe et ne réalise pas la consécration, acte réservé aux seuls prêtres ; il se contente de donner aux enfants, par la communion, l’hostie et le vin déjà consacrés.
*****
Ainsi, l’Ange a présenté plusieurs points essentiels de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie : la nécessité de prier beaucoup (la Sainte Vierge demandera la récitation quotidienne du chapelet) ; l’offrande des sacrifices pour réparer les offenses faites à Notre-Seigneur et obtenir la conversion des pécheurs.
Il joint à cet enseignement le rappel de plusieurs points du catéchisme. Nous n’avons présenté que les principaux, mais il aurait été possible d’en commenter d’autres, comme la Sainte Trinité ou la puissance de la prière des enfants sur le cœur de Dieu (« Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications »), …
On le voit : le message délivré par l’Ange, malgré sa brièveté, est d’une richesse extraordinaire. C’est un véritable catéchisme. Seul un envoyé divin pouvait exprimer aussi clairement tant de choses en aussi peu de mots. Alors, n’hésitons pas à revenir sur les paroles de l’Ange, à les méditer et à les faire nôtres.
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus