Méditation du 24ième dimanche du Temps Ordinaire : « L’avenir de l’humanité est entre les mains de ceux qui peuvent pardonner. »

Méditation du 24ième dimanche du Temps Ordinaire : « L’avenir de l’humanité est entre les mains de ceux qui peuvent pardonner. »

Le Père jésuite Martin Bahati nous introduit à la méditation avec les lectures du 24ième dimanche du temps ordinaire de l’année liturgique A.

Mes frères et sœurs, les lectures de ce 24e dimanche du temps ordinaire, nous invitent à méditer sur la question cruciale du pardon. Le pardon que nous recevons généreusement des autres mais aussi le pardon dont nous sommes appelés à donner. L’avenir de l’humanité est entre les mains de ceux qui peuvent pardonner.

Il est important de bien comprendre la question de Pierre : « Seigneur, lorsque mon frère commettre des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? »  Cette question de Pierre présuppose des fautes qui entrainent des blessures profondes, celles qui persistent en nous depuis des années et que nous nous retrouvons à pardonner plusieurs fois. Nous pensons avoir pardonné, mais lorsque nous rencontrons la personne qui nous a blessés, nous nous rendons compte que nous devons recommencer à pardonner. Telle est alors la question – combien de temps continuons-nous cette lutte pour pardonner à celui qui a tort?

Nous devons penser non seulement aux torts personnels, mais aux torts de communautés humaines, des nations, aux torts qui endeuillent l’humanité : la famille humaine en connaît tellement à l’heure actuelle.

A l’exercice comptable de Pierre, Jésus oppose l’infinie miséricorde de Dieu. Il nous invite à entrer dans la manière divine de voir les choses et nous laisse le soin de décider comment nous agirons à partir de cette conscience.

Dans cette parabole, nous voyons un homme en situation d’impuissance totale; il se sent sans valeur, il n’a ni dignité ni liberté. Sa vie, et celle de toute sa famille, est entre les mains de ce roi qui le fait ramper avant de le libérer avec condescendance de ses dettes. Ce n’est pas un mauvais homme: il a été assez généreux pour prêter de l’argent à quelqu’un qui en a encore plus besoin que lui, sachant très bien que tôt ou tard il devra rembourser son propre prêt au roi.

La parabole nous fait alors réfléchir sur l’oppression, comprise comme une dette. Cela maintient tout le monde dans la servitude – les opprimés comme les oppresseurs. Ce n’est pas Dieu qui nous maintient dans l’esclavage, mais nous-mêmes, et la parabole nous dit que nous continuerons dans cet esclavage, « remis aux tortionnaires », à moins que quelqu’un fasse une percée et remplace la méchanceté par la générosité de l’esprit, l’esprit du pardon, permanent et inconditionnel, «de notre cœur ».

Dès lors, le pardon n’est plus une opération comptable, à la manière de Pierre, mais plutôt une attitude intérieure de compassion et d’humilité continuelles.     

Dans notre propre vie ce qui n’est pas pardonné nous torture, nous tourmente et nous hante.  Nous reconnaissons l’amertume qui nous maintient dans l’esclavage, consomme nos énergies, nous empêche de profiter de la vie et d’être en paix avec ceux qui nous entourent.

Que l’Esprit du Seigneur nous guide et nous éclaire sur le chemin du pardon continuel. Comme disait la petite Thérèse, « celui qui aime ne se fatigue pas et ne fatigue pas les autres ». Celui qui pardonne ne se fatigue pas !

Source: VATICANNEWS, le 12 septembre 2020

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