
Il y a 25 ans ce jour, Rome publiait la troisième partie du secret de Fatima. Cette publication avait été annoncée le 13 mai 2000 dans le sanctuaire lors de la cérémonie de béatification de Jacinthe et François. Ci-dessus image de la façade de la basilique du Rosaire à Fatima, lors de la cérémonie de leur canonisation le 13 mai 2017.
Pour cet anniversaire, nous retracerons en 2 publications les événements le concernant, depuis sa formulation et sa demande de rédaction, puis sa mise par écrit et son transfert à Leiria, l’examen par transparence du document le contenant. Nous citerons ce qu’en ont dit ceux qui en ont eu connaissance et donneront les grandes lignes du dossier remis à la presse le 26 juin 2000 et les commentaires d’Yves de Lassus.
Le titre reprend un extrait de la fin de la dernière phrase de ce texte en 3 parties, communiqué par Notre Dame aux voyants de Fatima le 13 juillet 1917. (Extrait du quatrième mémoire de sœur Lucie) ‘’ …..Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi, etc. (sic). Cela, ne le dites à personne. A François, oui, vous pouvez le dire. ‘’
François voyait l’apparition, mais ne l’entendait pas. Après chaque départ de Notre Dame, Lucie et Jacinthe lui répétaient ses paroles, montrant la cohérence parfaite des propos expliquant ce qu’Elle leur avait montré. Les 3 voyants ont donc connu les 3 parties du ‘’secret ».
Ce 13 juillet, dans le cadre de la communication du secret, il y avait eu d’abord la vision de l’Enfer en tout début du secret, puis Notre Dame avait donné la raison de cette vision : ‘’ Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé ‘’. C’était un résumé des ‘’ fins dernières » et de la volonté divine du salut pour tous en proposant la dévotion au Cœur Immaculé de marie !
Puis en seconde partie, l’annonce sous condition de la seconde guerre mondiale et le moyen pour l’empêcher et sauver beaucoup d’âmes ‘’ Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes se sauveront et l’on aura la paix… »
‘’Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. » (Cette dernière demande fut faite il y aura 100 ans le 10 décembre prochain; nous en reparlerons.)
Enfin la troisième partie, appelée souvent ‘’le troisième secret ». Dans son troisième mémoire, sœur Lucie ne l’évoquera même pas, et dans son quatrième mémoire, elle n’en citera que les dernières paroles. Notre Dame a voulu rassurer les voyants sur la foi de leur patrie : Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi.
Notre Dame terminera cette apparition centrale par une référence à notre salut et une supplique auprès de son divin Fils à propos des âmes en grand danger de se perdre. (Quand vous réciterez le chapelet, dites après chaque mystère : « O mon Jésus, pardonnez-nous, préservez-nous du feu de l’enfer, attirez au Ciel toutes tes âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin. »)
Le 13 juin 1917, Notre Dame annonça l’avenir des 3 enfants : ‘’ Jacinthe et François, je les emmènerai bientôt ‘’. ‘’Mais toi (Lucie), tu resteras ici pendant un certain temps. Jésus veut se servir de toi afin de me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. »
Le 13 juillet, à la demande de Lucie, elle annonça d’abord que le dernier jour elle ferait un miracle et termina ses propos par la communication d’un texte en 3 parties qu’elle demanda de ne communiquer qu’à François.
Mgr José Alves Correira da Silva, qui venait d’être nommé évêque de Leira dont dépendait Fatima, rencontra Lucie pour la première fois le 13 juin 1921, plus d’un an après le décès de Jacinthe, et lui demanda de conserver son secret.
Les 2 premières parties furent publiées dans son troisième mémoire (Elle appelait ‘’cahier » les documents qu’elle écrivait à son évêque) qu’elle finit d’écrire le 13 août 1941 à la demande de son évêque Mgr da Silva. Toujours à sa demande elle rédigea son quatrième mémoire, le plus complet, qu’elle termina le 8 décembre 1941, ou la seconde partie du secret fut détaillée et compétée par les propos cités en début de publication et terminés ainsi : ‘’ Lorsque vous réciterez le chapelet, dites après chaque mystère : ‘’ O mon Jésus, pardonnez-nous, préservez-nous du feu de l’enfer ; emmenez au paradis toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin ».‘’
En juin 1943, sœur Lucie fut atteinte par une pleurésie. (Voici ci-dessous le passage en page 34 du tome III de l’œuvre du frère Michel de la Sainte Trinité)
Elle se rétablit et pendant l’été, à Valença do Minho, au collège de jeune filles ‘’ Asilo Fonseca », Mgr da Silva et le chanoine Galamba la rencontrèrent. Elle était en bonne santé. Pendant que l’évêque s’entretenait avec la mère supérieure, le chanoine Galamba dit soudain à la voyante : ‘’ Pourquoi ne révélez-vous pas la troisième partie du secret de Notre Dame ? Vous pourriez peut-être nous le dire maintenant ? Alors Lucie faisant un geste de la tête vers Mgr da Silva : ‘’ Maintenant, si Mgr le veut, je puis vous le dire’‘. Alors que l’entretien avec la mère supérieure se terminait, le chanoine dit à l’évêque : ‘’ Monseigneur ! Sœur Lucie dit que si vous voulez, elle peut maintenant révéler la troisième partie du secret »et l’évêque de réponde aussitôt : ‘’ Je ne veux rien faire pour cela ! je ne veux pas m’en mêler ! » . Ah ! c’est dommage, repris l’abbé Galamba, Dites lui au moins de l’écrire sur un papier qu’elle vous remettrait dans une enveloppe cachetée ». L’idée était lancée.
Quelques semaines plus tard, le 15 septembre 1943 sœur Lucie étant de nouveau gravement malade, suite à l’infection d’une piqure mal faite qui nécessita peu après une opération en clinique, Mgr da Sylva et son ami le chanoine Galamba se rendirent à Tuy pour la rencontrer. A la demande verbale de mettre par écrit cette dernière partie, elle répondit qu’il n’était pas nécessaire de le faire, car en quelque sorte elle l’avait déjà dit. Elle ajouta même que de mettre par écrit cette dernière partie, c’était déjà comme la révéler et qu’elle n’avait pas reçu l’autorisation de Notre Seigneur pour le faire. En plus, Mgr da Silva ne lui avait pas donné un ordre express, mais lui avait dit ‘’ Si elle voulait…Si elle trouvait bon de l’écrire … Que ce ne serait pas pour le publier maintenant ». Mais sœur Lucie disait : ‘’ l’écrire c’est déjà le révéler. ». L’ordre écrit qu’elle demanda alors à Mgr da Silva, lui parvint mi-octobre 1943 et 2 mois plus tard elle confia à son confesseur, archevêque de Valladolid, Mg Garcia y Garcia : ‘’ On me demande de l’écrire, soit dans les cahiers ou l’on m’ordonne de noter mon journal spirituel, soit sur une feuille de papier, et de la mettre sous une enveloppe cachetée à la cire. » Elle essaya à plusieurs reprises de mettre par écrit ce qu’on lui demandait sans y parvenir et confia à son confesseur dans une lettre du 24 décembre 1943 ‘’ que ce phénomène n’était pas dû à des causes naturelles. ‘’ Mgr Garcia y Garcia lui écrivit de temporiser, mais entre-temps, Notre Dame intervint le 3 janvier 1944 en lui apparaissant et en lui précisant que c’était bien la volonté de Dieu de mettre par écrit cette dernière partie.
Elle écrivit le 9 janvier à Mgr da Silva : « J’ai écrit ce que vous m’avez demandé ; Dieu a voulu m’éprouver un peu, mais finalement, c’était bien sa volonté : il [le texte] est cacheté dans une enveloppe et celle-ci est dans les cahiers. » Pour cacheter cette enveloppe, elle due se résoudre à utiliser une chute de cire trouvée dans une poubelle. Les cachets sont donc de toute petite dimension. Elle convint avec Mgr da Silva de trouver un moyen sûr pour lui faire parvenir les documents. C’est Mgr Ferreira da Silva, évêque de Gurza, qui fut chargé du transport et qui remit le soir du 17 juin 1944 ‘’les cahiers » et son enveloppe ainsi que des recommandations de sœur Lucie pour le devenir de ces documents.
Mgr da Sylva ne voulut pas prendre connaissance du contenu de l’enveloppe : ‘’ Je n’ai pas voulu le lire. Fatima est entièrement l’œuvre de Dieu. Je ne veux pas m’en mêler ». Par contre il lut certainement le contenu ‘’des cahiers » puisque cette forme de support lui avait déjà permis de connaitre les différents mémoires de sœur Lucie. Ce contenu de ces »cahiers » devait être important car sœur Lucie associa ‘’enveloppe » et ‘’cahiers » dans les documents remis à Mr Gurza. Pendant quelques mois, Mgr da Sylva chercha à qui confier cette petite enveloppe si importante. A Rome, le cardinal Ottaviani conseilla à Mgr da Silva de conserver l’enveloppe à la curie épiscopale de Leiria. C’est le 8 décembre 1944 qu’il plaça donc l’enveloppe de sœur Lucie dans une enveloppe plus grande écrivant dessus une recommandation pour son destinataire après sa mort, le patriarche de Lisbonne, Don Manuel. Il enferma le tout dans son coffre. ( qui devait contenir aussi le fameux cahier reçu le 17 juin 1944) Elle n’en sorti définitivement qu’en 1957 à la demande de Rome. La photo ci-dessous montrant Mgr da Silva et son enveloppe contenant celle de sœur Lucie fut diffusée par le magazine ‘’Life » le 3 janvier 1949.
Le père Alonso explique que : ‘’ Quand Mgr l’évêque se refusa à l’ouvrir, Lucie lui a fait promettre qu’il serait ouvert définitivement et lu au monde à sa mort ou en 1960, selon ce qui se produirait d’abord. Lucie lui dit qu’on pouvait le révéler immédiatement si l’évêque l’ordonnait. Mais elle n’a pas dit qu’il devait le faire immédiatement. Les dates pour en faire la révélation furent déterminées après un dialogue entre l’évêque et Lucie.
Le chanoine Barthas eut un entretien avec sœur Lucie les 17 et 18 octobre 1946 et publia son récit en 1952. A la question qu’il lui posa sur la date de la révélation du troisième secret, Lucie répondit sans hésitation ‘’ en 1960 » et à la raison de cette date, ce fut » Parce que la sainte Vierge le veut ainsi ». Dès 1944, la date de 1960 fut connue du monde catholique.
C’est fin 1956, que le Saint Office, via Mgr Cento, nonce apostolique à Lisbonne, demanda à Mgr da Silva une copie de tous les écrits de sœur Lucie. Ce fut Mgr Venancio, à l’époque évêque auxiliaire de Leiria ; il succédera à Mgr da Silva, qui fut chargé de l’opération. Il s’adressa à une grande maison de Lisbonne. La question de la petite enveloppe du secret cachetée par sœur Lucie fut évoquée et le saint Office demanda qu’on la lui fit parvenir également. Avant de porter les différents tirages à la nonciature de Lisbonne, Mgr Venancio essaya à 2 reprises de convaincre Mgr da Silva d’ouvrir l’enveloppe du secret. Refus catégorique de ce dernier. En possession des tirages et de l’enveloppe contenant celle de sœur Lucie, Mgr Venancio nous dit qu’il observa par transparence, à travers l’enveloppe de Mgr da Silva, l’enveloppe du secret. Il nota qu’à travers les 2 enveloppes, il discerna une feuille ordinaire, avec trois quarts de cm de marge de chaque côté.
C’est vers la mi-mars 1957 que Mr Venancio remis à Mgr Cento, d’une part tous les tirages des écrits de sœur Lucie, copie de ses fameux ‘’cahiers », dont le fameux contenant l’enveloppe cachetée, reçu par Mgr da Silva le 17 juin 1944. Il y eut 2 envois séparé qui devaient être dans des enveloppes cachetée compte tenu de l’importance des écrits qu’ils contenaient. Ces enveloppes arrivèrent à Rome les 4 et 16 avril 1957. Le pape Pie XII garda l’enveloppe de Mgr da Silva dans sa chambre dans un petit coffre en bois portant l’inscription ‘’ Secret du saint Office ». Les autres enveloppes furent très probablement classées aux archives secrètes du saint Office. (L’emplacement de l’enveloppe de Mgr da Silva fut révélé au journaliste Robert Serrou par Mére Pascalina Lenhert (Auteur de l’ouvrage sur Pie XII : ‘’ Mon privilège fut de le servir »)). Ce journaliste de Paris Match fit un reportage dans les appartements du Vatican le 14 mai 1957 au matin. Il interrogea la religieuse sur le contenu du coffret et la religieuse répondit à sa question : ‘’ Il y a là-dedans le troisième secret de Fatima’‘.
Cette enveloppe fut transmise, toujours fermée, au pape Jean XXIII à Castelgandolfo le 17 aout 1959. ‘’ Je me réserve de la lire avec mon confesseur » Il l’ouvrit quelques jours plus tard, un vendredi, et confia à son secrétaire Mgr Capovila interrogé par le père Alonso :‘‘ Cela ne concerne pas les années de mon pontificat‘’ Après la lecture du texte, poursuit son secrétaire, le pape rédigea une note personnelle qui fut placée dans l’enveloppe qui contenait le secret disant : ‘’ Je laisse à mes successeurs le soin de commenter ou de décider ‘’, Il semble que Mgr Capovila l’écrivit sur l’enveloppe de Mgr da Silva.
Le 8 février 1960, le Vatican, par l’agence l’ANI (Agencia Nacional de Informaçao) publia un communiqué précisant : ‘’ Il est probable que le ‘’ Secret de Fatima ‘’ ne sera jamais rendu public. Le patriarche de Lisbonne, son éminence le cardinal Cerejeira, désigné par Mgr da Silva comme destinataire final du secret, ne fut pas consulté.
Le pape Paul VI a dû lire le secret le 27 ou le 28 juin 1963, 4 à 5 jours après son élection. L’enveloppe sur laquelle Mgr da Silva avait précisé son devenir était toujours dans le petit meuble photographié par Robert Serrou. Pour les autres enveloppes, Rome nous dit qu’il en prit connaissance le 27 mars 1965.
Son successeur, son éminence Mgr Luciani, futur Jean Paul Ier, eut un long entretien avec sœur Lucie le 11 juillet 1967. En sortant du carmel de Coïmbra, il confia à mademoiselle Luisa Vannini : “ Sœur Lucie m’a laissé un gros souci sur le cœur. Désormais, je ne pourrai plus oublier Fatima. ” Peu après son élection, il confia à don Pattaro, théologien à Venise : ‘’ Si je vis, je retournerai à Fatima pour consacrer……selon les indications données par la sainte Vierge à sœur Lucie ‘’. Le thème du troisième secret ne fut pas abordé.
Le pape Jean Paul II lu le secret dans les jours suivant son élection, car il en parla le 18 novembre 1980 à Fulda à un groupe de catholiques allemands. Le journal Stimme des Glaubens dans son N° d’octobre 1981 relate la réponse qu’il leur fit à cette date : ‘’ Etant donné la gravité de son contenu, mes prédécesseurs dans la chaire de St Pierre ont choisi, par diplomatie d’en reporter la publication afin de ne pas encourager la puissance mondiale communiste à prendre certaines mesures’‘. …..Il termina l’entretien en montrant un chapelet et en disant :
‘’ Voilà le remède contre le mal. Priez, priez et ne demandez rien d’autre. Laissez tout le reste entre les mains de la Mère de Dieu. »
Source : Hozana