Salvador Parra, le “Curé d’Ars espagnol” béatifié ce samedi 

Salvador Parra, le “Curé d’Ars espagnol” béatifié ce samedi 

Dans la petite commune andalouse de Huércal-Overa subsiste l’ombre vivante d’un prêtre ordinaire à l’extraordinaire dévouement : le père Salvador Valera Parra, béatifié ce 7 février, témoigne d’une sainteté vécue dans le simple don de soi. 

Il n’a pas fondé d’abbaye, ni écrit d’œuvres majeures. Pourtant, l’Église le reconnaît comme bienheureux ce 7 février 2026. Le père Salvador Valera Parra, surnommé le « Curé d’Ars espagnol », a laissé une empreinte forte dans la mémoire des habitants du petit village andalou où il a servi toute sa vie.

Un dévouement radical 

On en parle comme s’il vivait encore. Au cœur de la commune andalouse de Huércal-Overa, l’excitation monte à l’approche de la béatification du père Salvador Valera Parra. C’est dans ce village espagnol que naît le futur bienheureux en 1816. Très tôt, il décide de se consacrer aux plus démunis et de donner sa vie à Dieu en devenant prêtre. Vicaire, curé puis archiprêtre, il exerce son ministère avec un dévouement radical qui marque les générations. Certains habitants de la commune gardent encore aujourd’hui une photo de lui dans leur portefeuille. Pour présider la cérémonie de sa béatification, c’est le cardinal Marcello Semeraro, préfet du Dicastère pour la Cause des saints, qui se rendra, ce 7 février, à Huércal-Overa. 

Le « Curé d’Ars espagnol »

« C’est un homme qui, en apparence, n’a rien fait d’extraordinaire. » Voilà comment est décrit le père Parra dans la lettre pastorale qui lui est consacrée. Surnommé par certains le « Curé d’Ars espagnol », le futur bienheureux n’a pourtant rien écrit ou prononcé qui n’ait marqué les esprits. « Ce n’est pas un saint intellectuel, mais un homme de don », explique à la rédaction hispanophone d’Aleteia José Juan Alarcón, délégué pour les Causes des saints. « Ce qui rayonne, c’est sa sainteté de vie. » Les témoignages rapportent la figure d’un curé dévoué à son peuple, humble, prenant soin de ses fidèles avec charité. De belles histoires marquent ses années de service comme la pacification d’une rébellion au sein du pénitencier de Carthagène ou ses nombreuses visites dans des foyers divisés. On raconte que, partout où il va, le père Parra apporte la paix à ses paroissiens. Il les écoute, les connaît, prie pour eux et partage leurs besoins et leurs joies. 

Un don discret

Lors de situations d’urgence, le père Parra apporte une aide spirituelle et matérielle aux habitants de son village, avec discrétion et simplicité. Son quotidien dit aussi beaucoup de sa manière de vivre la charité :  une pièce laissée sous l’oreiller d’un malade, un don de vêtements, de nourriture… Homme discret mais homme d’action, il convainc sainte Thérèse Jornet, fondatrice de la congrégation des Petites Sœurs des Pauvres, d’ouvrir une maison de retraite dans son village. Au milieu du XIXe siècle, il risque au moins deux fois sa vie pour soigner les malades lors de l’épidémie de choléra. Pour ses actes de bravoure, la reine Isabelle II lui décerne l’Ordre de Charles III et la mairie de sa commune lui offre un calice, aujourd’hui conservé dans sa paroisse. Grand adorateur de l’Eucharistie, le futur bienheureux passe plusieurs heures dans son confessionnal et beaucoup témoignent de la manière dont les messes qu’il célèbre touchent ceux qui y assistent. 

Aujourd’hui encore, la mémoire et la réputation de sainteté du père Parra sont vivaces. Des tableaux à son effigie ornent les murs des bâtisses de son village et la simple maison où il a grandi est conservée à l’identique. Beaucoup continuent de lui confier leurs prières et de demander des miracles. Le 14 janvier 2007, c’est la guérison d’un bébé, né sans aucun signe de vie aux États-Unis, qui a permis l’avancée de sa cause de béatification. Le médecin chargé de l’accouchement, fidèle du père Parra, avait alors prononcé une prière spontanée pour demander son intercession. En quelques minutes, sans aucune intervention médicale, le bébé a commencé à montrer des signes de vie. Un événement  reconnu comme un miracle par le Vatican, le 20 juin dernier.  

Source: ALETEIA, le 6 février 2026

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