
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et le pape Léon XIII.
Vitrail de la basilique Notre Dame de Lourdes à Nancy : (baie 31) Au Vatican, la future sainte brise le protocole et vient implorer à genoux le pape pour avoir le droit d’entrer au Carmel de Lisieux malgré ses quinze ans ( https://www.patrimoine-histoire.fr/P_Lorraine/Nancy/Nancy-Notre-Dame-de-Lourdes.htm).
Le titre reprend les propos de Notre Dame lors de sa dernière apparition à Fatima et il concerne des malades et des pécheurs dont Lucie demande la guérison et la conversion.
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I Vendredi 11 octobre : fête de la Maternité divine de Notre Dame.
Cette fête est récente puisqu’elle date du 25 décembre 1931 lorsque le pape Pie XI la définit par l’encyclique ‘’ Lux Veritas » à l’occasion des 1500 ans du concile d’Ephèse. Ce Concile rassembla près de 200 évêques pour résoudre la controverse suscitée par la doctrine hérétique de Nestorius, patriarche de Constantinople (nestorianisme). Sous la direction de saint Cyrille, patriarche d’Alexandrie, le concile déclare que Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, a deux natures (l’une humaine et l’autre divine) réunies en une seule personne. Par extension, le concile approuve le titre de « mère de Dieu »accordé à Marie.
Dans l’Ave Maria, nous répétons 153 fois par chapelet ce titre de Marie, ‘’mère de Dieu », honorant sa maternité divine. (Nous l’honorons aussi à plusieurs reprises lorsque nous récitons 3 fois par jour l’Angelus qui rappelle à Marie que l’Ange du Seigneur Lui a dit qu’Elle allait être la Mère du Sauveur et que dans cette prière, nous Lui rappelons encore 3 fois qu’Elle est la ‘’mère de Dieu ».)
Un an et demi avant l’instauration de cette fête, Notre Seigneur avait rappelé que les blasphèmes contre cette maternité divine offensaient le Cœur immaculé de Marie et que c’était la troisième des cinq offenses envers ce Cœur.
3) les blasphèmes contre sa maternité divine, en refusant en même temps de la reconnaître comme Mère des hommes.
Remarquons les rapprochements que Notre Seigneur fait à l’occasion de cette troisième série d’offenses au Cœur immaculé de sa Mère : Le concile d’Ephèse proclama Marie ‘’ Mère de Dieu ‘’ ; Le pape St Pie X à l’occasion de l’année du cinquantième anniversaire de la proclamation du dogme de l’immaculée conception, publia l’encyclique ‘’ Ad diem illium » ( 2 février 1904) qui reconnut Marie comme ‘’Mère des hommes » avec le texte ‘‘Nous tous qui sommes unis à Jésus Christ et qui sommes membres de son Corps…, nous sommes sortis du sein de Marie comme un corps uni à son chef. Elle est notre mère à tous, mère spirituelle mais véritablement mère des membres du Christ ‘‘
Sœur Lucie fut donc concernée par 2 textes du pape Pie X : Pour sa communion à 6 ans, par le décret ‘’ Quam singulari » du 8 aout 1910 sur la communion précoce des enfants, qui fit que l’Ange la communia d’une façon différente de celle de ses cousins, et par l’encyclique citée ci-dessus ou Notre Seigneur confirma son caractère de Mère des hommes. Cela ressemble un peu à l’apparition de Lourdes qui confirma le dogme du pape Pie IX sur la conception immaculée de Notre Dame. .
II 13 octobre 1884 : Il y a 140 ans Notre Seigneur informait le pape Léon XIII de l’attaque de Satan contre son Eglise. C’était 33 ans jour pour jour avant le miracle du soleil destiné à prouver que Notre Dame apparaissait à Fatima et annonçait des moyens pour sauver des âmes.
Lors de la fête de St Michel, nous avons évoqué la création par le pape de la prière à St Michel Archange, intégrée à des prières que les prêtres devaient réciter à la fin de chaque messe basse. Plusieurs auteurs ou témoins ont rapporté dans quelles conditions le pape avait été amené à composer cette prière.
Le 13 octobre 1884, après que le pape Léon XIII eût terminé de célébrer la messe dans la chapelle vaticane, entouré de quelques cardinaux et membres du Vatican, il s’arrêta soudainement au pied de l’autel. Il se tint là environ dix minutes comme en extase, son visage blanc de lumière. Puis, partant immédiatement de la chapelle à son bureau, il composa la prière à saint Michel Archange avec instructions pour qu’elle soit dite partout après chaque messe basse.
Lorsqu’on lui demanda ce qui était arrivé, il expliqua qu’au moment où il s’apprêtait à quitter le pied de l’autel, il entendit soudainement des voix :
« Après la Messe, j’entendis deux voix, une douce et bonne, l’autre gutturale et dure ; il semblait qu’elles venaient d’à côté du tabernacle. Il s’agissait du démon qui s’adressait au Seigneur, comme dans un dialogue. Voici ce que j’ai entendu :
– La voix gutturale, la voix de Satan dans son orgueil, criant au Seigneur : “Je peux détruire ton Église.”
– La voix douce du Seigneur : “Tu peux ? Alors, fais le donc.”
– Satan : “Pour cela, j’ai besoin de plus de temps et de pouvoir.”
– Notre Seigneur : “Combien de temps ? Combien de pouvoir ?”
– Satan : “75 à 100 ans et un plus grand pouvoir sur ceux qui se mettent à mon service.”
– Notre Seigneur : “Tu as le temps, tu auras le pouvoir. Fais avec cela ce que tu veux.”
Puis, j’ai eu une terrible vision de l’enfer : j’ai vu la terre comme enveloppée de ténèbres et, d’un abîme, j’ai vu sortir une légion de démons qui se répandaient sur le monde pour détruire les œuvres de l’Église et s’attaquer à l’Église elle-même que je vis réduite à l’extrémité. Alors, Saint Michel apparut et refoula les mauvais esprits dans l’abîme.
Mgr Delassus dans le tome III de son livre ‘’ La conjuration Antichrétienne, de novembre 1910 » précisa que ‘‘l’action de saint Michel Archange interviendrait, mais bien plus tard, quand la multiplicité et la ferveur de ces prières auront produit leur plein effet ». Ces prières après la messe, furent supprimée en 1964 par la commission chargée par Paul VI de mettre en application la Constitution sur la liturgie du concile Vatican II. En 1994, Jean-Paul II a remis à l’honneur la prière à St Michel pour inciter les fidèles à lui demander de l’aide « dans le combat contre les forces des ténèbres ».
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III 13 octobre 2024 : Anniversaire de la dernière apparition de Notre Dame à Fatima
33 ans après que Notre Seigneur eut montré l’enfer au pape Léon XIII, Notre Dame apparut une dernière fois à Fatima le 13 octobre 1917. Elle fit ce jour le miracle demandé 3 mois auparavant par Lucie, qui ne savait pas encore que Notre Dame allait leur communiquer, juste après, sous forme d’un secret en 3 partie, les moyens de sauver les âmes de l’enfer. A titre individuel, on pouvait convertir les pécheurs par l’offrande de sacrifices pour leur conversion.
Elle leur montra d’abord ou allaient les pécheurs, puis donna un moyen pour les sauver d’une façon générale, en empêchant la Russie de répandre ses erreurs dans le monde. Pour les pécheurs en particulier, ce fut la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois.
Pour libérer les enfants des curieux qui les importunaient tous les jours, une dame de Reixida, village proche de Fatima, prit les enfants chez elle. Devant le comportement de certains visiteurs, elle disait aux enfants ‘’ Si le miracle que vous annoncez ne se produit pas, ces gens sont capables de vous brûler vives ‘’ Les enfants répondaient : ‘’ Nous n’avons pas peur parce que la Dame ne nous trompe pas. Elle nous a dit qu’il y aurait un grand miracle et que tout le monde serait forcé de croire. » Croire que Notre Dame apparaissait, mais hélas ne pas croire à toutes ses paroles puisque si certains se convertirent, d’autres non. Pensons à l’administrateur d’Ourem qui entendit surement parler du miracle, mais resta sur ses positions anticléricales.
Les dire des enfants et les manifestations extérieures de l’apparition du 13 septembre devant près de 30 000 personnes avaient laissé dans tout le Portugal le sentiment que ce qui se passerait à Fatima le 13 octobre serait intéressant et qu’il serait bien d’être sur place, croyant ou non.
La veille au matin, la mère de Lucie avait dit à Lucie : ‘’ Ma petite, je crois qu’il faut aller nous confesser. On dit que demain si la Sainte Vierge ne fait pas le miracle promis, il nous faudra mourir à la Cova da Iria; les gens nous massacrerons. Allons donc nous confesser pour être prêtes. »
Mais Lucie était bien tranquille. ‘‘Maman, allez-y, si vous le désirez : Je viendrai avec vous, pas par crainte de la mort. Ce que la Dame a promis s’accomplira demain. » Sans être tout à fait rassurée, la mère ne parla plus de confession. Peu à peu ce jour toutes le routes menant à Fatima se remplirent de véhicules de toute sorte, sans compter les piétons dont beaucoup marchaient pieds nus. Tout le monde se disposait à passer la nuit en plein air pour avoir une meilleur place le lendemain.
Une grande joie de Lucie ce jour fut d’être accompagnée de ses parents. ‘’ Si Lucie doit mourir, nous mourrons avec elle ‘’ avaient-ils déclarés. Quelques hommes firent une garde du corps aux enfants qui arrivèrent péniblement sur le lieu de l’apparition, à travers la foule.

Les enfants avaient été endimanchés : En l’honneur de la Dame qui allait venir, une dame de Pombalinho avait disposé une fine guirlande de fleurs artificielles sur les mantes blanche des 2 fillettes. Maria Carreira avait décoré ce qui restait du petit chêne vert .
Jacinthe portée dans les bras
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Malgré la pluie, pour réciter le chapelet, Lucie demande que l’on ferme les parapluies ; La foule, stoïquement obéit. A midi précis, Lucie s’écrie : » Voici l’éclair ! ‘’Puis : ‘‘La Voici, la voici » . ‘’ Prends garde de ne pas te tromper ‘‘ lui dit sa mère. Puis Jacinthe dans un mouvement d’impatience dit à sa cousine en la poussant du coude : ‘’Parle, Lucie, Notre-Dame est déjà là ! ‘’
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« Que veut de moi Votre Grâce ?
– Je veux te dire que l’on fasse ici une chapelle en mon honneur. JE SUIS NOTRE DAME DU ROSAIRE. Que l’on continue toujours à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux.
– J’avais beaucoup de choses à vous demander : de guérir quelques malades et de convertir quelques pécheurs, etc.
– Les uns oui, les autres non. Il faut qu’ils se corrigent, qu’ils demandent pardon pour leurs péchés.
Et, prenant un air plus triste :
– Que l’on n’offense pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé !
– Vous ne voulez rien de plus de moi ?
– Non, je ne veux rien de plus de toi.
– Alors, moi, je ne demande rien non plus. «
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Comme le 13 septembre, pendant que Notre-Dame s’entretenait avec Lucie, la foule put voir par trois fois se former autour du chêne-vert la même nuée qui s’élevait ensuite dans l’air avant de se dissiper.
Puis Lucie cria : « Regardez le soleil ! »
« Ouvrant alors les mains, raconte Lucie, Notre-Dame les fit se réfléchir sur le soleil et, pendant qu’Elle s’élevait, le reflet de sa propre lumière continuait à se projeter sur le soleil. »
« Notre-Dame ayant disparu dans l’immensité du firmament, nous avons vu, à côté du soleil, Saint-Joseph avec l’Enfant Jésus et Notre-Dame, vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint-Joseph et l’Enfant Jésus semblaient bénir le monde avec des gestes qu’ils faisaient de la main, en forme de croix. Peu après, cette Apparition s’étant évanoui, j’ai vu Notre Seigneur et Notre Dame qui me donnaient l’impression d’être Notre Dame des Douleurs. Notre Seigneur semblait bénir le monde de la même manière que Saint-Joseph. Cette Apparition disparut et il me sembla voir encore Notre Dame sous l’aspect de Notre-Dame du Carmel. »
Notre Dame vient de se présenter comme Notre Dame du Rosaire et fait bénéficier la petite Lucie d’une illustration des 3 mystères du Rosaire alors que ses cousins n’ont bénéficié que du mystère joyeux.
Le rédacteur en chef du journal ‘’ O Seculo » , Avelino de Almeida, était venu spécialement sur place. Voici son témoignage dans 2 articles :
https://www.fatima100.fr/elements-d-histoire/17-deux-articles-sur-le-miracle-du-13-octobre-1917
Il est dommage que ce journaliste n’ait pas mentionné que Notre Dame avait pris soin du confort, de la santé et de l’aspect des personnes présentes : Tous les habits devinrent propres et secs, y compris très probablement les cheveux mouillés pendant le chapelet. Par contre Lucie constata le soir que quelqu’un lui avait coupé ses nattes.
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Résumons le message de Fatima en cette phrase de sœur Lucie au Père Fuentes en décembre 1957 : « Chacun doit sauver non seulement son âme, mais aussi toutes les âmes que Dieu a placées sur son chemin (…). Et un moyen certain pour y arriver est la pratique de la dévotion au Cœur immaculé de Marie, d’abord pour soi-même, ensuite en l’offrant pour d’autres âmes. Demandons à notre ange gardien de nous aider à faire ce choix. Pour les autres âmes, suivons la recommandation de Notre Dame chaque fois que nous faisons un sacrifice :
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« O Jésus, c’est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie ».
Source : HOZANA