Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 17,1-6.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Il est inévitable que surviennent des scandales, des occasions de chute ; mais malheureux celui par qui cela arrive !
Il vaut mieux qu’on lui attache au cou une meule en pierre et qu’on le précipite à la mer, plutôt qu’il ne soit une occasion de chute pour un seul des petits que voilà.

Prenez garde à vous-mêmes ! Si ton frère a commis un péché, fais-lui de vifs reproches, et, s’il se repent, pardonne-lui.

Même si sept fois par jour il commet un péché contre toi, et que sept fois de suite il revienne à toi en disant : “Je me repens”, tu lui pardonneras. »
Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! »

Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : “Déracine-toi et va te planter dans la mer”, et il vous aurait obéi. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :
Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)
pape et docteur de l’Église
Livre XIII, SC 212 (Morales sur Job; trad. A. Bocognano; éd. du Cerf, 1974; p. 257-259)
« Mes membres sont anéantis » (Jb 16,8)
« Mais maintenant je suis écrasé par ma douleur et tous mes membres sont anéantis. » (Jb 16,8 Vg) La sainte Église est écrasée par sa douleur quand elle voit monter dans leur malignité les hommes pervertis. Et comme la montée des hommes pervers excite aussi les faibles qui sont en son sein à suivre les passions de la dépravation, Job est en droit de dire : « Et tous mes membres sont anéantis. » Car les os désignent les forts, et les membres, les faibles. Les membres de l’Église sont donc anéantis quand, en imitant les pervers qui grandissent en ce monde, les faibles aggravent chaque jour leur faiblesse. Car, au spectacle de la félicité des méchants, souvent ils perdent leur foi et succombent, ils convoitent les biens temporels, et ils sont comme anéantis, parce que, en abandonnant l’essence immuable de Dieu, en chérissant le transitoire, on peut dire qu’ils vont vers le non-être. Et c’est sagesse de dire : « Mais maintenant, je suis écrasé par ma douleur », parce que, nous le voyons, c’est maintenant pour l’Église le temps de la douleur, le temps de la joie viendra ensuite. Mais il arrive souvent que la sainte Église n’a pas seulement à souffrir infidèles et adversaires qui se trouvent hors d’elle : elle a de la peine à supporter embûches et hostilité de ceux qu’elle porte en son sein. Aussi la bouche du bienheureux ajoute-t-elle sans tarder cette parole : « Mes rides portent témoignage contre moi. » Les rides peuvent-elles représenter autre chose que la duplicité ? Les rides sont donc tous les membres de la sainte Église qui ont en elle une double vie, clamant leur foi en paroles, la reniant par leurs œuvres. (…) Ces rides cependant, la sainte Église ne les a pas en ses élus, car ils ne savent pas, eux, dissocier attitude extérieure et vie intérieure.

LECTURES :

Aimez la justice, vous qui gouvernez la terre, ayez sur le Seigneur des pensées droites, cherchez-le avec un cœur simple,
car il se laisse trouver par ceux qui ne le mettent pas à l’épreuve, il se manifeste à ceux qui ne refusent pas de croire en lui.
Les pensées tortueuses éloignent de Dieu, et sa puissance confond les insensés qui la provoquent.

Car la Sagesse ne peut entrer dans une âme qui veut le mal, ni habiter dans un corps asservi au péché.
L’Esprit saint, éducateur des hommes, fuit l’hypocrisie, il se détourne des projets sans intelligence, quand survient l’injustice, il la confond.
La Sagesse est un esprit ami des hommes, mais elle ne laissera pas le blasphémateur impuni pour ses paroles ; car Dieu scrute ses reins, avec clairvoyance il observe son cœur, il écoute les propos de sa bouche.
L’esprit du Seigneur remplit l’univers : lui qui tient ensemble tous les êtres, il entend toutes les voix.

Psaume 139(138),1-2.5a.3-4.7-8.9-10.
Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais !
Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ;
de très loin, tu pénètres mes pensées.
Tu me devances et me poursuis, tu m’enserres,
tu as mis la main sur moi.
Que je marche ou me repose, tu le vois,
tous mes chemins te sont familiers.
Avant qu’un mot ne parvienne à mes lèvres,
déjà, Seigneur, tu le sais.
Où donc aller, loin de ton souffle ?
où m’enfuir, loin de ta face ?
Je gravis les cieux : tu es là ;
je descends chez les morts : te voici.
Je prends les ailes de l’aurore
et me pose au-delà des mers :
même là, ta main me conduit,
ta main droite me saisit.
