Carême, temps d’espérance.
Le mercredi des cendres marque le début d’un temps central de toute vie chrétienne : un temps qui commence aujourd’hui, culminera avec la semaine sainte et les fêtes de Pâques et s’achèvera à la Pentecôte. Ce temps dure une centaine de jours et il constitue le cœur de notre foi, ce temps nous invite comme le dit le Pape François dans son exhortation apostolique à redécouvrir « La joie de l’Evangile ». Retrouver la joie de l’évangile, c’est justement entrer dans le mystère du salut tel qu’il s’offre à nous et chaque étape est importante.
I/ Le temps du carême, le temps de la conversion.

Le temps du carême est un temps où je fais l’expérience nécessaire et fondamentale que j’ai besoin de Dieu dans ma vie. Par le jeûne, l’aumône et la prière, je prends conscience que j’utilise mal la liberté que Dieu m’a donnée en partage et à laquelle il m’appelle. Le jeûne me permet de prendre conscience de tous les esclavages dans lesquels je me suis enfermé, parfois sans m’en rendre compte : face à l’argent, à la nourriture, mes addictions, mon travail, ma famille, mon affectivité, j’ai besoin de prendre du recul et de toucher du doigt combien je ne suis pas aussi libre que je le pensais. L’aumône, par le partage, m’oblige à sortir de moi-même pour m’ouvrir au prochain, à l’autre qui a besoin de moi et de mon aide. L’aumône me rappelle la dimension communautaire de ma foi et que le salut se réalise en communion avec mes frères et sœurs. La prière enfin, m’oblige à reconnaître mes limites et à me tourner vers le seul qui peut me sauver et me rendre ma dignité d’homme. C’est la prière du psaume 50, c’est la prière de l’homme pécheur qui s’en remet à la miséricorde de Dieu.
II/ Le temps de Pâques, le temps de l‘accueil du salut.

Parce que j’ai pris le temps de reconnaître durant le carême que j’avais besoin d’être sauvé et de retrouver la liberté des enfants de Dieu à laquelle je suis appelé par mon baptême, je peux entrer dans la semaine sainte et mourir avec le Christ sur la croix à mon péché pour accueillir sa vie et son salut dans sa résurrection. Le triduum pascal ne se vit bien que si le temps du carême a été fructueux et m’a permis de reconnaître que j’avais besoin d’être sauvé et de ressusciter avec le Christ. Comment accueillir la résurrection dans ma vie si je n’ai pas auparavant pris conscience que j’avais besoin de ressusciter ?
III/ Le temps pascal, le temps de l’intériorisation.

Le temps pascal qui suit Pâques est le temps de l’intériorisation, celui où passé avec le Christ à travers la mort et ressuscité avec lui, je prends conscience de la merveille qu’il réalise en moi et que je suis fait pour la vie et non pour la mort. C’est le temps de la joie de l’évangile. Mais la joie de l’évangile ne peut devenir une réalité concrète que parce que je suis passé par les autres étapes du chemin de la foi : se convertir en reconnaissant ses limites et son péché, mourir à son péché pour accueillir la vie et ensuite laisser cette vie produire son œuvre en nous. Tout cela ne se fait pas à coup de volonté et d’efforts surhumains, cela s’accomplit dans l’abandon et dans l’espérance. L’espérance est la vertu qui doit nous accompagner durant ces 100 prochains jours, elle doit nourrir et guider notre foi et notre charité pour aller au cœur de cette joie de l’évangile qui constitue le cœur de notre foi et notre raison d’être.
Que ce temps de carême qui commence soit un temps de rencontre de l’espérance qui nous aide à affronter nos limites et nos faiblesses pour les offrir à celui qui vient nous en libérer.
P. Damien Stampers