
Que je meure pour toi, Seigneur Jésus, toi qui as daigné mourir pour moi.
Durant deux jours j’ai éprouvé sans discontinuer un grand désir du martyre et j’ai souhaité endurer tous les tourments qu’ont soufferts les martyrs.
Que te rendrai-je, mon Seigneur Jésus , pour tous les biens que tu m’as faits ? Je prendrai ton calice et j’invoquerai ton nom . Je fais donc vœu, en présence de ton Père Eternel et du Saint-Esprit, en présence de ta très sainte Mère et de son très chaste époux Joseph ; devant les anges, les apôtres et les martyrs, et mes bienheureux Pères Ignace et François-Xavier ; je te fais vœu, dis-je, mon Seigneur Jésus, si tu m’offres miséricordieusement la grâce du martyre, à moi ton indigne serviteur, de ne jamais me détourner de cette grâce.
Ainsi, je voudrais qu’il ne me soit jamais permis à l’avenir, soit d’éviter les occasions de mourir pour toi qui se présenteront (à moins que je juge que ce serait pour la plus grande gloire de Dieu), soit de ne pas accepter joyeusement le coup de mort déjà reçu. A toi donc, mon Seigneur Jésus, j’offre déjà joyeusement, à partir de ce jour, et mon sang et mon corps et mon esprit, afin que je meure pour toi, si tu me l’accordes, toi qui as daigné mourir pour moi. Fais que je vive de telle sorte que tu veuilles enfin que je meure ainsi. Oui, Seigneur, je prendrai ton calice et j’invoquerai ton nom : Jésus, Jésus, Jésus.
O mon Dieu, que n’êtes-vous connu ! Que ce pays barbare n’est-il tout converti à vous ! Que le péché n’en est-il aboli ! Que n’êtes-vous aimé ! Oui, mon Dieu, si tous les tourments que les captifs peuvent endurer en ce pays, dans la cruauté des supplices, devaient tomber sur moi, je m’y offre de tout mon cœur, et moi seul je les souffrirai.