Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,7-13.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche.
Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »
Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures,
ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture.
Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ.
En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent.
Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :
Vénérable Madeleine Delbrêl (1904-1964)
missionnaire des gens des rues
Joies venues de la Montagne (La joie de croire, éd. du Seuil, 1968, p. 42-44 ; rev.)
La contagion de la paix
À tous les tournants de rues il y a de petites guerres, comme à tous les tournants du monde il y a de grandes guerres. À tous les tournants de notre vie nous pouvons faire la guerre ou faire la paix. Et c’est pour faire la guerre que nous nous sentons dangereusement bâtis. Très vite notre voisin devient notre ennemi, s’il n’est pas notre frère. (…) C’est pourquoi il n’y a que les enfants de Dieu qui soient totalement des pacifiques. Pour eux la terre est une maison de leur Père du Ciel. Tout ce qui est sur la terre est à lui et le sol lui-même. Oui, vraiment, la terre est une petite maison de leur Père. Ils n’en dédaignent aucune pièce, ni aucun continent, ni aucune île minuscule, ni aucune nation, ni aucune courette, aucune de ces pièces que sont les places, les trottoirs, les bureaux, les magasins, les quais, les gares… Ils ont à y faire l’esprit de famille. (…) Les yeux des pacifiques sont bienveillants et leurs compagnons de route s’y réchauffent comme au coin du feu. Ils ne trouvent jamais de motif à combattre, car ils se savent comptables seulement de la paix, et la paix ne se défend pas par des batailles. Ils savent que la division d’un seul atome peut déclencher des guerres cosmiques. Ils savent aussi qu’il y a une chaîne entre les humains et que lorsqu’une cellule humaine se déchire dans une colère, une rancune, une amertume, le ferment de guerre peut rebondir jusqu’au bout de l’univers. Mais parce qu’ils croient à la diffusion de l’amour, ils savent que là où se fait un peu de paix s’établit une contagion de paix assez forte pour envahir toute la terre. Aussi vont-ils dans une double joie : celle d’un avènement de paix tout autour d’eux ; et celle d’écouter une voix ineffable qui dit « Père » au fond de leur cœur.
LECTURES :
Livre des Actes des Apôtres 11,21b-26.13,1-3.
En ces jours-là, à Antioche, un grand nombre de gens devinrent croyants et se tournèrent vers le Seigneur.
La nouvelle parvint aux oreilles de l’Église de Jérusalem, et l’on envoya Barnabé jusqu’à Antioche.
À son arrivée, voyant la grâce de Dieu à l’œuvre, il fut dans la joie. Il les exhortait tous à rester d’un cœur ferme attachés au Seigneur.
C’était en effet un homme de bien, rempli d’Esprit Saint et de foi. Une foule considérable s’attacha au Seigneur.
Barnabé partit alors à Tarse chercher Saul.
L’ayant trouvé, il l’amena à Antioche. Pendant toute une année, ils participèrent aux assemblées de l’Église, ils instruisirent une foule considérable. Et c’est à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de « chrétiens ».
Or il y avait dans l’Église qui était à Antioche des prophètes et des hommes chargés d’enseigner : Barnabé, Syméon appelé Le Noir, Lucius de Cyrène, Manahène, compagnon d’enfance d’Hérode le Tétrarque, et Saul.
Un jour qu’ils célébraient le culte du Seigneur et qu’ils jeûnaient, l’Esprit Saint leur dit : « Mettez à part pour moi Barnabé et Saul en vue de l’œuvre à laquelle je les ai appelés. »
Alors, après avoir jeûné et prié, et leur avoir imposé les mains, ils les laissèrent partir.

Psaume 98(97),1.2-3ab.3cd-4.5-6.
Chantez au Seigneur un chant nouveau,
car il a fait des merveilles ;
par son bras très saint, par sa main puissante,
il s’est assuré la victoire.
Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations ;
il s’est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d’Israël.
La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.
Acclamez le Seigneur, terre entière,
sonnez, chantez, jouez !
Jouez pour le Seigneur sur la cithare,
sur la cithare et tous les instruments ;
au son de la trompette et du cor,
acclamez votre roi, le Seigneur !