31.05.2019 – SAINTE DU JOUR

VENDREDI, LE 31 JUIN 2019 – SAINTE DU JOUR

Sainte Battista Varano († 1524)
Abbesse des clarisses

Battista, dans le siècle Camilla, Varano naît le 19 avril 1458. Elle était une fille, née hors mariage, du Prince Giulio Cesare da Varano, qui était le seigneur de la petite principauté de Camerino : Camilla était donc princesse. Le Prince reconnaissait sa paternité sur cinq enfants illégitimes, mais il se vantait d’avoir eu, en tout, 69 enfants (5 + 64). Son enfant préférée était Camilla qu’il destinait à un brillant avenir.

Dès l’enfance sa vie offrit un singulier mélange de piété et de mondanité ; elle priait, s’adonnait à des pratiques pénibles de pénitence. Mais en même temps, dit son biographe, dans le jardin de son âme, l’ivraie germait à côté du bon grain, et les mauvaises herbes menaçaient d’étouffer les fleurs. Au sortir de l’église elle s’occupait de toilettes et d’amusement ; ses méditations sur la Passion du Sauveur étaient suivies de lectures frivoles, d’amusements mondains. “Mais Dieu voulait l’avoir tout entière et l’instrument dont il se servit pour la retirer de la voie dangereuse où elle s’était engagée” consista en ceci : pendant le carême de 1479, à 21 ans, elle fut libérée de sa prison intérieure. Elle entendit la prédication du père franciscain, Francesco d’Urbino, prédicateur célèbre dans toute l’Italie, appelé ‘la trompette du Saint-Esprit’.

Un de ses sermons dessilla les yeux de la jeune fille ; elle comprit qu’elle ne pouvait faire mentir la parole du Christ, et qu’elle ne pouvait servir Dieu et le monde. Elle se mit sous la direction du saint religieux et fit de rapides progrès dans la vertu. Quelque temps après, agenouillée au pied de l’autel, elle consacrait à Dieu sa virginité. Toutefois, ce n’était pas encore là l’holocauste que son Créateur demandait d’elle, et la grâce frappa si fort à son cœur, qui essayait de repousser son inspiration, qu’elle fut obligée de céder.

Celui qui est la fleur des champs et le lis des vallées lui apparut à plusieurs reprises et après l’avoir inondée d’un déluge de grâces, lui laissa dans son âme, dit Battista elle-même, trois lis d’un parfum délicieux ; une haine du monde invincible, une humilité sincère, un ardent désir de souffrance. Elle embrassa alors la Règle, si austère de sainte Claire, et ni les caresses, ni les menaces, ni les larmes, ni les violences mêmes de ses parents, ne purent ébranler son énergique résolution.

Le Jardinier céleste vint donc arracher du milieu du monde cette plante battue par l’orage et qui avait, sous le vent de la tribulation, jeté de profondes racines dans la vertu. Mais la jeune héroïne n’était pas au bout de ses luttes ; des scènes déchirantes pour le cœur d’une enfant, vinrent au monastère comme au palais de son père, éprouver sa constance de faire éclater sa générosité ; elle fut invincible.

Le second acte de son existence commence alors : la vie religieuse, elle se donne entière aux exercices de la mortification, de la patience et de l’humilité et elle vit dans une union intime avec les douleurs de l’Homme-Dieu. Puis les maladies les plus diverses semblent se donner rendez-vous pour torturer son corps pendant que son âme est soumise à de pénibles épreuves. Les ténèbres s’épaississent autour d’elle, de violentes tentations l’assiègent et de longues sécheresses, qui lui font oublier les délices passées, viennent resserrer son cœur, au point qu’on l’entendit murmurer dans une des ses prières : “Voilà trois ans que j’erre dans les ténèbres, mes forces s’épuisent et le courage va m’abandonner, rappelez-moi à vous, ô mon Jésus, soutenez dans vos bras votre fille qui chancelle.”

Elle devait cependant rester encore de longues années sur la croix, ce ne fut qu’au soir de sa vie que quelques rayons de l’aube éternelle vinrent tempérer ses douloureuses ténèbres et que quelques gouttes de joie infinie tombèrent dans son calice pour en adoucir l’amertume.

Elle mourut de la peste le 31 mai 1524, à 66 ans, et son culte fut confirmé, par Grégoire XVI (Bartolomeo Mauro Alberto Cappellari, 1831-1846), le 7 avril 1843.
Battista Varano a été canonisée le 17 octobre 2010 par le pape Benoît XVI (Joseph Ratzinger, 2005-2013).

Sainte Battista Varano priez pour nous !

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