Je Vous Salue Marie : Origine, Histoire Et Signification

Ave Maria, gratia plena, … Et si on redécouvrait la prière du Je vous salue Marie ? Partir en quête du sens de chacun des mots, goûter à leur saveur biblique originelle, puiser au cœur de son histoire, remonter jusqu’à ses origines lointaines … Quelle belle perspective pour nous qui récitons quotidiennement l’Ave Maria ! Quelle joie de pouvoir méditer sur la signification profonde de cette prière mariale ! Une façon de pouvoir la prononcer avec encore plus de ferveur et de combler de joie la Sainte Vierge.

Pour Saint François d’Assise, la récitation du Je vous salue Mariepouvait même faire ‘sourire les cieux’ et ‘réjouir les anges’ ! Et Marie elle-même n’est-elle pas apparue à sainte Mathilde pour lui confirmer qu’«aucune prière » au monde ne lui « donnerait autant de joie que l’Ave Maria » ? Des témoignages et des faits particulièrement touchants qui nous rappellent quelle place primordiale doit occuper cette magnifique prière dans notre quotidien de croyant. Quel sens caché recèle chacun des mots de l’Ave Maria ? Sur quelles vérités sublimes ces paroles nous permettent-elles de méditer jour après jour ? Quelle est l’origine de la prière du Je vous salue Marie et comment nous est-elle parvenue sous la forme que nous connaissons aujourd’hui ? Partons ensemble, main dans la main, sur les traces d’une prière unique et précieuse, notre merveilleux Ave Maria …

Sommaire de l’article

1. Le contenu de l’Ave Maria :
des vérités sublimes…
a. La louange dans le Je vous salue Marie
b. La supplication dans le Je vous salue Marie
2. La prière du Je vous salue Marie:
des origines à nos jours
a. Origine et expansion de la première partie
b. Ajout de la deuxième partie
c. Le Je vous salue Marie en orient
d. Le Je vous salue Marie dans le Rosaire

Le contenu de l’Ave Maria : des vérités sublimes…

Le saviez-vous ? Les vérités énoncées dans le Je vous salue Marie sont tellement riches et précieuses que Saint Thomas d’Aquin prêcha sur ces dernières durant 40 jours à Rome ! Une anecdote extraordinaire qui va dans le sens de ce que nous ressentons tous en tant que croyants lorsque nous récitons avec dévotion cette prière unique : le réconfort, l’amour, la consolation offerts par la douce Mère de Dieu. Pour décupler encore l’intensité de ces merveilleux sentiments, attardons-nous sur les deux parties qui composent le Je vous salue Marie : la louange et la supplication.

La louange dans le Je vous salue Marie

La première partie de la prière mariale est une louange. Elle est inspirée de deux passages de la Bible distincts tirés de l’Evangile :

  • La salutation de l’ange au cours de l’Annonciation (Luc 1 :28) : « Je te salue, toi [Marie] à qui une grâce a été faite; le Seigneur est avec toi. ». Nous reprenons cette belle salutation en nous réjouissant de la joie que Dieu a trouvé en Marie, de la grâce dont elle a été comblée, celle de la présence de Dieu qui est venu habiter en elle et qu’elle a pu donner au monde. En méditant sur ces paroles, nous touchons du doigt le dogme de l’Immaculée conception, la grâce plaçant Marie totalement à l’abri du péché. En outre, nos anciens aimaient mettre en valeur l’Ave latin, remarquant avec justesse qu’il est l’exact contraire de Eva (le nom latin d’Eve) : la malédiction du péché d’Eve serait ainsi inversée par cet Ave rempli de grâce.
  • Les paroles d’Elisabeth au cours de la Visitation (Luc 1 :42) : « Tu [Marie] es bénie entre les femmes, et béni est le fruit de ton ventre ! ». Tout comme Elisabeth, nous déclarons Marie bienheureuse car, par sa foi, elle est devenue notre Mère, la mère des croyants, et, par son intermédiaire, nous pouvons tous recevoir Jésus. Quant au terme « entrailles » repris dans nombre de traductions, il prend un sens encore plus profond si on le rapproche du mot hébreu dont il est tiré – rahamim – qui est de la même racine que le mot « miséricorde ».

La supplication dans le Je vous salue Marie

La deuxième partie de la prière mariale est une supplication. C’est un véritable cri poussé par les pécheurs que nous sommes. On supplie la mère de Dieu d’intercéder en notre faveur auprès du Dieu Tout-Puissant pour notre salut. Selon les propos de Dom Capelle, c’est le peuple chrétien qui a fait du Je vous salue Marie « l’appel des pécheurs ». Dans ce dernier, chaque expression recèle mille pépites :

  • « Mère de Dieu » : ces mots nous rappellent qu’elle nous donne son fils Jésus. Elle est non seulement la mère du Seigneur mais également notre mère à tous. Nous pouvons donc lui confier toutes nos demandes et toutes nos inquiétudes.
  • « Prie pour nous » : nous pouvons nous en remettre entièrement à la Mère de la miséricorde. En tant que Sainte Vierge, elle est l’intermédiaire idéal entre nous, « pauvres pécheurs », et le Dieu Saint.
  • « Maintenant et à l’heure de notre mort » : elle peut intercéder en notre faveur dès maintenant mais également au moment de notre dernier souffle. Nous demandons sa présence à cet instant tout comme elle fut présente le jour de la mort de son Fils. A l’heure de notre passage, notre Mère pourra nous accueillir et nous conduire auprès de son Fils au Paradis.

La prière du Je vous salue Marie : des origines à nos jours

Les deux parties du Je vous salue Marie ont suivi des parcours différents avant de se trouver réunies en une prière unique, celle que nous connaissons aujourd’hui et que nous prenons plaisir à réciter jour après jour.

Origine et expansion de la première partie

L’Ave Maria contenant les paroles de l’ange à l’Annonciation et d’Elisabeth à la Visitation est utilisé depuis le Ve siècle. On le trouve notamment dans le graduel où il sert de chant d’offertoire le quatrième dimanche de l’Avent. La mention à Jésus ne fait en revanche son apparition que vers le XIIe siècle et aurait été introduite par l’abbé de Hautecombe, Amédée de Lausanne. La prière se répand ensuite sous cette forme, sa récitation étant notamment prescrite par l’évêque Odon de Sully en 1198 ainsi que par le synode de Paris vers 1210. Des conciles régionaux en Angleterre, en Espagne et en Germanie permettront de la répandre dans toute l’Europe.

Ajout de la deuxième partie

On retrouve l’équivalent de la seconde partie de la prière mariale dans le Sub tuum (Sous l’abri de ta miséricorde), la plus ancienne prière adressée à la Vierge Mariedont le texte fut retrouvé sur un papyrus datant du III ou IVe siècle. Cette seconde partie de l’Ave Maria correspond par ailleurs aux dernières paroles prononcées par le supérieur de l’Ordre du Carmel, saint Simon Stock, sur son lit de mort en 1265.

La formulation presque complète du Je vous salue Marie apparaît finalement en 1350 dans un bréviaire des Chartreux. Elle sera reprise dans de nombreux bréviaires jusqu’à être introduite dans le bréviaire romain par le pape Pie V en 1568.

Le Je vous salue Marie en Orient

En Orient, la louange « Salut, pleine de grâce, … » est exprimée dès le IVe ou Ve siècle au sein de la Liturgie de saint Jacques. On retrouve également sa trace au VIIIe siècle dans la formule liturgique de Jean Damascène.

Quant à la supplication, elle apparaît dès la fin du IIIe siècle au sein de la liturgie copte. On découvre ces paroles sur un papyrus en grec : le croyant dit se « réfugi[er] sous [la] protection [de la] Sainte Mère de Dieu » et supplie cette dernière de le « [libérer] de tous les périls » en tant que « Vierge Glorieuse et bénie ».

Le Je vous salue Marie dans le Rosaire

Basé sur la répétition des Ave Maria, le Rosaire est une prière qui permet d’orienter notre pensée et notre affection vers Notre Seigneur Jésus-Christ. En usage chez les Cisterciens dès le XIIe siècle, la dévotion du rosaire s’est ensuite développée sous l’influence des dominicains dès le XIIIe siècle. On retrouve d’ailleurs trace de cette influence majeure au sein d’un grand nombre de tableaux de la Vierge du Rosaire qui présentent cette dernière en train d’offrir un chapelet ou une rose au fondateur de l’ordre des dominicains, saint Dominique. Finalement, c’est seulement au XIVe siècle qu’on retrouve le Rosaire sous sa forme actuelle.

Le Rosaire prend la forme d’une supplication toute confiante du croyant vers la Mère de Dieu et notre Mère à tous. Prier le Rosaire est recommandé à tous les croyants comme un moyen bénéfique de s’associer aux différents mystères du Christ : les « mystères joyeux » (Annonciation, Visitation, …), les « mystères douloureux » (agonie du Christ, Couronnement d’épines, Crucifixion, …), les « mystères glorieux » (Résurrection du Christ, Ascension, Couronnement de la Vierge Marie, …) et les « mystères lumineux » (Baptême de Jésus, proclamation du Royaume, Transfiguration, …). Quelle merveilleuse manière de se rapprocher simultanément de la Sainte Vierge et de Jésus !

Quel parcours extraordinaire nous a permis de suivre notre méditation sur l’Ave Maria ! Sur le chemin, quel bonheur de croiser saint Simon Stock, de nous plonger au cœur de bréviaires anciens, d’explorer le contenu du graduel, de partir sur les traces du Je vous salue Marie en Orient, d’évoquer la magnifique dévotion du Rosaire, … Un retour aux origines intense qui nous a permis de remonter jusqu’à la première inspiration du Je vous salue Marie, supérieure entre toutes, celle de la Sainte Bible. Une remontée dans le temps apaisante qui nous a donné l’occasion de scruter chacun des mots que nous prononçons inlassablement chaque jour avec ferveur. De prendre toute la mesure de la profondeur de cette prière adressée à notre Mère à tous … Je vous salue Marie, une prière qui restera à jamais à part dans le cœur de tous les croyants !

Source: https://www.exvotodei.com/je-vous-salue-marie.html

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